De l’intérêt de lire Dans l’œil du pigeon de Luc-Alain Giraldeau étant donné les attaques religieuses contre la théorie de l’évolution

27.03.2017 par François Savatier, dans Évolution

Un préjugé court en France: tandis que les Américains se trumpent en s'empêtrant dans de vaines remises en cause de la théorie de l'évolution, les Français – cartésiens, donc rationnels… – n'auraient guère de difficultés à admettre les idées darwiniennes. De fait, les polémiques à propos des découvertes de Darwin et Wallace, sont rares de ce côté ci de l'Atlantique. De plus, des notions de théorie de l'évolution ont fait leur entrée dans les programmes des terminales scientifiques françaises dès les années 1950, de sorte que l'on se dit que cette doctrine, qui joue en biologie le rôle de la colonne vertébrale chez un vertébré, a intégré depuis longtemps la culture commune des Français.

Je n'ai pas cette impression.

Physicien à la base, je suis passé par une terminale scientifique dans les années 1970, mais une fois bachelier j'ignorais très largement les principaux tenants et aboutissants de la théorie de l'évolution. Mon sentiment est que, comme ce fut mon cas si longtemps, la plupart de mes compatriotes connaissent la théorie de l'évolution surtout de nom, mais ne savent pas vraiment les raisons de son rôle fondamental en biologie.

Un livre bienvenu

D'où le très grand intérêt de ce petit livre écrit par un Nord-Américain, dont je vous citerai plusieurs passages dans la suite après quelques considérations sur les attaques de certaines mouvances religieuses contre la théorie de l'évolution et sur le fait que cette dernière ne décrit pas l'origine de la vie.

Le livre Dans l'Oeil du Pigeon, Belin, 2016

Le livre Dans l'œil du Pigeon, Belin, 2016

De l'importance scientifique de la théorie de l'évolution

Quelles sont les raisons du l'importance scientifique de la théorie de l'évolution? Elles viennent par millions. Pour les résumer, on pourrait dire que tous les phénomènes de la vie expliqués par la théorie de l'évolution font d'elle, comme a dit le paléontologue et biologiste Armand de Ricqlès (professeur au Collège de France jusqu'en 2010), « la synthèse la plus puissante dont on dispose pour expliquer le monde vivant».

Malgré ces preuves par millions, le caractère scientifique de la théorie de l'évolution est souvent attaqué. Nombre de chercheurs francophones en sciences humaines, notamment, refusent l'idée qu'il pourrait y avoir aussi une sociologie darwinienne. Ils combattent l'idée que les comportements sociaux puissent être en partie influencés par les instincts (l'inné). Or, écrit Luc-Alain Giraldeau, «ce qu'il faut retenir des hypothèses évolutives, c'est qu'elles se rapportent à des tendances. Très peu sont prescriptives et déterministes au sens des sciences biomédicales.»

Et puis bien comprendre les raisons de la  pertinence de la théorie de l'évolution n'est pas une mince affaire. Cela implique de savoir analyser correctement des faits parmi les myriades de myriades de ceux qui caractérisent la vie. Les pièges abondent dans cet exercice. Ils entrainent de subtiles erreurs de raisonnement, de fausses impressions et de fausses conclusions plus vite que l'on ne s'y attend!

Tout cela rend la mise au point que permet Dans l'œil du pigeon d'autant plus profitable que, – phénomène nouveau qui n'existait guère à l'époque où j'étais en terminale scientifique  - nombre de mouvances religieuses créent un trouble chez les mal informés en attaquant le statut scientifique prééminent de la théorie darwinienne.

Les preuves de la création du lapin

Leur stratégie la plus fréquente? L'entrisme scientifique. Elle consiste à tenter d'introduire dans la discussion des théories alternatives censées pouvoir être scientifiques, donc concurrentes de la théorie de l'évolution.

Voulez vous un exemple parmi les plus amusants ? En voici un :

La preuve de la création du lapin suivant Harun Yahia (C: Harun Yahia).

