Le QI, « c’est n’importe quoi ». Oui, mais encore?

A force de m'user les doigts sur ce blog, les blogs des autres, et sur facebook, j'ai fait une grande découverte: dès que l'on écrit le mot "Q.I." quelque part sur internet, on voit rapidement débarquer tout un cortège de gens qui déclarent "m'enfin vous savez pas? le QI c'est n'importe quoi!". Et vous, qu'en pensez-vous?

Si on a l'esprit joueur, on peut poser à ces personnes les questions suivantes (posez-les vous):

  • Est-ce que vous avez déjà, ne serait-ce que vu, en vrai, une batterie de tests de QI (je ne parle pas des tests bidons sur internet)?
  • Est-ce que vous avez déjà lu ne serait-ce qu'un article, parmi les dizaines de milliers d'articles de recherche qui ont été publiés sur le sujet depuis un siècle?
  • Pourriez-vous nommer, ne serait-ce qu'une théorie scientifique de l'intelligence (autre que la théorie bidon des intelligences multiples de Howard Gardner)?
  • Savez-vous ce qu'est le facteur g, et quelles sont les observations à l'appui de cette notion?

Évidemment, à ce stade de la discussion, il n'y a plus personne. N'est-il pas étonnant que des personnes qui n'ont strictement aucune connaissance sur l'intelligence humaine aient malgré tout une opinion si tranchée sur le sujet? Et vous, pourquoi croyez-vous que "le QI c'est n'importe quoi"? Sans doute parce que vous avez entendu répéter cette affirmation maintes fois, par des personnes qui semblaient bien informées, dignes de confiance et bien intentionnées, par des personnes auxquelles vous vous sentiez affiliées, et qui vous disaient des choses que vous aviez envie de croire. Voici une bonne occasion de prendre conscience que ce ne sont pas là des conditions suffisantes pour croire ce que les gens vous disent.

Pour les personnes qui souhaitent sincèrement avoir des éléments de réponse à ces questions, j'ai en fait déjà écrit un article. Dans cet article, j'ai évoqué notamment la question de savoir si le QI couvre l'ensemble des facultés intellectuelles, et si on pouvait l'identifier à une fonction cognitive ou cérébrale unique. Ici, je m'attacherai plutôt à répondre à la question de savoir si le QI est une mesure réductrice ("on ne peut pas réduire l'être humain à un nombre") et si elle est fiable. Vous pouvez également écouter une conférence d'une heure qui reprend tout cela et bien plus.

Pour mieux comprendre ce qu'est le QI et lui retirer son aura de nombre magique et mystérieux, je propose ce petit résumé: un score de QI, c'est simplement une moyenne des performances des principales fonctions cognitives de l'individu.

Je parle bien entendu des tests d'intelligence basés sur toute une batterie de tests variés (une dizaine en général), comme la batterie de Wechsler, qui est la plus utilisée dans le monde. Le score de QI, c'est une moyenne des scores obtenus dans tous ces tests. N'est-ce pas réducteur? Si, c'est réducteur, dans le sens où un seul nombre contient nécessairement moins d'information que 10 nombres. Mais ce n'est pas parce qu'il y a moins d'information dans une moyenne que dans l'ensemble des scores, que cette moyenne est sans valeur.

Faisons une comparaison scolaire: dans tous les collèges et lycées, à chaque fin de trimestre, dans tous les examens, du brevet des collèges au master, on calcule des moyennes (pondérées ou pas) des notes d'un élève. Évidemment, la moyenne générale est réductrice par rapport à toutes les notes de l'élève. En fait, cela dépend. Si l'élève a des notes homogènes dans toutes les matières, elle n'est pas réductrice du tout, elle reflète fidèlement les notes obtenues dans chaque matière. Si en revanche l'élève a des notes très hétérogènes, il est bien évident que sa moyenne générale ne reflète pas cette hétérogénéité. Néanmoins il ne viendrait à l'esprit de personne de dire que cette moyenne générale est "n'importe quoi". Elle reflète simplement une performance moyenne à travers différentes matières, tout le monde comprend ce que ça veut dire, et les limites de ce qu'on peut en conclure.

Il en est exactement de même pour le QI. Ce score a les mêmes qualités et les mêmes défauts que la moyenne générale à l'école et dans les examens. En vérité, l'aspect réducteur de la moyenne n'est même pas si grave qu'on ne se l'imagine, du fait que les scores ne sont pas indépendants les uns des autres, mais sont corrélés positivement (voir l'explication du facteur g dans mon article).

