Diagnostic et thérapie : une question de choix et de logique…

Le type de thérapie proposé est sélectionné en fonction de la demande du patient et du diagnostic. Ainsi, il n’est pas rare qu’une personne soit orientée vers une thérapie familiale alors qu’elle est prise en charge en thérapie cognitivo-comportementale (TCC). L’association de plusieurs techniques est parfois intéressante chez des sujets dits «résistants». Une telle démarche se rapproche de celle que suit la médecine générale classique : observer – diagnostiquer – soigner.
Dans le contexte des affections psychologiques, choisir une technique psychothérapique sur la seule base du diagnostic n’est pas chose facile. En effet, les TCC par exemple peuvent agir sur de nombreux troubles, et ne sont pas spécifiques d’un diagnostic particulier. En pratique, le thérapeute va devoir suivre un plan de traitement systématique pour pouvoir sélectionner la méthode la mieux adaptée au problème qu’il va tenter de résoudre.
La sélection de la technique utilisée dépend surtout du patient et de son profil (motivation propre, désir de s’impliquer ou pas dans la prise en charge, niveau intellectuel…), plus encore que du diagnostic de la maladie. Ainsi, si Albert présente une dépression depuis le décès de son chien Snoopy il y a 2 ans, vaut-il mieux envisager une TCC (qui s’attachera à travailler sur les pensées inadaptées du patient), une thérapie familiale (qui s’attachera à redéfinir la place d’Albert au sein de sa famille), une psychanalyse (qui s’attachera à mieux faire comprendre au patient comment il en est arrivé là)… ?
Un diagnostic est généralement effectué en médecine générale sur la base de la «parcimonie» : on recherche une cause unique et bien définie, à l’origine de l’ensemble des symptômes présentés par le malade. Dans le domaine des affections psychologiques, la démarche est différente : il est rare que le tableau présenté ne soit lié qu’à une seule cause. Ainsi, peut-être qu’Albert, en plus d’avoir perdu son chien, présente des antécédents familiaux de dépression, consomme régulièrement de l’alcool et a perdu son emploi il y a peu. L’environnement agit sur nous et détermine notre manière de fonctionner et de réagir aux événements qui jalonnent notre existence.
De plus, l’être humain est un organisme complexe, dont la santé mentale varie en fonction de réactions biochimiques qui ont lieu dans son cerveau. Nous sécrétons continuellement des ‘’messagers’’ (les neurotransmetteurs) qui transmettent des informations d’un groupe de neurones à un autre. Ces messagers (la sérotonine, la noradrénaline, la dopamine en sont des exemples) sont parfois présents en trop grande ou en trop faible quantité, et ces variations sont sources de troubles. Les médicaments prescrits en psychiatrie ont d’ailleurs pour rôle de réguler les taux de ces neurotransmetteurs.
On le voit, la technique choisie par le thérapeute ne pourra se limiter à l’environnement ou au simple diagnostic : le patient doit être considéré dans sa globalité. L’intervention va donc devoir s’envisager à plusieurs niveaux, et prendre en compte les interactions entre émotions, comportements et pensées, ainsi que leurs relations avec l’environnement et les facteurs biologiques. C’est sur chacun des niveaux de ce système que portent les interventions thérapeutiques. Ainsi, une dépression peut avoir une composante biologique (un taux de neurotransmetteurs abaissé), une composante psychologique (une personnalité fragile) et une composante sociale (un isolement affectif). La maladie psychique doit donc être considérée comme bio-psycho-sociale. Et chacune de ces trois composantes nécessite un traitement particulier. Ainsi, ce n’est pas parce qu’un patient suit une thérapie qu’il doit arrêter de prendre ses comprimés, bien au contraire ! La dépression peut donc être traitée grâce à la prescription d’un antidépresseur (qui agit sur la composante biologique, sur l’aspect bio) associée à une thérapie (qui agit sur la composante psychologique, sur l’aspect psycho) et à la participation à un groupe de parole (qui agit sur la composante sociale, l’aspect social).

Le diagnostic – et en particulier toute la dynamique de psychoéducation qui accompagne celui-ci – est une étape importante dans la prise en charge d’un patient en souffrance.


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