La mémoire visuelle, une croyance encore tenace


Du temps de l’émission Apostrophes, le célèbre chroniqueur littéraire Bernard Pivot, avec sa verve coutumière, interrogeait à peu près ainsi l’acteur Philippe Noiret :

« Comment faites vous Philippe Noiret pour apprendre tous ces textes au théâtre » ?

« Ah…, moi , Monsieur Pivot, je suis un visuel, je photographie les pages de mon texte, et sur scène, je feuillette les pages dans ma tête » !

Je ne jurerai pas que ce sont les propos exacts, car pas plus que de mémoire visuelle, nous n’avons de mémoire auditive ! Mais en effet, si l'on en croit l'idée populaire, les adultes comme les élèves auraient une "mémoire photographique" qui leur permet de « photographier » les pages d’une leçon.

Si « je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître » , c’est que je croyais la légende de la mémoire visuelle photographique, perdue dans les oubliettes du passé. Mais non, on trouve sur un site de l’Education Nationale « eduscol.education » dans les modules pour l’accompagnement personnalisé, des conseils et des tests basés sur l’idée qu’il y a trois mémoires principales, visuelle, auditive et kinesthésique, conseils et test provenant eux mêmes d’un site canadien. Il y a même un test introspectif pour déterminer le profil de l’élève ; par exemple « Pour essayer de me souvenir d’un cours, j’essaye de revoir la page où je l’ai écrit » et dans ce cas l’élève a une « mémoire visuelle ». De même, je suis interviewé il y a tout juste quelques jours par une journaliste du Figaro-Etudiant et qui d’emblée me dis « je crois savoir que nous avons des mémoires visuelle et auditive ».

On se croirait revenu des décennies en arrière ! Car cette croyance, relayée par des pédagogues ignorant les développements scientifiques, est un reste fossile de la théorie des mémoires partielles de la fin du XIXe siècle. Selon cette théorie, proposée par le neurologue Charcot (1825-1893) contemporain de Wagner et Verdi, il existerait une mémoire associée à nos sens, de sorte qu’il y aurait une mémoire visuelle, une mémoire auditive, une mémoire olfactive, etc. Les recherches scientifiques, depuis les années 1960, ont bien révélé des mémoires sensorielles mais elles sont éphémères. La mémoire sensorielle visuelle (maintenant appelée « iconique ») ne dure qu’un ¼ de seconde, la mémoire auditive 2,5 secondes. De plus, du fait de la structure de la rétine, l’acuité est bonne (10/10) seulement dans une petite zone de deux degrés d’angle, qui ne peut voir qu’un visage à cinq mètres ou un mot de 5 lettres dans un livre . Il est donc impossible de visualiser une page entière d’un manuel ou même quelques lignes. D’ailleurs fixez ce mot sans bouger les yeux et vous verrez que les mots de la ligne restent flous ! Ainsi les joueurs d’échecs que l’ont pensait au XIXe doués d’une mémoire visuelle fantastique, ont une mémoire stratégique et ont la même performance que nous pour apprendre une disposition au hasard des pièces sur un échiquier. On croyait symétriquement que les musiciens avaient une mémoire auditive extraordinaire, oubliant que Beethoven devint sourd vers l’époque de la composition de sa 4e Symphonie, et qu’il en a écrit cinq autres par la suite dont ses plus célèbres…Non rien n’est plus faux que cette idée de mémoires sensorielles durables.

En réalité, notre cerveau qui contient 200 milliards de neurones, trente fois la population terrestre, possède un grand nombre de mémoires et les plus utiles dans la vie courante et éducative, sont des mémoires abstraites, la mémoire lexicale (la carrosserie des mots) et la mémoire sémantique (le sens des mots). L’impression de « voir » la page d’un livre vient d’une autre mémoire, la mémoire imagée, mais qui est « virtuelle », elle construit des images en tenant compte des connaissances (un bateau, une orange) mais dont les détails ne correspondent pas à la précision de la réalité d’où les erreurs des témoignages oculaires et les images des rêves. Mais il y a aussi une mémoire visuelle des formes, orthographique, visuospatiale pour les localisations, une mémoire des visages, une mémoire procédurale, musicale, etc. Quand aux mémoires sensorielles, elles sont très variées, iconique, acoustique, olfactive, tactile, kinesthésique... Et enfin il existe une mémoire à court terme (ou de Travail) qui joue un peu le rôle de la mémoire vive de l’ordinateur en organisant les informations.

Mais comment donc peut-on parler encore de cette théorie si vétuste ? J’en vois deux raisons dans les failles de la formation des enseignants et des élèves eux-mêmes. D’une part, le programme de Psychologie a disparu du programme de Philosophie de Terminales , ce qui fait que des générations d’étudiants, futurs enseignants, journalistes, politiques… ne disposent d’aucune formation de base en psychologie scientifique. La deuxième faille réside dans la formation des enseignants puisqu’il n’y pas de programme systématique, obligatoire et suivi d’un examen. Dans les écoles normales, c’étaient en majorité des professeurs de philosophie détachés du secondaire ; par exemple lorsque j’ai été nommé président de la commission de recrutement pour le nouvel IUFM de Bretagne, j’ai découvert que la psychologie était enseignée par une vingtaine de professeurs de philosophie dans la précédente école normale. Les IUFM étaient un progrès mais sans programme systématique de psychologie et sans examen. Et avec les ESPE, on pouvait espérer comme le sigle « espe » l’évoque, une formation de psychologie et certes les ressources universitaires le permettent, mais le programme n’est pas national et très variable avec parfois deux ou trois heures de formation en psychologie. Un ancien cadre d’un IUFM m’a raconté que le directeur imposait que la lecture soit enseignée par des didacticiens de lettres, et non par des enseignants de psychologie. Le ministre Claude Allègre avait demandé un programme national de psychologie pour l’éducation pour l’IUFM (son conseiller m’avait demandé d’en faire une proposition), mais a été remercié avant de le mettre en œuvre. Bref, si on veut refonder l’école, il faudrait peut-être s’intéresser à la formation de leurs principaux acteurs, les enseignants !

