LE CHIEN ET L’HOMME, critique de Pierre Jouventin, directeur de recherche émérite au CNRS

Daniel Bernard Ouest-France, 2014 (120 pages, 22,90 euros).

Daniel Bernard
Ouest-France, 2014
(120 pages, 22,90 euros).

L’auteur, docteur en anthropologie sociale et historique, nous propose un nouveau livre sur les liens fascinants entre les chiens et nous qui leur ressemblons si peu, mais qui nous entendons si bien avec eux !
L’histoire naturelle et le processus de domestication sont à peine effleurés dans les trois premières pages d’introduction. C’est heureux puisque l’auteur, dont ce n’est ni la spécialité ni le centre d’intérêt, a laissé de côté la révolution en cours des connaissances sur la biologie et l’évolution du chien. Cet apport de la biologie moléculaire, de la génétique, de l’éthologie a des implications jusque dans notre évolution : les presque 400 races de chiens n’ont qu’un seul ancêtre, le loup ; le meilleur ami de l’homme aurait été sélectionné par nos ancêtres depuis au moins 33 000 ans, soit 23 000 ans avant l’agriculture et l’élevage...
Estimant que l’origine du chien reste obscure (mais en la situant il y a 12 000 ans), l’auteur se contente de constater que les accouplements fertiles entre chiens et loups prouvent leur étroite parenté, alors que les différentes espèces du genre Canis sont interfécondes…
Les 110 pages qui suivent portent sur le chien dans l’histoire, son utilité pour l’homme, la symbolique et la représentation du chien dans la bande dessinée ou le cinéma, domaines où l’auteur est plus à son aise et excelle.
L’iconographie est remarquable, avec d’incroyables photos d’époque d’un corbillard canin à vélo, de chiens ambulanciers ou soldats (par exemple celle d’un lévrier en armure de guerre), de combats de chiens contre un taureau ou des rats. Le chien dans les différentes civilisations ou époques est bien connu, mais les illustrations sont judicieusement choisies, en particulier concernant le monde antique. Deux pages de citations témoignent de cette connaissance du sujet par l’auteur et certaines même m’étaient inconnues, comme celle d’Octave Mirbeau (« Les chiens, qui ne savent rien, comprennent ce que nous disons, et nous qui savons tout, nous ne sommes pas encore parvenus à comprendre ce qu’ils disent. ») ou celle de Jules Renard (« Entre le chien et son maître, il n’y a qu’un saut de puce. »). Bref, un agréable livre pour offrir à un ami des chiens.

Pierre Jouventin

 


Un commentaire pour “LE CHIEN ET L’HOMME, critique de Pierre Jouventin, directeur de recherche émérite au CNRS”

  1. Jérôme | Permalink

    Votre livre, à l'air d'être très intéressant. Pour moi le chien à une place à part par rapport aux autres animaux dans la société humaine. Pour certains, cela peut être le meilleur amis, certaines même l’enfant qu’elles chérissent.
    Bref le chien est devenu au fil du temps, un membre à part entière de la famille.
    Jérôme
    https://www.facebook.com/Chien-Chic-272838579760563/

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