La course au QI – Réponses complètes

16.09.2019 | par Franck Ramus | intelligence

Le Point daté du 12 septembre 2019 consacre un important dossier au sujet de l'intelligence et de sa mesure. Dans ce dossier sont cités un certain nombre de chercheurs français et étrangers. Chacun a été longuement interviewé et a répondu à de nombreuses questions, mais seules quelques phrases ont été sélectionnées par le magazine. Comme il est dommage que toutes ces réponses soient perdues, Nicolas Gauvrit et moi-même mettons ci-dessous toutes nos réponses (que nous avons données indépendamment l'un de l'autre) à la disposition des lecteurs intéressés. J'y ai également ajouté des questions et réponses issues d'autres interviews (28/10/2019).

 

Le Point: Quelle est votre définition de l’intelligence?

Nicolas Gauvrit: Si l'on parle de l'intelligence au sens du QI, je dirais que c'est une mesure très générale de l'efficacité du fonctionnement mental (cognitif) d'une personne.

Cependant, dans un sens plus courant, l'intelligence serait plutôt la capacité d'adaptation à des situations nouvelles. Dans ce sens, elle engloberait alors une partie d'intelligence émotionnelle, de compréhension sociale et de créativité, en plus de l'efficacité cognitive.

Franck Ramus: L’intelligence est un mot du langage courant qui correspond à une simple intuition. Le concept qui a une validité scientifique est celui d’intelligence générale, qui est la résultante de l’ensemble des fonctions cognitives (langage, raisonnement, mémoire, planification, rapidité…). On peut la comprendre comme une moyenne de toutes nos fonctions intellectuelles.

Les tests d’intelligence sont des outils de mesure, qui ont des qualités et des limites, comme tout outil de mesure. Le QI est l’échelle numérique sur laquelle on rapporte les résultats des tests. Cette échelle est étalonnée sur la population pour chaque classe d'âge (moyenne de 100, écart-type de 15).

[pour en savoir plus sur l'intelligence générale]

Le Point: On parle parfois du facteur G, pouvez vous nous expliquer ce qu’il désigne  ?

FR: Le facteur g est le nom technique (en statistiques) de la moyenne des fonctions cognitives que constitue l’intelligence générale.

Le Point: Que mesurent concrètement les tests d’intelligence (mémoire, attention, rapidité neurone?….)

FR: On distingue généralement d’une part l’intelligence verbale ou cristallisée, qui inclut le vocabulaire, le raisonnement verbal, la mémoire de travail, et qui repose en grande partie sur les connaissances acquises ; et d’autre part l’intelligence non-verbale ou fluide, qui inclut le raisonnement abstrait, les capacités visuo-spatiales, la vitesse de traitement, et qui est moins dépendante des connaissances acquises.

NG: Le QI mesure correctement une version restreinte de ce qu'on peut appeler l'intelligence : une compétence très générale. Les mots-clés sont rapidité, mémoire, connaissances, capacité de raisonnement. Un équivalent du QI dans les matières scolaires serait la moyenne générale, qui mesure globalement les résultats, sans faire la distinction entre les disciplines.

Le Point: Souvent, on dit d’une personne qu’elle est intelligente ou, au contraire, bête. Ce jugement est-il corrélé avec le QI ?

FR: Oui, les jugements intuitifs sont corrélés au QI (les chercheurs qui ont développé les tests cherchaient à capturer la notion intuitive d’intelligence). Mais souvent ces jugements se basent sur une connaissance incomplète de la personne, et sur une focalisation sur une dimension particulière : le fait que quelqu’un s’exprime bien, ou qu’il soit très cultivé, ou qu’il comprenne vite, ou qu’il soit fort en maths. Les tests d’intelligence, eux, prennent en compte toutes ces dimensions (et d’autres). Par conséquent, quelqu’un qui a une haute intelligence générale est quelqu’un qui est bon dans tous ces domaines.

Le Point: Le QI reste-t-il le même tout au long de la vie?

NG: Il est statistiquement très stable à partir de l'adolescence. Cela veut dire qu'en général, il ne varie pas beaucoup, mais il y a des cas particuliers qui peuvent correspondre à des traumatismes, des maladies mentales ou autre. [voir la stabilité du QI dans cet autre article]

Le Point: Où se loge l’intelligence dans le cerveau?

FR: Il n’y a pas de région cérébrale unique de l’intelligence. Toutes les régions contribuent. Néanmoins, les lobes frontaux, par leur rôle de « contrôleur » ou « coordinateur » des autres fonctions cognitives, jouent un rôle particulièrement important.

Le Point: Le QI est-il héritable ? Dans quelle proportion ? 

NG: La génétique explique plus de la moitié des variations de QI, ce qui ne veut pas dire grand chose de concret, mais disons que le facteur génétique est important (même s'il n'explique certes pas tout). On n'a pas identifié de gène de l'intelligence en particulier, mais on sait que le QI est en grande partie héritable. Les études sur la question sont si nombreuses qu'il n'y a plus de doute sur ce résultat.

FR: Les différences individuelles dans les scores de QI sont dues environ pour moitié (50%) à des différences génétiques, et pour moitié à des différences d’environnement (incluant à la fois l’environnement social et biologique, notamment prénatal). Ces estimations résultent de nombreuses études permettant de dissocier les influences génétiques et environnementales sur l’individu. En grande majorité ce sont les études de jumeaux, qui montrent que les vrais jumeaux ont des QI plus proches que les faux jumeaux, en raison de leur similarité génétique plus grande. Ces résultats ont été confortés par les études d’adoption, qui montrent par exemple que les frères et sœurs élevés ensemble ont des QI plus proches s’ils sont reliés génétiquement que s’ils ne le sont pas. Plus récemment, les études de génétique moléculaire ont apporté une confirmation totalement indépendante de ces estimations, en calculant la proportion des variations de QI qui sont expliquées par des variations génétiques mesurées directement dans le génome des individus. A ce sujet, lire l'article de Paige Harden.