La preuve de la création du lapin suivant Harun Yahia (C: Harun Yahia).

L'Atlas de la création, est la version française d'un livre du Turc Harun Yahia, de son vrai nom Adnan Oktar. En 2007, il a envoyé cet ouvrage à tous les lycées et à toutes les rédactions scientifiques de France. Sous la photographie reproduite ci-dessous, il y présentait la création du lapin comme suit:

Soulignons en passant, pour éviter une confusion, que les tristement célèbres pittbulls, ne sont pas véritablement des molossoïdes : il résultent de croisements entre bouledogues et terriers. S'ils ont hérité du courage naturel des bouledogues, et sont gentils si on les élèves bien, ils Cette douceur n'empêche pas la puissance naturelle de ces chiens très musculeux, qui ont été sélectionnés à l'origine pour faire face dan nt aussi le gempérament deviennent facilement particulièrement dangereux si quelqu'un ou quelque chose les pousse sur leur pente naturelle de chien qui se bat avec acharnement pour tuer. C'est la raison pour laquelle, après de multiples accidents, ces chiens particulièrement appréciés par les mafieux et tous ceux qui veulent faire peur ont été interdits dans la plupart des pays occidentaux.

LAPIN Age : 33 millions d'années. Taille : Crâne 6,3 centimètres ; matrice 22,8 centimètres sur 17,7 centimètres sur 10,1 centimètres. Localisation : Converser County, Wyoming. Période: Oligocène. Aucun fossile d'espèce intermédiaire n'est disponible. Parmi les millions de fossiles disponibles, aucun ne représente une créature mi-crocodile, mi-lapin ou mi-serpent, mi-lapin. En revanche, des milliers de fossiles montrent que les lapins ont toujours été des lapins. Ces fossiles nient donc l'idée d'évolution. Dieu est le créateur.

Pareille «preuve» de l'existence de la création, explique que les biologistes hésitent à répondre aux promoteurs des théories créationnistes. Répondre à quoi, du reste, puisque le principe scientifique que les créationnistes prétendent mettre à bas varie d'une secte à l'autre et d'une attaque à l'autre?

La profondeur du temps

Ainsi, on notera par exemple que dans son ouvrage visant à démontrer que les animaux ont été créés, Harun Yahia se sert de la profondeur du temps géologique pour établir la permanence de la forme du lapin et des autres formes de vie. Cette stratégie étonne quiconque sait à quel point faire admettre la longueur du passé fut un difficile combat pour les géologues et les préhistoriens du XIXe siècle. Et puis, s'il est à l'origine de la nature, Dieu aurait fort bien pu poser d'emblée sur la Terre l'humain d'aujourd'hui, cette créature si parfaite... Pourquoi, en effet, aurait-t-il laissé les animaux en paix, c'est-à-dire sans l'homme, depuis l'Oligocène (il y a de 33,9 à 23 millions d'années), voire depuis des milliards d'années? Cela étonne, mais il est déjà remarquable que Monsieur Yahia admette la durée des périodes géologiques, car les littéralistes chrétiens l'ont longtemps niée. Ainsi, les témoins de Jéhovah, par exemple, chez qui la Terre a longtemps eu un âge de seulement 6000 ans, du moins avant que leur doctrine n'évolue (lire à ce propos le billet: Pourquoi Franz mon chien est un peu mon créateur).

Pratiquer l'entrisme scientifique offre aux membres de des mouvances religieuses littéralistes l'occasion de créer le trouble en dénonçant la «science officielle» et le manque d'ouverture à la discussion de ses «prêtres» : les chercheurs scientifiques. Voici par exemple le discours des témoins de Jéhovah sur l'évolution:

Oui, les Témoins de Jehovah sont fixistes!

        Les Témoins de Jehovah sont fixistes et d'accord avec Harun Yahia!

