Le bœuf musqué rabiboche Poutine et Obama


Un protocole de libre circulation entre les deux pays pour les boeufs musqués des deux sexes vient d’être renouvelé. Suivant ses entendus, les natifs d’Amérique du Nord seront accueillis dans les meilleures conditions de l’autre côté du Détroit de Behring , en conservant inscrit sur le passeport droit de retour et aller venu à toute heure sans visa préalable. Pour ceux nés en Asie, les mêmes libertés sont reconnues et seront appliquées. Ainsi des centaine de familles de bœufs musqués peuvent enfin respirer plus librement, sans avoir à craindre la vindicte pointilleuse des gardes frontières des deux camps, et surtout les fusils des braconniers.

 

Cette histoire, aussi diplomatique qu’écologique, débute à la fin du 19ème siècle. Le bœuf musqué faillit alors ne pas franchir le pas, et sombrer dans les oubliettes de l’Histoire des Mammifères. Trois causes principales ont failli l’effacer de ses registres : la chasse, la sur-chasse, le viandardise. Pourtant l’animal se contentait de lichens, mousses et autre végétaux arctiques, vivait dans des régions reculées, glacées, battues par les vents, et son fumet plus que répugnant lui évitait bien des ennuis, ce n’est pas pour rien qu’il est Ovibos moschatus. Toutes ces qualités auraient du faire qu’il reste oublié des hommes. Hélas avant l’avènement du Prince Russe Kalachnikov, les roturiers américains Winchester et Remington à répétition avaient inculqué le goût du massacre aux habitants de ces contrées reculées. Les boeufs musqués sont cible facile, et chaque chute de l’un d’eux, eu égard le poids de la bête provoque chez le tireur un afflux proportionnel de testostérone si éblouissant qu’il l’invite à la récidive.

 

On ne sait comment le désastre fut évité au tournant du siècle, et quelques milliers de bêtes épargnées. La carte montre que c’est dans l’Arctique canadien et dans le Nord du Groenland qu’ils trouvèrent refuge.

Aire de distribution du bœuf musqué. En rouge habitat historique, en bleu zones de réintroduction Document Wikipedia

Aire de distribution du bœuf musqué. En rouge habitat historique, en bleu zones de réintroduction Document Wikipedia

 

La première étape de la restauration de l’espèce est concomitante de l’achat et du rattachement de l’Alaska aux Etas Unis d’Amérique en 1867. Quelques années plus tard, en 1890 est proclamé sur ce territoire l’interdiction de chasse du boeuf musqué. Puis le Congrès se préoccupe de sauvegarder l’espèce et favorise en 1930 l’envoi de géniteurs d’Alaska au Groenland alors géré par la Norvège. De plus, un programme d’élevage des Ovibos moschatus débute dans la région de New York sous les auspices de diverses institutions scientifiques. Son but est de repeupler plusieurs régions boréales d’Europe et d’Asie. La Norvège est le premier pays d’accueil à recevoir des spécimens, et puis au total ce sont plus de 4000 bêtes qui sont relâchés dans la nature en Alaska.

Pour leur retour en Russie, des premiers accords diplomatiques sont signés en 1975 pour encadrer la réintroduction sur le contient asiatique d’un premier contingent de 20 animaux. C’est l’ile Wrangel qui les accueille. Son climat est plus que rude, voire sévère. Il n’empêche que c’est là qu’a débuté voici 40 ans une chaleureuse et fructueuse collaboration entre Russes et Américains pour créer une zone d’accueil et de bien être pour tous les Ovibos moschatus, avec ou sans papiers.

 

Qu’ils restent prudents et même méfiants comme le montre ce cliché est bien naturel. Mais il n’empêche qu’un grand pas avait été franchi. De ce point de vue, Wrangel fut et reste le premier havre de paix à avoir fait table rase de Yalta.

Un troupeau de bœufs musqués fait front. Cliché U.S. Fish and Wildlive Service

Un troupeau de bœufs musqués fait front. Cliché U.S. Fish and Wildlive Service

 

La longue convalescence de l’espèce commençait. Ces dans ces lieux désolés que se rencontraient spécialistes Russes et Américains. Discrètement, sans démonstrations intempestives d’amitié ni publicité, un partenariat transfrontière s’est construit peu à peu autour de ces grosses bêtes taciturnes, ébouriffées, qui au moment des amours se font sentir. L’expérience au long cours s’est vu encouragé par la visite récente des Présidents Poutine et Obama entourés d’un aréopage de diplomates qui n’ont sans doute pas manqué d’évoquer aux heures des repas d’autres problèmes plus graves et qui concernent les seuls humains. Pour l’heure deux projets parallèles sont en cours de réalisation dans les deux pays. Ils ont pour but de restaurer dans son habitat naturel le bœuf musqué et assurer la survie des espèces qui l’accompagnaient dans les temps Pléistocènes et qui sont aujourd’hui menacées : le narval, l’ours blanc, les baleines à bec et les milliers d’oiseaux de mer qui sillonnent les cieux de la Beringia.


Un commentaire pour “Le bœuf musqué rabiboche Poutine et Obama”

  1. POUJOIS Répondre | Permalink

    "Dieu" ce sont les hommes unis pour faire régner l'harmonie sur cette Terre.

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