L’exposition Austrasie, le royaume mérovingien oublié à Saint-Dizier

Avec le soutien de l'Inrap, l'équipe municipale de la ville de Saint-Dizier poursuit depuis plusieurs années une opération de production culturelle et de développement du territoire qui me semble exemplaire. Saint-Dizier, une petite agglomération de Haute Marne, est davantage connue pour son industrie métallurgique et pour l'invention des crèmes glacées Miko par Luis Ortiz en 1921, voire pour sa base aérienne, que pour son archéologie. C'est pourtant sur le site des Crassées au sein du territoire de cette commune de 25000 habitants, que trois tombes mérovingiennes parmi les plus remarquables jamais découvertes, ont été fouillées dans les années 2000. La région s'est en effet trouvée un  jour à la frontière sud de l'Austrasie.

Austrasie, was ist das?, se demande-t-on aussitôt en mérovingien… approché. L'Austrasie, c'est cela:

Le territoire qui aurait été celui de l'Austrasie. (C: Mairie de Saint-Dizier)

Le territoire qui aurait été celui de l'Austrasie. (C: Mairie de Saint-Dizier)

Il s'agit d'un royaume franc, qui comme son nom l'indique, fut celui des Francs de l'est. L'Austrasie a existé sous une forme ou une autre entre la mort de Clovis en 511 et l'avènement du royaume franc réunifié en 751, donc pendant plus de deux siècles, alors que l'Empire des Pépinides devenu carolingien – que nous avons tous en tête – n'a lui de facto, existé qu'entre 751 (année où Pépin le Bref, fils de Charles Martel se fait acclamer roi par la grande aristocratie gallo-franque à Soissons ) et 843 (les trois fils survivants de Louis le Pieux concluent le traité de Verdun et se partagent l'Empire), donc pendant moins d'un siècle…

Or pendant cette aventure, celle de la conquête de tout l'espace franc par les Francs de l'est, Saint-Dizier se trouva brièvement sur la frontière sud de l'Austrasie (voir la carte plus haut). Sans doute est-ce pourquoi des guerriers francs de haut rang s'y établirent pour tenir le terrain. Ils s'installèrent dans une ancienne villa gallo-romaine située en un endroit qui devait devenir le lieu-dit des Crassées. En 2009, j'avais annoncé dans l'article de Pour la Science Trois runes et un anneau d'or, ce qui avait été découvert dans la nécropole de cette villa reprise par les mérovingiens. J'ai par ailleurs tenté une interprétation des tombes de membres de la haute aristocratie franque trouvée au Crassées dans le billet Ce que les tombes de Saint-Dizier me disent. La lecture de cet article et de ce billet vous montrera l'importance scientifique des sépultures mérovingiennes de Saint-Dizier: d'une part, elles nous ont livré un matériel funéraire caractérisant la plus haute élite mérovingienne du début du VIe siècle et d'autres part, elles saisissent les Mérovingiens au moment précis où, encore barbares, ils devenaient chrétiens...

Ce passé franc concerne-t-il la population de Saint-Dizier, qui, comme dans toutes les villes de France, est un mélange de Français et d'immigrés de toutes origines? Tous les «Bragards» (on lit dans Wikipedia, que ce nom proviendrait du cri «Ah, les braves gars!» poussé par François Iier lorsqu'il apprit la résistance de la ville lors de son siège par les troupes de Charles Quint) n'ont pas des origines franques, ni françaises, mais pour François Cornut-Gentille, le maire de la ville, le passé de la région est le passé de tous ceux qui y vivent, puisqu'ils y vivent… Avec Élisabeth Robert, son adjointe chargée des grands projets culturels, les archéologues de l'Inrap et l'aide d'historiens spécialiste de la période et toute son équipe, il a lancé un tout un processus de sauvetage et d'appropriation du passé franc de la ville par sa population.

C'est pourquoi, à la suite des découvertes inattendues des années 2000, la ville a préempté les terrains des Crassées intéressants archéologiquement, afin de rendre possible une fouille programmée de long terme, c'est-à-dire une fouille organisée rationnellement d'un point de vue scientifique. Cette fouille se poursuit sous la direction de Stéphanie Desbrosse-Degobertière de l'Inrap et se poursuivra jusqu'à l'étude complète du site:

Le site des Crassées à Saint-Dizier est en cours de fouille (C: Mairie de Saint-Dizier).

Le site des Crassées à Saint-Dizier est en cours de fouille (C: Mairie de Saint-Dizier).

