POISSON, HISTOIRES DE PÊCHEURS, DE CUISINIERS ET AUTRES…, critique de Bernard Schmitt du CERNh, Lorient

30.03.2015 | par François Savatier | Sociologie
Élisabeth Tempier Libre & Solidaire, 2014

Élisabeth Tempier
Libre & Solidaire, 2014

Économiste de formation et passionnée par la vie de nos littoraux, l’auteure porte un regard attentif d’anthropologue sur la vie du monde de la pêche artisanale. C’est avec le souci de préserver l’aspect culturel et écologique des activités de la mer qu’elle nous livre ce document, plein de sensibilité.

Simple consommateur, gourmet, scientifique, pêcheur amateur ou citoyen soucieux de la ressource maritime, chacun pourra se plonger avec délice dans ces pages bien documentées et à la riche iconographie. Préfacé par Carlo Petrini, fondateur du mouvement d’écogastronomie Slow Food, le livre est organisé en six chapitres (nature, savoir-faire, métiers, organisations professionnelles, territoire et environnement) contenant des réflexions sur les techniques, les lieux de pêche, mais aussi sur la biologie marine et littorale, le plancton, les différentes activités concurrentielles telles que l’exploitation des granulats marins, l’aquaculture intensive ou la cohabitation avec les activités touristiques. Sont également abordés les aspects environnementaux.
Inventaire à la Prévert  ? Non, car ce balayage éclectique s’organise harmonieusement, tandis que chacun des aspects abordés est illustré par la description d’un poisson connu ou moins connu, accompagné d’une recette. Ainsi, de page en page, l’ensemble des poissons de notre littoral est recensé parallèlement aux très nombreux problèmes posés à la pêche artisanale, à sa survie, à son adaptation à l’économie moderne, aux pressions environnementales et à la concurrence des activités industrielles aggravée par la mondialisation des échanges.

La lecture de cet ouvrage suscite un sentiment d’admiration pour des métiers largement méconnus et des hommes passionnants et passionnés, maillons indispensables de la chaîne alimentaire marine dont l’intérêt n’est plus à démontrer.

Bernard Schmitt  

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