Q: Est-il vrai que le QI de la population baisse, du fait des pesticides, des perturbateurs endocriniens, ou des écrans?

FR: Certaines études dans certains pays ont trouvé une tendance récente à la baisse des scores de QI, mais ce n'est pas une constatation générale. La tendance générale est plutôt que les scores de QI ont beaucoup progressé au cours du 20ème siècle, et que cette progression semble maintenant s'atténuer et plafonner. Voir mon article à ce sujet.

Le Point: Le Quotient intellectuel matérialisé par un chiffre a-t-il une signification en lui-même? Faut-il, en fait, l’intégrer dans un bilan psychologique ?

NG: En clinique, lorsque l'on peut obtenir un score de QI fiable (car la passation n'est pas toujours facile, ou des difficultés psychologiques peuvent rendre le test inutilisable), celui-ci a un sens. Il permet de savoir où se situe globalement un individu par rapport aux autres au niveau cognitif. Il n'a pas toujours de sens et il ne faut certainement pas toujours l'intégrer dans un bilan psychologique. Il est surtout utile quand un tableau clinique pourrait s'expliquer par une défaillance générale ou pas. Par exemple, on fait la différence entre une personne avec retard mental (QI faible) et qui, pour cette raison, a du mal à lire, et une personne dyslexique avec un QI moyen ou supérieur. Cela influence ce qu'on peut envisager comme accompagnement.

Q: Le QI fait l'objet de nombreuses critiques, que mesure t-il et à quoi sert-il selon vous?

FR: Le QI est souvent critiqué quand on veut lui faire dire plus qu’il ne dit. Ou quand on lui attribue des propriétés qu’il n’a pas. Beaucoup critiquent par exemple l’idée que le QI serait inné, gravé dans le marbre à la naissance, ce que personne ne dit (puisqu’il y a 50% de facteurs environnementaux impliqués). Quand on comprend que le QI est juste une moyenne de l’ensemble des fonctions cognitives, on en voit mieux à la fois l’intérêt et les limites. L’intérêt est exactement le même que de faire la moyenne générale des notes d’un élève à l’école : cela permet d’avoir une mesure synthétique qui résume tous les résultats en un seul nombre. La limite est la même aussi : un nombre contient moins d’information que dix. Cela ne permet pas de savoir si un individu a des talents ou des difficultés dans un domaine particulier. Une autre limite est que, comme pour tout instrument de mesure, les tests de QI ont une précision qui n’est pas infinie, et qu’il faut respecter certaines conditions d’utilisation pour que la mesure soit fiable et valide. Constater ces limites n’est pas plus de nature à remettre en cause l’usage des tests de QI que celui du thermomètre.

Le Point: Combien dénombrez-vous de formes d’intelligence  ? 

FR: Il existe de multiples capacités cognitives et de multiples talents qu’un être humain peut posséder à divers degrés. L’intelligence générale, en revanche, est une moyenne de toutes ces capacités, il n’y en a donc qu’une, par définition.

Le Point: Existe-t-il des formes d’intelligences oubliées par les tests de QI ?

FR: Les compétences sociales sont relativement peu sollicitées dans les tests de QI usuels. Leur évaluation fiable n’est pas simple et reste un véritable sujet de recherche. Les mesures populaires d’ « intelligence émotionnelle » (QE) sont purement déclaratives et donc ne remplissent pas correctement ce rôle.

Q: Quel crédit doit-on accorder à la théorie des intelligences multiples? Des chercheurs prétendent avoir réussi à identifier des aires cérébrales spécifiques pour chacune des intelligences énoncées par Gardner. Est-ce une preuve suffisante de la validité de sa théorie? Si non pourquoi?

FR: Il est incontestable que l’être humain possède de multiples fonctions cognitives (qui ont évidemment des bases cérébrales distinctes), et peut déployer ses talents dans de multiples domaines. Appeler chaque fonction ou talent « une intelligence » n’apporte rien, si ce n’est de la confusion sur la notion d’intelligence. Howard Gardner a eu beaucoup de succès dans le grand public, qui apprécie peut-être l’idée démagogique selon laquelle « chacun est intelligent à sa manière », mais n’a pas convaincu la plupart des chercheurs en psychologie, qui considèrent qu’il est plus sensé de réserver le mot d’intelligence à la notion d’intelligence générale, et d’utiliser les mots fonctions cognitives ou talents pour les éléments qui la composent.

Le Point: Que pensez-vous de la fiabilité des tests actuellement utilisés pour mesure l’intelligence chez les enfants et les adultes ? 

NG: Les tests de QI sont très fiables. Beaucoup de spécialistes critiquent le fait qu'ils ne mesurent pas tout ce qu'on aimerait connaître pour savoir si quelqu'un est "intelligent" dans un sens plus courant. Par exemple, le QI est assez peu lié à la créativité, à l'intelligence émotionnelle, ou à la motivation. Mais si l'on cherche à mesurer une sorte de puissance mentale générique, le QI est excellent. Les scores de QI prédisent les résultats scolaires et académiques mais aussi la réussite dans le milieu professionnel. A l'inverse, ils sont assez peu liés aux éléments de personnalité. Les tests usuels de QI sont les mieux connus, car ce sont littéralement des millions de personnes qui les ont passé depuis un siècle, et le recul qu'on a sur eux est phénoménal.

Le Point: La calibration des test WAIS vous parait-elle correcte? N’est-ce pas devenu un outil archaïque? 

