Libra une ambitieuse surprise

Libra une ambitieuse surprise.

 

Mise en garde.

 

Je n'utilise pas Facebook, et ne suis en aucun sens un défenseur de cette entreprise que comme beaucoup je juge trop puissante. Si les propos qui suivent semblent favorables à la Libra telle qu'elle est annoncée, c'est peut-être pour une des deux raisons suivantes.

- (a) Parce qu'elle ne sera pas mise en place vraiment comme elle se présente dans les documents publiés le 18 juin 2019 (White paper et autres : voir ici  et à la fin de ce texte) et que l'annonce n'est là que pour introduire un système qui sera redéfini progressivement sous la contrainte des États en le fermant pour en faire ce qu'on croyait que Facebook allait faire, et qu'il n'a pas fait pour l'instant !

- (b) Parce que Facebook qui sera un acteur du développement de Libra parmi d'autres (une centaine à terme dans la Libra Association) a voulu promouvoir une révolution — peut-être conforme au rêve de Friedrich Hayek — qu'elle croit nécessaire dans la façon dont fonctionnent les monnaies. Facebook ne souhaiterait pas être le « moteur unique » ni « l'acteur dominant » de cette révolution car cela en réduirait les chances de réussite ?

 

C'est probablement très important.

Le premier jugement qui vient suite aux annonces et publications du 18 juin 2019, est que ce qui commence là est important et peut-être plus important que le Bitcoin, Ethereum, Ripple, etc.

Il y a dix ans, Satoshi Nakamoto a lancé une idée, dont la forme initiale est géniale mais aussi profondément insatisfaisante, ce que tous les observateurs à l'esprit un peu ouvert ont compris année après année. Un second moment bénéficiant de 10 années d'expériences est peut-être venu qui mènera à une monnaie numérique décentralisée, internationale, indépendante des États, robuste, non volatile, pouvant à terme réellement concurrencer les grandes monnaies de banque centrale. Rien n'est certain, mais l'ambition est colossale et rien ne semble exclu : les informations dont on dispose montrent que le projet Libra s'est fixé le plus intelligemment possible les moyens de réussir.

Les choix sont courageux et plutôt inattendus.

Ce que dévoilent les documents publiés n'était pas anticipé.

(i) Pour faire fonctionner la monnaie Libra, il y aura une vraie blockchain dont les informations seront recopiées sur les nœuds validateurs d'un réseau P2P, et dont le contenu sera disponible entièrement et facilement à tous. Ce sera une blockchain publique.

On pouvait craindre un simple système de paiement à la Paypal, Apple Pay, Wechat-pay, Venmo, Alipay, etc. ce n'est pas cela. Il s'agit d'une vraie blockchain, autrement dit d'un véritable système d'espèces numériques.

Ce choix confirme d'ailleurs l'idée que les blockchains ont un intérêt — il y a des gens qui en doutaient encore ! ( voir par exemple ici ou ici )

La montée des cours des crypto-monnaies depuis l'annonce du 18 juin est probablement due à cette prise de conscience maintenant confirmée que cette technologie n'est pas absurde et inutile. La Libra rend légitime les blockchains et les crypto-monnaies, conforte ceux qui s'y intéressent, et rassure ceux qui hésitaient. L'évènement est là aussi.

(ii) La création de comptes par la simple génération d'une paire de clés cryptographiques signifie en réalité qu'il n'y aura pas de procédure de KYC (Know your customer) pour utiliser la Libra qui sera donc pseudonyme comme le Bitcoin, l'Ether et bien d'autres. Citons le texte publié :

« The Libra protocol does not link accounts to a real-world identity. A user is free to create multiple accounts by generating multiple key-pairs. Accounts controlled by the same user have no inherent link to each other. This scheme follows the example of Bitcoin and Ethereum in that it provides pseudonymity for users. »

Si cela se confirme, cela signifie que dans le système qui sera mis en place, la création de comptes n'est pas surveillée et d'une certaine façon ne peut pas l'être (un compte n'est pas connu du système à sa création, mais seulement quand il est utilisé, et le système n'en connaît rien de plus que son "numéro"). L'inclusion bancaire en sera la première bénéficiaire : tout le monde pourra avoir un ou plusieurs comptes. Dans de nombreux pays cela sera utile et nul ne peut contester que c'est un côté positif du projet.

