Mais où est donc passée la psychologie dans les programmes du Baccalauréat ?

Alors qu’environ 600 000 étudiants de terminales du lycée ont débuté les épreuves du Baccalauréat, avec la traditionnelle épreuve de philosophie, d’anciens bacheliers dont je suis se demandent où est passé le programme de psychologie ?

Ces dernières années, la discussion avec des collègues psychologues, neurologues et ingénieurs fait apparaître que les nouveaux bacheliers n’ont absolument aucune représentation de la psychologie scientifique et des neurosciences. Je me souviens notamment d’un repas avec des collègues médecins et neurologues. L’un d’eux m’interpella à propos d’un de ses enfants en terminale: « Alain, toi qui travaille sur la mémoire, que crois-tu qu’ils étudient en philo ?». En me fondant sur mes souvenirs de terminale, je hasardais « Bergson…Ribot… ? Et bien non, « ils n’étudient que Freud »… Les programmes de philosophie ont vu ainsi une diminution progressive des thèmes de psychologie pour aboutir à l’actuel programme de philosophie de terminales, où la psychologie n'est vue qu'à travers Freud et la psychanalyse. Ainsi dans le programme 2003 pour la série scientifique (BO2003 n°25 du 19 Juin 2003), ne figurent que « la conscience, l’inconscient, le désir » au titre des thèmes et « Freud » au titre des auteurs. Il peut même arriver des dérives incroyables comme dans un manuel de terminale des sections Sciences et technologie où l’on peut compter 22 textes de Freud et Lacan. En revanche rien sur la psychologie scientifique. Si Freud et la psychanalyse font bien partie de la psychologie, réduire la psychologie à cet auteur et à ce thème est extraordinairement réducteur. En effet, un recensement dans la plus grande banque de documentation internationale, PsycInfo, montre environ 100 000 publications par an en psychologie et matières connexes ; parmi celles-ci, il n'y a que 1,7% des publications qui concernent la psychanalyse ; même proportion à peu près dans les manuels américains de psycho, quelques pages sur 400 ou 600 pages.

Historiquement pourtant, la psychologie était très liée à la philosophie. Ainsi, dans le programme de 1941, la partie consacrée à la psychologie fait 786 pages (Foulquié, 1941) et comprend les thèmes classiques de la perception, mémoire, intelligence, personnalité… Dans les années 1960, avec le manuel de Huisman et Vergez, la psychologie correspondait à peu près à un quart du programme avec toujours les mêmes thèmes importants…

PanoramaPsychoAL1

Avec la restriction des thèmes de psychologie à la psychanalyse, c’est comme si dans les autres matières (Freud est mort en 1939), on parlait encore de la machine à vapeur au lieu du nucléaire, de la saignée en médecine et comme si on s’arrêtait avant la découverte de la structure de l’ADN dans le programme de Biologie ? Pas étonnant de ce fait que chaque année 600 000 lycéens, futurs journalistes, médecins, politiques, aient Freud et la psychanalyse pour seules références en matière de psychologie en France. Sans aller jusqu’au jugement extrême de l’astrophysicien Stephen Hawking « La philosophie est morte, faute d’avoir réussi à suivre les développements de la science moderne, en particulier de la physique » (2010 p.11), il faut impérativement ré-insérer un programme de psychologie scientifique pour que le public cultivé français ait une vision juste de la psychologie.

Par ailleurs je me demande par quel tour de passe-passe, la psychologie a disparue des programmes, sans concertation avec les représentants universitaires ou des associations de psychologie. L’examen des volumes horaires montre que la psychologie n’a pas disparue du fait d’une restriction des horaires car la philosophie bénéficie actuellement d’un horaire hebdomadaire de 8 heures de philosophie dans la série L (3h en S et 4h en ES) ce qui paraît démesuré. L’équité aurait été de laisser un tiers du programme à la découverte de la psychologie scientifique. C’est comme si, subrepticement, les biologistes avaient fait disparaître la Géologie du programme de SVT (Sciences de la vie et de la Terre) de la 4e de collège. Ou comme si les historiens avaient fait disparaître la géographie des programmes ; j’imagine le tollé médiatique, et pour la disparition de la psycho, rien !