NG: La WAIS pour les adultes ou la WISC pour les enfants sont parmi les plus utilisés au monde, et les efforts d'étalonnage sont considérables. De nouvelles versions sortent régulièrement. Donc je dirais que oui, la calibration est correcte et que non ce n'est pas un outil archaïque. En revanche, on ne peut évidemment pas tout savoir sur quelqu'un avec un tel test. Beaucoup de chercheurs pensent qu'on exagère généralement l'importance du QI. Le QI n'est pas une mesure de la valeur d'un humain.

Q: Qu'est-ce que ça veut dire "développer son intelligence", mis à part améliorer son score au test de QI? Peut-on développer son intelligence? Comment? Jusqu'à quel âge? Notre marge de progression est-elle limitée par nos gènes? 

FR: Développer son intelligence, c’est améliorer l’ensemble de ses fonctions cognitives, et acquérir des connaissances qui permettent de fonctionner plus efficacement et d’aborder des problèmes plus complexes. La scolarisation est le meilleur dispositif connu pour développer globalement l’intelligence des enfants. Chaque enfant a des marges de progression importantes dans tous les domaines, ce qui ne veut pas dire qu’elles sont illimitées. Les prédispositions cognitives des enfants contraignent les apprentissages qu’ils peuvent faire, ou la facilité avec laquelle ils peuvent les faire. Evidemment, on peut aussi améliorer son score de QI en s’entraînant aux tests. Malheureusement les améliorations aux tests se généralisent rarement aux performances dans la vie réelle, donc cette démarche est d’intérêt limité.

Q: Que se passe t-il au niveau du cerveau lorsqu'on fait des exercices d'entrainement cérébral?

FR: Tout entrainement, toute acquisition de connaissances, toute activité intellectuelle implique des modifications de certaines de nos propriétés cérébrales, en particulier les connexions entre les neurones. Les modifications de ces connexions impliquent elles-mêmes toute une machinerie moléculaire déclenchée par la modification de l’expression des gènes dans les neurones. Dans le cas de certains entrainements particulièrement intensifs, on peut même mesurer des changements de volume de certaines régions cérébrales à l’IRM. De manière plus générale, il faut bien comprendre que, le cerveau étant l’organe de la cognition, toute modification de nos capacités cognitives ou de nos connaissances est inévitablement associé à des modifications de notre cerveau. Un cerveau figé ne pourrait rien apprendre.

Le Point: Que faut- il penser de la multiplication des tests de QI sur le web ? Quelle valeur leur attribuer ? Est-ce des attrapes gogo ?

FR: Ils n’ont aucune validité établie. Dans la plupart des cas, ils ne servent qu’à attirer vers des sites commerciaux ou publicitaires. Les vrais tests d’intelligence sont protégés : seuls les professionnels qualifiés peuvent les obtenir, et ils sont tenus de les garder secrets.

NG: On peut s'en méfier, car ils ne sont pas étalonnés en général. Cependant, ils ressemblent assez souvent aux véritables tests, vus de loin.

Le Point: En quelles circonstances, l’établissement du QI est-il utile chez l’adulte? En quoi un bilan d’intelligence peut-il aider?

NG: Cela peut permettre à certains adultes d'être rassurés sur leur capacités. Dans le cas des adultes ayant un QI élevé, notamment les adultes à haut potentiel intellectuel (QI de 130 ou plus), cela peut dans certains cas expliquer un sentiment de décalage qu'ils ont toujours ressenti sans le comprendre. Dans le cas de maladies neuro-dégénératives, cela donne aussi une mesure objective de l'évolution des troubles. Si l'on va un peu plus loin que le seul QI total (ce que permettent les tests), on peut également, pour les enfants comme les adultes, avoir une idée plus précise du fonctionnement mental, connaître les points forts et les points faibles et ainsi trouver des stratégies d'adaptation.

Le Point: Que penser de l’utilité pour une entreprise de faire passer un QI à ses candidats à l’embauche? Est-ce un critère utile? trompeur?

FR: Dans le cadre d’une embauche, le plus important est d’évaluer la compétence professionnelle dans le métier visé, de la manière la plus précise possible. Les tests d’intelligence n’évaluent pas les compétences métiers. Néanmoins, il a été montré qu’une fois les personnes recrutées, le QI prédit partiellement la performance dans le poste, et ce dans tout l’éventail des professions. C’est donc une mesure complémentaire possible pour des recruteurs qui souhaiteraient départager des candidats ayant des compétences professionnelles semblant similaires.

Le Point: En général, les psychologues établissant un QI font-ils correctement leur travail?

NG: Je ne saurais pas le dire exactement. Ce qui est sûr, c'est que plusieurs écueils sont à éviter pour les psychologues, et qu'ils ne le font pas toujours. Le plus important, c'est de savoir reconnaître qu'un patient n'est pas en état de passer le test. On peut avoir un QI faible lors d'une passation parce qu'on est déprimé, stressé, fatigué, ou qu'on n'a pas envie de passer le test. Le résultat n'est alors pas du tout représentatif des véritables capacités, et le psychologue devrait s'en rendre compte et ne pas donner de QI sur la base d'un tel test.

Le Point: Existe-t-il  un commerce de l’intelligence ? Notamment en ce qui concerne la prise en charge des « surdoués » ?

NG: Indubitablement, le thème de surdoués est tout à fait "juteux". De bonne foi ou non, beaucoup se sont engouffrés dans ce business, par exemple en victimisant les surdoués (on attribue alors tous les problèmes de la personne à un QI trop élevé, ce qui est très valorisant) ou en identifiant tout patient solvable comme surdoué (si le QI est trop faible, on explique qu'il est sous-estimé à cause d'une anxiété qu'il faut traiter par des programmes onéreux réservés aux plus intelligents). Il y aurait je pense une véritable enquête journalistique à faire sur ce business de la douance.