Pour en savoir plus

  • Lieury Alain- Le Livre de la Mémoire, Dunod, 2013
  • Lieury Alain- Une mémoire d’éléphant, Dunod, 2011
  • Lieury Alain- Mémoire et Réussite scolaire, Dunod, 2012, 4e edition

31 commentaires pour “La mémoire visuelle, une croyance encore tenace”

  1. Nouvion Anne-Laure Répondre | Permalink

    Bonjour Monsieur Alain Lieury,

    Merci pour cet article fort intéressant. Je me permets ce petit commentaire puisque je ne suis pas totalement en accord avec votre écrit. Biologiste et coach professionnelle, je me bats pour renforcer ma profession de coach à l'aide d'une approche scientifique. Parmi les bases de notre profession, nous évoquons ce que nous appelons le VAKOG (correspondant aux 5 sens: visuel, auditif, kinesthésique, olfactif et gustatif). Or j'explique pendant mes ateliers que l'enregistrement d'une information (comme l'apprentissage) peut-être associé à l'un de ces 5 sens. Ainsi, une personne, dans un contexte donné, pourra en effet se remémorer la page apprise sous forme d'une image "virtuelle". C'est ce qu'on appelle dans notre jargon du "visuel interne", même si les détails ne correspondent pas exactement comme vous le mentionnez à "la" réalité. Je pense donc qu'il est possible de parler de "mémoire visuelle" dans ce cas précis. Tout est question de définition! Au plaisir d'échanger! Anne-Laure

    • Alain Lieury Répondre | Permalink

      Bonjour Anne-Laure, vous avez le droit de ne pas être d'accord mais pouvez-vous fournir des sources scientifiques à l'appui de votre classification VAKOG, non car toutes les études montrent que les mémoires sensorielles (sauf cas exceptionel comme Stephen Wiltshire) montrent qu'elles sont éphémères et que les information sensorielles sont très rapidement (20 à 80millisecondes) traités dans des mémoires plus abstraites donc les principales sont la mémoire lexicale (carrosserie des mots), la mémoire sémantique (le sens), et d'autres mémoires "visuelles" comme la mémoire imagée (qui fait de la synthèse d'images), la mémoire visuelle des formes, visuospatiale,la mémoire orthographique et la mémoire des visages, voyez mon livre "mémoire et réussite scolaire" ou "psychologie de la mémoire"; vous auriez tout intérêt pour progresser dans votre profession à enrichier votre classification, avec des personnes qui sont peutêtre plus "lexicales" comme les acteur qui apprennent facilement un texte, sémantique (qui abstraient facilement des idées d'un texte, imagée; et enfin il existe le vaste monde de la mémoire procédurale, pensez à ces danseurs capables de mémoriser des séquences complexes de pas... en tout cas, dans un cerveau de 200 milliards de neurones (cent pour le cerveau, cent pour le cervelet), c'est à dire trente fois la population terrestre, impossible de penser qu'il existe un système simple de mémoires...

      • Anne-Laure Nouvion Répondre | Permalink

        Cher Alain,
        Un grand merci pour votre réponse. Oui je pourrais vous fournir une liste entière de références scientifiques concernant le VAKOG. Parmi les auteurs remarqués dans le domaine, je peux vous citer George Armitage Miller que vous devez certainement connaître, et notamment ses travaux de recherche sur la cognition humaine. En particulier, il est à l'origine du modèle "T.O.T.E", prolongement des travaux de Pavlov et du conditionnement classique. Ce modèle indique comment le traitement d'une information sensorielle (le VAKOG donc) va entraîner une succession de réactions enregistrées et mémorisées. Pour conclure, je suis bien d'accord avec vous, notre cerveau présentant autant de neurones (et en passant encore plus de cellules gliales!) que notre galaxie ne possède d'étoiles (pour continuer sur les métaphores), il est impossible de penser qu'un système simple de mémoire existe! Bien à vous 🙂 Anne-Laure

        • Alain Lieury Répondre | Permalink

          Anne Laure, je suis désolé mais Miller, le célèbre auteur du "nombre magique 7" a écrit cet article en 1956, les recherches dont je vous parle sont postérieures. Votre modèle de référence VAKOG est un autre nom pour la PNL (programmation neurolinguistique) qui est non fondée scientifiquement; aucun des auteurs cités par exemple sur le site dans Wikipedia, n'a publié d'article scientifique (accepté après validation par des experts scientifiques); dans un livre, on peut tout mettre, réflexions, hypothèses, mais démontrer par un plan expérimental non critiquable est une autre affaire, qui demande une longue formation dont le minimum reconnu est le doctorat. Sinon, confortablement installé dans un fauteuil, on peut tout dire et son contraire...

          • Anne-Laure Nouvion | Permalink

            Oui les recherches dont vous me parlez sont postérieures, mais n'invalident pas pour autant (pas pour tout en tout cas) celles de Miller! En ce qui concerne la théorie du "nombre magique 7", si vous lisez le papier original, à aucun moment Miller n'impose le chiffre 7 comme théorie, il conclut même son papier en signifiant qu'il s'agit sans doute d'une coïncidence!
            Quant à la PNL, puisqu'il s'agit bien de ce mot qui semble faire peur à chacun, il existe de nombreuses validations scientifiques de son efficacité clinique. Vous trouverez de solides fondements scientifiques dans ce livre: "The Clinical Effectiveness of Neurolinguistic Programming: A Critical Appraisal" de Lisa Wake et ses collaborateurs, sérieux chercheurs et psychologues américains.
            Oui, je suis coach certifiée en PNL, ET docteure en Biologie, avec 10 ans d'expertise en recherche fondamentale sur la Cancer. Je ne pense donc pas tenir des propos confortement installée dans mon fauteuil, mais décrie plutôt une littérature scientifique que je défriche depuis des mois. J'avoue être tannée par la méconnaissance des autres professionnels quant à cet outil PNL, méconnaissance due aux nombreuses fausses interprétations (comme celle du chiffre 7) et parfois certaines dérives malsaines, je l'admets. En revanche, permettez-moi de vous ouvrir la porte à une approche, qui contrairement à ce que dénoncent certains de ses détracteurs, possède de nombreuses applications thérapeutiques (comme la "technique de rembobinage" ("rewind technique") largement utilisée par des psychologues dans le cadre du traitement de stress post-traumatiques). Bref, je vous laisse avec ce léger "coup de gueule"! Bien à vous, Anne-Laure