Naturellement, il ne s’agit pas de refaire en terminales le programme de psychologie de la 1ère année d’université, mais il faudrait montrer un aperçu de la psychologie contemporaine telle qu’elle existe au niveau international, avec des grands thèmes théoriques ou ayant des applications, comme la mémoire, l’intelligence, la personnalité, les manipulations sociales, hérédité et environnement, la pathologie…Traiter de l’attention et montrer que de téléphoner en conduisant est mortellement dangereux ou traiter des méfaits des drogues, y compris le cannabis, seraient d’utilité publique. Comment faire ? Plusieurs voies sont possibles. La plus classique serait sans doute d’ouvrir un Capes/Agregation de Psychologie ou même une certification délivrée par l’université. Que sais-je encore ? Nos politiques sont les plus qualifiés pour le déterminer ! L’objectif étant bien entendu de ré-insérer en Terminales ou autre classe, un programme de cette science qui touche à une grande variété de métiers et si dynamique au niveau international.

Pour en savoir plus, de Alain Lieury :

•Psychologie Cognitive (3e ed.), Les manuels visuels de Licence, Dunod, 2013


17 commentaires pour “Mais où est donc passée la psychologie dans les programmes du Baccalauréat ?”

  1. Jérôme Chiffaudel Répondre | Permalink

    Bonjour,

    je partage votre indignation devant cette réduction de la psychologie à Freud, qui semble être une spécificité française inquiétante.
    La psychologie est certainement l'un des champs de savoir où le déséquilibre est le plus flagrant entre :
    - l'utilité dans la vie de chacun
    - la quasi-absence dans l'enseignement secondaire

    De plus, elle reste aussi quasi-absente de la formation des professeurs, ce qui est tout aussi ahurissant, voire davantage.

    J'ajoute encore un témoignage sur le déficit en psychologie dans notre pays : une étudiante brillante, ayant suivi une première année de psychologie en parallèle à ses études scientifiques a vite abandonné. Pourquoi ?
    Elle m'a expliqué que ces cours de première année sont essentiellement de l'histoire de la psychologie. Elle n'y a pas trouvé de quoi satisfaire son intérêt pour la discipline.

    • Alain Lieury Répondre | Permalink

      Merci Jérôme de ce soutien

      C'est en effet complètement effarant, c'est comme si la géologie avait disparue du programme de SVT ou la géographie du programme d'Histoire-Géo!!! Mais le Ministère n'écoute pas des personnalités isolées; j'avais écrit à différents Ministres de droite comme de gauche; apparemment, le gouvernement ne raisonne quand terme de nombre d'électeurs potentiels. Il faudra le relais d'une association de Psychologie pour pouvoir se faire entendre. J'essaie d'intéresser la FFPP (Fédération Française des Psychologues et de Psychologie). En tout cas, Jérôme, j'espère que les professeurs et médecins seront comme vous nombreux à réagir.

      Quant à votre 2e question , cela dépend des universités, la plupart des universités ont un programme de psychologie scientifique très copieux.

      Sur votre 3e interrogation, absence de formation en psychologie scientifique dans les formations de professeurs des écoles (et collège/lycée) je la partage totalement, et j'attends d'en savoir plus sur les Ecoles qui vont remplacer les IUFM pour faire un autre Blog. Ce serait scandaleux de refaire une formation en français et mathématiques, ce qui voudraient dire que le Ministre n'a pas confiance en son propre Baccalauréat. je tiens d'un ami qui était son conseiller que Claude Allègre disait en substance "Ce qu'il faut aux IUFM, c'est de la psychologie cognitive et de la sociologie des banlieux!". Cet ami m'avait demandé de préparer un programme de Psychologie cognitive pour la rentrée suivante, mais malheureusement, Allègre a "sauté" comme vous le savez. Notre ministre actuel a l'air plus concerné par les maternelles...le temps qu'il arrive au Bac et à l'école de professorat, il ne sera plus là!!!

  2. Hervé Larroze Répondre | Permalink

    C'est une très bonne chose que les étudiants abordent l'histoire de la psychologie en 1ere année. C'est d'ailleurs une des rares occasions d'aborder les liens avec la philosophie (où plongent les racines de la psycho). L'épistémologie n'apparaissant qu'en 4ème année. Je déplore plutôt que la philo ait disparu des enseignements en psychologie au fil des réformes catastrophiques de ces 15 dernières années, sans que personne ne s'en émeuve (ceci explique peut être aussi en partie la disparition que vous déplorez dans les programmes de philo?). Si cette étudiante "brillante" n'a pas trouvé d'intérêt en histoire de la psychologie, il vaut peut être mieux pour elle et pour la psychologie qu'elle n'ait pas poursuivi son cursus jusqu'à devenir un jour psychologue.