Je n'ai pas ici considéré toutes les critiques que l'on peut faire aux scores de QI. Je n'ai couvert que l'aspect réducteur. Pour d'autres critiques, je renvoie à mon article.

Je termine en montrant cette figure que j'aime beaucoup. Elle représente les scores de QI de 500 écossais nés en 1921, ayant passé un test de QI une première fois en 1932 à l'âge de 11 ans, puis (ceux qui étaient encore en vie) une seconde fois en 2000 à l'âge de 80 ans. La corrélation corrigée* entre les deux scores est 0.73.

iq
Scores de QI mesurés à 11 ans et à 80 ans de la cohorte de naissance écossaise de 1921.
Source: Deary, I. J., Whiteman, M. C., Starr, J. M., Whalley, L. J., & Fox, H. C. (2004). The impact of childhood intelligence on later life: following up the Scottish mental surveys of 1932 and 1947. Journal of Personality and Social Psychology, 86(1), 130.

Pour un score qui reflète "n'importe quoi", force est de constater que c'est un n'importe quoi qui est remarquablement stable dans le temps. Je n'ai d'ailleurs pas en tête une autre mesure anthropométrique qui aurait une aussi grande stabilité dans le temps. La taille de l'individu serait le meilleur candidat, mais à condition de la mesurer à 16 ans, car à 11 ans elle est sujette à des variations qui ne reflètent pas nécessairement la taille définitive.

Dans mon article sur l'intelligence, je faisais remarquer que les tests d'intelligence ne sont qu'un instrument de mesure, et que comme tout instrument de mesure, ils ont une précision et une fiabilité limitées. Ce graphe montre, que malgré tout, un instrument qui est capable de répliquer une mesure sur un être humain à 69 ans d'écart à ce niveau de fiabilité ne peut être que digne d'intérêt.


* Pour les lecteurs versés dans la statistique, la corrélation est corrigé pour la restriction de variance, qui est due d'une part à l'attrition due à ceux qui sont morts avant 80 ans, et qui touche plus fortement les faibles QI, et d'autre part au léger tassement des QI élevés dû au déclin cognitif.


29 commentaires pour “Le QI, « c’est n’importe quoi ». Oui, mais encore?”

  1. Ghislaine Répondre | Permalink

    Du coup, on pourrait aussi souligner que la moyenne n'a pas que des défauts : c'est grâce à cette combinaison que la fiabilité du QI total (et donc sa validité prédictive) est si bonne, et notamment meilleure que celle des indices sous-jacents.
    D'où la position de certains chercheurs, comme Watkins, qui considèrent que seul le QI total est assez fiable comme base d'interprétations cliniques.

    Par contre, je me suis toujours demandé pourquoi le calcul du QI total était fait par simple somme des scores aux différents sous-tests, sans pondération variable selon leur charge en facteur g. Voire pourquoi on n'estimait pas les scores latents des facteurs du modèle CHC, plutôt que de calculer des scores composites qui mélangent l'influence de plusieurs facteurs.
    Sans doute pour des questions de facilité des calculs. Cela changera peut-être avec la place croissante de l'informatique dans le calcul des scores.

    • Miloslav BILIK Répondre | Permalink

      Bonjour,
      J'ai pour mon mémoire de psychiatrie écrit un programme informatique testant des éléments de mémoire implicite, ce qui m'a amené forcément à lire sur la psychométrie.
      Honnêtement, je n'ai jamais bien compris quelle étaient les prédictions pouvant être faites avec des tests de QI comme le WAIS, que ce soit en clinique, ou plus généralement.
      Je lis que Binet créait son test quand il étudiait des élèves en difficulté scolaire, pour leur permettre une scolarité adaptée, ce qui implique que son test pouvait être mis en relation avec l'échec scolaire; mais on comprend bien que la notion de difficultés scolaires actuelles est liée à des difficultés scolaires futures.
      Donc si vous pouviez, ou l'auteur de ce blog, m'expliquer l'intérêt des tests de QI pour prédire quelque chose, sans ironie aucune, je serais content d'être informé
      Bien cordialement,
      Milos

