Syndrome de calcéomanie observé chez le renard roux des villes

La collecte et conservation de chaussures à l’abri des regards des autres est un syndrome maniaco dépressif fréquemment observé chez les humains des deux sexes, au point de faire recette et dans les magasines, la littérature et le septième art. Cependant à ce jour il n’avait jamais été signalé chez un autre  mammifère, fut-il domestique ou sauvage. Ce n’est plus le cas. Ce syndrome affecte aussi Vulpes vulpes, le renard roux qui souvent fréquente nos cités. Il est  proposé de le dénommer « calcéomanie » (calceus = chaussure).

La première observation chez un mammifère sauvage de cette pathologie que l’on peut ranger dans les syndromes maniaco-dépressifs nous est venu d’Allemagne. Mais très vite après ce signalement, d’autres faits de même nature ont été rapportés venant des quatre coins du monde. Tous observés en milieu urbain chez ce même  occupant familier de ces lieux : Vulpes vulpes, le renard roux.

Le renard collectionneur de Zehelendorf et son butin. Photo Christian Meyer.

 

C’est ainsi qu’outre près de Berlin, on a surpris quelques uns de ces collectionneurs pour trois paires à Melbourne, quarante  à Kyoto mais il est probable que dans bien d’autres villes de par le monde, des bipèdes se sont retrouvés orphelins d’une, deux ou plus de leurs godasses, disparues sans laisser de traces, prélevées sur les seuils ou rebords de fenêtres par d’indélicats goupils dans les pays de langue française, des zorros sans cape et sans vergogne dans ceux latins ou anglo-saxons.  

Il est probable que comme dans le conte de Jean de La Fontaine c’est le délicat fumet dégagé par les croquenots qui attire les animaux. Déçu de ne pouvoir s’en repaitre, ils s’en saisissent pour jouer, et certains entament une collection que bientôt ils enrichiront chaque jour pour décorer leurs tanières 

On peut constater sur la photo de Christian Meyer la palette de couleurs et les variété de chaussures ainsi empruntées par l’un de ses voisins à quatre pattes qu’il a surpris en plein délit : beaucoup de Crocs en plastique, des pantoufles, des sandales, spartiates, chaussures de sport, à l’unité ou par paires.

On savait les pies voleuses : attirées par l’éclat des bijoux ou des pièces d’orfèvrerie, elles les accumulent dans leurs nids. Les singes sont prêts à toutes les farces pour dévaliser les voyageurs, mais ils sont plus chapardeurs que collectionneurs. Nos chiens et  chats ne sont pas tout le temps  de bonne compagnie : ils restent toujours sur le qui-vive pour dévorer un plat ou une pièce de viande, lassés sans doute de leurs croquettes,. Mais ce sont là maux naturels pour des animaux nous semble-t-il. Mais lorsqu’ils sont saisis comme ces renards de syndromes de nature psychiatrique, faut-il s’en inquiéter ? 

Plutôt ne faudrai-il pas inciter ces renards trop urbains à un retour à la campagne ?

Mais hélas ils n’y retrouveront pas les poulaillers que leurs ancêtres pillaient régulièrement. Pas plus que les gibiers sauvages, lapins, perdrix et jusqu’aux petits oiseaux qui en ont disparu. Leur retour à la terre me semble bien compromis, même s’il est soutenu par des subventions de notre Mère l’Europe. 

Alors il vaut mieux un conseil : garder vos pompes à l’oeil.


3 commentaires pour “Syndrome de calcéomanie observé chez le renard roux des villes”

  1. Taki Répondre | Permalink

    Pour le choix des chaussures et le peu d'appétence pour les escarpins, je parierais qu'il prend surtout les chaussures disponible ! Et donc les chaussures utilisée par les humains en jardins, et laissée dehors, dans une entrée ou une cabane ouverte ... Chez moi ça serait sandales ou pseudo-crocs

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