    • françois vinci Répondre | Permalink

      100 milliards de neurones pas 200

  2. Sophie Répondre | Permalink

    Bonjour,

    Votre article est très intéressant mais comment expliquez-vous les dessins reproduits à l'identique aux détails près par certaines personnes comme pour le cas de cet homme? Il a dessiné une parfaite reproduction de New York huit jours après l'avoir survolé Il semble avoir photographié l'image telle qu'elle est et non avoir reconstitué une image approximative. https://www.youtube.com/watch?v=sBKOfcyO92s
    Bien cordialement,
    Sophie

    • Alain Lieury Répondre | Permalink

      Bonjour Sophie (décidément, la même ou une autre Sophie?). Oui, mais cela est extraordinairement rare; le cas le plus connu est celui de Stephen Wiltshire, autiste qu'on surnomme la "Caméra humaine". regardez sur You Tube, c'est extraordinaire; il "film" littéralement ce qu'il voit d'un panorama vu d'hélicoptère, par exemple la ville de Rome, qui reproduit avec une exactitude photographique en plusieurs jours sur des grands supports. On n'en connait pas la raison, et à mon avis une imagerie cérébrale ne suffirait pas; sans doute une grande partie de son cerveau est dévolu à la perception visuelle, je pense aussi que son cerveau n'a pas de dispositif d'abstration comme nous, (qui extrayons plusieurs visages et le reconnaissons sous différents angles); et je ferais également l'hypothèse que sa fovéa est plus grande que la notre..;bref beaucoup de mystère, mais il est le seul cas connu sur plusieurs milliards d'humains; en général, quand des individus ont une mémoire "visuelle" d'une certaine durée, le chercheur américain Neisser a proposé de terme de mémoire éidétique.

  3. sophieb Répondre | Permalink

    Bonjour,
    Je me demandais si cela ne venait pas d'une vulgarisation de la "gestion mentale" d'A. de la Garanderie ?

    • Alain Lieury Répondre | Permalink

      Bonjour Sophie, vous avez en grande partie raison. Antoine de la Garanderie ancien professeur de philosophie en lycée, a cru remédier à l'échec scolaire dans les années 1960 en réutilisant la théorie des mémoires partielles de Charcot (en vogue aussi chez les premiers psychologues). Sa méthode est l'intropection, il interroge quelques élèves qui lui disent qu'ils "photographient" leur manuel, ou qu'ils répètent dans leur tête. Or l'introspection n'est plus une méthode utilisée scientifiquement car elle mène à de graves erreurs et on ne peut "voir" les mécanismes intimes de notre cerveau. Ainsi, "se répeter dans sa tête" n'a rien d'auditif et correspond au système vocal et non au système auditif. De même, contrairement à Charcot, La Garanderie n'avait pas rencontré d'élèves kynesthésiques car en fait l'introspection est encore plus mauvaise pour le moteur et notamment les automatismes gérés par le cervelet; demandez donc à un pianiste d'expliquer comment il joue du Chopin. Comme je le raconte dans le blog et dans mes livres, la complexité des mémoires a été révélé gràce aux premières recherches sur les télécommunications, c'est l'américain George Sperling (en 1960) qui a montré le premier que cette mémoire était éphémère 1/4s; heureusement car nos yeux font 3 saccades par secondes, donc il faut que l'image "filmée" soit vite effacée comme à la télévision ou au cinéma; imaginez une télévision qui garde une image pendant quelques secondes, tout se mélangerait, y compris avec la pub...Donc la puissance de notre système visuel est la rapidité de prise et de rafraichissement de l'information; nous pouvons voir ainsi dix images par seconde (mais pas les retenir)...

  4. Hadrien Répondre | Permalink

    Désolé pour l'intervention un peu tardive.

    Êtes-vous sûr d'avoir bien interprété les propos de l'EN ?

    Il faut distinguer trois concepts :
    1) le processus de mémorisation ;
    2) le stockage physique de la connaissance ;
    3) le stockage physique de ce qui est nécessaire à la reconnaissance.

    Interpréter la théorie des mémoires visuelles et auditives au sens où le cerveau stockerait des images ou des sons me parait bien naif. Personnellement je n'ai jamais réussi à reconstituer une connaissance que sous forme de relations à d'autres croyances (du langage ou du proto-langage quoi). J'imagine que c'est pareil pour presque tout le monde.
    Je pense que l'EN veut dire qu'il y a plusieurs processus de mémorisation (visuel, auditif, olfactif), c'est à dire des processus d'acquisition de la connaissance, qui sont plus ou moins développés selon les individus. Ça ne dit rien sur la façon dont est stockée la connaissance ni ne contredit les mesures du temps de persistance des signaux visuels et auditifs. Je ne sais pas si cette théorie est exacte mais elle me parait plus fidèle à ce que l'on a en tête quand on parle de "plusieurs mémoires [actives]".

    Le troisième concept doit être distingué aussi. Car il est bien plus facile de reconnaître que de connaître. Ce n'est pas parce que je sais reconnaître précisément des visages que je sais les décrire précisément. C'est aussi parfois ce que l'on signifie par "mémoire visuelle", et ne nécessite pas de stocker toutes les images de visage, comme l'a démontré la reconnaissance faciale algorithmique. Pour prendre une autre analogie informatique, on peut "reconnaître" des gros fichiers avec seulement quelques caractères obtenus par hachage md5.