Sans qu'il y ait d'escroquerie, pour le psychologue, les vrais surdoués (car il y a énormément de fausses identifications également) sont des patients de rêve. Leurs capacités intellectuelles leur confèrent des ressources importantes et ils progressent vite en thérapie. L'accompagnement est plus agréable, et l'on peut comprendre que beaucoup aient envie de traiter préférentiellement les personnes à haut potentiel intellectuel.

Q: N'est-il pas vrai que les surdoués sont souvent hypersensibles, angoissés, qu'ils sont à risque d'échec scolaire ou de trouble des apprentissages?

FR et NG: Non, ce n'est pas vrai. Voir notre article à ce sujet.

Q: Les surdoués ont-ils un cerveau différent du reste de la population?

FR: Certaines propriétés cérébrales sont corrélées avec les scores de QI. Par conséquent, les personnes qui ont les QI les plus élevés tendent aussi à avoir les propriétés cérébrales correspondantes. Mais il n'y a pas de différence cérébrale qualitative entre les surdoués et le reste de la population. Voir mon article à ce sujet.

Le Point: Quelqu’un vous dit, j’ai un QI de 150 ! Que lui rétorquez-vous ?

FR: C’est une drôle de manière de se présenter. Mais si c’est vrai, c’est bien au-dessus de la plupart des gens (1 individu sur 1000 est au-dessus de 145).

Le Point: Dans notre société existe-t-il une corrélation entre réussite sociale, richesse, criminalité, l’espérance de vie, et le QI ? Et encore entre niveaux d’étude et QI?

FR: Oui, le QI est le meilleur prédicteur connu de la réussite scolaire. Un QI plus élevé est également associé (dans une moindre mesure) à de plus hauts revenus, une meilleure santé (physique et mentale), une plus grande espérance de vie, et un moindre taux de criminalité.

NG: Un QI plus élevé est statistiquement (légèrement) lié à moins de mortalité, plus de réussite professionnelle, une meilleure satisfaction au travail et des revenus plus élevés. Ces corrélations sont faibles, mais bien établies.


34 commentaires pour “La course au QI – Réponses complètes”

  1. Samuel Répondre | Permalink

    Bravo...vous avez encouragé et validé les autodiagnostics avec vos propos diffamatoires sur les pratiques des psychologues...

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      S'il est diffamatoire de dire que certains membres d'une profession ne sont pas bien formés, et ne pratiquent pas selon l'état de l'art, alors nous diffamons allègrement contre toutes les professions! (y compris contre les chercheurs, ils n'y font pas exception).
      Rien de ce que nous écrivons ne peut être interprété comme un encouragement à l'auto-diagnostic, au contraire nous disons qu'il n'y a pas d'autres manière d'identifier les surdoués que de passer un test d'intelligence, que seuls les tests d'intelligence validés et administrés par des professionnels diplômés font foi, et que ceux sur internet ne valent rien.

    • Camus. F Répondre | Permalink

      Diffamatoires dites vous? Je suis encore consternée par la pseudo psychologue soit disant spécialiste des HPI qui m'a testée. Juste avant la passation elle m'a engueulée parce que j'étais en retard, alors que j'avais bien prévenu que je le serai à cause de la circulation bref. Elle se dit tellement compétente qu'elle est capable de calculer et de donner les résultats avec les indices juste après la passation. Sauf qu'elle m'a donnée les indices et dans le bilan écrit les chiffres n'étaient plus les mêmes. Elle a mis 6 mois à me rendre un bilan très mal écrit, avec des phrases incompréhensibles, agrammaticales et des erreurs grosses comme sa tête sur mon parcours. Bon le résultat est là HPI mais j'ai honte d'avoir été identifiée par cette pseudo professionnelle. Aucun code de déontologie, elle vous fais la bise par exemple et bien pire. Elle ne connait pas grand chose sur le sujet alors afin de lui transmettre les bonnes lectures, je lui ai parlé des articles de Franck Ramus, Nicolas Gauvrit et leur blog, mais aussi Grégoire, Whal et la revue ANAE. Elle ne savait rien de ces références et se dit spécialiste du sujet insupportable. Elle met l'hypersensibilité comme première caractéristique de la douance, j'avais beau lui dire que c'est infirmé par la science rien à faire, parce qu'elle est la science infuse. Il n'y a que le fric qui l'anime pour le reste zéro.

  2. Alys Répondre | Permalink

    Merci pour cette publication.

    J'ai une question au sujet de l'héritabilité de l'intelligence, sur laquelle j'aurais aimé votre éclairage : je lis souvent que le pourcentage de corrélation entre QI parentaux et QI d'un enfant passe de 40% lorsque l'enfant est jeune à 80% à l'âge adulte. L'environnement jouerait donc un rôle plus important chez les sujets jeunes que chez les plus âgés.
    Ma question sera brève : pourquoi ?
    Est-ce tout simplement parce que certains processus sur lesquels reposent "la mécanique" de l'intelligence (je pense, par exemple, à la myélinisation des axones) se développent lentement ?

    Merci par avance pour votre réponse, et désolée pour les approximations et gros sabots que mon intervention contient sans doute. Je suis loin d'être une spécialiste du champ ; j'essaie simplement de comprendre "en gros" comment ça fonctionne.

  3. Thierry Répondre | Permalink

    J' ai pu constater que l'etat de forme et de disponibilité du psychologue pouvait aussi jouer sur le resultat. Donner un intervale ne serait-il pas plus realiste et moins ....definissant?
    Les hauts qi sont-ils plus mimetiques que la moyenne?

