Comment garder la tête froide

En ces temps de canicule, une première  leçon nous vient des Amérique. Ses vastes zones semi désertiques y connaissent des températures estivales très élevées, d’autant plus que c’est en degré-fahrenheit qu’on les enregistre là-bas.  La grande antilope (Antilocapra americana) qui parcourt ces terres désolées et y prospère, pour parer à ces excès de chaleur et se rafraichir, s’est pourvue d’un système circulatoire original  dans le sommet du crâne tel que le révèle cette image scanner (1)

Crâne d'Antilocapra. Crédit H O'Brien

Une dérivation carotidienne d’un beau diamètre et ses diverticules (en vert) irriguent le sommet de la boite crânienne et les chevilles osseuses qui portent les cornes, et forment une sorte de radiateur qui protège le cerveau des pics de température.

D’autres bovidés, ceux là africains, ont « construit » des systèmes circulatoires tout aussi efficaces et dans le même but, protéger le cerveau par temps de chaleur. Il est intéressant de constater que les solutions anatomiques adoptées par les uns et les autres diffèrent : la Nature a plus d’un tour dans son sac pour résoudre le même problème.

Encore faut-il s’y prendre à temps ! Car ce qu’illustre la photo ci-dessus est le résultat d’une adaptation qui s’est mise en place peu à peu, à coups de centaines voire de millions d’années. Et alors que les hôtes à quatre pattes des prairies d’ici et là se paraient pour mieux vivre les été brulants, nous les bipèdes avions d’autres soucis, d’autres maux, et acquérions d’autres qualités et adaptations Alors, aujourd’hui alors que le réchauffement climatique nous menace de ses feux, allons-nous rester démunis, et notre si précieux cerveau est-il menacé de s’échauffer au point de perdre ses capacités ?

L’esprit humain heureusement ne manque pas de ressources, et des physiologistes et médecins nous proposent un palliatif aux excès caniculaires que nous connaissons et qui risquent d’altérer nos fonctions cérébrales : il nous faut bailler le plus possible et le plus souvent. Par de nombreuses études, ils ont pu constater l’effet hypothermisant sur le cerveau du bâillement chez de nombreux sujets, et une bibliographie très fournie soutient leur proposition (2).

Cette composition imagée illustre leur théorie dans une de leur publication.

Rafraichisseur Cérébral. Prototype

Un tel appareillage peut-il aussi à l’occasion être utilisé hors saison pour recharger un Engin de Déplacement Personnel ou pourquoi pas un smartphone ? Les études sont en cours.

(1) O'Brien, H. 2019. From Anomalous Arteries to Selective Brain Cooling: Parallel Evolution of the Artiodactyl Carotid Rete. Anatomical Recordhttps://doi.org/10.1002/ar.23987

(2) http://www.baillement.com/lettres/lettre167.html


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