Notons que cette création libre des comptes n'exclut pas comme c'est le cas pour Bitcoin et bien d'autres crypto-monnaies que pour échanger des monnaies usuelles contre des Libra, il faudra passer par des exchanges qui elles sont contraintes de recourir à des procédures de KYC. C'est la situation actuelle ; elle rend assez difficile l'acquisition et la vente de crypto-monnaies de manière anonyme, mais ne rend pas cela impossible. Sur ce point Libra fait aussi bien que Bitcoin... et cela ne plaira pas à tout le monde.

(iii) Les smart-contracts aussi sont retenus par Libra. Il s'agit de l'adoption et de la promotion de l'idée des « monnaies programmables » et des « applications décentralisées irrévocables ». Là encore l'intérêt d'une technologie dont certains semblaient douter est validé. Le projet Libra adopte un point de vue résolument moderne et novateur : l'économie numérique a besoin d'une monnaie numérique véritable (pas de PayPal et autres Alipay seulement) et puisque les Banques centrales ne veulent pas faire le travail de la créer, ce sera le secteur privé qui le fera.

(iv) Plus étonnant encore : le détachement de Facebook vis-à-vis de la Libra Association (la structure Suisse qui gérera la Libra). Il est probable que pour avoir un peu de crédibilité, il ne fallait surtout pas que la Libra soit « la chose » de Facebook. Reste que ce partage de responsabilité avec Paypal, Visa, Uber, Iliad, Lyft, Spotify, etc. crée une décentralisation intéressante et incontestable (nous allons en reparler).

(v) Le système d'adossement à la réserve Libra qui ne sera pas seulement en dollars et pourra évoluer, fera de la Libra un peu plus qu'une stablecoin. Les stablecoins classiques comme Tether ne sont stables que si ce sur quoi elles s'appuient l'est (le plus souvent le dollar). En choisissant un panier de plusieurs devises et en se réservant la possibilité de le redéfinir, la Libra se donne de l'autonomie ; elle devient un monnaie à part entière peu sujette à la spéculation, et n'ayant pas à craindre les mouvements relatifs des autres monnaies les unes relativement aux autres. Libra sera indépendante et résistante à la spéculation effrénée qui rend quasiment inutiles et inutilisables pour l'économie véritable les Bitcoins et autres monnaies cryptographiques non adossées. Là encore Libra pose une base saine et robuste pour une ambition dont il est difficile percevoir les limites.

La méthode est maline et très complète

La lecture des documents montre une grande maturité de la réflexion. Ce n'est peut-être pas étonnant, Facebook a composé les équipes du projet avec des spécialistes nombreux et variés : la liste des signataires du document sur la Blockchain Libra comporte par exemple 53 noms.

Un côté stratégique dans les choix opérés est aussi évident. Rien ne semble avoir été improvisé et décidé à la légère.

- Ne pas y aller tout seul permet d'éviter ou au moins de répondre aux accusations de vouloir créer pour Facebook un pouvoir nouveau et exclusif.

- La possibilité, semble-t-il, de disposer d'un compte Libra sans avoir un compte sur le réseau social Facebook et le fait que Calibra (la société liée à Facebook) ne sera que l'un de 100 nœuds actionnaires de la Libra Association donne l'image d'une structure réellement détachée de Facebook. Cela devrait freiner les accusations d'oligopole dangereux qu'on n'aurait pas manqué de formuler sans cette séparation.

- Evoquer le passage de la solution adoptée aujourd'hui de blockchain « permissioned » à une blockchain non-« permissioned » devrait encore rassurer, même si je doute personnellement de la réalité d'un tel passage (voir plus loin).