  4. LG Répondre | Permalink

    Bonjour M. Ramus,
    S'agissant de la part héritable du Q.I versus la part liée aux facteurs environnementaux , je trouve la présentation d'une répartition à 50/50, sans plus d'explication, un peu trompeuse. Au delà des chiffres (pour lesquels je constate que vous êtes un peu moins généreux que M. Gauvrit en faveur de l’héritabilité), elle laisse surtout entendre que le patrimoine génétique ET l'environnement sont tous deux générateurs d'intelligence, de manière indépendante, sans hiérarchie.
    Or, au jeu de la poule et de l’œuf, c'est bien l'environnement qui va venir influencer un génotype préexistant, non?
    Ne pourrait-on pas dire que l'intelligence de chaque individu est , dès la conception de ce dernier, fixée génétiquement dans un certain potentiel (dans une tranche de Q.I de 115 à 130 par exemple) et que c'est l'action de l'environnement qui va venir développer plus ou moins ce potentiel?

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      On peut donner l'héritabilité de l'intelligence à 30%, 50%, 60%, 80%, ça dépend de la méthodologie avec laquelle on l'estime, de l'étude à laquelle on se réfère, et il faut garder en tête les larges marges d'erreur autour de ces estimations. Je choisir de couper au milieu et de dire 50%, parce que ce n'est pas plus faux qu'une autre estimation, et que je ne connais pas de données prouvant définitivement la prépondérance soit de la génétique, soit de l'environnement.
      On peut certainement argumenter que le patrimoine génétique existe avant d'être influencé par l'environnement. Cela dit, il faut quand même réaliser qu'il y a influence de l'environnement (biochimique, utérin, prénatal) aussitôt après fécondation.
      L'idée d'un QI potentiel fixé par la génétique, et atteint plus ou moins complètement en fonction de l'environnement, est séduisante, mais en fait la notion d'héritabilité ne correspond pas à cela, pour des raisons complexes à expliquer. Il s'agit d'une part de variance génétique dans la variance phénotypique de la population. Elle peut varier en fonction de la variance génétique, de la variance environnementale et de la variance phénotypique de la population que vous considérez. On ne peut pas en avoir une interprétation au niveau d'un individu.

      • LG Répondre | Permalink

        N'étant pas statisticien, j'ai effectivement du mal à appréhender la seconde partie de votre réponse. Si vous avez une source ou deux qui puissent me permettre de mieux la saisir, je suis preneur. Merci..

        • Franck Ramus Répondre | Permalink

          Vous pouvez lire l'article de Ned Block "How heritability misleads about race": http://www.nyu.edu/gsas/dept/philo/faculty/block/papers/heritability.pdf
          Il traite de plusieurs paradoxes et conceptions erronées de l'héritabilité, dont celle que vous mentionnez, qu'il surnomme "genetic bucket theory" (section 5), c'est-à-dire que la prédisposition génétique pour l'intelligence serait comme un seau, de taille plus ou moins grande selon les individus, et qui est plus ou moins rempli en fonction de l'environnement.

          • olivier seller | Permalink

            Bonjour Monsieur Ramus et merci pour votre article,
            merci également de ce lien vers l'article de Ned Block, qui montre de nombreuses limites à cette mesure statistique d'héritabilité.
            Savez-vous si depuis la publication de cet article, on a progressé sur la capacité à séparer les variables ou éliminer les effets d'héritabilité indirecte ? ou encore, ce qui serait vraiment intéressant, mis en évidence un contre-exemple à la "genetic bucket theory" avec des environnements différents entrainant des inversions de hiérarchie d'intelligence entre 2 groupes ?

  5. Mélusine Répondre | Permalink

    Bonjour Franck, à propos de ceci: "Le QI est l’échelle numérique sur laquelle on rapporte les résultats des tests. Cette échelle est étalonnée sur la population (moyenne de 100, écart-type de 15)." >>> l'écart-type de 15 c'est sur l'échelle de Wechler, mais le test de Cattell, qui a la même moyenne de 100, a un écart-type de 24; ça me semble important de le préciser...

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      C'est exact, mais à ma connaissance seule la batterie de Wechsler est bien étalonnée et couramment utilisée en France. Les chercheurs ne se réfèrent quasiment jamais à l'échelle de Cattell quand ils donnent des scores de QI.

  6. francois Répondre | Permalink

    excellent bravo!!!
    Les articles de Frank sur le QI sont toujours remarquables nuancés, et très instructifs
    il est également fort intéressant de les mettre en perspective avec ses articles , pour le moins manichéens à l'encontre de la psychanalyse.
    Une hypothèse est que Frank qui n'est surtout pas médecin,ce qui n'est pas un défaut, s'est fait agressé par des lacaniens qui sont oh combien manichéen eux aussi... ou bien frank a été malttraité par son psychanalyste , ce sont des choses qui arrive effectivement

    Plus vraisemblablement Frank est un intellectuel à fort QI donc fort agressivité qui a besoin de joutes intellectuels afin de projeter son agressivité,

    pour finir bravo pour votre blog Frank et au plaisir de continuer à vous lire
    Ps ne suis pas psychanalyste

  7. Zap Répondre | Permalink

    Merci pour ces mises au point.

    Pour aller un peu plus loin, je trouve cela étonnant, un peu paradoxal, de présenter les mesures psychométriques comme une intelligence "très générale", alors même que vous précisez que l'intelligence est globalement la capacité à faire face, à s'adapter à des situations nouvelles. Un autre indice dans votre discours : vous rappelez que le QI est très bien corrélé à la réussite scolaire et professionnelle. Or, c'est à peu près tout, non ?

