Ambiance d’audience

14.03.2016 par Philippe Boulanger, dans Non classé

Quand on demande aux illustres personnes interviewés à la radio, que j’écoute dans mon bain, s’ils préfèrent le bain à la douche, les réponses ne varient pas : la douche écologique qui témoigne de leur dynamisme. Mon dogme est que le bain est plus propice à la réflexion et à l’écoute.

Hélas, à l’écoute de quoi ? Je me demande avec tristesse le matin comment sont choisies les informations que l’on me distille.

Nous avons eu droit, pendant quelques années, au cours du yen. Je me rasais doublement.

Aujourd’hui il y a une émission dissertant sur les audiences des émissions télévisées de la veille  (les chaînes mesurées n’incluent jamais Arte). Le désintérêt me gagne, mais comme l’interruption de la radio est un exercice périlleux pour le baigneur, j’écoute d’une oreille distraite et ensavonnée.

Raisonnons : ou vous n’avez pas vue l’émission (majorité des cas évidemment) et la situation étant irréversible, vous ne vous intéressez guère à son audience, ou vous l’avez vue et vous vous êtes formé votre opinion, laquelle n’a nul besoin d’être confortée ou infirmée par un chiffre (note : je m’intéresserai peut-être à la manière dont ce chiffre est obtenu, scientisme oblige, si le sujet en valait la peine).

Je m’interroge même si cette émission sur les audiences aura un taux d’audience, auquel cas elle pourra susciter de la concurrence et nous aurons une émission sur les audiences de telles émissions et ainsi de suite dans une suite en abyme gôdelienne semblable à un des cercles de l’enfer de Dante.

Pour échapper à l’abrutissement un bon livre serait préférable. Certes, mais peu commode. Toutefois, dans les années 1860, il existait un journal caoutchouté et hydrophobe dénommé La naïade. En ces temps l’écriture était reine et le baigneur roi… Ajoutons que l’écrivain Cami (1884-1958) avait écrit un livre intitulé : « Pour lire sous la douche » que je vous recommande en bon camisard.

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