Les enfants intellectuellement précoces sont-ils particulièrement anxieux ?


Petit exercice de fact-checking :

Capture d’écran 2015-02-09 à 12.03.26

Perception des personnes sondées ...

Capture d’écran 2015-02-09 à 12.06.28

... et conclusions des articles scientifiques, concernant le lien entre anxiété et précocité intellectuelle. En rouge, "les surdoués sont plus anxieux que les autres", en orange "les surdoués sont aussi anxieux que les autres" et en vert "les surdoués sont moins anxieux que les autres". Voir le graphique interactif.

De nombreux stéréotypes sont véhiculés, diffusés et amplifiés par les médias au sujet des enfants dits intellectuellement précoces ou surdoués — c’est-à-dire, selon la définition la plus courante, dont le QI dépasse 130. Certains sont justes, mais d’autres, bien que constamment réaffirmés, ne s’appuient sur aucune base scientifique. Mieux vaut donc vérifier les sources et verser dans l’art du fact-checking. C’est ce que nous allons faire ici, sur le cas de l’anxiété.

Une idée crédible et banale

L’idée que les enfants précoces sont particulièrement anxieux est extrêmement répandue. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser de loin à la question de la précocité intellectuelle, une des premières choses que j’aie entendue, c’est qu’un QI supérieur prédispose à l’anxiété. Je l’ai entendu dans des conférences, lu dans de nombreux livres, y compris ceux écrits par des universitaires. Ce lien possible entre douance et anxiété n’a rien de saugrenu, et au contraire, l’histoire qui va avec est tout ce qu’il y a de crédible :

"Les enfants surdoués comprennent plus vite que les autres. Bien avant les autres, ils sont capables de percevoir l’injustice dans le monde, la fatalité, la mort inéluctable. Rien de surprenant alors à ce qu’ils deviennent anxieux. Surtout qu’ils ne sont pas forcément émotionnellement en avance, et sont donc souvent incapables de se prémunir des effets de cette compréhension accrue du monde."

C’est en gros ce qu’on peut lire et entendre un peu partout. Par exemple, cet article de 2014 paru dans l’Express présente dès le sous-titre les adultes surdoués comme anxieux, parmi d’autres désagréments. Dans un autre article plus ancien, c’est un spécialiste de la question qui affirme que les enfants surdoués sont "plus anxieux que les autres". On pourrait ainsi multiplier les exemples à l’envi.

L’idée est simple, claire, logique et correspond à ce que ressentent de nombreuses personnes, à la fois précoces et anxieuses (car une chose est sûre : la précocité n’immunise pas contre l’anxiété !). Dès lors, il est bien naturel que nous y croyions, et c’était bien mon cas jusque très récemment. Un petit sondage informel sur un groupe FaceBook dédié à l’information sur la précocité intellectuelle confirme cette tendance. À la question "Pensez-vous que, en general, les enfants surdoués sont (1) plus anxieux que les autres (2) aussi anxieux que les autres ou (3) moins anxieux que les autres", 83 personnes ont répondu "plus anxieux" et 3 ont répondu "aussi anxieux". Personne n’a coché la réponse "moins anxieux". [Je remercie ici toutes les personnes qui ont pris le temps de répondre à ce petit sondage. Cela éclaire la perception que nous avons de la précocité intellectuelle.]

Ce que dit la science

Seulement voilà. Une idée intuitivement plaisante, logique et crédible n’est pas nécessairement vraie. La meilleure source est celle des publications scientifiques et non celle des opinions — fussent-elles éclairées. Les plus grands spécialistes, psychiatres ou psychologues, peuvent se tromper pour une raison toute simple : ils ont le plus souvent accès à un échantillon biaisé, du fait que les enfants surdoués n’ayant aucun problème ne vont pas les consulter. Il est bien possible que les psychologues voient surtout des enfants précoces anxieux et qu’ils soient naturellement amenés à penser que les deux caractères sont liés. Pour en avoir le cœur net, des études bien contrôlées restent nécessaires.

De telles études, publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture et cherchant un lien entre la douance et l’anxiété ou entre l’intelligence et l’anxiété, il y en a assez peu en réalité. En cherchant bien, j’en ai trouvé exactement 13. C’est peu, mais ça n’est pas rien et c’est, de toute évidence, ce que nous avons de mieux pour découvrir le fin mot (certes toujours provisoire) de l’histoire.

Commençons par deux cas particuliers.