    Ces échelles sont donc "générales" en ce qui concerne l'intelligence scolaire et académique. Mais est-ce que tout doit toujours tourner autour de ces domaines ?... C'est peut-être ça aussi, notre problème actuel : tout focaliser sur la réussite scolaire, la performance dans les apprentissages et au travail. Nous avons peu à peu instauré comme évidence culturelle (c'est palpable dans cette interview je trouve) qu'avoir une "bonne vie", c'est réussir ses apprentissages. La notion de mérite, toujours aussi boiteuse mais toujours aussi appréciée, s'y invite parfois, d'ailleurs.
    Dans ce contexte, la "course au QI" est bien naturelle, c'en est même une conséquence logique.

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      La capacité à s'adapter est l'une des nombreuses définitions populaires de l'intelligence, rien de plus. La seule définition scientifique est celle de l'intelligence générale, à savoir le facteur statistique commun à travers toutes les fonctions cognitives (y compris la capacité à s'adapter, si vous savez la mesurer). Cette intelligence générale, prédit très bien la réussite scolaire, mais aussi la performance dans l'emploi (dans tous les métiers), et dans une moindre mesure la santé, les accidents, l'espérance de vie, la criminalité. Les tests ne se réduisent pas du tout à des capacités scolaires.
      En revanche, personne ne prétend définir ce qu'est une "bonne vie" à partir de l'intelligence ou de la réussite scolaire.

      • LG Répondre | Permalink

        Pour ma part, je n'ai jamais été très satisfait, non plus, par cette définition de l'intelligence qui caractériserait la faculté d'adaptation à des situations nouvelles (l'intelligence peut aussi servir à optimiser l'action dans des situations connues, il me semble). Elle est très réductrice, tout comme celle qui la cantonnerait aux réussites scolaire et professionnelle.
        Ne pourrait-on pas plutôt partir de la proposition plus générale de H. Laborit: "un cerveau, ça sert à agir." ? Et de là, déduire que l'intelligence générale, telle qu'on la mesure, est tout simplement corrélée à la 'performance' de cette action sur l'environnement, en terme de coût/bénéfice pour la survie et le bien-être de celui qui agit ? Ca parait tellement logique.
        Cette définition aurait le mérite d'englober tous types d'interactions avec l'environnement, et permettrait justement d'éviter les écueils qui consistent à penser que l'intelligence n'est qu'une faculté réservée à la réussite scolaire et professionnelle (qui n'en sont que des conséquences mécaniques). Elle permettrait aussi de répondre à Zap : oui , la mesure d'une intelligence supérieure est corrélée à la perspective d'avoir une 'meilleure vie' que son voisin moins bien doté , quelque soit le choix de vie (considérant que toutes choses étant égales par ailleurs)...puisque c'est la fonction même de cette capacité. Vu de ma fenêtre en tout cas 🙂

        • Franck Ramus Répondre | Permalink

          Le problème de définir l'intelligence à partir d'une petite phrase, c'est que chacun a la sienne, et qu'il n'y a pas de critère objectif pour les départager. Si on cherchait à opérationnaliser rigoureusement la définition de Laborit, on serait sans doute conduit à conclure que les paralytiques ne peuvent pas être intelligents. Moi je pourrais dire "le cerveau, ça sert à se reproduire", ce qui d'un point de vue évolutionnaire est encore plus justifié que la phrase de Laborit. Ca vous entrainerait peut-être vers d'autres pistes.
          La notion d'intelligence générale qui a émergé de la découverte du facteur g par Spearman est la seule qui fasse consensus scientifique.

          • LG | Permalink

            Vous ne devez pas beaucoup aimer Laborit pour parvenir à lui faire dire que « les paralytiques ne peuvent pas être intelligents ». Par quel miracle parvenez-vous à cette exégèse ? Car s’il l’on s’en tient à ce qu’il dit stricto sensu (qu’on peut tout simplement paraphraser en « Le cerveau est au service de l’action, du point de vue évolutionnaire »), on peut juste déduire que pour un animal qui n’aurait plus aucune capacité d’agir (y compris celle de communiquer), le cerveau ne servirait plus à grand-chose. C’est tout. Ça parait terriblement logique vu qu’un animal atteint de cette incapacité serait voué à une mort certaine et rapide dans l’écrasante majorité du règne animal. Au mieux, dans la société des hommes, cet animal devrait céder 100% de sa survie au bon vouloir d’autrui (Locked –in syndrome, par exemple).
            Mais je ne vois surtout pas pourquoi vous opposez cette « petite » phrase de Laborit (qui m’apparait plus comme une banalité qu’une « énième » tentative de définition originale) à la notion d’intelligence telle qu’admise aujourd’hui, puisque son propos ne prétend pas tenter d’expliquer ce qu’EST l’intelligence mais ce à quoi elle SERT, très pragmatiquement, du point de vue de l’évolution.
            Car, pour le profane, c’est bien cela qui manque cruellement à la définition scientifique actuelle de l’intelligence, qui se recroqueville comme vous le soulignez sur un facteur G abstrait et des mesures de capacités mentales effectuées en laboratoire. A quoi SERT globalement cette intelligence dans la « vraie vie » pour l’animal qui n’est mû que par une seule « finalité »: continuer d’exister dans les meilleures conditions possibles ? (et ce avant même de chercher à se reproduire, mais c’est un autre débat).
            N’est-il pas grand temps que nos connaissances sur l’intelligence, même imparfaites et partielles, soient injectées dans le domaine de la sociologie, notamment, afin de proposer un éclairage nouveau sur les rapports de domination qu’on y trouve ? …ou devrons nous, en raison de la frilosité des scientifiques, nous contenter de Bourdieu jusqu’à la fin des temps ?

