En hommage à Martin Gardner

28.08.2013 par Alexandre Moatti, dans Non classé

Pourquoi ouvré-je un blog sur Scilog avec Pour la Science ? D’abord tout simplement… parce qu’ils me l’ont demandé (en la personne de Maurice Mashaal, pour lequel j’avais déjà fait un article en 2011, portant sur le géocentrisme contemporain) : c’est une bonne raison ! Il est vrai que j’ai déjà un blog de vulgarisation de mathématiques et de physique, lié à certains de mes ouvrages (Les Indispensables mathématiques et physiques [2006], Les Indispensables astronomiques et astrophysiques [2009], Récréations mathéphysiques [2010]), dans le cadre de la plateforme de blogs francophones Café des sciences.

Alors pourquoi souhaité-je faire un blog sur Scilog ? Pour vous parler de mes recherches en cours sur l’alterscience, liées à mes cours à l’EHESS et à Sorbonne-Paris-IV, à deux autres de mes ouvrages (Einstein, un siècle contre lui [2007], Alterscience. Postures, dogmes, idéologies [2013]) et à mon activité de chercheur associé à Paris-VII (laboratoire sphere UMR7219, histoire des sciences et des idées).

J’ai défini l’alterscience comme l’instrumentalisation de la science dans des dogmes ou des idéologies − créationnismes, néopaganismes, technofascismes, anarchismes anti-science,… Ce terme figurait en incidente chez le sociologue P.-A. Taguieff (La Foire aux illuminés, 2005), comme « une autre science » qui nous serait cachée : je lui donne une acception plus large. On peut certes la ranger dans les pseudo-sciences, mais ceci est un terme à mon sens mal utilisé et très général : l’alterscience (cf. mon article Revue de l’AFIS, 2010), c’est bien au nom de la science qu’elle est énoncée, en prétendant définir la science.

Martin_Gardner

Martin Gardner (1914-2010) (Oberwolfach photo collection, Konrad Jacobs, licence cc-by-sa)

Au nom de la science : c’est ainsi que Martin Gardner avait titré son premier ouvrage (1952), Fads and fallacies in the name of science. Il fut par la suite un grand vulgarisateur, tenant pendant un quart de siècle la rubrique des jeux mathématiques dans Scientific American et donc dans… Pour La Science. Faisant le chemin inverse, allant de la vulgarisation à l’étude de l’alterscience, c’est dans son sillage que je souhaite m’inscrire, et en hommage à la vision qu’il avait : pour lui l’étude des fads & fallacies (fadaises et idées fausses ?) était indissociable de la vulgarisation scientifique : « Il vaut mieux pour nous et pour la société que nous nous trouvions sur nos gardes […] la meilleure arme contre la pseudo-science envahissante, c’est un public éclairé » (Gardner, 1952).

On parlera aussi, dans cette rubrique que j’espère tenir à un rythme mensuel, de radicalités contemporaines (mon article Revue Parlementaire mai 2013), d’histoire des sciences (remonter les filiations de ces radicalités est souvent passionnant), de livres (plus ou moins bons). Je ne m’y ferai pas que des amis – mais c’est déjà le cas avec mon ouvrage ! Et puis j’essaierai de faire des billets assez courts, car les longs billets de blog, en sciences notamment, c’est souvent ennuyeux.

La suite pour bientôt.

Publier un commentaire