C’est quoi, un trouble anxieux ?

16.12.2018 | par Jérôme Palazzolo | Clinique

Les troubles anxieux peuvent être graves, mais généralement on sait les traiter. Ils perturbent le comportement, les pensées, les sentiments et les perceptions physiques. Les symptômes de l’anxiété vont d’une simple inquiétude à des épisodes de terreur handicapante. Pour le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (DSM), le concept de troubles anxieux regroupe plusieurs entités distinctes. Les symptômes sont souvent les mêmes dans les diverses entités, lesquelles diffèrent par l’objet ou la situation qui déclenche la crise. Ainsi, l’agoraphobie est liée aux espaces où le sujet se pense à risque de faire un malaise et/ou incapable de s'enfuir. La phobie sociale est déclenchée par le regard de l'autre, le stress post-traumatique par un événement particulièrement pénible…Les symptômes sont de deux grands types : somatiques et/ou psycho-comportementaux. Ils correspondent à un hyperfonctionnement du système nerveux autonome (qui assure les fonctions vitales, telles que la respiration ou les battements cardiaques). Ainsi, sur le plan cardio-vasculaire, on constate une accélération du rythme cardiaque (tachycardie), quelques troubles mineurs du rythme cardiaque (notamment de brèves pauses du rythme qui compensent les accélérations et donnent parfois l’impression à l’anxieux que son cœur va s’arrêter), des douleurs thoraciques (le patient redoute de « faire un infarctus »), des fluctuations de la tension artérielle.
Sur le plan respiratoire, les symptômes s’étendent d’une légère oppression à des sensations plus intenses d’étouffement. Le patient a une sensation de « souffle coupé ». Il a également une sensation de « boule dans la gorge » (qui peut gêner la déglutition) ; il peut avoir des nausées et de la diarrhée. Il ressent parfois une tension musculaire pouvant devenir douloureuse, des tremblements, des fourmillements ou encore des bourdonnements d’oreilles.
Signalons encore quelques symptômes récurrents et gênants pour la personne anxieuse car ils renforcent son malaise : une sudation excessive, une pâleur anormale et des bouffées vasomotrices (le sujet rougit facilement).
Ces symptômes dits somatiques accompagnent systématiquement les états anxieux. Ce sont souvent eux qui poussent le sujet à consulter un médecin généraliste, un médecin urgentiste ou un cardiologue. Le psychiatre n’est généralement pas consulté en première intention.
En plus de ces symptômes somatiques, il existe plusieurs symptômes psychiques et comportementaux. Lors de certains états anxieux aigus, le patient peut vivre des expériences de dépersonnalisation (sentiment de se sentir étranger dans son propre corps) ou de déréalisation (perte de l’intimité avec le monde environnant habituel).
Lorsque l’intensité anxieuse dépasse un certain seuil, le sujet présente une altération de ses capacités cognitives, par exemple une inhibition de la pensée. L’inhibition anxieuse se traduit aussi dans les comportements : c’est ce que l’on appelle une sidération. Toutefois, cette inhibition est parfois masquée par une agitation et des mouvements désordonnés, voire un comportement agressif.
Enfin, divers travaux expérimentaux ont mis en évidence un résultat surprenant : il semble exister pour chaque individu devant réaliser une performance précise dans des conditions déterminées un niveau d’anxiété – de stress – optimal : les performances sont altérées quand l’anxiété est excessive, mais également quand elle est insuffisante.

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