La procréation pour toutes et tous, c’est pour aujourd’hui

Chez les Vertébrés qualifiés de primitifs que sont Reptiles, Amphibiens et Poissons, il n’est pas rare que pour se multiplier le sexe soit mis de côté. On appelle cela la parthénogenèse, mode de reproduction indépendant de toute sexualité. Mais les organismes dits supérieurs que sont les Mammifères ne sauraient pour procréer se passer du mélange des genres :  pour qu’un embryon se développe, le préalable est la rencontre des chromosomes de l’ovule de la mère avec ceux que véhiculent le sperme du père. Du moins le croyait-on jusqu’ici. Or voici que des chercheurs ont réussi à mener à bien la gestation d’embryons fabriqués avec les cellules germinales de deux mères pour une portée, et deux pères pour l’autre (1).  Ces souriceaux ont deux mamans et zéro papa, ou deux papas et zéro maman. Tout ce petit monde semble en parfaite santé, et sourit à la vie niché au creux des mains de ses « parents ».

 

Ces souriceaux nés de deux mères vont croître et se multiplier (Crédit Le-Yun Wang, Académie des Sciences, Chine)

 

Pour qu’un embryon de mammifère soit conçu il est impératif que se combinent  chromosomes maternels et paternels.  Cette asymétrie génétique originelle nécessaire au développement de l’embryon des Mammifères est sous le contrôle de quelques gènes. Dans la mesure où ces gènes ont été identifiés et localisés, et que leur action a été décryptée dans le programme de développement auquel ils participent, il suffisait de les inhiber pour que des embryons qui combinent les chromosomes de deux sexes identiques puissent voir le jour.

Plus facile à dire qu’à faire cependant !

Pourtant c’est ce qu’ont réussi à réaliser des chercheurs Chinois qui ont ainsi modifié le génome d’ovules et de spermatozoïdes de souris. Puis ils ont associé les chromosomes de deux ovules et de deux spermatozoïdes ainsi altérés. Dans les deux cas, pour qu’ils arrivent à terme on a fait appel à des mères porteuses. Dans les deux cas, des jeunes viables sont nés, mais avec plus ou moins de fragilités.

14 % des souris sans pères, donc nées sans chromosome Y, ont vu le jour et se sont révélés viables, et certaines arrivées à l’âge adulte ont donné naissance  à des petits. Pour les souris sans mères, donc nés d’embryons qui « marient » deux spermatozoïdes implantés dans une mère porteuse, ils sont plus fragiles et montrent des carences.

Pour autant il faut souligner que les tentatives expérimentales ont été nombreuses et que ci-dessous ne figurent que les deux protocoles de deux expériences réussies l’une qui a vu naître des souriceaux à partir de deux ovules, l’autre à partir de deux spermatozoïdes.

 

 

Reste que si le mode de reproduction chez les Mammifères à partir de deux ovules est quasi résolu, celui qui combine deux spermatozoïdes est plus aléatoire. .

Mais pour combien de temps ?

 

 


2 commentaires pour “La procréation pour toutes et tous, c’est pour aujourd’hui”

  1. dubois Répondre | Permalink

    Je vous signale qu'à ma connaissance les oies peuvent se reproduire sans sexe, par parthénogénèse;
    Ce sont les seuls mammifères capables de ceci à part , paraît-il une certaine Marie mère d'un certain Jésus Christ , qui lui même était un homme et pas une femme !!!!!

    • Lewisia TOLEDO--PONCET Répondre | Permalink

      depuis quand les oies sont des mammifères ?

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