  1. Une étude canadienne de 1987 (Forsyth, 1987) compare 41 enfants (âges non précisés…) surdoués à 93 enfants ordinaires. Aucune différence concernant l’anxiété n’est trouvée chez les garçons, mais les filles sont en moyenne plus anxieuses (le nombre de filles n’est pas précisé dans l’article…). Cet article conclut donc à une anxiété accrue uniquement chez les filles surdouées, mais non chez les garçons.
  2. Une autre étude plus récente réalisée aux USA (Harisson et Van Haneghan, 2011) a considéré 216 enfants de 6 à 12 ans, dont 73 surdoués. Elle conclut qu’il n’y a pas de différence d’anxiété entre les enfants surdoués et les autres, sauf dans un cas bien particulier d’anxiété, qu’on pourrait appeler l’anxiété métaphysique (face à la finitude de la vie, de l’univers infini et des limites de nos connaissances) mais que les auteurs nomment la peur de l’inconnu (fear of the unknown).

Ce sont les deux seules publications qui vont — partiellement — dans le sens de l’idée selon laquelle les enfants surdoués sont prédisposés à l’anxiété. Parmi les 11 études restantes, 5 ne trouvent aucun lien significatif entre l’anxiété et le fait d’être surdoués. Les 6 restantes trouvent que les enfants surdoués sont en moyenne moins anxieux que les autres. Parmi ces 6 études, on trouve notamment les 3 ayant les plus gros échantillons (de taille 802, 974 et 5507).

Un effet de la culture ?

Il est bien sûr possible que l’anxiété des surdoués soient sous la dépendance d’effets culturels : aux Etats-Unis et en Israël, où une majorité de ces travaux ont été menés, les surdoués sont sans doute mieux perçus qu’en France, où on les considère parfois avec un certain mépris comme des enfants gâtés. Néanmoins, il se trouve que parmi les 13 études, deux ont été faites en France (Guénolé et al., 2013 ; Guignard et al., 2012), et aucune ne trouve de lien significatif entre anxiété et douance. D’autres travaux ont été menés en Pologne ou Lettonie, et ne montrent pas non plus de différence.

De tels résultats suggèrent nettement que le lien entre anxiété en douance est une illusion. Ils semblent même aller dans le sens d’une anxiété réduite chez les surdoués. On pourra bien sûr rester réservé : les 13 études ne sont pas d’un niveau exceptionnel (la définition des surdoués utilisée n’est même pas toujours précisée, par exemple). Deux attitudes semblent donc rationnelles : celle consistant à se dire que finalement les surdoués sont plutôt mieux lotis, ou en tout cas pas moins bien que les autres, en ce qui concerne l’anxiété ; et celle plus sceptique consistant à considérer que des études interculturelles mieux faites sont encore nécessaires pour trancher. En revanche, l’idée d’une anxiété accrue chez les surdoués n’a aucun fondement scientifique.

 

Les 13 études citées

  • Beer, J. (1991). Depression, general anxiety, test anxiety, and rigidity of gifted junior high and high school children. Psychological reports, 69, 1128-1130.
  • Černova, Ļ. (2005). Aggression and anxiety of intellectually gifted Russian adolescents in Latvia. Baltic Journal of Psychology, 6(1), 45-56.
  • Chuderski, A. (2014). High intelligence prevents the negative impact of anxiety on working memory. Cognition and Emotion, (ahead-of-print), 1-13. [http://www.researchgate.net/profile/Adam_Chuderski/publications]
  • Forsyth, P. (1987). A study of self-concept, anxiety, and security of children in gifted, French immersion, and regular classes. Canadian Journal of Counselling and Psychotherapy/Revue canadienne de counseling et de psychothérapie, 21(2-3).
  • Guénolé, F., Louis, J., Creveuil, C., Montlahuc, C., Baleyte, J. M., Fourneret, P., & Revol, O. (2013). Étude transversale de l’anxiété trait dans un groupe de 111 enfants intellectuellement surdoués. L'Encéphale, 39(4), 278-283.
  • Guignard, J. H., Jacquet, A. Y., & Lubart, T. I. (2012). Perfectionism and anxiety: a paradox in intellectual giftedness? PloS one, 7(7), e41043.
  • Harrison, G. E., & Van Haneghan, J. P. (2011). The gifted and the shadow of the night: Dabrowski's overexcitabilities and their correlation to insomnia, death anxiety, and fear of the unknown. Journal for the Education of the Gifted, 34(4), 669-697.
  • Milgram, R. M., & Milgram, N. A. (1976). Personality characteristics of gifted Israeli children. The Journal of Genetic Psychology, 129(2), 185-194.
  • Norman, A. D., Ramsay, S. G., Martray, C. R., & Roberts, J. L. (1999). Relationship between levels of giftedness and psychosocial adjustment. Roeper Review, 22(1), 5-9.
  • Pufal‐Struzik, I. (1999). Self‐actualization and other personality dimensions as predictors of mental health of intellectually gifted students. Roeper Review, 22(1), 44-47.
  • Shechtman, Z., & Silektor, A. (2012). Social competencies and difficulties of gifted children compared to nongifted peers. Roeper Review, 34(1), 63-72.
  • Scholwinski, E., & Reynolds, C. R. (1985). Dimensions of anxiety among high IQ children. Gifted Child Quarterly, 29(3), 125-130.
  • Zeidner, M., & Shani-Zinovich, I. (2011). Do academically gifted and nongifted students differ on the Big-Five and adaptive status? Some recent data and conclusions. Personality and Individual Differences, 51(5), 566-570.