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Je ne me souviens pas avoir jamais lu un article écrit par un chercheur de cette notoriété qui soit aussi grotesque et outrancier. Il illustre tout ce que je m'efforce d'éviter: donner son opinion sur un sujet qu'on ne maîtrise pas, à grand renfort de rhétorique et d'arguments moisis, sans jamais considérer d'hypothèse alternative, en prenant pour des idiots (et même en insultant explicitement) tous ceux qui ont un point de vue différent. Une espèce de syndrome du prix Nobel, mais dans une forme hyper-caricaturale (chez quelqu'un qui ne l'a pas eu mais qui considère sans doute qu'il est bien au-dessus de cela, car le Nobel ça doit être pour les crétins à haut QI).
      Il est d'ailleurs frappant que ce qui ressort le plus de cet article, ce ne sont pas les arguments, mais la haine ou le mépris que l'auteur semble éprouver pour 90% de la population! Du pain béni pour son psychanalyste.

  2. Birigarro Répondre | Permalink

    Bonjour Monsieur Ramus,
    Je souhaitais vous faire part de mon témoignage, ne sachant où vous le poster, j'ai choisi cet article de votre blog, qui me semblait être le plus synthétique de ce dont je souhaite vous parler.
    Bien sûr je ne suis pas LA référence, pourtant j'ai l'outrecuidance de penser que mon témoignage peut interroger sur le basculement, plus d'un côté que de l'autre, pour déterminer l'origine entre l'acquis et l'inné, des structures cognitives, sur lesquelles vous avez travaillé et dont vous nous faites parts.
    Je ne vous présenterais pas ici un catalogue de mes présomptions, hypothèses et conclusions, sachez que j'y ai longuement réfléchis et que je crois avoir soupesé toutes les réfutations et doutes qui pourrait être émis à l'encontre de mon expérience personnelle.
    En premier lieu, je suis hpi ( en fait hqi puisque le chiffre compte tout de même ) évalué à partir du WAIS IV effectué par une psychologue.
    Mes souvenirs sont clairs et j'ai des preuves indirectes ( les preuves directes existent peut-être encore 55 ans plus tard ) de ce que ma mémoire et mes capacité cognitives (naissantes) existaient (inné) bien avant tout apprentissage et imprégnation trop forte d'une quelconque éducation ( acquis). Je suis ( mon cerveau est) le survivant d'une tentative d'éradication de ma pensée orchestrée depuis mon plus jeune âge (avant un an) par mon père. C'est encore un argument en faveur de l'inné.
    Ma mère qui fût le témoin impuissant de cette puissante opération de destruction systématique de mes capacités intellectuelles, m'a confirmé récemment ce que je ne savais que de moi-même. Les seules apports de l'acquis, sont ceux qui me sont parvenus lors de fenêtres d'accès que je me suis souvent moi même-ouvertes. A part l'école bien sûr qui pourtant ne fût pour moi qu'un moment ou je ne laissais cours qu'avec parcimonie à mes aspirations. En fait la seule part de l'acquis à mon développement cognitif est celui vers lequel l'inné m'envoyait. Certes la culture générale à laquelle il est fait appel dans le test WAIS, c'est de l'acquis. Seulement possible pour ma part grâce aux structures préexistante et résistantes à l'effacement ordonné par mon milieu et par moi-même plus tard.
    Alors ma question est, comment vraiment est déterminé et attribué ce 40 % du à l'acquis ? Par rapport à quoi ?
    A la personne passant ce test ou la à proportion de la culture dans le test ?

    Merci (égoïste) pour vos documents, qui me permettent de clarifier et ordonner la bouillie qu'était devenue ma pensée avant le test.

  3. Julien P. Répondre | Permalink

    1) Prenons deux élèves, ainsi que (schématiquement), deux matières principales. En fin d'année, l'un obtient les notes 5/10 et 5/10 et le second 0/10 et 10/10. Au regard de la moyenne générale, les deux élèves sont identiques. Pourtant, leurs performances sont totalement différentes!

    Ainsi, pris sans contexte (sans une association d'autres indicateurs) et sans l'oeil de l'expert qui interprète l'ensemble des résultats, le QI est un indicateur très pauvre et parfois "n'importe quoi".

    2) La première partie de votre article dont l'aboutissement est "à ce stade de la discussion, il n'y a plus personne" est un argument fallacieux qui dessert votre propos.