- L'utilisation d'un algorithme de consensus nouveau et bien prouvé aura aussi des effets positifs sur le jugement des analystes, bien que de mon point de vue il n'était pas nécessaire de s'appuyer sur le système décrit (le LibraBFT, Libra Byzantine fault tolerance). En effet dans le cas d'une blockchain « permissioned », les solutions les plus simples — choix du nœud validateur par une méthode aléatoire uniforme, ou cyclique— sont déjà satisfaisantes.

- On remarquera en passant que bien évidemment la « preuve de travail » (POW) n'a pas été retenue. Seuls quelques religieux et détenteurs intéressés de jetons continuent de prétendre que la POW est indispensable, alors qu'elle provoque la concentration du pouvoir sur quelques acteurs et donc fragilise les monnaies qui l'utilisent (voir plus loin).

- Les développements en open-source confirme que le projet veut vraiment montrer patte blanche et tenter de séduire le monde des crypto-monnaies.

Configurer comme elle est, Libra exécutera facilement 1000 transactions par seconde. Les canaux de paiement hors chaîne sont évoqués, mais ce n'est pas pour tout de suite et il apparaît clairement que les rédacteurs des documents publiés espèrent s'en passer.

Les choix faits confirment ce que les observateurs indépendants ont compris depuis longtemps et on peut dire que les choix de Libra ringardisent les vieilles crytpo-monnaies limitées à 7 transactions par secondes, à la gouvernance mal conçue, et qui croient se sécuriser en dépensant massivement de l'électricité.

En perfectionnant le modèle des stablecoins avec adossement, Libra valide aussi l'idée qui faisait son chemin depuis trois ans. Il montre qu'il faut savoir choisir entre (a) mettre en œuvre les mécanismes pouvant produire une crypto-monnaie susceptible de réussir à concurrencer les monnaies dominantes aujourd'hui sur terre, ou (b) mettre en place des mécanismes favorisant la spéculation, même s'ils empêchent les usages économiques réels des crypto-monnaies.

Ce que je dis ne signifie pas que la Libra tuera le Bitcoin (qui aujourd'hui d'ailleurs profite de l'image de sérieux et de respectabilité que Facebook donne aux blockchains et aux crypto-monnaies), car même inutile et dangereuse la spéculation peut s'auto-entretenir longtemps, comme l'exemple de l'or le montre. Sur ce sujet voir l'article de notre prix Nobel d'économie Jean Tirole qui explique que les bulles peuvent durer, et pour qui le Bitcoin, le Dollar et l'or sont des bulles. Ici ou ici.

Centralisation/décentralisation, bien choisir.

On peut anticiper sans risque que les maximalistes-bitcoin (ceux qui pensent qu'on ne fera jamais mieux que le Bitcoin) vont hurler contre la centralisation de la Libra. C'est quand même très étrange ! Alors qu'un rapport récent de Coinshares ( ici ) vient de rappeler qu'aujourd'hui encore 60% du minage du Bitcoin se fait en Chine, et donc que le Bitcoin est entre les mains du gouvernement Chinois, il semble totalement absurde d'oser défendre la décentralisation du Bitcoin, en l'opposant à celle d'une monnaie qui sera, à part égale, sous la gouvernance d'une association de 100 entreprises indépendantes les unes des autres, voire concurrentes. Si décentralisation il y a, ce n'est certainement pas le Bitcoin qui peut s'en prévaloir !

Si par décentralisation on entend qu'aucune entité ne dispose d'aucun pouvoir sur la monnaie, c'est une illusion, l'exemple de Bitcoin le prouve. La décentralisation ne peut être que partielle, mais qu'il y en ait ou pas est important, et comprendre ce qui peut l'être et le prix à payer pour cela n'est pas une simple question de tout ou rien.

PayPal est totalement centralisé car une seule entité, Paypal, peut interdire à une transaction d'être exécutée, et peut éventuellement s'approprier une partie des comptes qu'elle gère. Tout est possible pour Paypal qui tient le registre de compte ou son équivalent, même si abuser de son pouvoir aurait certainement des conséquences nuisibles à la confiance.

