Le pipi de chat ? Les souris y sont accros !


Les jeunes souris qui tôt reniflent les marquages d’urine des chats de leur voisinage, devenues adultes seront des proies plus faciles pour ces prédateurs.  Leur méfiance naturelle vis à vis du chat de la maison est inhibée par cette précoce impression qu’elles ont mémorisée, ce qui les rend plus vulnérables (1).

 

Le duel que se livrent chats et souris dans nos maisons est une vieille histoire. Fabulistes anciens et nouveaux nous en régalent depuis la nuit des temps. Les cartoonistes d’Hollywood ont suivi cette veine et l’ont transformé en une montagne de dollars en même temps qu’ils ravissaient petits et grands. Pourtant, ce qui apparaît sur les écrans comme un jeu ne l’est pas vraiment. En bout de course, il y a une victime et un repas.

Souris et chats : Mosaïques romaines et cartoon hollywoodien

Souris et chats : Mosaïques romaines et cartoon hollywoodien

 

Cette poursuite du chat et de la souris date de plusieurs millénaires, lorsque l’un et l’autre se sont invités dans nos demeures. Depuis lors, les poètes en premier, puis les éthologistes plus récemment pour ne citer que les plus prolixes sur le sujet, tous essaient de comprendre les ressorts de ces poursuites et cavalcades qui souvent nous réveillent. Car c’est en général la nuit que ces drames se nouent. Aussi, on se doutait depuis longtemps que dans les techniques d’évitement des uns et de capture des autres, les fumet et odorat des deux protagonistes étaient les organes des sens les plus sollicités pour soit éviter l’adversaire, ou au contraire le capturer.

 

Tout propriétaire de chat sait que son hôte favori, pour discret qu’il soit, a pour coutume de marquer son territoire de jets d’urine projetés ici et là. Ce comportement, que bien des maitresses de maison réprouvent, a aussi attiré l’attention des chercheurs, et même aiguisé leur sagacité. Ils ont donc étudié de près la composition de ces gouttelettes d’urine. Dans un premier temps il a pu être mis en évidence que l’odeur très spécifique du liquide en question était due à la présence d’une molécule, la L-Felinine,  que l’on peut qualifier de phéromone du chat.

Ils constatent aussi qu’elle a une double influence sur le comportement des souris :

  • Chez les souris femelles adultes, elle peut stopper une grossesse et réduire le nombre des portées.
  • Pour les souriceaux de moins de quelques semaines qui respirent ces effluves et sont allaités par une mère qui vit dans cet atmosphère, il s’avère que plus tard ils se montreront moins méfiants vis à vis du chat de la maison, et seront plus faciles à capturer.

 

Pour autant l’avenir de ces jeunes souris qui tôt fréquentent le greffier du foyer est-il aussi sombre ? Pas sûr. Et c’est Jean de La Fontaine qui nous rassure sur leur sort en nous rappelant que tout souriceau a une maman qui saura le guider et le conseiller :

https://www.youtube.com/watch?v=0grm_VUNns4

 

 

(1) Vera V. Voznessenskaya  et al. 2016. Responses to Domestic Cat Chemical Signals in the House Mouse Are Modulated by Early Olfactory Experience. In Chemical Signals in Vertebrates, 13, pp 401-411.

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