Brésiliens, voici pourquoi ce n’est pas la fin du monde

09.07.2014 par Sébastien Bohler, dans Non classé

Traumatisme, cataclysme, désastre, humiliation. Hier, le Brésil a été éliminé de sa coupe du monde par l’Allemagne sur le score de 7 buts à 1. Tout s’est écroulé. Pour les Brésiliens, un seul mot : tristesse.

On comprend la douleur des Brésiliens. Ils l'ont dit après le match. Ils vivent un drame. Quelque chose s’effondre dans le cœur des supporters. Quelque chose, disent-ils parfois, d’indescriptible.

Mais voici la bonne nouvelle : Brésiliens, vous ne serez pas plus malheureux que si vous aviez gagné. Je sais que vous avez l’impression que tout s’écroule et que rien ne sera plus comme avant. Mais si. Tout sera comme avant. Et sans doute mieux.

Une étude géniale : la prédiction affective

Car voici ce qui se passe si l’on mesure l’état de bonheur de supporters d’équipes de foot deux jours après la défaite. L’expérience a été faite par des spécialistes de la « prédiction affective », c’est-à-dire la façon dont nous pensons que nous serons heureux ou malheureux dans les jours ou les semaines à venir. A l’Université de Virginie, ces scientifiques ont fait remplir des questionnaires de bien-être subjectif à des étudiants fans d’équipes de foot pour leur demander comment ils allaient se sentir après la défaite de leur équipe, deux, trois, quatre ou cinq jours après. Les résultats ont montré que les supporters sont persuadés d’être très tristes pendant toute cette période, avec un léger mieux sur la fin.

Mais ensuite, ils ont mesuré leur vrai niveau de bien-être après la défaite. Les matches avaient lieu le samedi et la mesure était effectuée le lundi, deux jours après. Ils ont constaté que les supporters n’étaient pas plus malheureux qu’avant le match (il y avait même une légère hausse de bonheur, non significative).

C’est pourquoi les psychologues parlent d’erreur de prédiction affective : nous pensons que c’est la fin du monde et qu’on va se trouver au fond du trou pour au moins une semaine, mais pas du tout. Nos humeurs vont et viennent, il suffit d’attendre que ça passe. Comme le gardien de but Julio Cesar en larmes devant les caméras après le match, vivons la détresse en sachant qu’elle n’aura qu’un temps.

Les effets du focalisme

La cause de cette illusion affective ? Lorsque nous regardons un match, notre esprit est uniquement occupé par le match et ses enjeux. C'est ce que les psys appellent le focalisme : nous oublions toutes les choses qui font la vie quotidienne et qui vont mobiliser notre attention et notre action. Nous pensons donc que notre état affectif est uniquement déterminé par l’aspect footballistique de la vie. Ce qui est vite balayé par la réalité. Heureusement, un coup d’aspirateur à passer, un dossier à rendre, une visite à rendre à un ami, tout cela vient très vite prendre la place du foot dans notre esprit, et on est presque surpris d’avoir pu être si catastrophé par ce jeu.

Dernier message intéressant : les techniques de méditation de pleine conscience, qui connaissent un succès grandissant et que les neuroscientifiques étudient avec intérêt, consistent en partie à se rendre compte que les pensées et les affects vont et viennent, défilent sans jamais s’éterniser. Ce défilement et ce changement sont sains : l’observer est source d’équilibre. C’est quand les pensées et les affects arrêtent de défiler que l’on parle de rumination et que l’on entre dans le pathologique.

Le football peut donc être un objet de méditation.

 


4 commentaires pour “Brésiliens, voici pourquoi ce n’est pas la fin du monde”

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