Le temps des cerises, de l’ours et de la martre

Le réchauffement climatique a des conséquences sur la floraison et la fructification de nombreuses espèces, en particulier les cerisiers sauvages de Corée et du Japon. Heureusement l’ours à collier du Tibet et la martre du Japon veillent au grain, et horticulteurs avisés prennent soin d’ensemencer à leur façon toujours plus haut ces fruitiers qui les régalent mis en péril dans les plaines par la hausse des température. Ils font leur possible pour que ces essences trouvent en altitude des conditions de fraicheur plus favorables (1).

 

C’est en Corée et au Japon qu’il faut nous transporter. Les cerisiers sauvages y sont la fierté er la gourmandise qui régalent au printemps les yeux puis les estomacs de toute une foule d’animaux qui se gavent de cette production saisonnière. Le temps des cerises y est court, comme chez nous. Au Japon la floraison éclate fin mars en plaine et s’achève dans les montagnes fin avril. Deux mois après, fin mai en basse altitude et en juillet sur les hauteurs, les fruits seront à point.

Le réchauffement climatique ces dernières années a presque fait disparaître de la côte les cerisiers sauvages : on ne trouve plus de jeunes plants. Heureusement des mammifères gourmands de cerises sont des auxiliaires qui vont aider à la dispersion vers les hauteurs de ces arbres fruitiers, l’ours à collier en Corée et la martre au Japon. Ces mammifères suivent au fil de la saison la production de cerises dont ils se régalent. La fructification débutait autrefois au printemps sur le littoral des deux pays et les derniers fruits étaient cueillis en montagne au milieu de l’été. De nos jours, les cerisiers dans les plaines ont quasiment disparu car ils ne supportent pas la hausse récente des températures. A partir du piedmont, la température fraichit de 0°65 par 100 mètres d’altitude. Aussi en moyenne altitude on trouve encore des arbres qui donnent des fruits mais plus de jeunes plants. En altitude, arbres adultes et jeunes plants prospèrent.

 

Par leurs déjections qui contiennent les noyaux de cerises qu’ils dégustent, au fur et à mesure de la saison de fructification, l’ours à collier en Corée (2) et la martre au Japon ensemencent en jeunes cerisiers de plus en plus haut dans les montagnes, au fur et à mesure que les fruits mûrissent : ils posent leurs fèces garnies de noyaux de plus en plus haut, en suivant la production fruitière des cerisiers sauvages. Ainsi favorisent-ils à leur façon la dispersion de Prunus verecunda

Le jardinier, ses déjections et sa production. Les fleurs sont celles de Prunus verecunda , les fruits ceux d’un cerisier cultivé au Japon. Les photos du bas sont de Brij Kishor Gupta et Heather Angel, Arkive.org.

Le jardinier, ses déjections et sa production. Les fleurs sont celles de Prunus verecunda , les fruits ceux d’un cerisier cultivé au Japon. Les photos du bas sont de Brij Kishor Gupta et Heather Angel, Arkive.org.

 

 

L’ours suit la fructification du cerisier du printemps à l’été et les noyaux que contiennent ses fèces sont ensemencés de plus en plus haut au fur et à mesure  de ses récoltes et repas

L’ours suit la fructification du cerisier du printemps à l’été et les noyaux que contiennent ses fèces sont ensemencés de plus en plus haut au fur et à mesure de ses récoltes et repas

 

 

 

(1) Shoji Naoe et al. 2016. Mountain-climbing bears protect cherry species from global warming through vertical seed dispersal. Current Biology 26, R307–R318, April 25, 2016

(2) http://www.arkive.org/asiatic-black-bear/ursus-thibetanus/


Un commentaire pour “Le temps des cerises, de l’ours et de la martre”

  1. Guilleminot Répondre | Permalink

    Mon Grand père paternel n'a jamais recraché un noyau de cerise. Peut-être est-il à l'origine du cerisier qui a germé et commencé à pousser à quelques centaines de mètres derrière la haie qui poussait intimement mêlée à un mur en pierre sèche.
    La haie et le mur ont été depuis rasés par les tracteurs du remembrement. Le cerisier aussi.
    A l'époque de mon grand père, planter des arbres pour les générations futures était aussi un devoir.

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