La philosophie des prêtres traditionnels

De là vient tout le problème finalement: les scientifiques sont en quelque sorte vus par certains religieux comme les prêtres d'une religion concurrente, dont des «recherches récentes» mettent en évidence la mécréance. Se sentant menacés par leur doxa, ils l'attaquent comme les prêtres chrétiens ont attaqué avec acharnement les prêtres païens pendant l'Antiquité tardive puis le Moyen Âge jusqu'à faire disparaître les derniers dans les bûchers de sorcières... Le fait que, depuis peu, des mouvances issues de plusieurs religions monothéistes (surtout protestantes et musulmanes), convergent dans leurs attaques contre la théorie de l'évolution, illustre l'énormité du danger qu'elles perçoivent. Leur panique me semble avant tout trahir la grande faiblesse de leur conceptions métaphysiques, laquelle est inévitable puisqu'ils s'enferment dans des lectures littérales de textes sacrés ou de mythes.

Pour leur part, les prêtres et penseurs des formes traditionnelles de foi évitent aujourd'hui, me semble-t-il, de s'opposer à la science. Après les errements du passé, une telle opposition leur apparaît sans doute non seulement vaine, mais aussi comme un signe de pauvreté spirituelle. Ils se contentent de bien distinguer entre le paradigme scientifique et le paradigme religieux, lesquels peuvent exister simultanément, y compris dans la même personne. Après tout, si les phénomènes du monde s'expliquent de mieux en mieux par la science, l'existence du monde, elle, ne s'explique pas.

Agneaustique de Dieu

À ce propos, moi, qui, comme Charles Darwin, ait évolué depuis la foi chrétienne reçue des miens pendant mon enfance vers l'agnosticisme, je suis ravi par ce passage d'une lettre de 1873 du grand biologiste à un certain Doedes de l'université d'Utrecht :

« Je puis dire que l'impossibilité de concevoir que cet univers grand et admirable, avec nos personnalités conscientes, soit né par hasard, me semble l'argument principal en faveur de l'existence de Dieu; mais est-ce un argument d'une réelle valeur, je n'ai jamais été capable d'en décider. Je suis bien conscient que si nous admettons une cause première, l'esprit meurt toujours d'envie de savoir d'où elle est venue et comment elle est apparue. Je ne peux pas non plus écarter la difficulté que fait naître la somme immense de souffrance à travers le monde. Je suis, aussi, incité à respecter jusqu'à un certain point le jugement d'un grand nombre d'hommes remarquables qui ont cru à Dieu sans réserve ; mais là encore je vois que c'est un argument bien pauvre. La conclusion la plus sûre me semble être que cette question tout entière se situe hors des limites de l'intelligence humaine ; mais l'homme est capable de faire son devoir. »

Oui, l'énigme de l'existence de l'univers nous dépasse et rien de crédible ne suggère que nous pourrons un jour l'expliquer depuis l'intérieur de l'univers. Cette opinion du père de la théorie de l'évolution ne peut qu'inciter les scientifiques à la modestie : les phénomènes qui se produisent dans la nature peuvent être expliqués de mieux en mieux par la méthode scientifique, mais au fond pas l'existence de la nature elle-même. S'agissant de la vie, les formes vivantes produites au cours du temps par la sélection naturelle peuvent être expliquées, mais pas l'origine du vivant. En science, il y a eu pour les choses et pour la vie des états premiers, qui furent les points de départ de leurs existences. Ces instants initiaux ne sont a priori pas explicables : ils sont juste les plus anciens états des choses et de la vie auquel nous sommes, à ce jour, parvenus à remonter.

L'origine de la vie : le Bio Bang

Que nous dit Luc-Alain Girardeau à propos de l'origine de la vie?

Puisqu'un évènement doit nécessairement provenir d'un ancêtre, il a fallu qu'il y en ait un au départ, né d'un évènement physico-chimique improbable, d'une molécule qui aurait eu la propriété d'assembler spontanément des éléments capables d'en faire un double, une copie. Un tel évènement semble si incongru qu'il ne se serait produit qu'une fois, sur une seule planète : la nôtre. Cette Eve biochimique serait une espèce d'enzyme autocatalytique.

