Des limites pour « Evidence for a limit to human lifespan »

17.10.2016 par Jacques Epelbaum, dans Uncategorized

Un article encore sous-presse dans Nature (Dong et al, doi:10.1038/nature19793), a déja eu l'honneur des médias puisqu'il reprend l'idée, finalement assez admise dans la communauté scientifique d'une limite à la longévité de l'espèce humaine. L'article est basé sur une analyse des données démographiques recueillies dans une quarantaine de pays depuis le début du siècle dernier pour certains ou depuis l' année 1985 pour d'autres (voir les abscisses sur les extended data figures 1-5).

Se basant sur notre vedette nationale Jeanne Calment, détentrice du record avec 122 ans et quelques, les auteurs construisent des courbes de corrélations des supercentenaires en deux groupes : 1968 à 1994 et 1995 à 2006 pour les données françaises (figure 2 de l'article) et 1955 à 1988 et 1995 à 2015 (extended date figure 6). Dans les deux cas les premières courbes montrent une pente positive indiquant une augmentation de la durée de vie alors que les secondes présentent une pente négative ; ce qui entraine les auteurs à conclure "logiquement" à une diminution de la durée de vie après 1995.

Il y a cependant un "petit" bémol. Si les corrélations antérieures sont bien hautement significatives (p<0,001), ce n'est pas le cas de celles postérieures à 1995 ...

En outre, des corrélations prenant en compte l'ensemble des données françaises, comme mondiales, confirment l'augmentation de la durée de vie d'une manière hautement significative, jusqu'en 2015.

Cet article est donc intéressant, non pas pour son contenu, mais parce qu'il montre comment une manipulation intelligente des données permet de publier dans un journal à fort impact dont la politique éditoriale est basée sur la mise en avant de résultats spectaculaires ...

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