Bon coach ou mauvais coach ? Apprenez à le reconnaître !

Le coaching a franchi les portes des vestiaires sportifs pour s’introduire dans l’entreprise, voire dans notre quotidien (la publicité tente même de nous faire croire que certains produits, tels un yaourt ou un shampooing, peuvent être des coachs !). Autrefois apanage des élites, des hauts dirigeants puis des personnalités du show-business, il se démocratise progressivement et «Monsieur-tout-le-monde» peut désormais en bénéficier.

En pratique, un contrat d’objectif se met en place au départ entre la personne et son coach. Il est important d’expliquer que l’essentiel du travail va s’effectuer «en équipe», en vue d’une amélioration. La personne est active, elle va devoir s’impliquer dans la prise en charge, elle aura des tâches spécifiques à réaliser. Le coach mène ensuite l’intervention avec son propre savoir-faire. Il s’agit parfois d’apporter en urgence une aide immédiate, mais le plus souvent il faut amener la personne à prendre conscience de ses propres freins, de ses capacités ignorées jusque là, et la rendre plus consciente des conséquences de ses décisions (et de ses absences de décisions). Bien évidemment, il est hors de question que le coach «travaille seul» : tout est basé sur la collaboration et la confiance réciproque.

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Il faut bien garder à l’esprit que le coaching n’a pas pour but d'apporter du confort ou de guérir une personne mal dans sa peau. L'objectif n'est pas non plus de créer un manager super performant aux yeux de son employeur, de ses amis ou de son épouse. Le coach a toujours un même objectif : celui de son client; la personne est accompagnée, mais pas guidée. Le coaching se déroule autour de l'axe de la demande initiale de l’individu, et peut évoluer tout au long de la prise en charge. Le rôle du coach, dans sa confrontation bienveillante, est de permettre à la personne de trouver les moyens d’atteindre son but. Le cadre de l’intervention reste un espace-temps défini, prédéterminé, contractualisé.

Et pour cela, quelques règles d’or, proposées par la Société Française de Coaching, sont à respecter :

● Règle n°1 : La personne en demande doit avoir un objectif défini. S’il n’y a pas de but à atteindre, il ne peut y avoir de coaching. Le coaching a pour vocation d'accompagner un individu qui exprime une volonté de changement pour lui-même, que ce changement intervienne dans le cadre personnel, professionnel ou sportif.

● Règle n°2 : Il est nécessaire de contractualiser les objectifs à atteindre. Qu’est-ce que l’intervention du coach va apporter à la personne ? Quels outils vont être utilisés ? Quelle est la philosophie du coaching mis en œuvre ? Tout est proposé et discuté, rien n’est imposé. A ce moment de la prise en charge, il est important de vous poser vous-même les questions suivantes : «Est-ce que les techniques proposées par mon coach vont m’apporter quelque chose ? Est-ce qu’il s’agit là de méthodes éprouvées, ou de procédés complètement délirants ?» [1]

● Règle n°3 : Les résultats devront être évalués. Il va donc falloir fixer des indicateurs de résultat dans le temps. A la fin du coaching, comment allez-vous savoir que vos objectifs sont atteints ? Contrairement à certains types de thérapie, le coaching nécessite d’apporter des réponses précises à des questions précises. Lors de la dernière séance, vous allez devoir apprécier le chemin parcouru vers votre objectif. Et vous allez donc devoir utiliser les indicateurs de résultats définis en début de coaching, ce qui va vous permettre d’apprécier les buts atteints et le chemin qui vous reste à parcourir.

● Règle n°4 : Le coaching est une démarche dynamique, qui se vit dans l'action. En s'appuyant sur vos indicateurs de résultat, vous allez pouvoir mettre en œuvre un plan d'action concret. Et peu à peu, en marche vers l’autonomie, vous n’aurez plus besoin de coach. Le coaching sera alors terminé : le coach, "biodégradable", s'efface…

Couverture

Sachez que si vous avez des règles à respecter, votre coach doit également suivre quelques impératifs :

● Impératif n°1 : Il doit vous écouter. Un questionnement approfondi, réalisé dès les premières séances, doit lui permettre de mieux vous connaître, de mieux cerner votre environnement, de mieux déterminer vos points forts et vos points faibles.