Ensuite, la ville a organisé avec l'Inrap l'exposition déclarée d'intérêt national Nos ancêtres, les Barbares, qui s'est tenue à Saint-Dizier 19 juin au 20 octobre 2009, attirant 30000 visiteurs de la région et d'ailleurs. Cette exposition était très innovante, puisque c'est la première fois que dans une exposition consacrée aux Francs, on se concentrait sur le VIe siècle mérovingiens. La partie la plus originale de cette exposition – les découvertes faites dans les tombes des Crassées – sont toujours visibles au musée de Saint-Dizier:

Les dépouilles des chefs de Saint-Dizier sont présentées au musée municipal de Saint-Dizier ; au fond, la restitution de la tombe de la jeune aristocrate trouvée enterrée à leur côté. (C: Mairie de Saint-Dizier)

Les dépouilles des chefs de Saint-Dizier et de la jeune aristocrate dont les tombes ont été découvertes au cours des années 2000, sont présentées au musée municipal de Saint-Dizier ; au fond, la restitution de la tombe de la jeune aristocrate (C: Mairie de Saint-Dizier)

Aujourd'hui, après qu'une nouvelle tombe de chef a été découverte en 2015 aux Crassées, la ville relance le processus d'appropriation de son passé franc par la population de Saint-Dizier en inventant l'exposition : Austrasie, le Royaume Mérovingien oublié.

Or, François Cornut-Gentille et son équipe, qui se battent pour que les habitants de leur région connaissent le volet franc du passé de leur territoire, sont interpellés par le fait que la Présidente du Front national vienne chaque année prononcer son discours de rentrée dans un petit village de Haute Marne peu éloigné de Colombey-les-deux-Églises : Brachey, 55 habitants, dont 29 votants, dont 24 ont voté pour le FN aux dernières élections régionales.

Brachey et la Haute Marne, ces marges que les Francs venaient garder des Burgondes, feraient-ils partie de la… «France délaissée»? Pas pour ces élus pour qui la Haute-Marne n'est pas une région industrielle sinistrée, mais plutôt un territoire en développement y compris culturellement… Alors, François Cornut-Gentille, un maire qui est déjà allé rechercher jusqu'en Chine des occasions d'avenir pour sa ville et un député élu à l'Assemblée nationale sous l'étiquette Les républicains, a évoqué ce sujet politiquement sensible dans le discours par lequel il nous a accueillis, nous autres journalistes venus d'un peu partout en Austrasie et en France visiter l'exposition Austrasie, le Royaume Mérovingien oublié:

François Cornut-Gentille:

Cette exposition sur l’Austrasie intervient dans un contexte particulier. Au plan national, il y a la création de la nouvelle région Grand Est et les questions identitaires qui reviennent de façon lancinante dans le débat politique.

Au plan local, la ville de Saint-Dizier a engagé un travail particulier sur l’archéologie depuis plus d’une dizaine d’années. Il y a eu d’abord la découverte de trois tombes de chefs Francs et une exposition réunissant plus de 30 000 visiteurs à cette occasion. Depuis 7 ans, une fouille programmée avec l’Inrap sur le site dit des Crassées met en valeur une continuité d’habitations de la période gallo-romaine jusqu’au XIIe siècle. Les visites de la fouille lors des journées de l’archéologie rencontrent un très grand succès populaire avec plusieurs milliers de visiteurs. Sur tous ces sujets, la ville a entrepris un travail dans la durée en partenariat avec l’Inrap et l’Education nationale avec notamment une classe d’archéologie en zone d’éducation prioritaire.

A travers toutes ces expériences et cette exposition, nous essayons de construire quelque chose qui ne soit pas déconnecté de l’actualité mais qui reste en même temps scientifiquement valable. Nous pensons que l’archéologie permet de développer un discours intéressant pour toute les catégories de la population à partir de la redécouverte de l’histoire du territoire. Le public est amené à se poser des questions extrêmement concrètes. Là où j’habite, qui sont ceux qui m’ont précédé et que sont-ils venus faire dans cet espace ? Aujourd’hui, que reste-t-il de leur passage et que leur devons-nous ? Ainsi, les questions identitaires peuvent être abordées de façon non fantasmée mais à partir de données objectives.