          • Franck Ramus | Permalink

            Je n'ai rien contre Laborit, mon propos était juste de dire que les petites phrases qui visent à énoncer en quelques mots une grande vérité générale ne valent pas grand-chose, on peut en imaginer une infinité et on peut leur faire dire ce qu'on veut. Ce n'est pas comme ça que l'on procède pour définir les concepts scientifiques.
            Bien sûr, dans un sens, c'est une trivialité de dire que le cerveau (chez toutes les espèces qui en ont un) sert à agir, à percevoir, à survivre, à se reproduire. Mais c'est une banalité qui n'avance pas à grand-chose et qui a divers inconvénients.
            Un premier inconvénient est de suggérer implicitement un finalisme (une intention de servir à quelque chose). Je me doute que Laborit ne croyait pas cela, mais les lecteurs de sa phrase, eux, peuvent être conduits à le croire. Or bien sûr le cerveau ne sert à rien, la version du cerveau que nous possédons a été sélectionnée au cours de notre évolution en vertu du fait qu'elle a permis à nos ancêtres de plus se reproduire que ceux qui possédaient une autre version du cerveau, c'est tout.
            Un deuxième inconvénient est de suggérer que le cerveau entier serait l'unité d'analyse pertinente, et qu'il aurait été sélectionné pour une seule chose (qui serait donc nécessairement "l'Intelligence"). Or le cerveau n'a pas été sélectionné en tant que tel, c'est chaque brique génétique, moléculaire, cellulaire, cognitive, qui a été sélectionnée et adaptée de multiples fois, et ce en partie de manière indépendante des autres briques. Ainsi il y a un sens dans lequel on peut dire que l'oeil et le cortex visuel (ses cellules, son architecture...) ont été sélectionnés pour "voir" (pour nous donner des informations électromagnétiques sur le monde), et de même pour une multitude d'autres composants du cerveau. Mais cela ne donne pas nécessairement une fonction unique à l'ensemble.
            Si l'on transpose cela au niveau cognitif, de nombreuses fonctions cognitives ont été sélectionnées car chacune a permis à nos ancêtres de mieux se reproduire. Il ne s'ensuit pas que l'intelligence en tant que telle serait une fonction particulière qui aurait été sélectionnée en tant que telle. D'après la compréhension scientifique que l'on a de l'intelligence générale, c'est juste une propriété émergente de l'ensemble de nos fonctions cognitives: elle n'a pas été sélectionnée, elle existe parce qu'elle résulte de l'ensemble des fonctions cognitives (et de leurs composants cérébraux) qui, elles, ont été sélectionnées. Dans cette logique, la question même "à quoi sert l'intelligence?" n'est pas une question bien posée.
            Si vous voulez avoir l'argument complet, vous pouvez vous reporter à ces articles:
            http://www.lscp.net/persons/ramus/docs/C&P12intelligence.pdf
            http://www.lscp.net/persons/ramus/docs/BBS17.pdf

          • LG | Permalink

            Même si je concède que l’emploi de certaines formulations telles que « servir à… » peuvent prêter à confusion, j’ai la faiblesse de penser que les lecteurs de Laborit ou de votre blog ne vont pas pour autant tomber dans le piège téléologique. J’avais quand même pris la précaution de reformuler en « le cerveau est au service de… » dans mon commentaire, qui me paraissait un peu plus neutre en la matière.
            Je suis bien conscient aussi (notamment après la lecture des textes vers lesquels vous me renvoyez) que l’intelligence n’est pas monolithique mais émerge plutôt d’un ensemble complexe de « briques », produisant des effets qui s’enchevêtrent fonctionnellement (ce qui semblerait expliquer les corrélations constatées entre différents domaines de capacités mentales). Et Laborit devait en être tout aussi conscient.
            Quoiqu’il en soit mon commentaire ne visait évidemment pas à affirmer que la citation de Laborit proposait la meilleure définition de l’intelligence qui soit, loin de là. Mais, bien qu’imprécise, cette définition a au moins le mérite de placer l’intelligence dans le seul paradigme qui ait du « sens » à mon humble avis : celui d’un ensemble de fonctions améliorant l’efficacité des réponses d’un organisme dans son rapport avec l’environnement, augmentant ainsi ses chances de survivre et de se reproduire. Et c’est en cela que la définition actuelle de l’intelligence me parait incomplète. Peut-être en raison d’un manque d’interdisciplinarité ?
            Merci en tout cas d’avoir précisé votre pensée….

      • Zap Répondre | Permalink

        Chacun a sa définition de l'intelligence et c'est justement une part du problème : le public et une partie des professionnels mettent beaucoup plus derrière la définition que la simple proposition des tests.

        Ensuite, les corrélations que vous proposez sont éminemment positives ! Performance, meilleure santé, etc. Même si vous refusez de parler de "bonne vie", ça commence à sacrément y ressembler. Disons que personne n'est dupe...! et dans ce cas cette fameuse course au QI est bien normale : chacun souhaite de telles perspectives pour son enfant. D'autant que le QI étant en partie héritable et en parte lié à l'environnement, notamment familial, c'est extrêmement valorisant pour l'entourage aussi.
        Je pense que la psychométrie actuelle a tendance à entretenir certains mythes autour de l'intelligence, de la réussite, de l'élite.

        Par exemple : vous dites que la définition scientifique inclut la capacité à s'adapter. Il me semble par contre que celle-ci n'est pas mesurée directement par les tests, mais seulement dans une perspective clinique. Bref, les tests ne mesurent qu'une partie (en général très représentative, certes) de ce qu'ils cherchent à embrasser. Et laissent un peu le public croire à leur exhaustivité.

  8. Taki Répondre | Permalink

    J'ai toujours eu l'impression qu'il y avait un gros biais dans ces tests de QI :
    Ne pensez vous pas qu'on peut progresser en s’entraînant à en passer pour améliorer le score ? Si la réponse est oui, considéreriez vous réellement qu'on aurait augmentée notre intelligence du niveau de changement de score indiqué ?

