Le pouvoir de l’esprit… parce que vous le valez bien !

Vendredi 12 avril 2008, Winston-Salem en Caroline du Nord.

Les États-Unis reçoivent la France à l’occasion de la plus grande compétition tennistique par équipe : la Coupe Davis, regroupant toutes les nations mondiales dominantes et leurs représentants émérites qui s’illustrent le reste de l’année durant les grandes compétitions individuelles.

Durant un week-end, ces deux nations vont s’affronter lors de cinq rencontres : quatre matchs de simple et un match de double, la nation qui remportera trois victoires au moins s’invitant dans le dernier carré, pouvant postuler à la victoire finale.

Après une nette victoire de son meilleur joueur lors du premier match de simple, les États-Unis abordent le deuxième match avec un net avantage, la fameuse « pression » si souvent citée dans le milieu sportif reposant sur les épaules du deuxième joueur de l’équipe de France, étant entendu qu’une deuxième défaite compromettrait grandement les chances de succès de son pays.

Se présente alors sur le court Paul-Henri Mathieu, joueur de 26 ans, fréquentant de manière constante le très haut niveau depuis six ans et auteur d’un excellent début de saison, qui l’a vu atteindre le meilleur classement de sa carrière aux portes des dix premiers joueurs mondiaux, sorte de juge de paix définissant l’élite du tennis mondial. Après 3 heures 49 minutes d’un combat intense, le joueur français s’incline face à son homologue américain James Blake classé quatre rangs au-dessus de lui. Pourtant, moins de quinze minutes auparavant, c’est bien le joueur français qui semblait promis à la victoire, celui-ci n’étant qu’à un point du gain du match et bénéficiant de deux possibilités sur son propre service.

Les réactions du joueur français nous éclairent sur sa représentation de l’issue de la rencontre : « Je sers deux premières balles. Je sais que si je passe ma première balle, il a deux chances sur dix de mettre le retour dans le court parce qu’il est un peu fatigué. Il me le fait deux fois de suite. En faisant ce que j’ai fait, je n’avais pas beaucoup de chances de perdre aujourd’hui. Parfois on mérite de gagner et on perd. C’est dur parce que je n’ai rien à me reprocher… ».

L’analyse du capitaine de l’équipe de France et ancien joueur de très haut niveau Guy Forget est sensiblement différente de celle de son joueur : « James Blake mérite cette victoire. Certains vont dire : "C’est vraiment pas de chance...", mais les points ont été joués et James Blake est allé chercher le match ».

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Ces déclarations illustrent l’influence des croyances des individus en matière de contrôle sur leur propre performance, selon qu’ils attribuent leurs succès ou échecs à leur propre action, à celle des autres (adversaires, concurrents…) ou au fait du hasard.

En gros, si je m'entraîne dur, que je parviens à atteindre l'objectif que je me suis fixé et que je me dis : "J'ai réussi grâce à mon travail", alors j'ai toutes les chances de continuer à m'améliorer et de devenir un jour un sportif de haut niveau.

Par contre, si chaque fois que je touche au but je me dis que cela est dû au hasard, à un coup de chance (l'adversaire n'était pas en forme ce jour là, il avait le soleil dans les yeux, il était préoccupé par quelque chose...), alors il me sera très difficile de poursuivre mon ascension...

Bien entendu, cette notion est tout à fait transposable du milieu sportif au milieu professionnel et à notre vie personnelle. Pourquoi avez-vous réussi votre examen ? Parce que vous l'avez bien bossé, ou parce que le correcteur a été sympa ? Pourquoi avez-vous eu ce poste ? Parce que vous êtes le meilleur, ou parce que le recruteur avait la gueule de bois ce jour là ? Pourquoi vos amis vous apprécient-ils ? Parce que vous êtes quelqu'un de bien ou parce qu'ils sont indulgents avec vous ?...

Alors en conclusion, que retenir de cette petite réflexion ? Tout simplement que votre réussite est liée au fait - comme le dit le slogan publicitaire - QUE VOUS LE VALEZ BIEN !

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