Et bien sûr, pour aller plus loin, un chapitre de mon livre les surdoués ordinaires aborde cette question.


18 commentaires pour “Les enfants intellectuellement précoces sont-ils particulièrement anxieux ?”

  1. Anthropologia Répondre | Permalink

    Bonjour,
    Vous dites : "Il est bien sûr possible que l’anxiété des surdoués soit sous la dépendance d’effets culturels : aux Etats-Unis et en Israël, où une majorité de ces travaux ont été menés, les surdoués sont sans doute mieux perçus qu’en France, où on les considère parfois avec un certain mépris comme des enfants gâtés. Néanmoins, il se trouve que parmi les 13 études, deux ont été faites en France (Guénolé et al., 2013 ; Guignard et al., 2012), et aucune ne trouve de lien significatif entre anxiété et douance."
    Etant anthropologue de formation, je pense en effet que cette question de l'origine culturelle est essentielle. Nous sommes, en France, plongés dans une culture de la norme (voire de la normalisation) qui tend à bannir tout ce qui "dépasse". On peut lire le chapitre consacré à ce sujet par Monique de Kermadec dans "L'adulte surdoué" (p89 à 99). Elle y explique notamment que notre fonctionnement sociétal hyper hiérarchisé, l'importance dans notre société du respect de la règle, la prédominance du long terme sur le court terme et le manque de valorisation de la prise de risques dans notre pays, convient assez peu aux surdoués. J'anime des formations en entreprise sur la question de l'interculturalité. Lorsqu'on travaille sur ces questions-là, on se rend compte en effet de l'emprise culturelle et sociétale sur le développement de l'individu, sur sa capacité à se positionner en tant qu'individu au sein du groupe auquel il appartient etc. (Voir également les excellents travaux de Goffman sur les rites d'interaction). Bref cet aspect de la question est extrêmement intéressant et personnellement me passionne, tout comme l'apport récent des neuro-sciences et les travaux actuels sur le cerveau neurosocial et l'intelligence relationnelle (Goleman, Bustany, Cyrulnik etc). Votre livre est très intéressants et apporte un éclairage nouveau et nécessaire sur ces surdoués "ordinaires" et cette question de l'anxiété et de son possible sur-investissement est également passionnante. Mais je pense qu'il n'est pas aujourd'hui possible, au vu de la faiblesse des études scientifiques menées dans notre pays et de la difficulté de constituer un échantillonnage "objectif" de surdoués (vous l'expliquez vous-même dans votre livre), de trancher sur cette question. Au final, il me semble que toute catégorisation est actuellement hasardeuse, et qu'il est peut-être aussi "dangereux" de publier un graphique montrant que les surdoués sont moins anxieux que les autres que de véhiculer l'idée que tous les HP sont anxieux.
    Au plaisir de continuer de vous lire.

    • Nicolas Gauvrit Répondre | Permalink

      Merci pour votre commentaire.
      Comme je le dis à la fin du billet, il me semble raisonnable de suspendre son jugement : je suis d'accord avec vous. Les études ne sont pas irréprochables.
      Les graphiques ne sont pas là pour imposer une vision ou une autre, simplement pour montrer le décalage entre la perception que nous avons des EIPs et ce qui ressort des études scientifiques (certes discutables, mais convergentes) sur la question.

  2. atalante Répondre | Permalink

    Intéressant et évidemment surprenant...
    Donc, plein de questions
    Pourquoi, à lire toute la littérature américaine sur le sujet (Webb, Neihart, Silverman, Aron, Tolan, Davidsongifted...) lit-on autant que les enfants surdoués sont anxieux ? Ils semblent avoir tous une longue pratique des entretiens avec des enfants surdoués pourtant ?
    Est-ce le mot "anxiété" dont il faudrait alors préciser le sens ?
    Ne peut on lier l'anxiété à l'intensité mise en avant par Piechowski et Dabrowski ?
    cf le bouquin de Piechowski "Living with Intensity"
    Autres questions : anxieux au sens projection angoissée ? ou anxieux de stress général ? ou anxieux à cause de mauvaises relations avec leurs pairs ou par manque de support ? ou anxieux à cause d'un perfectionnisme embarrassant ?.. ou anxieux de passer un test ?.. garçons ou filles ?... à quel âge ?

