Schwartzenegger à Paris : l’effet superstar

13.10.2014 par Sébastien Bohler, dans Non classé

L'écologie, on est tous d'accord, c'est important. Mais honnêtement, c'est foutu, n'est-ce pas? Le tri des déchets n'empêchera pas la Chine et les Etats-Unis de remplir l'atmosphère de gaz à effets de serre. Inutile d'espérer.

Jusqu'à ce que...

Et là, on se prend à y croire. Ce n'est plus Cécile Duflot qui nous parle d'écologie, mais Terminator. Et ça change quelque chose. Quoi?

Les stars donnent le ton

L'humanité est une espèce sociale qui s'organise autour d'individus phares. Dans notre monde, ce sont les people. Par leurs actes et leurs mots, ils changent nos comportements et nos goûts. De nombreux exemples ont jalonné l'histoire récente. Ainsi, on a commencé à changer de regard sur le cancer du sein et son dépistage lorsque Angelina Jolie a annoncé sa mastectomie au monde entier.

On se souvient aussi de la séropositivité du basketteur Magic Jonhson, qui avait contribué à lever les tabous sur le SIDA.

La pulsion d'imitation

Pourquoi les people font-ils changer les gens? Pourquoi, en matière d'environnement, ce ne sont pas les idées et leur force, leur rationalité, qui peuvent nous décider à agir de manière plus responsable ?

Cela vient sans doute de très loin. Nous aimons faire comme les "grands", les "puissants", les "célèbres". Et ce mimétisme, que les anthropologues appellent le snobisme (tendance à copier les individus de haut rang), s'observe chez nos très lointain cousins les chimpanzés.

Schwarzy et le chimpanzé

Ainsi, dans une étude réalisée par l'Université de Durham en Angleterre, des éthologues ont observé comment les chimpanzés se copient entre eux. C'est en reproduisant les comportements de leurs congénères que ces primates apprennent des gestes et techniques importantes pour leur vie quotidienne, comme casser des noix, chercher des insectes, chasser, etc. Les chimpanzés peuvent copier, soit des comportements innovants et originaux (éventuellement inventés par des jeunes ou des subordonnés), soit des comportements affichés par les individus connus et dominants. Dans les faits, ils ne copient que les comportements des "people": ils ne manifestent aucun intérêt pour les techniques proposées par des subordonnés, même si celles-ci sont plus prometteuses et innovantes.

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Dans le film "La planète des singes: les origines", le chimpanzé César est le plus intelligent et le plus innovant et c'est lui qui parvient à libérer ses congénères en comprenant quel usage faire de la science. Mais cela ne lui est possible qu'en devenant un individu reconnu et dominant.

Mousse à raser ou écologie?

Ce comportement révèlerait la nature profondément "politique" du comportements des primates, qui réfléchissent davantage en termes d'alliances et de réputation (il vaut mieux montrer son allégeance à un puissant) qu'en termes de calcul rationnel. Il est clair que ce biais fonctionne toujours dans l'espèce humaine. C'est ce qui explique aussi que les publicités parviennent à vendre des rasoirs ou des chips simplement en montrant un people en train de les utiliser.

Et voilà comment, après avoir commencé avec Schwartzenegger et l'environnement, nous arrivons à Federer et les rasoirs. Désespérant? Non, cela montre simplement qu'entre plusieurs people et plusieurs causes, nous avons toujours le choix, finalement.

 

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