Les animaux mal-aimés au cinéma : qui a peur du Grand Requin Blanc ? (A. Albert)

Dans les années 70, le bestiaire du cinéma fantastique va s’enrichir de nombreux arrivants. Quelle que soit leur espèce, ils sont en général d’une taille et d’une agressivité supérieure à la moyenne. La faute en incombe à Steven Spielberg et à l’énorme succès planétaire des Dents de la mer. Ainsi d’autres requins géants feront surface sur les écrans de cinéma.

Affiche originale du film Jaws de Steven Spielberg (1975) Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Jaws_%28film%29

Affiche originale du film Jaws de Steven Spielberg (1975)
Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Jaws_%28film%29

Mais comment la fiction peut-elle changer la vision que nous avons de ces animaux ? Prenons l’exemple des Dents de la mer (Jaws), ce film sorti en 1975 et adapté du roman éponyme de Peter Benchley paru un an plus tôt. Le film de Steven Spielberg a largement contribué à la terreur que le grand requin blanc inspire dans l’imaginaire collectif. Cette peur est cependant peu justifiée au vu du nombre d’attaques que l’on recense en une année. Pour exemple, durant l’année 2013 il y a eu 116 attaques de requins à travers le monde dont 13 ce sont avérées mortelles, par comparaison on arrive à 20.000 décès des suites de piqûres d’abeilles.[1] Même si les mentalités ont évolué, beaucoup croient encore que ce squale n’est qu’une machine à tuer et lui attribuent beaucoup plus d’intelligence qu’il n’en possède réellement : comme si le requin traquait et tuait ses proies (humaines) par plaisir et de façon préméditée. Toutes ces informations sont amplifiées par de la désinformation au sein des médias à chaque apparition d’un grand requin blanc près des côtes.

Mais finalement que savons nous vraiment sur le grand requin blanc ?

Le grand requin blanc, un animal encore méconnu mais surmédiatisé. http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Great_white_shark_south_africa.jpg?uselang=fr

Le grand requin blanc, un animal encore méconnu mais surmédiatisé.
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Great_white_shark_south_africa.jpg?uselang=fr

La taille maximale du grand blanc est estimée à 7,5 m par des spécialistes comme l’Italien Alessandro de Maddalena [2] mais les spécimens de plus de 6 m sont extrêmement rares. En ce qui concerne leur poids, celui d’un mâle varie entre 680 kg et 2000 kg alors que la femelle, généralement plus lourde, oscille entre 1000 et 1900 kg. On est bien loin de la taille démesurée que donne le cinéma au grand requin blanc ! De plus, les attaques sur l’homme sont relativement exceptionnelles. Cependant les chercheurs ne savent pas ce qui motive ces attaques puisque le manque de données ne permet pas d’obtenir des statistiques fiables, de plus, le comportement en milieu naturel des requins est peu connu (et peu étudié).

Cependant, le grand requin blanc est l’espèce la plus souvent impliquée lors des attaques sur l’homme devant le requin tigre et le requin bouledogue. Cela peut s’expliquer de différentes façons. Tout d’abord du fait que le territoire de chasse du requin blanc se situe plus au niveau des côtes là où se concentrent les activités humaines et notamment les sports nautiques. De plus, la visite de leurs sites de vie est devenue une attraction touristique rentable et les animateurs n’hésitent pas à “exciter” les requins  en jetant à la mer des mélanges de restes de poissons et du sang afin de les attirer et qu’ils prennent un comportement agressif de type chasseur, ce qui n’arrange en rien la vision que l’on peut avoir d’eux.

Cependant certaines personnalités essayent de redorer l’image de nos amis à nageoires. A l’image de Michael Rutzen, un ancien pêcheur qui s’est peu à peu orienté vers la protection des requins. Celui que l’on appelle Sharkman est l’un des rares plongeurs capables d’interagir avec ces grands blancs sans la sécurité qu’apporte une cage.

Pour ses défenseurs, comme Mike Rutzen, le requin blanc est à approcher avec fascination et respect. Une bête d'une grande beauté, loin de l'image sanguinaire et cruelle qu'a pu lui faire l'industrie cinématographique. http://screen-space.squarespace.com/reviews/2013/11/19/great-white-shark-3d.html

Pour ses défenseurs, comme Mike Rutzen, le requin blanc est à approcher avec fascination et respect. Une bête d'une grande beauté, loin de l'image sanguinaire et cruelle qu'a pu lui faire l'industrie cinématographique.
http://screen-space.squarespace.com/reviews/2013/11/19/great-white-shark-3d.html

Espérons que de telles initiatives pourront, à terme, faire comprendre au plus grand nombre que parfois la fiction dépasse de loin la science.

 

Références bibliographiques :

AlixAlbert

L'auteure : Alix Albert est étudiante en deuxième année du Master "Science & Société" à l'Université de Strasbourg. Elle possède un DUT en génie biologique, ainsi qu’une licence et une maîtrise  en biologie et écologie des populations. Mordue de bestioles, de plantes, et de tout ce qui peuple notre belle planète, elle cherche aujourd’hui à transmettre sa passion aux autres.

Publier un commentaire

Vous devez être connecté pour ajouter un commentaire.