Effondrements


De 1970 à 2012, les populations de Vertébrés ont perdu 58 % de leurs effectifs. Ce chiffre concernent donc les Mammifères, les Reptiles, les Oiseaux, les Amphibiens et les Poissons. Il est avancé par le World Wild Fund qui appuie cette conclusion sur des bilans puisés à différentes sources, telles celles disponibles sur les tablettes de la Zoological Society of London, le Global Footing Network, et au total ce sont les bases de données de près de 3000 organismes ou institutions scientifiques qui ont été consultées et exploitées (1).

Cette compilation rend compte de la démographie de 14 000 populations de Vertébrés réparties dans le monde entier, composées de 3706 espèces qui ont fait l’objet d’études précises au cours de ces 42 dernières années.

De ces analyses, le WWF en a extrait le Living Planet Index qui renseigne sur l’évolution démographique des populations animales terrestres ou aquatiques à l’échelle globale. Cet indicateur annuel est extrapolé des données démographiques des différente espèces dans leurs lieux de vie, et ses variations permettent de visualiser leur évolution au cours du temps. Chaque espèce implantée dans les différentes stations a été suivie d’une année l’autre, et les comptages d’individus réalisés par différentes méthodes rendent compte au final de sa plus ou moins grande prospérité.

L’image suivante montre la distribution sur la mappemonde des localités qui ont livré des données démographiques sur l’état des populations de Vertébrés à travers le monde.

Localisation des sites qui ont permis de construire la base de données pour établir le Living Planet Index. En vert situation des localités étudiées avant 1970, en orange les nouvelles localités depuis renseignées.

Localisation des sites qui ont permis de construire la base de données pour établir le Living Planet Index. En vert situation des localités étudiées avant 1970, en orange les nouvelles localités depuis renseignées.

 

Dans la période qui court de 1970 à 2012, en moyenne le déclin des populations de Vertébrés est de l’ordre de 2% par an. Mais ce taux varie en fonction des milieux étudiées. Ainsi chez les Vertébrés qui peuplent les savanes il est moins élevé, alors que les populations d’eau douce sont les plus affectées de toutes, et leur déclin est plus rapide Quant au déclin des animaux marins, il est de même ordre que celui des populations terrestres.

Les trois icones suivantes résument en les simplifiant ces observations.

Déclin du Living Planet Index des populations de Vertébrés de 1970 à 2012 dans les milieux terrestres, dans  les eaux douces et les eaux marines.

Déclin du Living Planet Index des populations de Vertébrés de 1970 à 2012 dans les milieux terrestres, dans les eaux douces et les eaux marines.

 

Quelles sont les causes de ces effondrements qui à court terme d’évidence se traduiront par des extinctions en masse d’espèces ?

La pollution industrielle et ses conséquences sur le climat sont souvent cités. Mais de fait, au quotidien, on voit bien que c’est la surexploitation de la vie sauvage et la disparition des habitats naturels qui sont la cause première de ces effondrements démographiques.

A l’heure actuelle, 1/3 des surfaces de la Planète sont dévolues à l’agriculture qui exploite près de 70 % des ressources en eau douce. Dès lors, on peut dire que ce n’est pas un hasard si ce sont les population de Vertébrés d’eau douce qui sont les plus affectées comme illustré ci dessous.

Décroissance des populations de Vertébrés d’eau douce. Cette courbe résulte des données démographiques pour 3224 populations. L’estimation de leur déclin est un chiffre compris entre 68 et 89 %.

Décroissance des populations de Vertébrés d’eau douce. Cette courbe résulte des données démographiques pour 3224 populations. L’estimation de leur déclin est un chiffre compris entre 68 et 89 %.

 

Durant la même période, la population humaine a presque doublé. En 1970, 3.7 milliards d’humains peuplaient la Terre et le taux de croissance était de 20.2 % ; en 2010, nous étions 6.8 milliards avec un taux de croissance de 10.7 %.

En conclusion de ce bilan, l’un des directeurs de ce programme du WWF écrit  :

« Durant 11 7000 ans notre espèce a bénéficié d’un environnement planétaire stable, et ainsi ses civilisations ont pu prospérer. Cet âge d’or est aujourd’hui révolu. Pour autant, il ne faut pas perdre de vue que durant cette période l’Humanité a relevé plus d’un défi. Beaucoup de maladies ont été éradiquées. L’assurance de soins pour les mères et leurs enfants est en progrès constant. La pauvreté est en déclin. La Planète se porte mieux parce que par exemple le trou d’ozone s’est stabilisé. Il n’empêche que nous devons prendre conscience que nous sommes entrés dans une ère nouvelle, celle de l’Anthropocène ».

Nous savons aujourd’hui que les activités humaines agissent sur le système Terre de façon très négative, au point de mettre en danger l’ensemble de la Biosphère et donc compromettre à terme la survie de notre espèce.

 

Les études les plus récentes suggèrent que le taux d’extinction sur 100 ans que l’on observe aujourd’hui est un chiffre qui atteint 100 à 1000 pour 10 000 espèces. Dans le passé, à l’échelle géologique, hormis les 5 grands épisodes de crises biologiques, jamais un tel taux ne fut atteint. On doit donc considérer aujourd’hui, à l’ère de l’Anthropocène, que notre Biosphère connaît une Sixième Extinction de masse.

 

 

(1) Living Planet report. Risk and resilience in a new era. WWF Annual Report. 128 p. https://www.worldwildlife.org/pages/living-planet-report-2016


3 commentaires pour “Effondrements”

  1. Romain de Drenger Répondre | Permalink

    L'on nous parle toujours de réduire nos pollutions personnelles, mais les médias ne parlent pas de la croissance démographique qui doit porter notre population à 9, voir à 10 milliards d'individus vers 2050 ! Il faudra encore édifier des maisons, des entreprises nouvelles, des routes, des ports et des aéroports ! quelle conséquence dramatique pour l'écosystème ! L'avenir va être très noir.

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