    Il me semble qu'il faut également prendre en compte quelques biais
    - les études sur les surdoués étudiés aux Etats-Unis montrent qu'ils sont en général recrutés dans des classes spéciales surdoués. Enfants équilibrés, bien parmi leurs pairs, bénéficiant d'un éducation qui ne les stresse pas... ces surdoués là ne sont pas du tout venant, ce que Guignard signale en ces termes "Comme indiqué plus haut, cette divergence dans les résultats pourrait être expliquée par
    les situations particulières dans lesquelles sont placés certains enfants à haut potentiel.", dans un article de 2004 intitulé "Les caractéristiques émotionnelles
    des enfants à haut potentiel" et qui fait déjà une revue des études parlant de l'anxiété chez les enfants. (en matière de conditions privilégiées dans lesquelles sont placés les élèves surdoués, l'étude de Guénolé, d'une certaine façon, n'y échappe pas : parents non divorcés à haut niveau académique bien insérés dans la vie active, ce qui laisse supposer une vie matérielle et un intérêt pour les études et le suivi ./ stimulation qui peut faciliter la vie aux enfants, les auteurs remarquent que le groupe CSP- est sous-représenté et qu'il faudra quand même pousser les études plus loin pour vérifier que l'absence de corrélation anxiété surdon se vérifie)
    Donc je ne suis pas sûre que les études soient si "bien contrôlées" que ça.

    - les surdoués avec un handicap (en particulier le handicap invisible de la catégorie "dys") font montre d'une anxiété un degré plus élevé

    Quelques études que j'ai trouvées pour enrichir votre liste, qui me semblent aller dans le sens de l'anxiété corrélée au surdon :
    "Test Anxiety in intellectually gifted school students"
    DOI: 10.1080/10615809908248328 - Moshe Zeidnera & Esther Jane Schleyerb
    pages 163-189
    in Anxiety, Stress & Coping: An International Journal - Volume 12, Issue 2, 1999
    "gifted students showing higher test anxiety and lower academic self-concept in homogeneous gifted than mixed-ability mainstream classes" - Groupe de 772 élèves surdoués et 716 contrôles.
    cette étude qui date de 1999 semble être confirmée par une étude menée en 2008 sur un échantillon de 769 élèves (les mêmes que plus haut)
    "Big fish in big ponds: A multilevel analysis of test anxiety and achievement in special gifted classes"
    DOI: 10.1080/10615800701628827 - Thomas Goetzad*, Franzis Preckelb, Moshe Zeidnerc & Esther Schleyerc - pages 185-198
    Anxiety, Stress & Coping: An International Journal - Volume 21, Issue 2, 2008

    "Anxiety in the gifted: Pluses and minuses"
    DOI: 10.1080/02783198309552758 - M. Ann Dirkes - pages 68-70
    Roeper Review - Volume 6, Issue 2, 1983

    "The Fears and Anxieties of Gifted Learners: Tips for Parents and Educators"
    Lamont, Renee T. - Gifted Child Today, v35 n4 p271-276 Oct 2012

    "Gifted children and dysharmonious development" - (PMID:7530561)
    Catheline-Antipoff N, Poinso F - Service de pédopsychiatrie, hôpital Sainte-Marguerite, Marseille, France.
    Archives de Pediatrie : Organe Officiel de la Societe Francaise de Pediatrie [1994, 1(11):1034-1039]

    "RESEARCH ON PERFECTIONISM AND ACHIEVEMENT MOTIVATION: IMPLICATIONS FOR GIFTED STUDENTS "
    KATHRYN L. FLETCHER AND KRISTIE L. SPEIRS NEUMEISTER
    Ball State University - 2012

    "Development and validation of a music performance anxiety inventory for gifted adolescent musicians".J Anxiety Disord. 2005;19(7):725-51. - PMID: 16076421 [PubMed - indexed for MEDLINE]

    J Anxiety Disord. 2006;20(1):98-109. Epub 2005 Jan 13.
    "Performance anxiety in gifted adolescent musicians." - Fehm L1, Schmidt K.
    PMID: 16325117 [PubMed - indexed for MEDLINE]

    "Critical Issues in the Identification of Gifted Students With Co-Existing Disabilities
    The Twice-Exceptional"
    Barbara Jackson Gilman , Deirdre V. Lovecky , Kathi Kearney , Daniel B. Peters , John D. Wasserman , Linda Kreger Silverman , Michael G. Postma , Nancy M. Robinson , Edward R. Amend , Michelle Ryder-Schoeck , Patricia Hedges Curry , Sally K. Lyon , Karen B. Rogers , Linda E. Collins , Gerry M. Charlebois , Colleen M. Harsin , Sylvia B. Rimm
    DOI: 10.1177/2158244013505855 Published 29 September 2013

    "Underachievement in Exceptionally Gifted Adolescents and Young Adults: A Psychiatrist’s View" - Jerald Grobman, M.D. Citation From the Journal of Secondary Gifted Education. 2006 17(4) 199-210.

    Une remarque : Guignard a fait porter son étude sur un groupe d'enfants surdoués d'un certain classe d'âge (6th grade) et l'a comparé à des enfants non surdoués du même âge dans la classe inférieure (5th grade). Il constate qu'à âge égal, les enfants qui ont un an d'avance montrent une anxiété plus grande à niveau de perfectionnisme égal.

