Catalogue Ramus méninges 2019

Pour Noël 2019, je vous offre une mise à jour du catalogue Ramus Méninges incluant tous les nouveaux articles de l'année, classés par thème. Bonne lecture!


Thèmes


L'autisme

L'éducation

La génétique, l'inné et l'acquis

L'intelligence

La médecine et les pratiques fondées sur des preuves

Les médias

Psychanalyse, psychiatrie, psychologie et psychothérapies

La recherche et le monde universitaire

Les religions et les croyances

Les sciences cognitives et les neurosciences

Sexe, genre et orientation sexuelle

Société et rationalisme

Les troubles dys et le TDAH


5 commentaires pour “Catalogue Ramus méninges 2019”

  1. Franck Ramus Répondre | Permalink

    Vous avez tout à fait raison d'être étonné de certaines des affirmations de Plomin, qui paraissent aller à l'encontre du simple bon sens. De fait, elles sont très exagérées. Vous serez intéressé de lire la critique qu'en fait Paige Harden: https://www.spectator.co.uk/2018/10/heredity-is-only-half-the-story/

    Pour aborder le fond de la question, d'abord il faut être conscient que les arguments théoriques du type "soit nos gènes réagissent à l'environnement tout court, quel qu'il soit, ou pas du tout. Il ne peut y avoir d'entre-deux et les résultats trouvés doivent sûrement être l'oeuvre de biais dans les études" ne sont pas probants. C'est une simple pétition de principe, pas un argument logique fondé sur des faits. Certaines influences environnementales peuvent avoir un effet sur l'intelligence, et d'autres pas. Si on veut le savoir, il faut laisser de côté les idées reçues et les évidences apparentes et étudier les faits de manière objective.

    Plomin a un argument important, qui est que la plupart des influences environnementales connues et dont les effets paraissent évidents (le niveau d'éducation des parents, les revenus de la famille, mais aussi bien d'autres, comme la nutrition, l'exposition à la télévision), sont en fait confondus avec des facteurs génétiques. Les enfants qui ont les parents les plus éduqués, les plus riches, et qui sont le moins exposés à la télévision, se trouvent être aussi (en moyenne) ceux qui héritent des meilleures prédispositions génétiques pour l'intelligence. Pour la simple raison que ces facteurs environnementaux sont influencés par les gènes des parents, qui sont transmis aux enfants. Par conséquent, les effets de ces facteurs environnementaux sont systématiquement surestimés, par toutes les études qui ne prennent pas les facteurs génétiques confondus en compte. C'est un résultat très important que la plupart des gens ne connaissent pas et ne prennent pas en compte. Mais cela n'implique pas que ces facteurs environnementaux n'ont aucun effet: ils ont un effet plus faible que ce qu'on croit.
    Malgré tout, les affirmations de Plomin sur l'absence d'effet de l'environnement familial sont exagérées. Il s'appuie essentiellement sur les études de jumeaux qui montrent un effet faible ou nul de l'environnement partagé par les jumeaux (ou plus précisément du terme C dans le modèle ACE, communément surnommé "environnement partagé"). Malheureusement il est trompeur de surnommer C l'environnement partagé et erroné de supposer que ce terme capture tous les facteurs environnementaux "socio-éducatifs" comme vous dites. Ce terme C capture la part de variance des facteurs environnementaux qui rendent les jumeaux plus similaires. Il exclut la part de variance des facteurs environnementaux qui rendent les jumeaux moins similaires (ce qui est le cas d'une partie des influences familiales et scolaires). Il échoue aussi à capturer les facteurs environnementaux qui sont confondus avec des facteurs génétiques (notamment les corrélations gènes-environnement actives), dont on ne sait pas s'il faut les attribuer aux gènes ou à l'environnement. Il ignore les interactions gènes-environnement. Et cette estimation du terme C est restreinte à la situation particulière du modèle ACE dans les études de jumeaux, avec ses hypothèses et ses limites.
    Il faut espérer que l'on progressera rapidement vers des modèles plus sophistiqués incluant une mesure directe des influences génétiques (par méthode GCTA ou des GPS), une mesure directe des facteurs environnementaux pertinents, et une modélisation complète de leurs effets principaux, de leurs corrélations et de leurs interactions. En attendant, il vaut mieux éviter les surinterprétations de la faible valeur du terme C dans certaines études de jumeaux.