    • Alain Lieury Répondre | Permalink

      Bonjour Hadrien, lisez s'il vous plait ma réponse à Emmanuel, qui était également en réponse avec votre réflexion. vous avez tout à fait raison en évoquant le rôle du langage; sauf s'il s'agit de reconnaissance, le rappel utilise un recodage verbal de ce qu'on a vu et stocké dans des mémoires, par exemple si vous lisez un livre avec des photos, les photos ne vont pas être analysées et stockées dans la même mémoire que la mémoire orthographique des mots; tout ceci se passe en très peu de temps, mesuré dans les expériences; par exemple la "mosaïque" visuelle qu'envoit le nerf optique est construit entre 20 et 80millisecondes en mémoire sensorielle, à peu près aux environs de 300ms en mémoire lexicale (et sémantique) si bien que le temps de réaction minimum pour lire à voix haute un mot familier (ex; "bateau") est de 500ms; contrairement à ce que l'on pourrait penser dénommer une image (dire "bateau" pour une photo d'un bateau) demande un temps de réaction de 800ms; ce temps plus long vient de l'interprétation supplémentaire en mémoire sémantique de l'image trouvée en mémoire imagée, puis de trouver le "bon" mot en mémoire lexicale (ex; bateau, voilier,navire)... la mémorisation est à la fois une construction et une recherche dans des sites spécialisés du cerveau, comme le temps qu'il vous faut pour fabriquer un album photo sur un site internet...on est loin, comme vous le disiez, de l'image "naîve" d'une mémoire visuelle. voyez aussi le site "Le Cerveau à tous les niveaux", les lecteurs verront que ce que je raconte n'est pas une vue personnelle, mais ce qu'on trouve dans tous les livres scientifiques sur la mémoire;

      • Hadrien Répondre | Permalink

        @Alain Lieury
        Bonjour,
        Merci pour votre réponse documentée. Le fond de mon propos est que même si vous avez raison de dénoncer la croyance selon laquelle il y aurait une mémoire visuelle photographique, les recommandations pédagogiques qui découlent de ce modèle erroné ne sont pas nécessairement mauvaises, car on peut remplacer "tel élève n'a pas une bonne mémoire visuelle à long terme" par "tel élève n'a pas une bonne acquisition/transformation de l'information visuelle", et arriver aux mêmes recommandations, sans présupposé sur comment le cerveau retient l'information visuelle.

        Je réagis à la réponse au commentaire d'Emmanuel : "le visage d'une actrice est comparé à ceux qui sont stockés en mémoire des visages". Sous quelle forme le visage est-il comparé ? Plus généralement, comment savoir sous quelle forme les informations sont stockées dans le cerveau (pour celles qui ne sont pas liées aux aires cérébrales du langage) ?

        • Alain Lieury Répondre | Permalink

          Non Hadrien, il n'y a pas de bonne recommandation sur une vieille théorie (XIXe) basé sur l'idée d'une mémoire visuelle, qui en fait ne dure qu'un quart de seconde; rappelez-vous que les yeux font trois saccades oculaires par seconde, et que donc d'autres mémoires font une synthèse dans d'autres format. Par exemple, en suivant votre idée d'un traitement visuel préférentiel par un élève, c'est le cas de tout le monde; ainsi vous verrez dans mon livre Mémoire et réussite scolaire, que la mémorisation d'informations d'un document (les 7 portes de la mémoire page68) est deux fois plus efficace lorsqu'il est lu que lorsque la présentation du document est auditive; mais c'est la même chose par rapport à la présentation du document télévisé (donc visuel lui-aussi); la raison est que par la lecture, il y a possibilité de retours en arrière des saccades oculaires lorsque les mots sont difficiles ou inconnus, ce qui n'est pas possible en présentation auditive. Mais mots inconnus et difficiles concernent les mémoires lexicale et sémantique, donc on est bien au delà du visuel proprement dit.
          Pour les visages, vous pouvez lire "Le Livre de la mémoire" page 214 ou pour en savoir plus encore mon livre pour les étudiants "Psychologie de la mémoire"; les chercheurs anglais ont été très créatifs dans ce domaine; la plupart des chercheurs pensent qu'il y a une mémoire pour les visages familiers (Maryline Monroe, De funès..) et une autre pour les visages familiers (il faut plus de temps pour les mémoriser ou leur mémorisation est moins efficace), qui seraient fabriqués à partir d'éléments faciaux comme un portrait robot; dans les deux cas, la spécificité des visages par rapport à d'autres formes visuelles, serait qu'ils sont associés à une expression émotive; l'expression émotive est ajoutée si bien qu'il peut y avoir amnésie des visages (prosopagnosie) alors que le patient peut décrire l'expression émotive; j'ai rencontré sur un plateau télévisé une telle personne, qui ne reconnaissait pas les visages (y compris ses petits enfants) mais pouvait me dire si telle ou telle personne lui paraissait sympathique ou non...on est loin de l'intuition d'une seule "mémoire visuelle".

  5. Emmanuel Répondre | Permalink

    Bonjour,
    Cette séparation en mémoires sensorielles ne viendrait-elle pas plutôt de la façon dont notre cerveau récupère une information abstraite stockée ?
    Autrement dit, ne lui est-il pas plus facile, pour récupérer une information mémorisée de façon plus abstraite, de la faire resurgir comme si elle provenait d'un de ses sens ? Notre cerveau ferait une synthèse interne d'images ou de sons pour retrouver une information et les individus privilégiant l'un des deux modes auraient tendance à parler de mémoire visuelle ou auditive.

