« L’altruisme pur », un espoir pour le monde ?

03.10.2014 par Sébastien Bohler, dans Non classé

En ces temps où chacun semble poursuivre son intérêt personnel, ou l'appât du gain menace l'équilibre de la planète et où les communautarismes divisent le monde, un espoir pourrait venir de cette découverte étonnante réalisée par des scientifiques américains. Certaines personnes sont des altruistes purs, parfaits, privilégiant le bien d'autrui au-delà de leur propre intégrité corporelle, et sans aucune retombée pour eux. Et ces personnes, a-t-on découvert grâce aux neurosciences, ont une particularité dans leur cerveau qui leur confère ce pouvoir hors du commun.

amygdale

Une zone du cerveau appelée amygdale cérébrale est plus volumineuse chez les altruistes purs (en rouge) que chez la moyenne de la population (en jaune).

Le don de soi sans retour

Abigail Marsh et son équipe de neuroscientifiques de l'Université de Washington ont concentré leur attention sur 19 cas d'individus qui se comportent avec un altruisme extrême dépassant leur propre personne. En l'occurrence, ces gens désirent donner une partie de leur corps (un rein) pour un inconnu qu'ils ne verront jamais, alors qu'eux mêmes sont en pleine santé (ce qui diffère d'une situation de donneur d'organe, chez qui le prélèvement a lieu en cas de décès). Ces altruistes purs ne recevront rien en échange. Ils éprouvent simplement le besoin irrépressible de faire ce geste. Evidemment, les comportements altruistes ne fonctionnent pas comme cela habituellement. Normalement, l'altruiste aide un proche, ou bien une personne qui retiendra son nom, oui encore il consent un sacrifice minime. Ici, le don va vers une personne qu'il ne verra jamais, qui n'est ni un proche ni un apparenté, et c'est un geste qui lui coûte cher. C'est le don de soi dans sa définition la plus parfaite.

peur

Un visage exprimant la peur active notre "amygdale", dans notre cerveau. Les personnes à l'altruisme pur ont une amygdale plus développée, et peuvent avoir l'impression que beaucoup de gens sont dans la détresse et ont besoin d'être secourus. Les psychopathes ont une amygdale sous-développée et ne ressentent pas cette émotion.

Une puissance cérébrale hors norme

Mais le cerveau de ces personnes n'est pas normal non plus. Sous l'oeil des IRM: une amygdale plus grosse que la moyenne. L'amygdale est un centre cérébral impliqué dans les émotions, et tout particulièrement dans la détection de la peur et de la vulnérabilité. Tout se passe donc comme si ces personnes étaient particulièrement sensibles à la détresse des autres, à leurs sentiments d'angoisse et de faiblesse. Le contraire de ce qui est observé chez les psychopathes, qui ont une amygdale plus petite que la moyenne et une insensibilité pathologique à l'expression de la peur chez autrui.

Nos altruistes extrêmes sont donc des champions du monde de l'aide aux personnes en détresse. Selon les auteurs de cette étude, cette capacité est distribuée de façon inégale entre les individus, mais a joué un rôle essentiel dans la survie de l'humanité, notamment en provoquant des comportements d'aide instinctif aux petits enfants apeurés. Pour les altruistes purs, tout être humain est un petit enfant apeuré lorsqu'il est confronté à la détresse.

 


4 commentaires pour “« L’altruisme pur », un espoir pour le monde ?”

  1. Rinadick Répondre | Permalink

    La seule chose positive à tirer de cette découverte en supposant qu'on pourra la mettre en pratique, c'est de l'appliquer aux candidats aux postes de grandes responsabilités, en leur exigeant la plus grosse amygdale, et à commencer par les salopards de présidents d'Etats et à leur tête ceux des pays qui se prétendent être des musulmans ...

  2. Blanchon Répondre | Permalink

    Je me pose la question de l'interprétation des résultats : est-on altruiste parce qu'on a une grosse amygdale, ou a t-on une grosse amygdale parce qu'on est altruiste?
    Deuxième interrogation : qu'en est-il de l'altruisme de ces donneurs d'organes que vous évoquez? N'ont-ils pas un plaisir à donner, ne cherchent-ils pas à améliorer une image d'eux-même, ne cherchent-ils pas à réparer un tort passé voire à effacer une culpabilité ? Si oui, on ne peut parler alors d'altruisme pur, dont je ne discute pas ici l,existence éventuelle ou non.

  3. Thinflower Répondre | Permalink

    Et si on se mettait à juger en négatif des sentiments humains naturels! Finalement, l'altruisme serait un défaut? Arrêtez de ramener encore à l'égo, l'humanité ne trouve son salut que lorsque les humains se débarassent de leur égo ! Et c'est l'essence même de l'humanité, alors Rinadick!

Publier un commentaire