    • Nicolas Répondre | Permalink

      Bonjour Monsieur Ramus et merci pour votre réponse. C'est vraiment un privilège extrêmement rare d'avoir la possibilité d'échanger avec un chercheur, qui plus est avec un chercheur à la pointe de son domaine.

      Quand vous dites que : "C'est une simple pétition de principe, pas un argument logique fondé sur des faits. Certaines influences environnementales peuvent avoir un effet sur l'intelligence, et d'autres pas", je le comprends tout à fait. Toujours est-il que je n'arrive pas à concevoir sur le plan logique, en dépit de ce que pourrait montrer les études, comment une même influence puisse être pertinente selon qu'elle soit partagée ou non. Ainsi, dans l'exemple hypothétique où masser sa tête 1h par jour rendrait plus intelligent, il faudrait comprendre (selon Plomin) que cela aurait une influence uniquement si cette pratique et cet apprentissage se faisait hors du cadre familial. Ou alors, peut-être s'agit-il ici d'une mauvaise compréhension des propos de Plomin et d'une lecture trop littérale de ses travaux ?

      D'autre part, la distinction entre l'environnement partagé et non partagé me semble être extrêmement poreuse. Je me demande dans quelle mesure est-il réellement possible de démêler les deux, car d'une certaine manière les individus ne vivent jamais exactement les mêmes choses, y compris au sein d'un même foyer.

      Néanmoins, vos explications et l'article de Paige Harden m'ont aidé à y voir un peu plus clair. Cela dit, j'ai l'impression qu'on ne peut pas dire beaucoup plus, en l'état actuel des connaissances, que les affirmations de Plomin sur l'environnement partagé sont potentiellement exagérées, sans pour autant pouvoir apporter une estimation alternative.

      Est-il cependant possible d'affirmer que le consensus scientifique en génétique comportementale, pour ce qui est de l'influence environnementale, tend à pencher vers la prépondérance de l'environnement non partagé ? En d'autres termes, si avancer que "les parents ne comptent pas" est exagéré, on ne peut pas pour autant prétendre que leur influence est égale ou supérieure à ce qui se passe (grossièrement) hors du champ familial.

      Bien cordialement.

      • Franck Ramus Répondre | Permalink

        Pourriez-vous SVP commencer par replacer vos deux commentaires sous l'un des articles dont c'est le sujet?
        Ici c'est le catalogue 2019 et ça n'a rien à voir. Je préfèrerais que l'effort mis à vous répondre bénéficie aux lecteurs de mes autres articles sur l'intelligence.

        • Nicolas Répondre | Permalink

          Bonjour Monsieur Ramus, veuillez-bien m'excuser pour le désagrément causé. Ce catalogue 2019 n'est effectivement absolument pas approprié à notre échange.

          Comme souligné dans mon premier message, je n'ai cependant trouvé aucun de vos articles qui correspondent précisément à mes questionnement : rôle des parents et de l'environnement partagé dans la construction des caractéristiques psychologiques de leurs enfants (biologiques ou non) et plus largement sur leur parcours de vie.

          Serait-il néanmoins possible de poster mes commentaires dans votre article traitant de l'enfant sauvage ? Car il est ici question, d'une certaine manière, du rôle socialisant de la famille.

          Bien cordialement.

          • Franck Ramus | Permalink

            Oui, ou sous l'un des articles portant sur l'intelligence, ou sur la génétique.

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