Hummmm, que dire? Cette description de l'évènement fondateur de la vie est celle à laquelle on parvient logiquement en suivant vers le passé la succession de la reproduction des formes de vie.

Luc-Alain Girardeau nomme cet évènement fondateur de la vie le Bio Bang. Il ne semble pas envisager une origine extra-terrestre de la vie, mais, après tout, rien n'oblige a priori à ce que cette Eve soit apparue sur Terre. Or, récemment, j'ai envisagé dans le billet Bientôt une «archéologie» extraterrestre? la possibilité d'une origine extraterrestre du vivant. J'argumentais en disant que si,il y a quelque 3,7 milliards d'années dans les conditions infernales régnant sur une planète dont la croûte n'était pas encore solidifiée, de la vie avait pu exister sur Terre, alors elle était si résiliente qu'elle avait pu peut-être survivre aussi sous certaines formes dans l'espace. Ainsi, peut-être découvrirons nous un jour qu'un état de la vie antérieur à l'état premier de la vie sur Terre a existé, et notre quête de l'origine (l'état premier de) de la vie devra alors se poursuivre hors de la Terre... Ou pas.

Quoi qu'il en soit, nous dit Luc-Alain Girardeau, depuis l'évènement primordial à l'origine de la vie:

il y a eu des vagues successives de réplicateurs (des molécules, qui telle l'ADN aujourd'hui sont capables de se répliquer), chacune porteuse d'une innovation avantageuse en matière de persistance et de dédoublement. Puis sans doute, des duplicateurs corrosifs, qui ont dégradé les autres pour en cannibaliser les éléments constitutifs. Puis des réplicateurs protégés de cette dégradation par une pellicule protectrice. Chaque fois qu'un réplicateur s'est doté d'une amélioration augmentant sa capacité à persister, à faire une copie plus rapidement ou plus fidèlement que les autres, il s'est répandu dans cette soupe chimique en intégrant les éléments constitutifs des réplicateurs moins aptes.

Cela n'empêche pas, souligne Luc-Alain Giraldeau, que toute la matière de l'univers est sans vie, même celle qui compose... la vie,. Être vivant, c'est avoir une mémoire, avoir des ancêtres. Ces ancêtres ont vécu, ont expérimenté l'existence et leurs histoires adaptatives se sont inscrites dans les traits de leur descendants. Ainsi, ces colibris dont les becs ont une longueur en rapport avec celle des corolles de fleurs, au fond desquels en vol stationnaire, ils vont chercher du nectar ; ainsi ces huitriers pie de la Baie de Somme, dont le bec a une forme optimisée pour attaquer une coque et l'ouvrir... Dès lors, l'ensemble des traits accumulés par les êtres vivants racontent l'histoire de la vie dans son ensemble.

Alors, lisez Dans l'œil du pigeon !

Dans son livre, Luc-Alain Giraldeau nous apprend à mieux lire l'histoire de la vie en nous éclairant sur la façon dont le comportement des êtres vivants peut être interprété en biologie évolutive. Il le fait avec un vrai talent de conteur en multipliant les exemples et les anecdotes intéressantes.

Ainsi, après nous avoir présenté l'Eve chimique et les réplicateurs, dans son chapitre Un plan sans architecte, il nous explique comment la vie se propage à la faveur du hasard et du temps:

Le parcours des réplicateurs, nous l'avons vu, ressemble à une course de relais olympique où chaque athlète porte un témoin qu'il remet à un coéquipier au bout de son étape. Le nouveau coureur tient le témoin jusqu'à la fin de la sienne, puis le passe au suivant et ainsi de suite. Le relais olympique s'inspire des premiers systèmes de messagerie: une estafette portait un message sur une certaine distance, puis le relayait. Un autre coursier le relayait jusqu'au relais suivant, etc. En apparence, il suffirait de remplacer ce message par l'ADN transmis de parent à descendants afin de décrire la reproduction du vivant. Ce serait occulter la différence capitale qui existe entre le relais d'une lettre et celui de l'ADN : alors que le facteur remet au destinataire le document même qu'a rédigé l'expéditeur, le parent, lui, passe plutôt une copie de l'ADN à son descendant. C'est un peu comme si chaque coursier, au bout de son étape, devait recopier le document de l'expéditeur et ainsi remettre une copie plutôt que l'original au coursier suivant.

