L’agression physique : psychologie et self-défense

[avec Axel Sola, vice-champion du Monde de MMA]

La self-défense (ou défense personnelle) est une pratique ouverte à tous les publics, du débutant à l’expert en arts martiaux, et ce quel que soit le sexe ou l’âge. Il s’agit d’une discipline préparatoire à une éventuelle agression, dont la gestion de la distance et l’apprentissage de techniques efficaces sont des éléments-clés.
L’objectif est de savoir réagir à toute situation d’agression potentielle, avec ou sans arme, afin que la réponse donnée soit de l’ordre du réflexe spontané. L’esprit de la self-défense est de se protéger, mais toujours dans un esprit citoyen et sous couvert de la loi. Il s’agit de pouvoir faire face à différents angles d’attaques (de face, de côté, par derrière) ainsi qu’à tous types d’assauts (tiré, poussé, étranglé, encerclé, saisi…). Enfin, l’un des éléments majeurs de la discipline est l’apprentissage de la confiance en soi.

Il s'agit alors d'utiliser quelques techniques simples (n’oublions pas qu’en cas d’agression il n’est pas possible de réfléchir de manière posée) essentiellement basées sur la mise en œuvre de comportements réflexes. Sachez qu’en cas de stress aigu c’est votre cerveau reptilien qui prend le relais : il s’agit de la structure anatomique et fonctionnelle la plus ancienne de notre encéphale. En situation de self-défense, le cerveau reptilien - de par son mode de fonctionnement stéréotypé - a pour fonction de préserver votre intégrité corporelle. Il est le siège de vos instincts les plus basiques (reproduction, faim, soif...) et la base de vos émotions (colère, peur...). Cette partie de votre cerveau comprend le tronc cérébral, le cerveau médian, les ganglions de la base et le système d’activation des fibres nerveuses responsables de la coordination des fonctions de base chez l'humain. Essentiellement dirigé par l’instinct, ce cerveau contient le savoir ancestral de notre espèce et module une partie de notre système nerveux involontaire. Certains animaux - dont les reptiles - sont régis uniquement par cette structure. Il est possible de considérer que cette zone spécifique est obsédée uniquement par sa propre survivance et non par celle de l’individu lui-même. Le cerveau reptilien est essentiel dans les relations humaines car il est également le siège de la communication non-verbale et des comportements automatiques.


Laborit (1994), a décrit certaines dynamiques reptiliennes chez des individus soumis à un stress aigu, et a établi les trois "États d'Urgence de l’Instinct" :
• la Fuite (Flight) : instinctive, elle permet d'échapper au danger;
• la Lutte (Fight) : instinctive, elle permet de décourager l’agresseur en faisant face au danger;
• l'Inhibition : instinctive, elle permet chez les espèces grégaires de sauver leur vie, même si c’est au coût d'un rituel d'allégeance et d’apaisement, qui reléguera le vaincu à un rang social inférieur.
Ces trois "États d'Urgence de l'Instinct" ont pour fonction originale de permettre la survie.

Voyons donc à présent comment faire face à une agression physique, telle une saisie du cou. Ce type d’agression est fréquent, mais en définitive très peu efficace : en pensant prendre l’avantage sur vous, votre assaillant ne fait que se rendre vulnérable lui-même :

Dans ce type de situation, votre premier réflexe doit être de porter un (ou plusieurs) coup(s) au niveau testiculaire (ce qui va entraîner un relâchement de la prise), main ouverte (ce qui donne plus de prise à l’impact) :

Puis, avec votre autre main, il vous suffit d’attraper le visage de votre agresseur et ensuite de vous relever en le poussant vers l’arrière et le bas :

Essayez, pratiquez, soyez inventif(ve) et restez vigilant(e) : c’est la méthode la plus efficace pour préserver votre intégrité physique et psychique !

Pour en savoir plus :

https://livre.fnac.com/a13404636/Jerome-Palazzolo-Gerer-les-conflits-et-l-agressivite-au-quotidien

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