Dans le cas d'une décentralisation comme celle de la Libra, c'est très différent : il sera impossible à une firme composante de la Libra Organisation d'arrêter une transaction, ou de "voler" le contenu d'un compte. C'est bien l'intérêt de la blockchain : chaque nœud validateur contrôle les comptes et certifie les transferts de comptes en comptes. Chaque nœud surveille les autres et cela rend impossible toute manipulation des comptes. Personne ne peut tricher. Les transactions et les comptes sont décentralisés d'une manière parfaitement satisfaisante, et bien sûr c'est important et préférable à ce qui se passe avec Paypal ou AliPay (j'ai rencontré des gens qui refusent de comprendre ça !).

Dans le cas des stablecoins adossées au dollar une partie du fonctionnement de la monnaie, la gestion du collatéral, est centralisée et doit donc être auditable le plus sérieusement possible pour assurer une certaine décentralisation de cet aspect du fonctionnement. Quelque chose de proche se passe avec la Libra. La Libra n'est donc pas complétement décentralisée. L'adossement qui évite la volatilité exige un peu de centralisation. On peut juger que ce renoncement à une part de décentralisation en vaut la peine. Dans le cas de la Libra cette partie centralisée sera confiée à une entité à buts non lucratifs co-gérée par 100 entreprises indépendantes, et à cause de cela, en un sens différent du précédent, on peut dire que cette gestion du collatéral est quand même en partie décentralisée. On a donc une décentralisation forte pour la gestion des transactions et des comptes, et une décentralisation plus faible pour le collatéral (acteurs indépendants au sein de la Libra Association, et audit des réserves), car non confiée à des procédures algorithmiques décentralisées sur une blockchain.

Pour éviter la volatilité catastrophique des monnaies cryptographiques usuelles, on a donc un peu reculé par rapport à une situation idéale. Ne doit-on pas croire que c'est une bonne chose. Bitcoin à trop en vouloir n'a rien (le gouvernement chinois le tient et fera ce qu'il veut quand cela lui plaira). Libra plus intelligemment transige et offre un compromis qui apparaît raisonnable.

L'avenir sera passionnant

Sur la question du passage du « permissioned » au non-« permissioned » (= n'importe qui peut devenir nœud validateur) que les rapports présentent comme un objectif à moyen terme, il faut être prudent. Ce passage semble improbable pour une raison technique : cela aurait pour conséquence de ne pas limiter le nombre de nœuds validateurs et éventuellement de ne rien exiger d'eux techniquement en terme de capacité de traitement. Cela ralentirait donc l'établissement du consensus (quel que soit l'algorithme adopté) et donc diminuerait le nombre de transactions par seconde. On peut défendre l'idée que « permissioned » avec une centaine de nœuds (comme c'est envisagé pour le lancement de la Libra) est une bonne garantie de résistance à la censure, et qu'il faut accepter cette limitation du nombre de nœuds validateurs si on veut un réseau puissant et rapide. L'avenir nous dira si le passage envisagé se produira, mais il semble difficile de croire que le réseau puisse un jour devenir non  « permissioned » s'il doit gérer des centaines de millions de comptes.

Les problèmes de scalabilité ne seront peut-être pas simples à régler. On saura faire jusqu'à 10 000 transactions par seconde avec la blockchain du type annoncé, mais cela ne suffira peut-être pas pour 2 ou 3 milliards d'utilisateurs potentiels. Il se peut cependant que l'amélioration de la performance des réseaux associée à l'augmentation de la puissance des machines des nœuds validateurs permettent à moyen terme 20 000 ou 50 000 transactions par seconde (Visa est capable aujourd'hui de 50 000 transactions par seconde). Ce n'est pas gagné d'avance.

Les questions les plus intéressantes, si le réseau se développe, concernent ce que deviendra le collatéral, c'est-à-dire la réserve Libra. L'argent du collatéral sera placé, c'est dit explicitement dans les documents publiés. Ce n'est donc déjà plus un collatéral 100% immédiatement disponible. Bien sûr, cela permet de gagner de l'argent. Cela rend économiquement viable le modèle de la Libra Association qui sera comme c'est écrit une  « Swiss not-for-profit organization». Cette association doit quand même gagner de l'argent pour faire face aux coûts de développement, et de fonctionnement du système à mettre en place.