Risquons le mot, cette exposition et notre travail sur l’archéologie avec l’Inrap sont politiques au sens fort du terme. Mais l’on a bien compris qu’il ne s’agit plus d’asséner des idées simplistes ou de jouer du ressentiment comme on le voit désormais partout. Il s’agit de faire confiance à la curiosité des gens. De prendre du recul pour les aider à s’interroger sur notre histoire et donc, sur leur propre histoire. Car c’est bien ce recul, si absent de notre vie politique d’aujourd’hui, qui permet de comprendre ce qui nous arrive.

Au-delà de ce propos général, l’exposition met en valeur de très beaux et rares objets qui dissipent s’il en est encore besoin, les clichés sur les barbares. L’originalité de cette « identité austrasienne» tenant au mélange des influences nordiques et méditerranéennes.

Exemplaire, vous dis-je et ce n'est pas que mon opinion! Dominique Garcia, le président de l'Inrap, à qui je mentionnais les efforts faits à Saint-Dizier, les a commenté ainsi :

Oui, ils sont exemplaires. À deux niveaux : d'une part, parce qu'avec le soutien de la mairie, une partie du terrain est l'objet d'une fouille programmée, de sorte que pour une fois après un sauvetage, la recherche sur un aspect du passé peu s'inscrire dans un temps long, ce qui est précieux sur le plan scientifique; et d'autre part, parce c'est que justement dans une région, dont la vie sociale est dure et pas toujours simple,que l'on se sert d'un élément du patrimoine, non pas pour s'approprier des racines, mais pour que les gens s'attribuent un espace dans lequel ils sont amenés à vivre. Cela c'est essentiel.

Bon, alors, on va la visiter cette exposition? Si vous êtes de Haute Marne, il vous suffira pour cela de vous rendre à l'Espace Camille Claudel à Saint-Dizier:

L'espace Camille Claudel à Saint-Dizier (C: Mairie de Saint-Dizier)

L'espace Camille Claudel à Saint-Dizier (C: Mairie de Saint-Dizier)

Si vous êtes de Paris, de prendre l'un des trains du matin depuis la Gare de l'Est. Vous aurez la surprise d'y trouver affichée les affiches de l'exposition:

L'affiche de l'exposition Austrasie, le Royaume Mérovingien oublié. (C: Mairie de Saint-Dizier)

L'affiche de l'exposition Austrasie, le royaume mérovingien oublié. (C: Mairie de Saint-Dizier)

Si vous êtes de Colombey-les-deux-Églises ou de Brachey, alors venez à cheval.

Dans tous les cas, frappez vous le front nationalement, car ce que vous allez découvrir, c'est une exposition d'intérêt national soutenue par l'Inrap, le Musé d'archéologie nationale (Saint Germain-en-Laye), les villes de Saint-Dizier et de Der, le journal La Croix, le journal Connaissance des arts, L'Est républicain et, et, à ne pas négliger, Bafouilles archéologiques!!!!

Représentant pour ma part à la fois Pour la Science et Bafouilles archéologiques, j'ai eu la chance de pouvoir me mêler à un groupe de journalistes guidés dans l'exposition par deux historiens spécialistes des Mérovingiens, dont Bruno Dumézil de l'université Paris Ouest Nanterre La Défense. Ces deux spécialistes du haut Moyen-Âge ont aidé à la conception de l'exposition. Ils nous ont fait découvrir un parcours particulièrement didactique présentant le mode de vie des Mérovingiens et leur impact sur la vie sociale de notre pays de façon à la fois simple et scientifiquement irréprochable.

Fort logiquement, le parcours de commence par la présentation de l'Austrasie, ce royaume oublié. Tout un dispositif de cartes, de dates clés et d'objets rares aide à appréhender cette réalité politique mouvante qui disparut effacé derrière l'empire carolingien. Elle se poursuit ensuite en balayant tous les aspects de la vie mérovingienne, qu'il s'agisse de l'impact énorme de la christianisation des Francs, des nombreux aspects du rôle de la religion dans la vie médiévale qu'ils inventèrent, de leur vie quotidienne, de leur repas, de leur économie et même de leur histoire.

L'un des tout premiers intérêts de Austrasie, le Royaume Mérovingien oublié est de nous donner à voir de nombreux beaux objets mérovingiens, qu'ils soient luxueux ou seulement intéressants:

Corne a boire en verre jaunâtre, enrichie d'un décor de filets de verre blanc trouvée dans la tombe N 74. du Cimetière mérovingien de Charleville-Mézières ( vers 500-550 de notre ère).

Corne à boire en verre jaunâtre, enrichie d'un décor de filets de verre blanc trouvée dans la tombe N 74. du cimetière mérovingien de Charleville-Mézières ( vers 500-550 de notre ère).

