Le Code de Hammurabi est arrivé à la Grande Borne à Grigny !


Une réplique grandeur nature du code de Hammurabi, l’un des plus anciens recueils de lois qui donne un aperçu sur la société de Babylone au 18e siècle avant J.-C., vient de trouver son chemin jusqu’à la cité de la Grande Borne à Grigny (Essonne).

Le Code de Hammurabi, stèle en basalte de 2,25 mètres de haut, a été découvert en 1901 par les Français sur le site de Suse en Iran où il avait été emporté comme trophée de guerre par les Elamites au 12e siècle avant J.-C. Une première traduction en a été proposée dès 1902 par le père dominicain Vincent Scheil. Rédigé en langue akkadienne et écriture cunéiforme sous les ordres du roi Hammurabi de Babylone vers 1750, il comporte plus de 3500 lignes réparties sur 23 colonnes. Le texte débute par un prologue qui relate l’accession au pouvoir du roi sous le patronage des grands dieux de Babylone, son œuvre politique et mentionne les nombreuses villes conquises par le souverain. Puis viennent les 282 articles de lois portant sur les faux témoignages et juges corrompus, les vols, le travail de la terre, le commerce, le droit familial, les agressions, les artisans et travailleurs et les esclaves. Les articles sur les coups et blessures mettent en avant la loi du talion « œil pour œil, dent pour dent », que l’on retrouve dans l’Ancien Testament. Le texte s'achève par un épilogue qui célèbre Hammurabi comme un souverain juste, pasteur de son peuple. Au sommet de la stèle, le roi, debout en prière, reçoit du dieu de la justice Shamash, le Dieu Soleil, les insignes de la royauté. CHCredit: Photo M. Esline

C’est grâce aux efforts conjugués de l’association DECIDER et des habitants de la Grande Borne que cette réplique du Code de Hammurabi est arrivée à la cité[1]. Cette association, qui fête ses vingt ans l’an prochain, est née en réaction à un endettement locatif important des habitants du quartier, le besoin vital de ne pas perdre leur logement et de retrouver leur honneur. DECIDER a accompagné cette dynamique locale en favorisant l’accès des habitants de la cité à la culture, et a créé l’opération les « Musées en voyage » en partenariat d’abord avec Le Louvre, puis avec le Musée Guimet, l’Institut du Monde Arabe et la Bibliothèque Nationale de France. Un groupe de volontaires a reçu une formation adaptée leur permettant de guider à leur tour les habitants de la cité dans les musées parisiens.

Une nouvelle étape a été franchie en 2014 avec l’idée de faire venir les musées à la Grande Borne, et c’est ainsi qu’est née l’opération les « Musées en voyage ». Les habitants du quartier s’emparent d’un thème – cette année la naissance de l’écriture –, mènent des recherches sur le sujet, invitent des spécialistes et montent un petit musée hébergé dans un appartement vide de la cité. On peut ainsi visiter aujourd’hui une salle dédiée à la Préhistoire, une autre à la naissance de l’écriture en Mésopotamie et en Égypte. Par la suite, ces expositions sont remontées dans les écoles et collègues du quartier afin de laisser la place à de nouvelles.

Oct2017

Pour fêter comme il se doit l’arrivée du Code de Hammurabi à la cité, le 14 octobre dernier, une exposition animée et vivante permettait aux visiteurs d’imaginer la vie quotidienne dans le sud de la Mésopotamie au 18e siècle av. J.-C. En plus de la découverte du Code de Hammurabi et de son contenu présenté par Djibril, ils étaient conviés à divers stands tenus par les habitants de la cité. Ils pouvaient découvrir le ciel des Babyloniens et le monde connu tel qu’ils se le représentaient avec Modibo, puis s’immiscer dans la société de Babylone avec Rosy, Ghislaine, Véronique et Adama, et même fonder une famille et imaginer la vie de celle-ci avec ses esclaves. Ils étaient initiés à l’irrigation et l’agriculture avec Maria, aux potagers avec Céline, à l’élevage avec Dalila, à la chasse et à la pêche avec Ibrim et Lissana. Ils pouvaient s’habiller et se parer avec Saba et Marianne, se soigner avec Reine, Claude et Angélique, se nourrir avec Annie et Mama, faire du commerce avec Francis et Elise, et même faire la guerre avec Cheick Kalid. Il était aussi possible de compter en base soixante et d’écrire une table de multiplication en cunéiforme sur argile avec Moussa et Stéphanie. Enfin, avec Dominique, chef d’orchestre de l’opéra de Massy venu en renfort, les visiteurs découvraient la lyre Babylonienne. Pendant que les parents découvraient la vie à Babylone il y a quatre mille ans, Anne, Laurence et Olivia accueillaient les enfants à la maison des enfants et de la nature autour d’un quiz.

Les membres de l’association DECIDER et des Musées en voyage avec le Code de Hammurabi

Les membres de l’association DECIDER et des Musées en voyage avec le Code de Hammurabi

Dans l’immédiat, l’association DECIDER et l’opération « Musées en voyage » bénéficient d’un financement régional pour 3 ans (2016-2018), de plusieurs emplois aidés et du soutien de la municipalité. Il est indispensable de continuer à épauler ces merveilleux bénévoles de poursuivre leur œuvre auprès de la population de la Grande Borne : même avec beaucoup de volonté, la culture ne peut se développer sans accompagnement et sans moyens.

[1] L’association DECIDER est représentée par Rahia Ahamada, Seynabou Diarra, Véronique Emery, Evelyne Ozgur, Djibril Soumaré et Martine Vincent ; 9-11 rue des Enclos, 91350 Grigny. Jours de visite des "Musées en voyage": mardi et jeudi 10h-12h et 14h-16h.

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