L’addiction aux jeux vidéo, observée en direct dans le cerveau

16.04.2014 par Sébastien Bohler, dans Non classé

La presse se déchaîne aujourd'hui autour du cas de ce jeune père qui a laissé mourir son enfant de faim chez lui, pour pouvoir continuer à jouer à des jeux vidéo dans des bars internet. Ce que retraçait ce reportage de LCI:

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Des changements observables dans le cerveau

Qu'est-ce que l'addiction aux jeux vidéo? Cette notion a longtemps été contestée, et certains la contestent encore. Au niveau international, de première études voient le jour, pointant une action des jeux vidéo sur les centres de l'addiction dans le cerveau. La fréquence de jeu produit un épaississement d'une zone du cerveau impliquée dans les phénomènes addictifs, le striatum, et l'épaississement de cette zone est corrélée à une impulsivité et une plus faible capacité de réflexion en situation complexe.

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Un épaississement d'une zone du cerveau nommée striatum est observée chez les gros consommateurs de jeux vidéo; elle intervient notamment dans les comportements de dépendance.

L'Asie prend des mesures

Le cas des jeux vidéo sur Internet est particulièrement préoccupant, et les pays tels que la Chine ou la Corée sont en première ligne. C'est de Chine que viennent ainsi les principales études sur les modifications de structure du cerveau chez les addicts aux jeux sur Internet. Parmi ces constatations, une réduction de la substance blanche dans le cerveau des plus forts utilisateurs (la substance blanche désigne les grandes fibres axonales qui relient entre elles les grandes régions cérébrales impliquées dans la planification, la réflexion, l'inhibition). Ces altérations sont corrélées au niveau d'anxiété et aux scores d'addiction obtenus dans le questionnaire d'addiction des jeunes à Internet. D'autres études mettent en évidence des altérations de l'épaisseur du cortex cérébral chez les adolescents ayant beaucoup joué en ligne.

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La perte de substance blanche (filets verts) dans le cerveau des joueurs réguliers est corrélée (en bas) avec des scores d'anxiété et d'addiction aux jeux vidéo dans une échelle de cotation pour les adolescents.

La mécanique de l'addiction

La mécanique de l'addiction commence à être décortiquée par des études d'imagerie cérébrale où les scientifiques observent les parties du cerveau qui entrent en activité lorsqu'un joueur "addict" voit des images lui rappelant l'univers du jeu vidéo. Ils observent que le même réseau d'aires (le cortex orbitofrontal droit, le noyau accumbens droit, les cortex frontaux cingulaires antérieurs des deux hémisphères cérébraux, notamment) s'active que chez un addict à des substances (cocaïne, nicotine). Ces réseaux cérébraux créeraient un besoin urgent de s'adonner à la pratique du jeu vidéo, dès lors que des indices de l'environnement éveillent ce besoin.

De premiers articles de fond résument la situation actuelle de la recherche sur l'addiction aux jeux vidéo. L'un d'entre eux est accessible ici.

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Le cerveau des personnes jouant le plus fréquemment à des jeux vidéo en ligne présente des fluctuations de basse fréquence désignées sur les zones violettes, également repérées chez les personnes addicts à des drogues. Ce signal est proportionnel au nombre d'heures hebdomadaires jouées.

La France, entre déni et catrastrophisme

En France, les pouvoirs publics sont partagés. Un rapport de l'Académie des Sciences, très contesté, prétendait évacuer le problème, certains de ses signataires allant jusqu'à dire qu'il n'y avait aucune addiction aux jeux vidéo. Inconscience? Il y a quelques mois, le journal Le Monde publiait un article à charge contre le rapport de l'Académie des Sciences, l'accusant d'avoir pesé dans la décision du parlement d'accorder des crédits d'impôts aux jeux vidéo violents interdits au moins de 18 ans.

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Le jeu en ligne, dans des cybercafés ou à domicile, est parmi les dispositifs qui créent le plus d'addiction.

Bilan: un problème à circonscrire

Aujourd'hui, les manuels officiels de psychiatrie n'incluent pas l'addiction aux jeux vidéo dans le cadre strict des addictions au sens propre. Seule l'addiction aux jeux d'argent et de hasard (type casino) est considérée comme une addiction sans drogue. Toutefois, la montée du phénomène en Asie oblige à se poser la question. Au Royaume Uni, des études sur 1500 amateurs de jeux de rôle en ligne révèlent des taux impressionnants d'addiction, qui diffèrent toutefois selon la situation socio-économique: le fait d'être au chômage augmente largement le risque de développer une addiction. Ce qui montre que l'addiction comporte une dimension de fuite et des liens forts avec l'insertion et l'estime de soi.

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Un des gourous du développement de jeux vidéos, John Hopson : "Pour inciter les visiteurs à jouer intensément et longtemps, il faut leur fournir des récompenses distribuées à un rythme variable mais fréquent, et également les punir s'ils cessent de jouer ou ne jouent pas assez".

L'addiction, un objectif clairement affiché

Dès lors, à partir de quand faut-il parler d'addiction? Quelles sont les modifications biochimiques durables dans le cerveau des utilisateurs. Les études scientifiques fiables sont encore en nombre limité, et il faudra sans doute attendre une dizaine d'années avant que des analyses globales (méta-analyses) faisant autorité puissent peser réellement dans les décisions politiques. Mais faut-il s'étonner que les jeux vidéo développent parfois des comportements addictifs? Les gourous du développement vidéo ne cachent pas que leur objectif est précisément de créer des jeux addictifs. Le meilleur jeu, pour eux, est celui dont on ne peut pas se détacher (lire le très bon point de vue de Christophe André, Les enfants proies, sur cette question). Ne pas s'en détacher, même quand un enfant attend à la maison?


4 commentaires pour “L’addiction aux jeux vidéo, observée en direct dans le cerveau”

  1. Jeux à télécharger Répondre | Permalink

    A mon avis on peut parler d'une addiction, quand la personne commence à éliminer le sens de la la vie quotidienne, pour se dédier à 100 % aux jeux vidéos, je cite cesser de manger, dormir, communiquer ou échanger avec son entourage, on peut aussi arriver à arrêter de travailler ou d'étudier... c'est triste, mais c'est une réalité qui se domine avec une simple bonne gestion de temps.
    Merci de ce partage.

  2. Edward Cage Répondre | Permalink

    Le fait d'observer une corrélation entre deux variables (en l'occurrence la pratique du Jeu vidéo et des modifications sur le cerveau) ne prouve absolument pas qu'il y ait une relation de cause à effet. Ces variables peuvent aussi n'être que deux conséquences d'une même cause, non-prise en compte ici, ou encore des causes ou conséquences indirectes l'une de l'autre, etc.
    Par exemple, les modifications observées (je pense notamment à l'anxiété) pourraient tout-à-fait être liées à l'isolement produit aussi bien par les addictions que par une pratique trop importante de jeux vidéo.

    Ce n'est pas parce que, vu de loin, ça ressemble à de l'addiction que c'en est une.

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