    Je pense en revanche que les surdoués peuvent disposer de ressources et de stratégies qui vont leur permettre de compenser leur anxiété (mémoire, rapidité d'exécution, précision des gestes associée à la mémoire.. voire dissociation / blocage des émotions le temps nécessaire avant de s'écrouler ensuite).

    • Nicolas Gauvrit Répondre | Permalink

      Merci pour ce long commentaire. Quelques réponses :

      Pourquoi, à lire toute la littérature américaine sur le sujet (Webb, Neihart, Silverman, Aron, Tolan, Davidsongifted...) lit-on autant que les enfants surdoués sont anxieux ?

      Jacques Grégoire, qui faisait hier une conférence sur les surdoués, l’explique par la publication de la thèse très subjective de Lombroso (1877) qui fait un lien entre génie et folie et aurait ainsi lancé ce stéréotype. Une autre explication est que les psychologues ont accès à un échantillon biaisé en faveur des surdoués à problèmes.

      Est-ce le mot "anxiété" dont il faudrait alors préciser le sens ?

      Le sens est assez bien défini en psychologie. (voir par exemple ici)

      Ne peut on lier l'anxiété à l'intensité mise en avant par Piechowski et Dabrowski ?

      Avant d’avoir une théorie qui explique l’anxiété, il faudrait qu’une telle anxiété existe. Assurons-nous bien du fait avant d’en chercher les causes.

      Autres questions : anxieux au sens projection angoissée ? ou anxieux de stress général ?

      Anxiété et stress sont différent. Ici, on parle d’anxiété, telle que mesurée par exemple par le RCMAS.

      ou anxieux à cause de mauvaises relations avec leurs pairs ou par manque de support ? ou anxieux à cause d'un perfectionnisme embarrassant ?

      Le sujet du billet est l’existence ou non d’une anxiété, pas une théorie des causes de l'anxiété.

      .. ou anxieux de passer un test ?.. garçons ou filles ?... à quel âge ?

      Le sujet du billet est l’anxiété générale. La question de l'anxiété face aux tests est différente (mais les résultats vont alors très nettement vers une anxiété réduite chez les EIP). Il y a dans ces études des garçons et des filles, âgés de 6 à 18 ans environ. Plus de détails devraient apparaître prochainement dans un article de ANAE (sous réserve).

      Il me semble qu'il faut également prendre en compte quelques biais

      En effet, il y a souvent des biais, et c’est pourquoi il me paraît rationnel de suspendre son jugement en attendant mieux. Néanmoins, les biais vont parfois, et notamment dans l’étude de Guénolé dans le sens inverse : on s’attend à plus d’anxiété chez des enfants en psychiatrie.

      les surdoués avec un handicap (en particulier le handicap invisible de la catégorie "dys") font montre d'une anxiété un degré plus élevé

      C’est possible, mais ça n’est pas le sujet du billet.

      Concernant les études que vous citez, vous semblez avoir mal lu ! Je n'évoque que des trois premières ici, mais ça continue par la suite :

      Zeidner, M., & Schleyer, E. J. (1999). Test anxiety in intellectually gifted school students. Anxiety, Stress and Coping, 12(2), 163-189.

      Il est dit que les EIP en classe homogène sont plus anxieux que les EIP en classe hétérogène. Rien n’est dit que la différence EIP-non EIP.
      En outre, il s’agit ici uniquement de l’anxiété face aux tests académiques (raison pour laquelle je n’ai pas inclus cet article)—un type d’anxiété où il est encore plus clair que les EIP sont mieux lotis.

      Goetz, T., Preckel, F., Zeidner, M., & Schleyer, E. (2008). Big fish in big ponds: A multilevel analysis of test anxiety and achievement in special gifted classes. Anxiety, Stress, & Coping, 21(2), 185-198.

      Cette étude indique une anxiété plus faible chez les plus doués !
      « In line with our assumptions, we found the following effects on test anxiety: individual achievement was negatively related to test anxiety » (p. 193)
      Donc là encore, cela ne va pas du tout dans votre sens.

      Dirkes, M. A. (1983). Anxiety in the gifted: Pluses and minuses. Roeper Review, 6(2), 68-70.

      Il ne s’agit pas d’une étude, mais d’un article théorique. Il n’y est pas dit que les EIP sont plus anxieux que les autres.

      Il est bien possible que j'ai raté un article, mais j'avais trouvé je crois tous ceux que vous citez. Si je n'en ai pas parlé pas c'est que je me cantonne à l'anxiété en général et aux observations (je n'inclus ni les meta analyses, ni les articles purement théoriques).

      J'espère avoir répondu à vos principales questions. A bientôt.

