LA BIODIVERSITÉ DE L’OCEAN À LA CITE, critique de Josquin Debaz de l’EHESS, Paris

08.06.2015 | par François Savatier | Écologie
Gilles Boeuf Collège de France/Fayard, 2014 (84 pages, 10,20 euros).

Gilles Boeuf
Collège de France/Fayard, 2014
(84 pages, 10,20 euros).

Il y a urgence ! La sixième grande extinction du vivant se poursuit à toute vitesse et la biodiversité et les ressources que l’humanité y puise sont gravement menacées. Voilà le sens que le physiologiste Gilles Boeuf donne à sa leçon inaugurale au Collège de France.
L’auteur clarifie ce que le concept de biodiversité et ses diverses acceptions recouvrent, et nous décrit comment, du laboratoire d’écologie, il a gagné la sphère des enjeux politiques internationaux. À partir de points factuels précis ou d’états des lieux de la science clarifiés, la relation du vivant au milieu physique et les liens des êtres vivants entre eux sont explicités, le tout formant l’environnement qui, par sa variété et sa dynamique, conditionne la biodiversité.
Toutefois, l’explosion démographique de l’humanité et les activités qui l’accompagnent atteignent de manière irréversible la biodiversité : en détruisant les habitats, en surexploitant les ressources, en introduisant des espèces qui deviennent invasives et en perturbant le climat.
Dès lors, l’auteur plaide pour une prise de conscience générale et pose une série de questions essentielles : Comment équilibrer l’activité humaine avec le potentiel de réparation de ce qu’elle exploite ? Comment redistribuer équitablement ce qui en est tiré ? Comment estimer les coûts de cette perte ? Comment donner une valeur au vivant, aux êtres, aux services que ceux-ci fournissent directement mais aussi au potentiel de savoir qui réside dans leur étude ? Face à une telle érosion, comment se donner les priorités de l’action ?

Josquin Debaz

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