Après avoir efficacement clarifié ce mode de propagation par cette métaphore, Luc-Alain Girardeau nous parle d'instinct et d'acquis. Un sujet redoutable qui l'amène à préciser:

Ce qu'il faut plutôt retenir, c'est qu'il est souvent difficile de s'accorder sur ce que l'on veut dire par «Inné».Pour l'orbe dans le jardin, cela ne pose pas trop de problèmes, mais lorsqu'il s'agit d'humains, prétendre qu'un comportement est inné peut avoir des conséquences importantes. Il faut alors reconnaître les diverses définitions de l'inné, sans quoi l'on risque de se laisser entraîner dans véritable tour de Babel conceptuelle où plus personne n'arrive à s'entendre. Pour aborder la composante génétique du comportement, il nous faudra trouver des bases plus solides que celles de l'inné.

Laquelle? Après une efficace initiation à la génétique, il répond ainsi:

Les gènes ne font pas qu'assembler les protéines qui construisent un caractère ; ils contribuent activement au fonctionnement de l'organisme entier. Cette activité se fait grâce à un dialogue entre les gènes et les nombreuses substances du milieu qui ont le potentiel de les activer ou de les inactiver. Cette énorme machine cyberchimique influence à coup sûr notre comportement, mais l'effet n'a rien qui s'apparente au déterminisme de la génétique mendélienne que nous avons apprise à l'école. Devant toutes ces interactions complexes, déterminer si un comportement est inné ou acquis semble alors totalement futile.

Ces bases étant posées, Luc-Alain Girardeau met concrètement en évidence à la faveur de maints exemples fascinants que le comportement animal est influencé à la fois par le présent et le passé. Il nous prévient ensuite contre notre «primatomanie». Nous avons tendance à voir dans le comportement des singes des versions simplifiées des nôtres, mais l'observation des singes nous renseigne davantage sur les singes que sur nous-mêmes : les raisons de nos ressemblances tient plus à une absence d'évolution qu'à l'évolution en tant que telle.

Après un chapitre sur l'anthropocentrisme et un autre sur le fait que nous sommes programmés pour apprendre, Luc-Alain Girardeau nous offre aussi de très intéressantes pages sur le gaspillage immense que représente la reproduction sexuelle. De quoi nous aider à réaliser que la sélection naturelle ne travaille pas pour le bien de l'espèce.

Ensuite, après une discussion des «mille genres» qui complètent les deux sexes, Luc-Alain Giraldeau en vient à nous parler de nous, c'est-à-dire de l'«homme, cet animal culturel», ce qui l'amène à relayer la proposition du professeur de biologie évolutive Marc Pagel de voir dans les cultures humaine un «supervéhicule», un véhicule culturel.

Selon cette théorie, les humains se regrouperaient spontanément autour d'une culture commune, et les personnes membres de ce véhicule agiraient pour le bien de cette culture au même titre que les soldats de la fourmi légionnaire agissent pour le bien de la colonie: dans les deux cas, les gènes au cœur des individus de chaque véhicule parviennent avec ce nouveau regroupement à faire plus de copies d'eux-mêmes. En matière d'efficacité, le véhicule culturel aurait, au total, surpassé tous les autres.

Et en termes d'efficacité, il me semble très bienvenu de lire un véhicule des idées darwiniennes de culture à la fois francophone et américaine.

Oyez, oyez, gentils véhicules de France, voilà un livre où il est bon d'embarquer!


12 commentaires pour “De l’intérêt de lire Dans l’œil du pigeon de Luc-Alain Giraldeau étant donné les attaques religieuses contre la théorie de l’évolution”

  1. verdurin Répondre | Permalink

    Bonsoir,
    en vous lisant je me demande ce que sont les « réplicateurs ».
    Le livre est peut-être intéressant, mais l'article ne donne guère envie de le lire.
    En particulier l'abus du [b]gras [/b]est déplorable.