La rémunération provenant des placements de la "réserve de base" qui doit aboutir à un milliard de dollars début 2020, ne sera pas la seule source de rentrées pour la Libra Association une fois en marche. En effet, la réserve recevra aussi l'argent de tout ce qui aura été "déposé" pour se faire attribuer des jetons Libra, et en cas de succès cela atteindra en valeur des dizaines ou même des centaines de milliards de dollars.

Il peut sembler un peu étrange d'avoir fixé le ticket d'entrée à 10 millions (pour être membre de la Libra Association). Cela constituera un début de collatéral. En théorie pourtant, pour commencer il n'y a besoin d'aucun collatéral, l'adossement pouvant se faire exactement en proportion de ce qui est émis en jetons. C'est sans doute la nécessité d'avoir un bon matelas pour faire démarrer et fonctionner la Libra association qui explique les 10 millions du ticket d'entrée.

Une fois le système bien lancé, d'étranges problèmes surgiront. Quand la masse monétaire des Libra commencera à représenter un pourcentage non négligeable de la masse monétaire des dollars, euros, livres anglaises, et yens la situation sera vraiment curieuse. Il semble en effet prévisible qu'une fois le système lancé la contrepartie complète deviendra facultative, comme la convertibilité en or du dollar l'est devenue en 1971.

Une fois en fonctionnement avec un équivalent de centaines de milliards de dollars, le système tient tout seul comme toute monnaie fiduciaire, et devient l'équivalent des monnaies sur lequel il s'appuie... et n'a finalement plus besoin de s'appuyer !

Ce sera très intéressant à observer... si on laisse la Libra se développer. Cela posera certainement des problèmes graves à toutes les monnaies du monde. Il faut bien noter que le bénéfice du seigneuriage (avantages tirés de battre monnaie) dans un système de ce type passe des Banques centrales à la Libra Association : les gens qui déposent leur argent en tirent des jetons Libra a priori non rémunérés, pendant que la Libra association en plaçant cet argent déposé en tire un profit. Le bénéfice de l'inflation passe des états à la Libra Association, le bénéfice de seigneuriage est encore plus net si l'adossement complet par la réserve-Libra cesse !

Sans doute que bien d'autres choses se produiront, par exemple concernant les systèmes de prêts : réserves fractionnaires autorisées ? à qui ? et par qui ?

Si un moment arrive où le collatéral devient inutile, c'est certain on aura une monnaie internationale puissante et entièrement privée, détenue et gérée par un collectif d'entreprises pouvant agir puissamment sur la politique économique mondiale.

Quelques courts extraits

Le placement de la réserve est explicitement envisagé.

« Interest on the reserve assets will be used to cover the costs of the system, ensure low transaction fees, pay dividends to investors who provided capital to jumpstart the ecosystem (read “The Libra Association” here), and support further growth and adoption. The rules for allocating interest on the reserve will be set in advance and will be overseen by the Libra Association. Users of Libra do not receive a return from the reserve. »

L'adossement 100% est déclaré :

« Coins are only minted when authorized resellers have purchased those coins from the association with at assets to fully back the new coins. Coins are only burned when the authorized resellers sell Libra coin to the association in exchange for the underlying assets. Since authorized resellers will always be able to sell Libra coins to the reserve at a price equal to the value of the basket, the Libra Reserve acts as a “buyer of last resort. »

Avec toutefois la possibilité de changement :

« These activities of the association are governed and constrained by a Reserve Management Policy that can only be changed by a supermajority of the association members. »

À noter aussi :

« An additional goal of the association is to develop and promote an open identity standard. We believe that decentralized and portable digital identity is a prerequisite to financial inclusion and competition. »

 

Liens directs sur les publications du 18 juin 2019

https://libra.org/en-US/vision/

https://libra.org/en-US/white-paper/

https://libra.org/en-US/association/

https://libra.org/en-US/about-currency-reserve/#the_reserve

https://developers.libra.org/docs/the-libra-blockchain-paper

https://libra.org/en-US/association-council-principles/#overview

https://libra.org/en-US/partners/#features_carousel

 

 

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