Parmi les objets intéressant, les armes dominent évidemment, tant elles jouaient un rôle essentiel dans la vie de la petite minorité guerrière obligée de toujours assurer sa domination qu'étaient les Francs saliens, ce petit peuple germanique de l'embouchure du Rhin, qui investit d'abord la Belgique seconde (une région romaine), puis les Gaules. Il semble en effet que la population franque qui investit les Gaules ait compté de l'ordre de 100000 membres, alors qu'avant leur conquête, vers l'an 400, les Gaules auraient compté 12 millions d'habitants…Les Francs constituaient donc une minorité guerrière venue pour dominer, mais aussi – et c 'est le tournant illustré à Saint-Dizier par des Mérovingiens en voie de christianisation – pour s'assimiler. Comme les Bragards d'origines étrangères d'aujourd'hui, finalement…

Les armes jouaient dont un rôle essentiel dans les vies, très guerrières, des Mérovingiens. Et les armes mérovingiennes passaient pour excellentes. Les épées franques en particulier étaient unanimement reconnues comme les meilleures du monde. Les Vikings en raffolaient et s'en servaient dès qu'ils pouvaient mettre la mains dessus (À ce propos, lire en particulier Les Vikings de la Seine, par Vincent Carpentier de l'Inrap).

Pourquoi étaient-elles si bonnes? Parce que les forgerons mérovingiens avaient trouvé une technique permettant de les rendre à la fois souples et résistantes : ils tressaient une torsade alternant les fils de fer doux et d'acier, puis la battaient à chaud pour lui donner une forme de lame. Particulièrement beau, le long fer damasquiné qui en résultait était aussi très performant pour attaquer d'estoc (à cheval par exemple) ou de pointe. La haute valeur de ces lames d'épée se note notamment à ce que l'on investissait pour orner une poignée, qui pouvait être d'or. Tel les samouraïs japonais, qui respectaient leurs épées plus que leurs vies, les guerriers francs avaient des épées dotées d'une personnalité, portant un nom (on pense à Durandal, l'épée mythique de Roland), et possédant une âme, une âme damasquinée du moins! Vous en verrez à Saint-Dizier de particulièrement belles:

Épée mérovingienne dite du «chef» de Lavoye. (C: MAN)

Épée mérovingienne dite du «chef» de Lavoye. (C: MAN)

L'une des épées des guerriers de Saint-Dizier (voir ci-dessous) portait pour sa part inscrit en runes le nom d'Alu,un mot signifiant « bière » (on reconnaît la même racine dans le mot anglais Ale évoquant une bière fermentée à température haute), ce qui – on s'en doute – ne pouvait qu'évoquer la prospérité pour des Germaniques. Gageons que le guerrier mérovingien qui tapait sur ses ennemis avec une épée dénommée «bière» avait le ventre puissant et pas seulement le bras… Du reste, dommage pour vous, car ceux que cela aurait intéressé de retrouver la vigueur de ventre et de bras du propriétaire mérovingien d'Alu aurait pu le faire en allant déguster dans La taverne de Childebert, une taverne éphémère ouverte à Saint-Dizier, pour écouler en secret une bière – la bière Childebert – que la ville s'est faite brasser d'après la recette retrouvée dans la tombe du maître d'Alu. Un secret que j'avais promis de ne pas divulguer. Ah, les journalistes…

Si vous avez manqué cette occasion de boire de la bière mérovingienne, alors retournez gravement à l'exposition Austrasie, le Royaume Mérovingien oublié afin de continuer à y étudier les armes mérovingiennes de prestige, telles les épées, mais aussi les armes plus modestes et robustes dont l'emploi expert a fait la terrible réputation des guerriers mérovingiens. Je veux parler des scramasaxes (sorte de grand couteau-épée porté par chaque mérovingien), des francisques, des boucliers ronds, des angons et des lances qui comptaient habituellement dans la panoplie d'un guerrier mérovingien. Personnellement, je suis particulièrement fasciné par les francisques, ces haches de jet, que les guerriers mérovingiens jetaient à la tête de leurs adversaires ou dont ils se servaient pour l'entamer, cette tête:

Ces crânes mérovingiens ayant reçu ces blessures au combat. Tous deux ont survécu à leurs blessures ; l'un d'entre eux après avoir été trépané. (C: F. Savatier)

Ces crânes mérovingiens ayant reçu ces blessures au combat, probablement de haches. Tous deux ont survécu à leurs blessures ; l'un d'entre eux après avoir été trépané. (C: F. Savatier)