    • François Savatier Répondre | Permalink

      Un réplicateur est une molécule organique capable de s'autoreproduire, de se répliquer. L'ADN est le réplicateur d'aujourd'hui, à la nuance près de la sexualité.

      Pour l'abus de gras, vous avez raison! J'ai corrigé. Merci.

      Désolé de ne pas avoir réussi à vous donner envie de lire ce livre. Sans doute parce qu'il n'est pas simple de bien faire ressentir quelque chose qui n'est pas……… simple.

  2. Artemus24 Répondre | Permalink

    Salut à tous.
    J'ai l'impression que tout cela est du même gabarit que la théorie de la poule et de l'oeuf.
    Une querelle reposant sur des formes de croyances, basées sur aucun fondement scientifique.
    Selon moi, les deux approches (créationniste et scientifique) ne parlent pas de la même chose.
    Considérez que l'homme n'a que 6000 ans d'existance n'est pas si absurde si l'on parle de son émergence en tant qu'être évoluée, tandis que les scientifiques parlent de l'évolution de la vie.
    Autrement dit, les uns parlent du corps tandis que les autres parlent de l'esprit.
    Déjà, je ne comprends pas pourquoi faire cette dichotomie du tout qu'est la vie.
    Franchement, cela ne m'intéresse pas de savoir qui a raison ou qui a tort.
    @+

    • François Savatier Répondre | Permalink

      Vous voulez dire : «Dieu a créé le monde» est la même chose que «Le monde a créé Dieu». La deuxième affirmation «Le monde a créé Dieu» est l'hypothèse suivant laquelle, Dieu est une invention humaine. Elle n'est absolument pas équivalente à la première d'une point de vue scientifique, car tandis qu'il est impossible de vérifier que Dieu a créé le monde (sinon on aurait vérifié depuis longtemps pour se débarrasser de la dévastatrice question religieuse), il est tout à fait possible d'essayer de prouver que Dieu est une invention humaine. En tout cas, de très nombreux indices en ce sens résident dans l'organisation de notre psychisme et aussi dans la variété des religions, plus caractéristique de la diversité humaine que de l'unicité de Dieu...

      Sinon, nous savons avec certitude que le genre Homo est apparu il y a entre 2 et 3 millions d'années. Considérer que l'Homme puisse avoir seulement 6000 ans est donc absurde en science. Toutefois, je comprends ce que vous voulez dire : l'esprit humain évolué n'aurait que 6000 ans... mais, cette idée aussi est fausse, car des traces impressionnantes de cultures avancées bien plus anciennes que 6000 ans existent en grand nombre. Je ne vous donnerai qu'un seul exemple, parmi les plus magnifiques : la grotte Chauvet. Ses peintures attestent qu'il y a quelque 36000 ans, les premiers Homo sapiens en Europe peignaient déjà largement comme à la Renaissance: en donnant des effets de perspective à leurs œuvres, en employant des artifices pour suggérer le mouvement, etc.

      Bref, l'esprit humain est évolué depuis très longtemps. C'est un fait. Dès lors, les lectures littéralistes des textes sacrés ont quelque chose qui n'est pas humain du tout, voire inhumain : elles ne sont pas du tout évoluées, et cela se voit au mal qu'elles font.

      D'où l'importance de cette discussion.

  3. Benjamin Répondre | Permalink

    Bonjour et merci pour votre billet.
    Je l'ai trouvé fort intéressant en soit, et même si je ne pense pas prendre le temps de lire le livre, vous êtes bien arrivé à m'en donner l'envie !