    3) En ce qui concerne le facteur g, je n'ai plus le temps de développer. Je vous renvoie à une recherche Google, et vous offre un résumé, me semble-t-il représentatif, présent sur Wikipédia: "le facteur g est beaucoup remis en cause"

    Conclusion: le QI est un indicateur, parmi d'autres. Il est tantôt imprécis, mais extrêmement utile, tantôt "n'importe quoi" et peu pertinent. Il doit toujours être interprété et combiner à d'autres informations pour lui donner du sens.

    • Nicolas P Répondre | Permalink

      On peut d'ailleurs noter sur le principe de faire une moyenne générale des notes des élèves dans toutes les matières que c'est un fonctionnement franco-français appliqué dans très peu de systèmes scolaires. Discutez avec des gens d'autres pays et vous verrez vite qu'ils ne comprennent meme pas que l'on puisse faire cela et quel sens cela peut bien avoir pour évaluer un élève...

      • Franck Ramus Répondre | Permalink

        Ce genre d'affirmation serait plus facile à accepter s'il était accompagné de données crédibles. Car ma connaissance des systèmes scolaires de différents pays me suggère le contraire: tous ceux que je connais calculent des moyennes, au moins pour certains usages.

  4. Laura Répondre | Permalink

    Bonjour Monsieur Ramus !
    Je viens de lire à la suite votre article sur la carte du QI puis celui ci, et une question me grignote la tête. Dans le premier texte vous mentionnez la méta-analyse de Ritchie indiquant que chaque année d'éducation peut faire progresser le QI de 3 points, tandis que dans celui ci vous parlez de l'expérience sur les 500 écossais, qui montre une stabilité forte dans le temps. Tous ces écoliers ont ils donc arrêté l'école à 11 ans, ou ai-je manqué quelque chose ? Merci !

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Lorsque l'on passe des tests, on obtient d'abord un score brut, qui reflète une performance absolue. Bien entendu, pendant l'enfance, les performances augmentent et donc les scores bruts aussi.
      Ces scores bruts sont convertis en scores de QI standardisés à chaque âge pour que la moyenne des enfants soit à 100 (et l'écart-type à 15). Ce qui est stable au cours de la vie, c'est ce score standardisé, qui situe la personne relativement aux personnes de même âge.
      Chaque année de scolarité fait progresser les scores bruts dans les tests d'intelligence, d'une quantité équivalente à 3 points sur l'échelle standardisée.
      Voyez l'image ici qui montre l'évolution des scores bruts au cours de la vie. Les scores standardisés, eux, reflètent l'écart de chaque individu à la ligne rouge au même âge.

  5. Vlad Répondre | Permalink

    Bonjour Ramus,
    Une de mes connaissances proches a passé deux tests de QI à deux jours d'intervalle par méfiance pour cette pratique, et son résultat a différé d'une vingtaine de points... On est loin de la stabilité à 70 ans présentée dans l'article !

    Il est vrai qu'il s'est dans l'intervalle beaucoup entraîné avec son père sur des tests type. Toujours est-il que le QI est une mesure autant de l'intelligence que de l'habitude de ce genre de test.
    Les articles comme celui-ci qui en font la promotion me donnent froid dans le dos lorsque je vois certains proposer de remplacer les concours d'entrée aux grandes écoles par des tests de qi effectués dans l'enfance...

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      On peut s'entrainer à tout test et améliorer son score sans pour autant augmenter son intelligence. C'est trivial et il n'y a aucune conclusion à en tirer. Les tests d'intelligence sont des instruments de mesure qui ont des conditions d'utilisation et de validité, qui excluent bien sûr l'entrainement au test et même deux passations successives dans un intervalle de moins d'un an. C'est comme pour tout instrument de mesure: un thermomètre, ça se lit à l'ombre et sans mettre le doigt dessus, sinon on obtient n'importe quoi.

      Au passage, de nombreuses études ont déjà examiné l'effet de l'entrainement au test. Une méta-analyse de ces études suggèrent que l'effet moyen d'entrainement est 0.26, soit 4 points de QI.
      Hausknecht, J. P., Halpert, J. A., Di Paolo, N. T., & Moriarty Gerrard, M. O. (2007). Retesting in selection: A meta-analysis of coaching and practice effects for tests of cognitive ability. Journal of Applied Psychology, 92(2), 373–385. https://doi.org/10.1037/0021-9010.92.2.373

  6. PsyEN Répondre | Permalink

    Votre raisonnement consiste à dire : vous prenez deux élèves de terminale de même niveau, l'un passe le bac sans connaître les sujets à l'avance, et l'autre en connaissant les sujets à l'avance. Vous constatez que les notes du second sont bien meilleures que celles du premier. Et vous concluez : le bac n'est pas du tout fiable. Ce qui me fait "froid dans le dos", c'est que vous prétendez opposer un raisonnement qui n'a aucune rigueur à des études sérieuses.