    • Alain Lieury Répondre | Permalink

      Bonjour Emmanuel, bonne idée, mais non, cette séparation vient de la simplification de la théorie des mémoires partielles de Charcot (XIXe siècle) qui supposait autant de mémoires que de sens, par exemple la mémoire olfactive. La Garanderie qui s'est intéressé à l'éducation mais qui n'est pas scientifique lui-même et n'a pas fait d'expérimentation, en suppose que deux d'après l'introspection , visuelle et auditive. Mais il faut se placer dans une perspective de "traitement de l'information": lorsque nous voyons un objet,visage, mot, la rétine ne reçoit que des photons réfléchi par l'objet, et le cerveau construit l'image, le visage ou les lettres au cours de plusieurs niveaux de constructions: la mémoire iconique (sensorielle visuelle) en est un des premiers ensuite, selon le format, cette "pixelisation" aboutit à la mémoire orthographique (construite à l'école) pour fabriquer des lettres, puis en mémoire lexicale pour fabriquer des mots; si ce sont des objets, l'image mentale se construit ou se récupère (si connue; ex. bateau, orange) en mémoire imagée; si c'est un visage, çà se passe encore dans une autre mémoire. Pour le rappel, il y a deux processus:1/la reconnaissance est une comparaison avec ce qu'il y a en mémoire, par exemple le visage d'une actrice est comparée à ceux qui sont stockés en mémoire des visages; mais pour le rappel, il y a un recodage sémantique et lexicale qui aboutit à un rappel verbal, c'est à dire qu'on décrit l'objet ou le visage, d'où les erreurs de témoignages dans l'évocation des souvenirs ou en justice. Si ce sont des formes visuelles inconnues, non en stock dans des mémoires spécialisées, vous ne pouvez tout simplement pas les rappeler ou les reconnaître, comme par exemple si je vous présentais une phrase en idéogrammes chinois; tout est construction dans le cerveau, d'où l'importance de l'éducation; pas d'apprentissage de la lecture et de l'écriture, et vous ne pouvez pas mémoriser une simple phrase... la mémoire visuelle "photographique" n'existe pas.

  6. GBAHODE Répondre | Permalink

    Je suis sacrément et agréablement surpris par la lecture des commentaires. Je suis professeur de mathématiques en collège et depuis l'an dernier, je fais connaissance avec mes élèves la première semaine et les accompagne à faire connaissance avec eux-mêmes. Jusqu'à ce soir, j'utilisais cette appellation que je comprends erroné aujourd'hui des mémoires sensorielles simples pour résumer vos propos. En vous lisant, je me rends compte que je parlais en fait des sens sur lesquels s'appuyaient le cerveau pour l'acquisition de l'information par le cerveau à quelques détails près. Cette perception est également partiellement erronée d'après ce que je comprends, et je recoupe, d'emblée avec des informations que j'avais pourtant en ma connaissance (mémoires sémantiques, procédurales, etc.).
    Une information et une question : quand j'étais élève, je visualisais mes cahiers, mes phrases et m'y déplaçais pour retrouver le mot qui répondait à la question posée. C'est un souvenir et une sensation très clairs et installés sans altération depuis la création de cette ressource. Je l'ai pourtant, par la suite, abandonné pour d'autres stratégies. A l'heure d'aujourd'hui, je ne suis pas capable de préciser quel est mon fonctionnement propre de mémorisation.
    Cela fait la transition avec ma question : Si je ne peux pas utiliser un schéma simplifiée des mémoires sensorielles, comment puis-je aider mes élèves à tendre dans leur(s) méthodologie(s) vers des processus personnalisés, résultante de leur fonctionnement propre?

    • Alain Lieury Répondre | Permalink

      Merci GBahode
      Pour votre 1ère question (classique), votre impression de retrouver facilement un mot dans une page est due à plusieurs mécanismes; tout d'abord, il faudrait vérifier (la mémoire imagée est puissante mais virtuelle), et il y aurait certainement beaucoup d'erreurs, mais cela est du globalement à une autre mémoire visuelle, la mémoire visuospatiale (qui est meilleure lorsqu'on est jeune); moi-même je classe mes articles et dossiers en cours de manière visuospatiale, sur des étagères, les bras d'un gros fauteuil; et certains, comme des joueurs d'échecs ou champion de la mémoire ont une mémoire visuospatiale extraordinaire, et placent selon des lieux les choses qu'ils doivent mémoriser ("la méthode des lieux" voyez mon livre Mémoire d'éléphant). cette mémoire visuospatiale baisse après 16 ans, c'est pour cela que les jeunes enfants sont souvent plus forts que les adultes au jeu Memory et que vous même avez changé de stratégies. C'est encore grâce à cette mémoire visuospatiale que vous reconnaissez votre route pour vos itinéraires familiers, à pied ou en voiture!
      Pour les méthodes d'apprentissage (voyez mon autre livre "Mémoire et réussite scolaire, 4e ed), à l'école/collège etc, ce sont surtout les mémoires lexicale et sémantique qui sont utilisées; des élèves ont plus de facilités pour le lexical (apprendre par coeur), d'autres pour le sémantique (les idées), mais la majorité des élèves/étudiants ont ces deux capacités. Un acteur connu qui avait peu de "mémoire lexicale" était Darry Cowl, qui donnait des répliques similaires sémantiquement mais pas exactes lexicalement, ce qui troublaient ces partenaires. Et en mathématiques qui est votre profession, il s'agit d'une autre mémoire, procédurale avec des subdivisions (lisez Dehaene, "la bosse des maths); mais à ma connaissance il n'y a pas d'étude différentielle ou de tests pour "mesurer" ces capacités sur ces mémoires différentes; Un collègue chercheur et ami me l'avait suggéré;ce serait certainement utile mais en général, les chercheurs sont plus concernés par les processus en général.