  3. LE VOURCH Répondre | Permalink

    Personnellement, je n'irais certainement pas essayer de contredire votre métanalyse sur ce sujet,n'ayant pas lu cette littérature de façon littérale.
    Je poserais juste la question de quel type d'HPI ou EIP parlons nous,et donc quelle définition de cette population donnent les différents chercheurs.
    Si j'en crois un psychopathologiste comme Revol, celui ci en dehors de toute étude ,confére aux HPI une tendance à l'anxiété trés élevée.
    Or en France ,commence à bruire une certaine rumeur comme quoi le QIT> 130
    EST UNE VALEUR ARBITRAIRE pour la mise en évidence d'un HPI
    CF le lien de Grégoire
    Jacques Grégoire : Concepts de l'intelligence et nouvelles façons d'aborder le cas des HPI
    https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=H31bAncQWYw

    Vu la fréquence de QI hétérogènes augmentant avec le niveau de QI
    cf
    l'étude de Silver et Clampit en 1990 avec une augmentation à 4 fois la norme pour un qi à 130 et 5 fois la norme pour un QI à 140

    il me parait dommageable de mettre dans un fourre tout une valeur de QI moyennée,et quid de ceux dont je fais partie qui ont un QIT non calculable pour cause d'hétérogénéité > à 23 voir 70 ou 80 points.
    La population des HPI est extrémement hétérogène avec un manque de reconnaissance des DYS de par la compensation"spontanée".
    je pense que le minimum d'une démarche"scientifique" serait de poser en préambule quelle est exactement la population d'HPI concernée par ces études,
    -s'agit il dans ces études, de la sous population de hpi homogènes,c.a.d.auquel cas ,il est probable que leur mode de fonctionnement se rapproche de la population standard ( 5% d'hétérogènes dans les tables de weschler pour 90% de a population) et à ce moment là le seul foctionnement HPI ne serait pas si dissemblable de celui des neuro-standards.
    Dans ce cas ,la validité de ces études ne le serait que dans ce contexte ! !
    Par contre ,si les études prennent en compte de nombreux profils différents ,je pense que la validité de ces études est faible ,quelle que soit la valeur scientifique des réalisateurs de ces études!
    Pratiquement tous les spécialistes de la douance(Liratni,Grégoire,Terrassier) prennent actuellement en compte ces différences à partir du profil de QI sur le retentissement psychique par analyse de cluster, cf l'interview d'eric Konofal (qui s'occupe du TDAH) par Thierry Brunel dans son livre co-écrit avec Arielle Adda .
    Si l'on se base sur une proportion d'HPI totalement homogènes avec moins de 12- voir moins de 23 points de différences aux différentes échelles du WISC ou du WAIS pour en tirer des conclusions définitives sur l'ensemble de la population d'HPI homogènes et hétérogènes,cela me parait un non sens absolu et surtout une méconnaissance de la psychopathologie liée à l'hétérogénéité du QI .
    Je rappelle que les DYS sont effectivement dépistées par justement la mise en évidence de cette hétérogénéité du QIet que comme par hasard M Habib a mis en évidence cette surreprésentation d'HPI au sein des diagnostics de comorbidité en terme de DYS.
    de ce fait ,je pense qu'il existe
    -des chercheurs sur le HPI,faisant des recherches intellectuelles sur un sujet qu'ils maitrisent de loin,et qui ne connaissent pas grand chose à la psychopathologie y afférente
    -et des gens connaissant bien la psychopathologie des HPI ,qui n'ont pas forcément le temps matériel de faire des études transversales, tout occupés qu'ils sont à soigner les HPI en détresse,parce que eux, ils ont compris la problématique sans études scientifiques, mais cela aprés plusieurs années voir dizaines années d'expériences pour des gens comme Adda, Terrassier,Morin etc..!

    De ce fait ,je pense qu'il faudra un jour initier une étude transversale dans la vraie vie ,afin de juger une fois pour toute de la vraie vérité en terme de prévalence et d'incidence de la véritable implication sur l'anxiété ressentie par exemple
    de l'existence d'un HPI "simple" (simple isolement,harcellement scolaire car différent,stigmatisation par les profs...que sait je
    et de la présence de troubles du fonctionnement intellectuel associés

    voila mon avis
    a vous entendre

    • Nicolas Gauvrit Répondre | Permalink

      Bonjour, quelques réponses à votre commentaire :

      Je poserais juste la question de quel type d'HPI ou EIP parlons nous,et donc quelle définition de cette population donnent les différents chercheurs.

      C'est effectivement un des problèmes majeurs de ce domaine de recherche. Les définitions varient d'un chercheur à l'autre.

      Si j'en crois un psychopathologiste comme Revol, celui ci en dehors de toute étude ,confére aux HPI une tendance à l'anxiété trés élevée.

      A ma connaissance, Revol a publié une seule étude sur la question de l'anxiété chez les surdoués dans une revue scientifique. Il y est écrit en toutes lettres que les auteurs n'ont pas trouvé de différence significative. Il est peut-être convaincu du contraire de ce qu'il a lui même co-signé, mais c'est seulement une opinion, qui prend peut-être sa source dans l'échantillon biaisé auquel il a accès.

