Les bonobos ont la paluche signifiante


L’occasion de la recension dans un média voisin https://decodeurs360.org/culture/des-animaux-homos-et-transgenres/d’un ouvrage animalier arc-en-ciel 1 me fait souvenir d’un autre ignoré en son temps par la critique française 2et m’invite à ce rappel à la manière d’Alexandre Dumas, vingt ans après.

Parmi plus d’un millier d’exemples dont Bruce Baghemihl rendait alors compte dans le détail de leurs mœurs homo et bisexuelles, mammifères, oiseaux, reptiles et autres, il y rappelait que de longue date, la sexualité exubérante de nos cousins les grands singes a été reconnue, décryptée, répertoriée, et au final citée en exemple comme l’expression de leur nature profonde : goût du plaisir partagé, stratégie de conquête et de survie de l’espèce. Parmi les pionniers de ces études, il citait Susan Savage-Rumbaugh et Franz De Wall qui dès les années 70 avaient publié de pertinentes études sur le sujet.

Il m’est resté gravée dans la mémoire  de cette ancienne et très joyeuse lecture d’un ouvrage qui par son poids pouvait tomber des mains mais dont le contenu m’avait enthousiasmé, une planche de dessins au trait (p.67) qui illustre la gestuelle amoureuse qu’expriment les bonobos lors de leurs galipettes forestières. Je l’ai ici  retranscrite avec maladresse et une très libre traduction de sa légende.

Il serait temps que ce savoir des très libres mœurs de nos parents les plus proches se répande, et que soient revisités et dénoncés préjugés et tabous qui aujourd’hui encore tiennent le haut du pavé, manif pour tous aidant, mais aussi hélas de certains dirigeants tout aussi coincés, et surtout ignorants des joyeux détours qu’emprunte la sélection naturelle pour assurer la survie des espèces, toutes les espèces, et leur évolution.

Tout visiteur de zoo a pu assister à des scènes érotiques devant les cages des grands singes où le comique fait oublier la condition carcérale des protagonistes, et surtout déclenche les rires complices des plus jeunes des visiteurs alors que trop de leurs parents s’en détournent, non qu’ils soient offusqués, mais parce que « cela ne se fait pas ! ».

Dans la nature, observer les amours animales est plus difficile, mais grâce à l’obstination de nombreuses équipes, un répertoire de la gestuelle et du langage amoureux de nombreuses espèces a été dressée, et une littérature écrite abondante en rend compte, avec à l’appui images et vidéos. Et les bonobos ne sont ni les plus bavards ni les plus inventifs.

Qu’on se le dise : le plaisir et l’amour sont dans le pré ou la forêt, et à nouveau …sans attendre Platon et son Banquet.

  1. Fleur Daugey. 2018. Animaux homos. Histoire naturelle de l’homosexualité. 166 p., Albin Michel.Bruce Bagemihl.1999. Biological Exuberance. Animal Homosexuality and Natural Diversity. 752 p. , Saint Martin’s Press.
  2. Bruce Bagemihl.1999. Biological Exuberance. Animal Homosexuality and Natural Diversity. 752 p. , Saint Martin’s Press.

Un commentaire pour “Les bonobos ont la paluche signifiante”

  1. Marie Répondre | Permalink

    Article très intéressant, merci pour toutes ces informations, votre site est passionnant.

Publier un commentaire