    • Cedrick Bellissens Répondre | Permalink

      Certains subtests sont sensibles à un effet d'apprentissage plus fortement que d'autres, en particulier, les tests de langage. Si une personne s’entraînait elle obtiendrait un QI élevé. Néanmoins, on ne pourrait pas considérer que l’intelligence de la personne a augmenté. Pour connaitre son "score vrai" il faudrait passer une batterie différente.

      A ma connaissance, dans les conditions de protection actuelles des batteries de tests (vous ne pouvez vous procurer les tests qu'en fournissant certains documents, dont votre diplôme) les seules personnes susceptibles de connaitre parfaitement les réponses aux tests de la WISC, par exemple, sont les psychologues ou les médecins qui les font passer.

      • Thierry Répondre | Permalink

        Je suis plus sensible a d autres biais, particulierement sur les hauts qi. 1/ les limites de l'etalonnage (1100 personnes me parait bien trop bas), 2/ le principe (simpliste?) de la courbe de gauss, 3/ l' etat de forme du testé et encore plus du testeur....
        Je ne remet pas en cause le test en lui meme, je suis convaincu. Je remet en cause le "score". Des categories ( 5, voire 7 pour les plus de 155 et moins de 45...) me paraitrait plus simple, plus credible et plus efficace. Il est sans doute vrai que le professionnel utilise le resultat pour ce qu' il est, une tendance, mais notre rapport aux nombres etant ce qu'il est (19,99 euros) il me paraitrait plus efficace de ne pas l'exprimer.

        Monsieur Ramus, connaissez-vous le site" QI et intelligence humaine"? Manquerais-je des deux si je dis qu'il s agit d'un ramassis d'insanités? (N' hesitez pas a supprimer mon message si la seule evocation de ce site est deja lui accorder trop d'importance.)

        • Franck Ramus Répondre | Permalink

          1) on pourrait toujours faire mieux pour l'étalonnage, cela dit il faut garder en tête que la précision du test lui-même est nécessairement limitée (3-4 points de QI de marge d'erreur), par conséquent il n'y aurait pas de sens à établir (à grand frais) des normes dont la précision excèdent de beaucoup celle du test.
          2) C'est avant tout une constatation empirique que les scores de QI sont distribués de manière gaussienne. Evidemment, il y a de légères déviations par rapport à la normalité la plus stricte. Mais la courbe de Gauss est une bonne approximation de la réalité (et a des avantages mathématiques certains).
          3) Bien sûr, une partie de l'incertitude de la mesure est due à des facteurs de performance temporaire du testé ou du testeur. C'est pour cela que les psychologues sont normalement formés à prendre en compte de tels facteurs de performance, et à adapter la passation du test à l'état du sujet, et à si nécessaire à fractionner ou reporter le test.

        • Franck Ramus Répondre | Permalink

          Concernant votre suggestion de catégories, j'ai du mal à voir l'intérêt.
          Les tests sont des outils de mesures qui ont nécessairement une précision limitée. Pour éviter le fétichisme du chiffre, on pourrait recommander d'assortir tout score d'une marge d'erreur ou intervalle de confiance. En revanche, dégrader volontairement la précision des scores me paraitrait contre-productif.

        • Franck Ramus Répondre | Permalink

          Effectivement, le site que vous mentionnez est peu fiable, malgré ses prétentions de dire ce qu'est le consensus scientifique. J'en parlerai dans un prochain article.

          • LG | Permalink

            A l'instar de Thierry, qui pose la question sans la poser , tout en se bouchant le nez, je serais aussi intéressé par un point de vue scientifique raisonnable et actualisé sur ce genre de sites, qui s'appuient essentiellement, il me semble, sur la "global bell curve" de Lynn.Ca vous fait déjà deux futurs lecteurs...

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Oui, bien sûr, on peut améliorer son score de QI sans augmenter son intelligence, en s'entrainant aux tests. C'est pour cela que les tests sont protégés, pour éviter que les gens s'entrainent.
      Après, si on s'entraine pour passer un test de QI, cela veut dire que l'on ne souhaite pas connaître (ou révéler) son véritable niveau d'intelligence générale, on veut le gonfler artificiellement. Cela vide entièrement le test de son intérêt.

      • Franck Ramus Répondre | Permalink

        J'ajoute cette méta-analyse, qui quantifie l'effet de l'entrainement aux tests: 0.26 en moyenne, soit environ 4 points de QI. Bref, c'est pas miraculeux non plus.
        Si l'on bénéficie d'un coaching spécialisé, on peut monter jusqu'à 0.7, soit 10 points de QI.

  9. Thierry Répondre | Permalink

    Pour repondre a LG, je ne me bouche le nez que face a l'evidende irationnalité du site. Par exemple, l'affirmation d' un lien entre taille du cerveau et intelligence me semble largement suffisant pour le discrediter. Pour le reste, je n'ai ni le niveau, ni la pretention pour m'opposer a ce qui est, a l'evidence, un pastis pseudo scientifique de ponsifs d' un ( ou deux) autres siecles.

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Il y a bien des bêtises sur ce site, néanmoins tout ce qui y est écrit n'est pas nécessairement faux. En l'occurrence, la corrélation entre QI et volume cérébral est bien établie depuis longtemps et par des dizaines d'études convergentes. Voici la dernière méta-analyse en date, qui donne la corrélation à 0.24:

      Pietschnig, J., Penke, L., Wicherts, J. M., Zeiler, M., & Voracek, M. (2015). Meta-analysis of associations between human brain volume and intelligence differences: How strong are they and what do they mean? Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 57, 411–432. https://doi.org/10.1016/j.neubiorev.2015.09.017

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