Bis repetitat, certes mais il ne faut pas exagérer

12.12.2014 | par Philippe Boulanger | Non classé

Je me souviens de pièces mal jouées où les acteurs mimaient leurs actions, où les phrases de désespoir étaient accompagnées de torsion des mains, les crises de larmes du déploiement d’un grand mouchoir voyant où se mouchaient bruyamment les comédiens, l’arrivée de troupes ennemies d’une cavalcade des histrions…

Similairement, les articles scientifiques, surtout de vulgarisation, sont truffés de pléonasmes. Les suivants appartiennent à ma collection, mais je vous serais reconnaissant si vous m’en envoyez d’autres : grouper ensemble, interaction entre, liés entre eux, différents les uns des autres, identiques entre eux…

Je suis également amusé des grandes phrases des articles où la débauche d’adjectifs, d’adverbes et les tournures alambiquées sont censées exalter la beauté et l’intérêt du sujet.  Ou l'utilisation de phrases ronflantes qui masquent une ignorance du sujet, par exemple l'affirmation récente de notre ministre de l'éducation nationale dans un discours sur les mathématiques : "Il faut proposer aux élèves des questions qui font sens pour eux dans leur approche des mathématiques, en utilisant des problèmes ancrés dans le réel". Quel français et quelle originalité...

Clémenceau, quand il était à la tête du journal L’Aurore, avait placardé une injonction sur les murs de la rédaction : « Sujet, verbe, complément. Tout journaliste qui prétend utiliser un adjectif passera me voir dans mon bureau, l’insertion d’un adverbe sera accompagnée d’un licenciement… ».


4 commentaires pour “Bis repetitat, certes mais il ne faut pas exagérer”

  1. dubois Répondre | Permalink

    Ne devrions nous pas faire une class action ou une pétition pour demander le licenciement de ce député apparemment peu compétent ?

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