  3. BENQUET Pascal Répondre | Permalink

    Personnellement, je pense que la psychanalyse actuelle et ses dérives ont jeté du discrédit sur la psychologie.

    Citons pour exemple, les derniers débats sur l’autisme:

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/06/21/autisme-le-gouvernement-doit-prendre-en-compte-d-autres-methodes_3434151_3232.html

    http://www.liberation.fr/societe/2013/06/19/autisme-soignants-divises-parents-deboussoles_912199

    ou de manière plus anecdotique, les commentaires de la très médiatique psychanalyste Caroline Eliacheff, qui dans ses chroniques de France culture en est toujours à réduire la neurobiologie à…. la génétique, replongeant le débat 60 ans en arrière).

    Or, la psychologie scientifique et les Neurosciences ont permis un bond extraordinaire ces 15 dernières années sur la connaissance du fonctionnement cérébral. Par exemple, chez l’animal, depuis 2006, il est possible par fibre optique d’allumer ou d’éteindre sélectivement des circuits cérébraux spécifiques et d’en évaluer l’impact comportemental. En recoupant les données obtenues sur des modèles animaux et celles obtenues en temps réel chez l’homme (notamment par électrophysiologie, imagerie, neuropsychologie), les mécanismes cérébraux à la base de nombreux comportements complexes sont identifiés, de l’échelle cellulaire à l’échelle macroscopique. Les grandes lignes des mécanismes des différents types de mémorisation, de l’apprentissage, des régulations de l’humeur, de l’attention, de la perception, des troubles de l’anxiété, de la plasticité cérébrale, des émotions, du sommeil, des comportements motivés, compulsifs, et de certains comportements sociaux sont désormais identifiés. Évidemment, de nombreuses recherches restent à mener dans ce domaine pour approfondir et valider toutes ces connaissances. Reste surtout à trouver le moyen de transférer ces connaissances à la clinique, pour soigner les patients. Ce transfert a commencé. Les neurostimulations intracérébrales de certains circuits bien identifiés permettent d’obtenir des résultats thérapeutiques intéressants dans Parkinson, les troubles obsessionnels compulsifs, l’obésité, l’addiction, la dépression. D'autres approches, moins invasives, sont en cours d'étude.

    En ce sens, dans les programmes enseignés au lycée, ces connaissances sur le fonctionnement psychologique de l’humain ne peuvent en aucun cas se résumer à Freud.

    Le cerveau n’est plus une « boite noire » et l’approche empirique psychanalytique, non vérifiée scientifiquement, si elle était justifiée au début du 20eme siècle faute de mieux, ne doit plus avoir le monopole de la psychologie.

    P Benquet, MCF, Université Rennes 1

  4. kriskette Répondre | Permalink

    Et pourquoi pas la psychologie enseignée dès la primaire....au même titre que la biologie....en effet si nos enfants avaient la possiblité de comprendre les processus psychologiques et physiologiques n'aurait-il pas une meilleure compréhension d'eux-mêmes? des autres? cela pourrait permettre de détecter les troubles beaucoup plus tôt (et on sait l'importance d'une prise en charge précoce), cela leur donnerait les armes pour ne pas se laisser manipuler, pour comprendre la société et les phénomènes de groupe, cela permettrait de faire tomber les idées reçues sur la psychologie ( comme il n'y a que les fous qui vont consulter).....comprendre les processus qui se déroulent en nous est à mon avis le secret pour une vie plus équilibrée ,une société plus sereine et plus évoluée...nous apprenons très tôt comment notre organisme fonctionne mais rien sur notre cerveau qui est pourtant la base de tellement de choses!

    • Alain Lieury Répondre | Permalink

      Quelle bonne idée Kristkette; il n'y a qu'en France où la psychologie n'est pas considérée comme une science. effectivement, à petite dose, en Primaire, des élements sur la perception visuelle et les illusions, la mémoire et comment apprendre, l'attention et la conduite au volant (sans téléphone, même mains libres), les drogues... décrochez votre téléphone et appeler tout de suite notre Ministre de l'éducation!!!

