HISTOIRE DE LA PENSEE MEDICALE CONTEMPORAINE, critique de Bernard Schmitt, CERNh, Lorient

B. Fantini et L. Lambrichs (dir.) Seuil, 2014 (540 pages, 38 euros).

B. Fantini et L. Lambrichs (dir.)
Seuil, 2014
(540 pages, 38  euros).

Ce volume constitue le quatrième tome d’un remarquable travail collectif commencé en 1995, sous le titre générique d’Histoire de la pensée médicale en Occident. Il retrace, à travers la contribution d’une trentaine d’auteurs de tous horizons et cultures, européens et américains, l’émergence et la mise en pratique des principaux courants de pensée qui ont, durant tout le XXe siècle, donné du sens aux évolutions de la pratique médicale.
Du fait des innovations et de la somme des connaissances disponibles et en perpétuel enrichissement, la médecine s’est radicalement transformée. Elle est devenue le champ d’application par excellence des sciences dites « dures », nouveau paradigme qui s’est progressivement imposé à travers un souci de rationalité du raisonnement, de progrès en matière de connaissance biologique et de recherche de l’efficacité. Or le développement même de certaines innovations techniques a ouvert des perspectives à de nouvelles réflexions d’ordre éthique (PMA), économiques (la vie est sans prix, mais elle a un coût), politique (par exemple les choix en matière de politique de santé, de confidentialité et de protection des individus face au partage des données informatisées) et sociale. Ces courants de pensée et les débats sociétaux qui en découlent confirment, parallèlement au développement de la rationalité, le besoin d’une réflexion plus vaste prenant en compte, de façon holistique, la complexité humaine, y compris dans sa dimension subjective et irrationnelle. D’évidence, la complexité du sujet de cet ouvrage est à l’image de la complexité humaine.

Bernard Schmitt

×

Les commentaires sont fermés.