Les archéologues du Proche-Orient ancien se mobilisent


Lors du 10ème Congrès international d’archéologie du Proche-Orient ancien qui s’est tenu à Vienne (Autriche) la dernière semaine d’avril, une session spéciale a été consacrée au « Patrimoine culturel menacé : enjeux et perspectives ». À l’issue de cette journée à laquelle ont contribué des collègues des pays concernés, les très nombreux participants ont signé une déclaration commune, intitulée « Vienna Statement 2016 », par laquelle ils affirment les points suivants :

  1. Le Proche-Orient et l’Afrique du Nord figurent parmi les régions les plus riches du monde sur le plan culturel, avec des vestiges d’à peu près toutes les périodes de l’histoire humaine ; beaucoup d’entre eux sont inscrits sur la liste du patrimoine culturel de l’humanité de l’UNESCO.
  2. La propriété culturelle de ces régions est en grand danger. Des destructions dues aux guerres, aux pillages, aux fouilles clandestines, renforcées par un commerce illicite des antiquités, ont déjà conduit à la perte partielle ou complète d’objets et de monuments historiques importants.
  3. La perte continue et conséquente de l’héritage culturel par des actions accidentelles ou délibérées constitue une menace grave pour l’identité culturelle et le potentiel économique de ces régions. En outre, la destruction des archives culturelles représente une perte irremplaçable pour toute l’humanité.
  4. La situation requiert une coopération internationale intense à tous les niveaux. Les autorités régionales, en particulier les services des antiquités, les institutions scientifiques, l’UNESCO, la police et les douanes doivent coopérer sur le long terme. Une telle collaboration a été préconisée lors de nombreuses réunions internationales, et celles-ci doivent se poursuivre régulièrement.
  5. Dans les régions touchées, les représentants et le personnel des autorités régionales et locales, en particulier les services des antiquités, doivent être soutenus dans leurs efforts pour préserver le patrimoine culturel sous leur juridiction à la fois par les institutions nationales et internationales, les organisations et comités (par exemple, via des invitations pour des stages de formations et des cours).
  6. Au niveau scientifique, il est nécessaire d’initier ou de poursuivre un dialogue avec les autorités nationales (comme les services des antiquités) sur l’échange ou le transfert des données de recherche relatives aux sites archéologiques et aux monuments historiques générées par les institutions de recherche internationales dans les pays touchés.
  7. Des campagnes visant à sensibiliser la presse écrite et audio-visuelle, ainsi que les médias sociaux, sont indispensables pour alerter le public sur le problème des biens culturels en péril.
  8. Les investigations criminelles sur le commerce illicite des antiquités doivent être facilitées et soutenues par une expertise professionnelle.
  9. Il y a un réel besoin de réunions internationales soutenues par l’UNESCO au cours desquelles des experts analystes peuvent faire des projets, en collaboration avec les autorités nationales, de restauration et préservation en réponse aux dommages et à la destruction des biens culturels.
  10. Il est nécessaire de faciliter l’accès des jeunes chercheurs des régions touchées à une formation avancée à l’étranger traitant de la sauvegarde, préservation et restauration dans les disciplines suivantes : archéologie, architecture, conservation du patrimoine et gestion du tourisme.
  11. Les étudiants en archéologie, architecture, conservation du patrimoine et gestion du tourisme doivent aussi pouvoir bénéficier de la possibilité de suivre un enseignement à l’étranger. Fait à Vienne, le 27 avril 2016

Par ailleurs, des directeurs de missions archéologiques en Syrie et les membres du bureau de l’association internationale SHIRĪN - Syrian Heritage in Danger: an international research initiative and network viennent de lancer une motion contre une reconstruction hâtive du site de Palmyre sans consultation des chercheurs spécialistes du site et surtout sans la collaboration des autorités archéologiques syriennes : « Restaurer Palmyre : Oui ! Dans la hâte : Non !!! Une motion destinée à encourager l’UNESCO à agir en organisation neutre ».


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