● Impératif n°2 : Il doit faire du renforcement positif : lorsqu’une action est récompensée (par une gratification, voire même une simple félicitation…), le comportement à l’origine de cette satisfaction est renforcé. On parle alors de renforcement positif, exactement comme la sucette que l’on donne à un enfant qui vient d’avoir une bonne note. Dans bien des cas, les seuls points sur lesquels un coach va devoir intervenir sont les peurs et l’affirmation de soi. Il est donc important que votre coach vous encourage lorsque votre comportement est adapté [2].

● Impératif n°3 : Il doit vous aider à avancer en vous posant des questions pertinentes. Par exemple, un coach est tout à fait susceptible de vous demander : «En quoi est-ce que votre comportement, dans la situation x, vous apparaît désadapté ?». A partir du moment où vous avez la réponse à cette question, c’est déjà que vous êtes en progrès…

● Impératif n°4 : Il ne doit pas éviter les aspects négatifs, parfois difficiles à aborder. Un bon coach ne caresse pas dans le sens du poil. Ayant un regard extérieur, il va souligner les points à améliorer au niveau de votre comportement, de votre façon de penser et d’agir.

● Impératif n°5 : Il n’est pas parfait, loin de là ! S’il doit être capable d’appuyer parfois là où ça fait mal, il doit également faire part de ses propres faiblesses, voire des difficultés qu’il a lui-même rencontrées dans des situations similaires à la vôtre (c’est ce que l’on appelle «la révélation sur soi»). Pour que l’on puisse s’identifier à un modèle, ce modèle ne doit pas être idéal [3] !

● Impératif n°6 : Il doit croire en ce qu’il fait. Même si cela peut sembler être l’évidence même, si le coach n’est pas convaincu du bien-fondé de sa démarche, vous ne progresserez pas.

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Le coaching est donc un travail sur le sens qui cherche à favoriser (à accélérer ? à enrichir ? à approfondir ?) les processus de décision de la personne. Quels que soient les outils du coach, son orientation, un travail se fait dans le registre de l’accompagnement. Dans le dispositif de coaching qui se met en place, il s’agit d’aider l’individu à faire jour au sens qui est le sien. De favoriser la communication entre les différentes facettes de sa personnalité, ce qui permettra d’améliorer les relations avec les autres. C’est ainsi que peuvent se réaliser certaines prises de conscience, qui témoignent de l’atteinte d’un objectif. Le but est que la personne puisse trouver une position plus harmonieuse dans son environnement, gagner en confort, donc en efficacité.

Lorsque l’individu s’encombre de questions inutiles, est en proie au doute (sans parler de l’entourage qui, croyant bien faire parfois, donne des conseils, du style : «A ta place, je ferais ceci ou cela»), le coaching peut être un moyen d’analyser la situation de manière décentrée. On cherche, finalement… la bonne question : une question bien posée apporte souvent une amorce de solution.

Alors, en définitive, le coach serait-il le «psy» ou le curé du XXIème siècle ? Et pourquoi pas, après tout, à partir du moment où les solutions apportées aident la personne ?...


[1] Je pense ici, entre autres, à une émission TV dite «de coaching», au cours de laquelle le «coach» demandait à la personne prise en charge de se balader en ville avec des casseroles attachées à son pantalon. Cette «technique» était sensée la libérer de ses appréhensions à affronter les autres…

[2] Si votre coach s’adresse à vous de la façon suivante : «Mais enfin, vous faites n’importe quoi !... Ce n’est pas comme ça que vous allez arriver à quelque chose !», il n’est pas dans une dynamique constructive, c’est évident.

[3] Généralement, on s’identifie plus facilement à Monsieur Dupont qu’à Brad Pitt.

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