  7. Pascal Gbahode Répondre | Permalink

    Merci pour votre réponse.
    J'ai commandé deux de vos livres (Mémoire et réussite scolaire et le Livre de la Mémoire) hier soir histoire d'en savoir plus. Je suis allé voir le détail des ressources présentes sur le site eduscol concernant l'accompagnement personnalisé et les outils autour de la mémoire que vous trouvez obsolètes. Je les ai questionnés sur le fondement scientifique des documents que vous décriez. Ils ont argumenté : "... la qualité des ressources ... comme toutes les ressources éduscol ... tiennent donc compte des débats pédagogiques en cours et des dernières découvertes dans ce domaine ... " .Je me suis ensuite vu proposé de me mettre en lien avec l'équipe de recherches du pôle de Lyon3 : "Sur un sujet aussi précis que le votre et le débat qui peut s'en suivre, je vous propose de contacter cette équipe"
    Qu'est-ce qui fait selon vous qu'un acteur tel que l’Éducation Nationale n'accorde pas à vos conceptualisations, de validations institutionnelles?

    • Alain Lieury Répondre | Permalink

      Bonjour Pascal, et merci de ce regard scientifique...et bonne chance pour vos recherches personnelles, vous trouverez des références scientifiques dans mes livres et d'autres ; ainsi vous verrez qu'au niveau international, ce sont ces théories qui sont présentées(voyez le livre de l'anglais Baddeley sur la mémoire, ou le site de "Cerveau a tous les niveaux"; Et vous verrez que ce n'est pas ma théorie personnelle, mais que ce que je dis est basé sur des recherches internationales,même si, comme d'autres chercheurs j'insiste plus sur tel ou tel aspect, et si j'ai mes propres théories spécifiques. Pourquoi L'Education Nationale n'accorde pas plus de poids à ces théories que je présente depuis 1990; Beaucoup de journalistes me le disent et de dirigeants, principaux ou inspecteurs. En fait, c'est compliqué car l'Education Nationale est le fameux mammouth du dessinateur Cabu (attribué à Allègre) et il y a une multitude de bureaux d'étages et de responsables. Ainsi pour le Département de l'Evaluation (DEPP), cela fait une dizaine d'année que je suis un de leurs experts, ce sont des ingénieurs, statisticiens, et comme avec vous mathématiciens, nous avons le même structure scientifique et la recherche de la preuve (mettez sur internet "lieur téléréalité" et vous verrez un exemple de ces recherches. Je suis très souvent invité à faire des conférences pour des Inspections académiques, et même à l'ESEN, devant des futurs inspecteurs ou chefs d'établissement; je suis souvent interviewé par des journalistes scientifiques ou autres; donc je ne "prêche" pas dans le désert bien au contraire; De Jospin à Allègre, mon ami Jean-Pierre Rossi, spécialiste de la perception et de la compréhension, était le conseiller du Ministre de l'Education Nationale; donc la psychologie scientifique est très bien représentée au Ministère. Mais dans d'autres secteurs, il y a des politiciens, des philosophes qui sont persuadés que l'intuition qui a germé dans leur bureau est géniale. Le Ministère fait souvent confiance à des maîtres sortis des écoles, et qui sont devenus inspecteurs ou ont une formation en Science de l'Education,avec parfois une grande influence, qui font des textes, etc. Ce fut par exemple le cas de Foucambert, qui a imposé l'idée qu'il suffisait de comprendre pour apprendre, et la lecture globale contre l'avis des chercheurs en psychologie de l'époque. Dans les années 1980, La gestion mentale de La Garanderie avait du succès et ses émules distribuaient des publicités pour sa méthode et ses pseudotests dans les collèges; des principaux de collège m'en avait averti et j'avais écrit au Ministère; On m'avait répondu que ce n'était pas de leur responsabilité de trancher entre deux théories ou deux chercheurs. Or la Garanderie était professeur de philosophie au lycée et n'avait aucune formation scientifique, ne faisait pas d'expériences, n'a produit aucun article scientifique; tout son livre n'est basé que sur des intuitions et introspection. j'avais moi-même deux thèses en psychologie expérimentales, plusieurs articles dans des revues scientifiques (dont le principe est que l'article est critiqué par deux experts du domaine) derrière moi; j'étais en outre Directeur du laboratoire de Psychologie expérimentale, et j'avais des contrats avec les sociétés pharmacologiques et les Télécommunications, une quarantaine d'étudiants pour les expérimentations sur des centaines d'élèves ou étudiants... Mais le Ministère (du moins celui qui m'avait lu) ne faisait aucune différence. A quoi donc sert les accréditations scientifiques dans ce cas. Imaginez qu'en médecine, un gourou soit mis sur le même plan qu'un médecin spécialiste! Enfin, il y a une particularité française que j'ai signalé dans un de mes premiers billets de ce blog, qui explique que nos dirigeants n'ont aucune formation en psychologie scientifique puisque la psychologie a disparu des programmes de Terminales en philosophie. En résumé jusqu'aux programmes officiels 2003, il y avait un quart de psychologie et tout à disparu; ce n'est pas à cause d'une restriction du volume horaire, puisqu'en série L,il y 8 heures de Philosophie... Ce billet vient d'ailleurs d'être sélectionné pour une Anthologie des blogs francophones, c'est dire, qu'il a frappé les opinions des scientifiques de tous horizons. C'est comme si on avait supprimé la géographie dans les programmes d'Histoire/Géographie, ou la Géologie des programmes de SVT, ou dans votre domaine, la Géométrie des Mathématiques!!! Chargé de mission (avec Agnès Florin de l'Université de Nantes) par la Fédération Française de Psychologie (FFPP), nous avions écrit au Ministre Vincent Peillon, qui nous avait fait recevoir par son conseiller, celui-ci a reconnu le bien-fondé de notre demande de réinsertion d'un programme de psychologie scientifique ainsi que le Directeur de la DEGESCO, et ces deux personnalités nous a fait recevoir par la Commission des Programmes. Les membres qui nous ont reçus ont à nouveau reconnu le bien-fondé de notre demande mais nous ont fait valoir qu'ils n'étaient pas missionné pour proposer des modifications des programmes du Lycée...Bref, retour à la case départ. Et çà ressemble aux Douze travaux d'Astérix, ou l'exploit le plus difficile était d'obtenir de l'administration le formulaire A-38...