      Or en France, commence à bruire une certaine rumeur comme quoi le QIT> 130 EST UNE VALEUR ARBITRAIRE

      Il y a en effet une part d'arbitraire là-dedans. La distribution du QI ne présente aucun "saut" à 130. Un enfant au QI de 110 peut très bien être "trop intelligent" pour sa classe, et un autre à 150 peut-être parfaitement bien adapté. Mais ce problème du seuil n'est pas spécifique à la précocité. Le même problème se pose lorsqu'on fixe un seuil d'IMC pour l'obésité, pour prendre un exemple parmi tant d'autres. Cela n'empêche pas de faire des études et d'arriver à des résultats (par exemple, l'obésité prédispose à un certain nombre de maladies et réduit l'espérance de vie).

      Vu la fréquence de QI hétérogènes augmentant avec le niveau de QI [...] il me parait dommageable de mettre dans un fourre tout une valeur de QI moyennée

      Certains chercheurs ne comptent comme HQI que ceux qui ont un QI homogène, d'autres calculent simplement la moyenne sans tenir compte des éventuelles variations. C'est encore un problème de définition.

      La population des HPI est extrémement hétérogène

      Personne ne dit le contraire à ma connaissance. Ce n'est pas parce qu'on cherche des différences moyennes qu'on ne reconnaît pas une grande variabilité intra-groupe.

      Par contre ,si les études prennent en compte de nombreux profils différents ,je pense que la validité de ces études est faible

      En fait, on pourrait presque dire l'inverse de ce que vous avancez ici: puisque les études dont il est question sont très hétérogènes, avec des définitions variées (les unes considèrent uniquement le QI, d'autres prennent en compte la réussite scolaire, d'autres intègre des scores de créativité...), le fait qu'aucune ne trouve de manière nette de lien entre anxiété et douance laisse vraiment penser qu'un tel lien n'existe pas. Mais je suis d'accord malgré tout pour dire qu'une définition consensuelle serait bien mieux !

      -et des gens connaissant bien la psychopathologie des HPI ,qui n'ont pas forcément le temps matériel de faire des études transversales, tout occupés qu'ils sont à soigner les HPI en détresse

      Je crois que le mot important de cette phrase est "détresse". Les gens dont vous parlez s'occupent en effet des HPI en détresse, ce qui leur donne une vision totalement faussée de la réalité des HPI en général. Faire passer l'expérience de terrain avant les études objectives (avec toutes leurs limites et imperfections) n'est guère rationnel. D'autant que bien des études sont réalisées par des gens qui sont AUSSI sur le terrain.

      De ce fait ,je pense qu'il faudra un jour initier une étude transversale dans la vraie vie

      Cela a été fait au moins trois fois. Bien qu'à ma connaissance ces études n'aient pas porté sur l'anxiété, elles apportent toutes les trois des éléments plutôt optimistes. L'étude de Terman montre que les HPI sont, globalement, favorisés, et finissent avec des métiers qui les intéressent et sont plutôt satisfaits de leur vie. Une étude réalisée en France en 1965-1966 auprès de plus de 100 000 enfants montre de manière nette que les élèves HPI sont très majoritairement de bons élèves, qui ne redoublent pas (à l'école élémentaire: malheureusement l'étude n'allait pas au-delà) et que les enseignants les considèrent presque toujours comme des enfants intelligents. Enfin, une étude de plus faible envergure de Hollingworth montrait des difficultés d'adaptation chez des THQI, mais pas dus à des facteurs externes.

      Enfin, en ce qui concerne les troubles dont vous parlez, je recopie ici pour vous une phrase d'une diapositive de la conférence que Jacques Grégoire a donné récemment à Paris (à propos des troubles émotionnels, cognitifs et "dys") :
      "Aucune donnée ne permet d'affirmer que la fréquence de ces troubles soit plus élevé chez les HP que chez les enfants tout-venant."

      Jacques Grégoire a l'avantage d'être à la fois un chercheur du domaine et une personne de terrain.

  4. David Répondre | Permalink

    Merci pour ce nouveau billet, que j'ai de nouveau pris plaisir à lire. Il me semble que l'anxiété de ces enfants peut être liée à une meilleure compréhension des événements tout en ayant parfois un manque de maturité.

  5. JLM Répondre | Permalink

    Par contre,rien sur les professeurs des écoles anxiogènes.
    Il y en a ,j'en ai rencontré ,à la limite du burn-out ou nuls à faire peur (et pas seulement aux enfants ,bien que aguerri au stress en entreprise )
    Quels sont les risques de blocages ,dans lemeilleur des cas ?