      • kriskette Répondre | Permalink

        ah oui si un jour l'occasion se présente de proposer un tel projet je le ferais sans aucun doute! mais si à ce jour quelqu'un à la possibilité de le faire alors se sera pour le plus grand bien de tous, qu'il n'attende pas!!...il suffit de penser aux innombrables avantages...pour comprendre qu'il s'agit bien plus qu'un simple enseignement.

  5. Loïc Répondre | Permalink

    Je n'ai aucune connaissance sur le sujet, mais au vu de ce qui a été dit, il semblerait que la psychologie aurait meux sa place en SVT qu'en Philosophie, du moins au niveau lycée.

    • Alain Lieury Répondre | Permalink

      Pas vraiment pour la grande majorité des psychologues, enseignants-chercheurs et praticiens, car la psychologie est une science (humaine) à part entière, et les mécanismes biologiques n'expliquent qu'une partie des phénomènes, par exemple pour des thèmes comme l'intelligence, la personnalité, la motivation, la psychologie sociale, l'explication n'est pas en termes biologiques. Il y a des revues, des méthodes statistiques, et des professions qui sont bien loin de la biologie. L'idéal serait un enseignement spécifique.

  6. Audrey Répondre | Permalink

    Bonjour,

    Pour ma part, je confirme : ayant fait un Bac Littéraire en 2006, je n'ai étudié que Freud en Psychologie... Et ce chapitre ne représentait qu'une infime partie du programme. Dommage !

  7. Y. Philippot-Degand Répondre | Permalink

    Puisque le sujet de l'agrégation de Psychologie est mise sur le tapis, parlons-en un peu. En effet, il existe une catégorie de personnel sous estimée et totalement dévalorisée au sein de l'Education Nationale qui pourrait pourtant rendre de grands services de ce point de vue, car elle a d'ores et déjà les qualifications pour "habiter" ce nouveau grade.
    Depuis longtemps, en temps que COP, je souhaitais l'existence d'une agrégation de Psychologie qui m'aurait (presque) mis sur le même pied que mes collègues enseignants au niveau de la promotion et des salaires (nous sommes loin d'avoir les primes et défraiements de nos collègues enseignants titulaires du CAPES dont nous partageons en principe la grille), et m'aurait permis d'enseigner sans trop de réticences dans diverses formations de l'Enseignement Supérieur. Ici il faut préciser, car cela est très peu connu, que les diplômes de COP ne sont même pas reconnus dans le Supérieur à l'équivalent du CAPES malgré une qualification universitaire selon les époques en général plus élevée ! Autre "bizarrerie" du Ministère qui ne vit que par et pour les enseignants dans une sorte d'aveuglement pour ses autres personnels et leurs compétences, dont il cherche de façon très constante depuis une bonne quinzaine d'années à se débarrasser à tout prix !
    En théorie, il y a certainement là une question à soulever, puisque l'Etat rémunère déjà des personnels qualifiés en Psychologie dans le Secondaire. Mais comment arriver à avancer sur la question devant un appareil d'Etat peu à l'écoute?

  8. tanguy Répondre | Permalink

    La psychanalyse reste également très représentée dans le programme des universités...cela me pose question sur la manière dont est pratiquée la psychologie par la suite.Je n'ai jamais compris comment s'utilisaient les théories de Freud face au patient? La psychologie de l’écoute ne semble pas avoir fait ses preuves, contrairement à la neuropsychologie et aux TCC. Pourquoi reste t'elle autant enseignée? et autant représentée? la psychologie du divan m'a toujours paru inefficace, répond elle aux besoins du patient? Pour ma part je dirais qu'elle ne répondrait pas aux besoins des miens en tout cas. J'ai l'impression qu'elle débouche par la suite sur des techniques intuitives et sans fondement ni évaluations. Sur des interprétations diverses que les patients eux mêmes peinent à saisir, où des conseils qu'ils ne peuvent tout simplement pas appliquer. Quel gachis!