  7. natsu Répondre | Permalink

    Chalut doc' 🙂

    Géniale votre conf' (y)

    Entre 1000 questions : est-t-il possible d'évaluer l'impact d'un environnement familial hyper toxique (hors sécurité sanitaire, nutrition inclue mais "malade" en dépit des analyses bio) sur le développement d'un bébé hqi ?

    Merci

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Merci.
      Tout dépend de ce que vous appelez un "environnement familial toxique". C'est une expression qu'on voit dans les médias et la psychologie populaire, pas dans les études scientifiques (un peu comme les "pervers narcissiques"). Il existe des études évaluant l'effet de la maltraitance des enfants sur leur QI. L'étude de Koenen (2003), contrôlant les facteurs génétiques, suggère que les violences familiales peuvent induire une perte de QI de 1 à 8 points selon la sévérité de la violence. Celle de Jaffee (2011) montre qu'une maltraitance chronique et sévère pendant les premières années de vie est associée à une perte de QI de 0.16 écart-type, soit environ 2 points.
      1 à 8 points, ça donne une fourchette plausible de l'effet de la maltraitance. Dans le cas de problèmes familiaux moins sévères, qui ne relèvent pas de la violence ou de la maltraitance, on peut imaginer que les effets sur le QI sont plus faibles.

      Koenen, K. C., Moffitt, T. E., Caspi, A., Taylor, A., & Purcell, S. (2003). Domestic violence is associated with environmental suppression of IQ in young children. Development and Psychopathology, 15(2), 297‑311. https://doi.org/10.1017/S0954579403000166
      Jaffee, S. R., & Maikovich‐Fong, A. K. (2011). Effects of chronic maltreatment and maltreatment timing on children’s behavior and cognitive abilities. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 52(2), 184‑194. https://doi.org/10.1111/j.1469-7610.2010.02304.x

      • natsu Répondre | Permalink

        Chalut doc 🙂

        Merci d'avoir pris le temps de me répondre, j'aurais du précisé l'angle qui m’intéresse, depuis le temps que ça me titille...
        Vitesse Vs précipitation + synthèse : bingo, vous n'imaginez pas ce que votre conf' à réactivé

        J'ai jamais trouvé d'élément indiquant si l'évolution de cette prédisposition à l'hypersensibilité à été investiguée.

        Petite illustration : lors du test passé à 12 ans à l'initiative (suggérée ?) du parent à minima qi+ (?, l'autre 1000% exclu), la psy à été très surprise et incapable de gérer la surexcitation en 2 étapes que les p'tits cubes ont fini par provoquer.
        En prenant conscience de cette forme de stimulation, ça à instantanément déclenché un ascenseur émotionnel positif comme j'en avais jamais vécu. Wouah quel trip, pas du tout compatible avec une épreuve chronométrée par contre 🙂
        A ce niveau mon référentiel connu c'était la sidération & autres joyeusetés de la gamme, c'est pas du tout la même ambiance, seule la temporalité du basculement d'un état à l'autre est comparable.
        Cette 1ère évaluation 50 pts au dessus de mon aînée si beurk humainement, m'à très tôt convaincue qu'en perdre ça pouvait que m'aider : j'ai testé, max 1/4 du résultat attendu

        "l'environnement familial hyper toxique" pardon, mon langage d'autodidacte est directement en rapport avec le fonctionnement très axé "cohérence". Pas besoin d'expliquer l'importance d'une communication efficace qui nécessite des outils ultras précis, ni les dégâts provoqués quand elle n'est pas "vraie" : Le fond Vs la forme à l'image des novlangues délibérément manipulatrices #1984 n'était pas un mode d'emploi 🙁

        J'ai une petite parabole karmique pour définir son niveau, il à été aussi généreux en qi qu'en galères : On est sur du high level clairement trop humour noir à presque temps plein.