  6. CG Répondre | Permalink

    Bonjour. Article intéressant. Une petite remarque concernant votre choix des articles de presse : vous insistez sur les titres et les sous-titres, qui comportent le terme anxieux. Cependant, ces parties de texte sont la plupart du temps rédigées par des personnes autres que l'auteur de l'article, et dans une logique commerciale.
    L'article de l'Express insiste surtout sur les différences entre normo-cognitifs et surdoués, sur le besoin de passer inaperçu des surdoués et sur les difficultés que rencontrent ceux-ci lorsque les stratégies d'intégration ont échoué.
    Les enfants surdoués que j'ai rencontrés n'étaient pas anxieux. Mais leurs parents, si non surdoués, étaient eux anxieux de voir leur enfant réfléchir à la mort, à la transmission des connaissances, à la permanence des choses. Les parents étaient anxieux car ils avaient des approches anxieuses et non curieuses de ces idées. Les adultes surdoués que j'ai rencontrés, et qui souffraient de troubles anxieux, avaient tous été victimes de harcèlement scolaire, ceci expliquant cela.

    • CG Répondre | Permalink

      edit : mes exemples n'ont bien sûr pas valeur de preuve.
      J'ai cependant la conviction que les surdoués font peur et fascinent à la fois en France. Il me semble que les normo-cognitifs aiment se rassurer (de quoi ?) en les affublant de noms d'oiseaux, d'idées reçues, de traits de caractère ou de troubles mentaux (singe savant, juste précoce, prétentieux, trouble d'anxiété), comme pour contre-balancer leurs différences. C'est peut-être pour cela qu'ils retiennent autant les cas de personnes en difficulté.

  7. psycho Répondre | Permalink

    Bonjour et merci pour votre article. Peut-être que ma remarque est complètement dénuée d'intérêt, mais, ne serait-il pas intéressant d'étudier la perception de l'anxiété chez les personnes précoces et les autres ? En effet peut-être que les réponses entre les deux camps présentent de grandes différences parce que l'anxiété pourrait être vécue de manière différente dans les deux cas et donc fausser les réponses, qu'en pensez-vous ? Bonne continuation.

    • Nicolas Gauvrit Répondre | Permalink

      C'est une piste intéressante, oui. De même que l'étude des variations entre les cultures, ou encore des types d'anxiété particuliers. Espérons que des chercheurs s'y attèleront :-)

  8. Abe Répondre | Permalink

    Bonjour,
    Votre billet m'amène à une question : peut-on raisonnablement penser que le questionnement permanent des EIP laisse croire aux adultes que ce sont des enfants plus anxieux que leurs camarades ?
    Ce qui est anxiogène chez les précoces, c'est de ne pas avoir de réponse sensée.
    L'âge des enfants lors du diagnostic de précocité est-il pris en considération dans ces études, puisqu'il est souvent dit que la précocité non détectée implique chez l'enfant (et l'adulte) des troubles anxieux par décalage avec l'entourage? D'ailleurs, existe-t-il une étude scientifique qui le prouve ?
    Bien qu'un peu hors sujet, l'expérience rapportée par Josef Schovanec dans son rapport à d'autres modes de vie tend à vérifier l'importance des effets culturels.
    Au plaisir de vous lire.

    • Nicolas Gauvrit Répondre | Permalink

      Bonjour et merci pour cette question,
      Je ne sais pas si les adultes perçoivent les surdoués comme anxieux en général, mais votre hypothèse me semble raisonnable.
      Je ne parle ici que d'anxiété en général, mais il se peut que des formes particulières d'anxiété donnent des résultats différents. Des travaux suggèrent une forme "d'inquiétude" (worry) qui n'est pas de l'anxiété, mais en fait partie, chez les surdoués.
      Pour les âges, on retrouve la même chose de 5 à 18 ans environ. Comme on ne trouve en général pas de trouble anxieux, rien ne prouve que le décalage crée un tel trouble.
      Pour les effets culturels, il est vrai qu'ils peuvent avoir un effet important, qui reste mal connu en l'occurrence.
      A bientôt :-)

      • Abe Répondre | Permalink

        Bonjour,
        Merci pour votre réponse.
        J'ai deux autres questions :-) :
        Y a-t-il à votre connaissance une étude sur l'anxiété chez les enfants surdoués qui prenne en compte les paramètres de dyssynchronie, qu'elle soit interne et/ou sociale ?
        Existe-t-il une étude sur la capacité des enfants intellectuellement précoces à aborder la vie avec légèreté ?
        Merci par avance de vos réponses et bonne journée.

  9. Armo Répondre | Permalink

    Un grand Merci pour votre livre et vos articles de la part d'une maman d'EP qui commençait à craindre l'effet nocebo de toutes ces publications aux titres alarmistes.

  10. Rachel et Edgar Répondre | Permalink

    Nous nous demandions juste si votre article s'apliquait aussi aux adolecents dotés de la douance et si vous pouvez nous expliquer comment nous fonctionnons dans un autre article
    merci d'avance

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