  9. Alain Lieury Répondre | Permalink

    Votre commentaire, Tanguy, est très pertinent et me donne l'occasion à nouveau de me scandaliser ! La plupart des chercheurs sont sur la même position que vous et je montre dans ce billet que la psychanalyse ne représente plus rien dans la recherche contemporaine (1,7%) au niveau international. Cela dit, la psychanalyse avait une forte implantation en France, je pense gràce à la grande importance qu'a la littérature en France et surtout la philosophie au lycée: 4 heures dans les séries et 8heures en série L, qu'on devrait appeler série P car il n'y a que 3h30 de littérature et 4 heures d'histoire-géographie, le reste n'étant qu'options: une machine à fabriquer des philosophes. Sachant que depuis 2003, la psychologie n'est plus représentée au lycée que par Freud et l'inconscient, ce sont 600.000 élèves chaque année qui pensent encore que la Psychanalyse est une conception importante; sachant que nous sommes en 2015, cela fait 6 millions d'élèves,qui ont été cadres, journalistes, médecins,politiques, ingénieurs qui n'auront entendu de la psychologie que les concepts freudiens. Par exemple, amateur personnel l'émission très informative et vivante de C'dans l'air animée par Yves Calvi (qui m'a invité plusieurs fois, sur Europe1 et que j'adore) n'a en matière de psychologie souvent que des termes freudiens, "passer sur le divan", "acte manqué", etc. La FFPP (Fédération française des Psychologues et Psychologies) dont je suis un des chargés de projet, a alerté la Ministre, qui semblait nous soutenir en nous faisant recevoir par le Conseil Supérieur des Programmes; mais après deux réunions, non seulement rien ne se passe, mais on nous a dit récemment que la réflexion sur les programmes du Lycée était reportée sans précision de date; et nous n'avons aucune réponse écrite de la Ministre. La Ministre devrait quand même prendre conscience que cela fait dix ans que la psychologie a été supprimée. Qu'aurais t-on dit si la géographie avait été supprimée, ou la géologie? Pourtant, il y a toutes les disciplines au lycée, en plus des bien connues (maths, histoire, biologie...), la sociologie, l'économie, le droit, et même les arts du cirque!!! Nous n'avons rien contre Freud en soi, qui fait bien partie de l'histoire de la psychologie, mais il est né en 1854, au siècle où l'on s'éclairait encore à la bougie; certes en cette époque où l'on croyait au spiritisme, Freud faisait partie des rationalistes, mais mort en 1939, il n'a rien connu des développements de la neurobiologie et de la psychologie moderne. C'est comme si on enseignait encore la machine à vapeur en Physique, et qu'on ignorait les antibiotiques ou l'ADN. Et pourtant le Ministère fait la sourde oreille alors qu'on est submergé par les effets d'annonce sur la nécessité d'informer les élèves et étudiants sur le monde moderne, les manipulations, la neurologie. Un exemple scandaleux concerne le thème de la Mémoire, objet de ce blog: la Mémoire est le thème de deux prix Nobel, en 2000 et en 2014; la mémoire est un enjeu de santé au niveau international (maladie d'Alzheimer et dégénératives). Mais pourtant, ce thème n'apparait à aucun moment tout au long du cursus scolaire, alors que Charlemagne, Napoléon (à juste titre) apparaissent de manière répétitive... Et après, on va se plaindre que les ados préfèrent google ou twitter!!! A l'inverse, les films et séries fleurissent sur les thèmes de la psychologie, avec des capacités extraordinaires, Scorpion avec un groupe de jeunes surdoués, Lucy de Besson etc. Nos politiques seraient-ils trop pris en préparant 2017, comme je l'entends souvent des commentateurs politiques de C dans l'air?

  10. Cyril Hannoyer Répondre | Permalink

    Un autre aspect du problème est l'enseignement de psychologie dans les écoles de travail social : de la psychanalyse, un brin d'école de Palo Alto (d'ailleurs, j'en ignore le caractère scientifique, si quelqu'un peut m'éclairer svp) et c'est à peu près tout. Résultat, des générations d'assistantes sociales sans formation sérieuse en psychologie (pour les éduc spé, ça a l'air un peu plus cohérent mais rien de fondamental). Ça serait bien que quelqu'un approfondisse la question...

  11. roqya Répondre | Permalink

    La psychanalyse reste également très représentée dans le programme des universités...cela me pose question sur la manière dont est pratiquée la psychologie par la suite.Je n'ai jamais compris comment s'utilisaient les théories de Freud face au patient? La psychologie de l’écoute ne semble pas avoir fait ses preuves, contrairement à la neuropsychologie et aux TCC.

  12. Eric Répondre | Permalink

    J'ai toujours eu de très bonnes notes en philosophie. J'adore cette matière. On comprend le monde tel qu'il est réellement ! La psychologie est également très importante. Elle permet de découvrir les secrets de l'inconscience. Quelqu'un peut-il me proposer un très beau livre à lire ? ! Actuellement, je lis les mémoires de Sophie.

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