  4. jlpy Répondre | Permalink

    Bonjour,
    Comme vous, j'ai fait une terminale scientifique, mais c'était dans les années 1960. Je suis d'accord avec vous pour juger ineptes un certain nombre d'arguments des créationnistes. Par contre, je ne peux que vous encourager à profiter du temps qui vous reste à vivre pour améliorer et actualiser vos connaissances sur les religions, leur histoire et leurs théologies. Il y a dans vos commentaires des approximations qui sont tout aussi ridicules que certaines affirmations créationnistes. Vous parlez des "musulmans" ou des "chrétiens" (qui plus est, en y incluant les Témoins de Jéhovah qui n'ont aucun lien organisationnels et spirituels avec aucune Eglise chrétienne) comme d'entités homogènes, ce qui est parfaitement inexact, surtout dans le débat sur l'évolution. Pourquoi d'ailleurs ne pas parler du Bouddhisme et de l'Indouisme qui rassemblent eux aussi des centaines de millions de croyants ?

    • François Savatier Répondre | Permalink

      Bonjour,

      J'apprécie votre commentaire, qui m'encourage à plus de nuances quand je parle des religieux. Je souhaite en avoir, car je respecte profondément l'attitude religieuse et ne la considère pas comme ridicule étant donné l'énigme de l'existence de l'univers.

      Ceci dit, j'ai du mal à percevoir la nature de votre critique : les «Témoins de Jéhovah», c'est-à-dire les «Témoins de Jésus» se réclament du christianisme, comme leur nom l'indique bien. Pour moi, ils suffit qu'il le fassent pour que je les reconnaisse comme chrétiens; l'appartenance à une église est un phénomène institutionnel, et si je comprends, votre besoin d'ordre, la démarche religieuse est individuelle avant d'être collective, du moins chez les gens qui pensent et ressentent librement.

      Par ailleurs, j'aurais tout aussi bien pu parler de cette très ancienne religion qu'est l'hindouisme ou du bouddhisme, puisque mon seul point était d'insister sur la nécessaire séparation entre démarche religieuse (quelle qu'elle soit) et démarche scientifique. Toute démarche consistant à invoquer quelque chose d'extérieur à l'univers (le dépassant, le contenant) pour expliquer des phénomènes se produisant en son sein est par essence ascientifique. En ce sens, les Hindous qui croient à la réincarnation, donc à l'âme (extérieure au monde matériel) seraient ascientifique s'il faisaient intervenir l'âme pour expliquerun processus de ce monde, par exemple la maladie de quelqu'un.

      Bref, je n'ai pas compris votre point.

      Bien cordialement,

      FS

  5. Jean-Louis Marguerin Répondre | Permalink

    http://pierrejouventin.fr/la-face-cachee-de-darwin-lanimalite-de-lhomme/
    dans le même ordre d'idée ,"la face cachée de Darwin,l'animalité de l'homme".Quand on a compris cela ,le corollaire est qu'on ne peut comprendre les religion que par l'animalité de l'homme et de sa dualité homme-femme.pour cela se référer au fait que l'Homme ,c'est 80 à 50% d'eau et que le dipôle de l'eau ,du point de vue physico-chimique est électrostatique et électromagnétique ,la pompe Nak étant la centrale électrique du corps humain.rappel:
    1-l'eau est électrostatique ,une application est l'électrolyse de l'eau ,le champ électrique orientant les molécules d'eau
    2-l'eau est électromagnétique,une application est le four à micro-ondes
    3-les champs électrostatiques et magnétiques n'ont pas la même orientation
    les 3 religions monothéistes venant de régions plutôt désertique avec des mers très salées ...ce qui n'explique pas le tout mais une partie.

  6. Guilleminot Répondre | Permalink

    Renvoyer l'origine de la vie ailleurs que sur Terre n'avance à rien. Il suffit de constater que le goût des plats mijotés se modifie avec le temps. Alors 4 ou 15 milliards de durée de cuisson ? il sera difficile de trancher et ce n'est peut-être pas utile. En tout cas, ceux qui dénient l'évolution des espèces devraient être morts de faim, vu que presque toutes les espèces vivantes consommées par les humains ont évolué sous sa contrainte.

  7. LarryPaw Répondre | Permalink

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