  8. SIMONETTI Maurice Répondre | Permalink

    Merci, vraiment Monsieur Alain LIEURY pour l'article et merci à tous, pour les commentaires et la qualité des échanges.
    Je suis un médecin Urgentiste et Addictologue, pianiste amateur autodidacte. Je ne suis pas un scientifique et n'ais pour ainsi dire pas de publications (je ne peux qu’apprendre en vous lisant tous).
    Ce sujet sur les mécanismes de la mémoire et la croyance fausse d'une mémoire visuelle m'a beaucoup intéressé car ma passion est la mise au point d'une notation musicale pour le clavier (accords et mélodies dérivées des accords) alternative et atypique, qui n'utilise pas les notes conventionnelles et qui va bien plus loin que la notation anglo-saxonne abrégée des Accords (bien connue de tous les musiciens).

    Ma notation cherche à se faire connaitre et je suis friand d' évaluation et critiques.
    Elle est je pense maintenant abouti, et ce après plusieurs années de tâtonnement avec pour obsession la mise au point d'une notation la plus mnémotechnique que possible.
    J'aurais volontiers utilisé le terme de "mémoire visuelle et spatiale" pour caractériser ma méthode de mémorisation des positions des doigts sur le clavier, mais depuis la lecture de votre article,et de toute ces mises au point, j’hésite un peu à la caractériser en ces termes.
    Dans ma méthode de notation,les figures schématiques représentant les accords sont appelées Signes (amalgames simples ou complexes de lettres, de chiffres, et éventuellement d'ajouts spécifiques du type traits et points),
    Les noms de ces Signes sont appelés les Annonces.
    La notation musicale conventionnelle n'utilise que le sens visuel pour transmettre l'information concernant les notes à jouer par le biais de la partition (que l'on regarde pour la déchiffrer).Avec ma méthode, c'est apparemment finalement un peu pareil, mais à partir de signaux qui entre eux se ressemblent moins que les notes) mais en plus l'Annonce permet des supports mémoriel de différents types
    - lexicaux (ce que vous appelez la carrosserie des mots et qui nous aide à retenir)
    - sémantiques (le signifiant pour chacun de l' Annonce, parfois un peu abstraite),
    Les Signes eux sont les supports mémoriels que je retrouvent dans votre article
    - mémoire visuelle des formes orthographique (il y a différentes calligraphies)
    Les doigts prenant place sur le clavier sont aussi presque cités dans votre article
    - mémoire visuospatiale des localisations (il faut noter que ce sont les touches noires avec leur organisation spatiales particulière et asymétriques qui permettent de repérer les touches blanches).
    Je présente ma méthode comme un excellent exercice cognitif du fait de la nécessaire connaissance des règles (un peu complexes) du décodage logique des Signes et Annonces, ce que dans votre article vous identifiez être la mémoire procédurale;
    Il reste selon moi avec ma méthode une sorte de mémoire émotionnelle (je ne saurais trop comment la qualifier qui intervient à la fois lors des efforts de compréhension et lors des premières récompenses auditives musicales lorsque l’accord à trouver est le bon car a ce moment là la "musique sonne" sinon émotionnellement et harmoniquement le candide travaillant des exercices avec moi en atelier sent bien que "ça sonne faux". Vous avez cité dans votre article cette mémoire musicale, mais en écrivant ci dessus je pense plutôt a une sorte de souvenir émotionnellement marquant du chemin difficile qu'il a fallut parcourir pour être in fine récompensé musicalement.

    Je vous remercie encore de m'avoir aidé au travers de votre article à mieux préciser certains aspects de ma notation qui avant votre lecture, était selon moi un peu un "fourre tout mnémotechnique " En tout cas je n'oserais plus maintenant la qualifier d'une méthode"basée sur la mémoire visuelle" (.....)
    Très cordialement (et pardon pour la longueur de ce commentaire).

  9. SIMONETTI Maurice Répondre | Permalink

    Merci pour votre lecture commentée et vos références.
    Je vais un peu me renseigner sur Emmanuel Bigand et le laboratoire de neuropsychologie du CHU de Caen.
    Effectivement, étant maintenant habitué avec ma notation, la simple visualisation d'une combinaison de notes sous forme d'un de mes Signes, me déclenche une sensation lié comme vous le dites à la "correspondance des sensations tactiles et kinesthésiques de l'emplacement des doigts avec la position visuospatiale des touches sur le piano".
    A part ça, je ne saurais pas dire si l'harmonie est pour la musique l'équivalent de la sémantique pour les mots, mais en tout cas pour ce qui est du Si bémol, il ne pourra être ressenti comme triste que si c'est un Si bémol mineur.
    A priori comme depuis Bach nous jouons sur des claviers tempérés, le Si bémol mineur devrait déclencher la même sensation de tristesse qu'un Si mineur ou qu'un Do mineur.