Dans le billet, Un objet rare, la hache danoise des Andelys, je compare d'ailleurs la hache scandinave de l'époque à celle des Francs. Des francisques, vous en verrez tout votre content dans l'exposition de Saint-Dizier et vous pourrez vous… forger non pas une hache, mais plutôt une impression de la panoplie typique du guerrier mérovingien:

Les armes d'un guerrier mérovingiens. Outre une point d'angon (la longue pointe fine), on note une pointe de lance, un umbo de bouclier, des francisques et des épées. Tout ce matériel a été trouvé dans les deux tombes de guerrier non pillées des Crassées. (C: Inrap)

Les armes d'un guerrier mérovingiens. Outre une pointe d'angon (la longue pointe fine), on note une pointe de lance, un umbo de bouclier, des francisques et des épées. Tout ce matériel a été trouvé dans les deux tombes de guerrier non pillées des Crassées. (C: Inrap)

Sinon, l'exposition sera aussi pour vous l'occasion de voir par quelle méthode peu recommandable les Mérovingiens, même devenus chrétiens, réglaient leurs problèmes de famille:

Le meurtre de Galswinthe, la sœeur de Brunehaut, a joué un grand rôle dans l'histoire des Mérovingiens. Ici dans une représentation du xixe siècle par le peintre Philastre.

Le meurtre de Galswinthe, la sœur de Brunehaut, a joué un grand rôle dans l'histoire des Mérovingiens. Ici dans une représentation de style pompier du XIXe siècle par le peintre Paul-Louis Félix Philastre (1837-1902).

Et puis, vous pourrez y voir nombre de ces bijoux mérovingiens si particuliers, qui ont tant contribué à notre notion de ce qu'est un trésor:

Une fibule mérovingienne quadrilobée a été découverte à Humbécourt, à proximité de Saint-Dizier. (C: MNA)

Une fibule mérovingienne quadrilobée a été découverte à Humbécourt, à proximité de Saint-Dizier. (C: MNA)

Ou encore cette autre fibule provenant du musée de Strasbourg:

paire-de-fibules-digitc%cc%a7es-en-argent-dor-500Et puis, les fermetures des aumônières (sacs à effet personnels) des guerriers enterrés aux Crassées valent aussi le détour:

Ces fermetures hautement décorées ornaient les aumônières des chefs mérovingiens enterrés aux Crassées. (C : Inrap)

Ces fermetures hautement décorées ornaient les aumônières des chefs mérovingiens enterrés aux Crassées. (C : Inrap)

Comme, du reste, les monnaies mérovingiennes:

Monnaie de type solidus de Théodebert (534-548). (C: Laurianne Kieffer – Musée de La Cour d'Or – Metz Métropole)

Monnaie de type solidus de Théodebert (534-548). (C: Laurianne Kieffer – Musée de La Cour d'Or – Metz Métropole)

Ainsi, l'exposition Austrasie, le Royaume Mérovingien oublié est vraiment un moyen de développer sa culture sur un royaume oublié et sur certains des ancêtres de certains d'entre nous : les Mérovingiens du VIe siècle. Y aller est aussi un moyen de se rendre compte que si Saint-Dizier et sa région sont un territoire à développer, il s'y passe quelque chose.

Du reste, François Cornut-Gentille, pour convaincre tout à fait les journalistes archéologiques rassemblés devant lui leur a parlé du site du Châtelet de Gourzon, un lieu-dit situé entre Saint-Dizier et Joinville. Or cet éperon aisément fortifiable (de fait, il est barré) a connu des occupations successives entre le Néolithique et le haut Moyen-Âge. Une nécropole mérovingienne y fut aussi implantée. Pierre-Clément Grignon (1723-1784), un érudit haut marnais passionné par le passé, organisa la fouille de la colline. Précédées de sondages, ces fouilles furent méthodiques, nous a expliqué Monsieur le maire, et elles donnèrent lieu en plus à des rapports de fouille détaillés...

Bref, vous l'avez compris, l'archéologie scientifique et l'archéologie de sauvetage ont été inventées en Haute Marne et à dix kilomètres de Saint-Dizier. Que pouvait trouver de plus adéquat un animal politique comme François Cornut-Gentille pour séduire davantage des journalistes archéologiques? Rien !

Vous l'avez compris, c'est en Haute Marne que cela se passe, que l'on développe le territoire tout en se gardant des Bourguignons et cela passe par Austrasie, le Royaume Mérovingien oublié!

 


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