  10. GBAHODE Répondre | Permalink

    Bonjour Monsieur Lieury,
    le choc anaphylactique est-il nécessaire pour faire évoluer les consciences et intégrer les avancées scientifiques aux croyances tenaces sur la mémoire.
    Je crois me souvenir que des personnes ont essayé de faire des parallèles et on reçut des "vous êtes dans l'erreur". Ce ne sont ps vos propos exactes. Je me permets d'écrire cela car, pour lire deux de vos ouvrages, je suis très confiant dans la pédagogie dont vous savez faire preuve.
    Si je m'ose aux raccourcis, ce que nous avons cru durant longtemps et appelé mémoire visuelle, n'est en fait, que la manière dont le cerveau s'appuie sur le sens de la vue pour acquérir l'information.
    Ceci est très bien décrit dans "les 7 profils d'apprentissage" de Jean-François Michel, qui sont en réalité au nombre de 84 si nous nous basons exclusivement sur les profils principaux.
    Tels vos exemples sur les mémoires extraordinaires que l'imaginaire populaire accordait à Beethoven et Mozart pour l'auditive et aux joueurs d'échec pour la visuelle, est-il possible d'accompagner, de susciter la curiosité, la recherche, l'harmonisation, la mise à jour des connaissances et savoirs par une initiation du repositionnement des savoirs désuets dans le contexte des découvertes contemporaines?
    Je fais une différence tant du point de vue émotionnel que de sa résultante (réticence, résistance, mon paradigme ne peut être faux, tout ce que j'ai construit à partir de là ne peut être erroné). Ainsi lire que les mémoires partielles est un concept dépassé (voire faux) est plus violent, à mon sens, même si bien plus rapide, que de lire que le temps de mémorisation étant si court et les informations si nombreuses, qu'il n'est pas possible que le cerveau ls stocke ainsi un mois, un an, une vie ... mémoires visuospaciales, sémantiques, lexicales, procédurales, logico-mathématiques, musicales, etc.
    Je vous écris cela mais je parle essentiellement de moi et pour moi. Même s'il est plus que probable que nous soyons nombreux à le recevoir ainsi au début.
    Et en même temps, je fonctionne aussi par prise de conscience, électrochocs et revirements radicaux.
    C'est vous dire que moi qui faisais des tests la première semaine de cours pour aider mes élèves (je suis prof) à faire connaissance avec eux-même et croiser cette (re)découverte avec leurs méthodes d'apprentissage, je ne l'ai pas fait en cette rentrée de septembre 2014, terrorisé par :"si ce n'est pas ce que je croyais, je fais quoi?"

    J'ai croisé et réinvesti mes connaissances antérieures dans le profil de compréhension. Tout cela pour dire : on ne part jamais de nul part. L'erreur est un tremplin vers l'apprentissage. De nouvelles découvertes, de nouveaux champs d'application nous invitent à confronter nos croyances sur les savoirs et à rectifier, le cas échéant.

    je suis ravi de la piste sur laquelle je me trouve actuellement. Je n'ai pas encore tous les éléments pour transmettre et inviter sereinement élèves et collègues à intégrer ces connaissances mais je progresse.

    Ravi de lire et d'échanger à ce sujet.
    Très cordialement.
    Pascal

    • Rémi Répondre | Permalink

      Vous basez votre argumentation sur le livre de Jean François Michel, qui s'autoproclame expert en pédagogie. En cherchant un peu, on se rend compte que cette personne n'est ni enseignant, ni chercheur dans le domaine de la pédagogie ou de la mémoire. Il est économiste. Un peu mince pour prétendre nous apprendre comment fonctionne le cerveau. D'ailleurs, lorsqu'on lui envoie un mail lui demandant de quelle façon il a conçu son test de "profil d'apprentissage", il ne répond pas. Ca en dit très long sur lui et ses compétences...

  11. SIMONETTI Maurice Répondre | Permalink

    Bonjour monsieur GBAHODE
    Accepteriez vous de nous en dire un peu plus sur cette piste sur laquelle vous êtes actuellement. Est ce que cela concerne les méthodes d’apprentissage de vos élèves, de leurs techniques de mémorisation ?
    Cordialement

  12. Florian Longueteau Répondre | Permalink

    Bonjour Monsieur,

    merci pour ces précisions.
    Vous dites : "on trouve sur un site de l’Education Nationale « eduscol.education » dans les modules pour l’accompagnement personnalisé, des conseils et des tests basés sur l’idée qu’il y a trois mémoires principales, visuelle, auditive et kinesthésique, conseils et test provenant eux mêmes d’un site canadien. Il y a même un test introspectif pour déterminer le profil de l’élève ; par exemple « Pour essayer de me souvenir d’un cours, j’essaye de revoir la page où je l’ai écrit » et dans ce cas l’élève a une « mémoire visuelle ». "
    Pourriez-vous préciser ou donner un lien vers ces modules d'accompagnement personnalisé.

    En vous remerciant par avance,
    Cordialement
    FL

  13. delobef Répondre | Permalink

    Bonjour,

    Je m'appelle Fabrice DELOBE et je suis très interrogatif concernant cette idée que les différentes mémoires sont une "idée reçue" et donc, forcément erronée. auriez vous des références d'ouvrages scientifiques à me proposer. Etant moi même enseignant PLP en SEGPA et ayant des élèves de dispositif ULIS dans mes ateliers, j'ai toujours conçu mes cours sur cette idée des différentes mémoires.

    Merci

  14. mamaeka Répondre | Permalink

    Ini adalah cara terbaik walau bukan cara terbaru untuk mendapatkan keuntungan yang besar dari bisnis affiliasi. Diketahui karena bisnis affiliasi setidaknya haruslah yang memiliki niche serupa dengan website anda dan produk anda.Setidaknya, sekarang anda bisa mencari bisnis affiliasi yang benar-benar terkenal untuk memulainya, kemudian mendapatkan keuntungan dengan menggabungkan dengan produk anda. Setelah anda memilih program affiliasi apa yang akan anda gunakan, perlu untuk mengikuti langkah-langkah berikut dalam mengerjakan bisnis affiliasi untuk mendapatkan keuntungan yang besar.1. Membuat website sendiri. Menjadi serius di bidang affiliasi marketing haruslah memiliki bisnis website sendiri dengan memasarkan program affiliasi diwebsite tersebut. Karena mengandalkan sales page program affiliasi yang anda ikuti, bisa jadi sales page tersebut down dan anda akan kehilangan prospek pembeli baru. 5 Cara Penting Mendapatkan Komisi Besar dari Bisnis Affiliasi

  15. ccleaner download Répondre | Permalink

    I am very happy to discover your post, This is an excellent post. It is really what I wanted to see, hope in future you will continue for sharing such a excellent post.

Publier un commentaire