        Apparemment, mon chemin de vie est d'être aussi souvent isolée que régulièrement dans les extrêmes, cercle vicieux s'il en est puisque mon passé m'à privée de l'élément de base pour en sortir ni permis de créer les conditions pour l'obtenir depuis. La suite n'étant pas vraiment plus sympa que le départ maintenant un appui constant sur le principal nœud du problème... étiquetée "inapte" par la CPAM of course.
        Les boucles de rétroactions de notre avenir écologique probable, c'est 2/3 de ma vie mode "dépression profonde chronique" des cycles auto-alimentés ou seule l'intensité varie, pas la tendance à long terme.

        Si rien n'à été produit sur ce sujet, cette question retournera auprès de toutes celles en stand-by
        Cette récurrence est particulièrement pénible

    • QSC Répondre | Permalink

      Bonjour.
      Voici quelques études en lien avec votre question :

      "Executive functioning: Developmental consequences on adolescents with histories of maltreatment"
      https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/bjdp.12041

      comparaison QI groupe maltraité-non maltraité issu de l'étude ci dessus.
      https://image.noelshack.com/fichiers/2020/14/6/1586027604-tableau.png

      "Effects of Early Life Stress on Cognitive and Affective Function: An Integrated Review of Human Literature"
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3050094/

      “The Biological Effects of Childhood Trauma”
      https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3968319/

      • natsu Répondre | Permalink

        Merci QSC 🙂

        Mes préoccupations étant uniquement axées sur l'hyper sensibilité émotionnelle, après avoir eu connaissance des infos des liens 3 & 4, j'ai éprouvé ma plasticité neuronale avec des séances d'EMDR (1/sem pdt 8 mois)

        Faut croire que j'ai pas réussi à suffisamment m'extraire du contexte qu'était pas sain

    • F68.10 Répondre | Permalink

      @ natsu

      ""malade" en dépit des analyses bio"

      Qu'appelez-vous ""malade" en dépit des analyse bio"? Si les analyses bio sont négatives, qui affirme que le chiard est malade?

      "le développement d'un bébé hqi"

      Comment déterminez-vous si un têtard à un haut quotient intellectuel? Quel tests a-t'il passé à cet âge?

      Je trouve la question quelque peu curieuse...

      • natsu Répondre | Permalink

        Hello 🙂

        "malade" en dépit des analyses bio" / tous les symptômes mais résultats négatifs

        qui affirme que le chiard est malade? les parents l'ayant géré

        Quel tests a-t'il passé à cet âge? je sais pas, devenue grenouille 12 ans

        Rassures-toi, y'à que Krishnamurti qui me déclare saine d'esprit 😉

        • F68.10 Répondre | Permalink

          @ natsu

          J'avoue que je suis très intéressé par les situations où les tests biologiques sont négatifs, mais où les symptômes (c'est-à-dire ce qu'on affirme, les signes étant au contraire ce qu'on observe directement) sont présents, dans un contexte où les parents affirme que l'enfant est malade. J'ai une petite expérience de certaines situations apparemment analogues, mais ce n'est pas le genre de choses que je suis désormais prêt à discuter hors-sujet sur un blog.

          Si j'ai bien compris, la qualification HQI correspond à des tests qui ont été réalisés ultérieurement, plus près de l'âge de 12 ans que de l'âge de 1 an? Juste pour pour bien comprendre.

          • natsu | Permalink

            C'est ça, le seul jamais passé.

            J'ai indiqué cette 1ère période de ce que j'appelle "somatisation" que pour situer l'ambiance générale

          • F68.10 | Permalink

            @natsu

            Vous appelez cette période "somatisation". La question que je me pose est "Qui somatise?". Et j'espère que cela ne somatise plus autant de la manière que vous décrivez.

          • natsu | Permalink

            "Qui somatise?" De ce que j'ai compris, celui qui va mal sans savoir pourquoi et/ou sans moyen d'agir...
            Avec le recul, le decrescendo à l'air bien proportionnel avec la profondeur des phases dépressives, hors périodes d'intense stress of course

            https://twitter.com/natsu62160576 😉

  8. F68.10 Répondre | Permalink

    Le QI n'est pas scientifiquement bidon, mais ce que j'ai vu de son utilisation sociale n'a absolument pas mon consentement.

    Je me suis toujours opposé à ce qu'on me fasse passer ces types de tests cognitifs depuis que je suis gamin, ayant pour diverses raisons médico-familiales, parfaitement conscience de la manière dont ils font délirer à peu près tout le monde dès qu'on est capable de coller un tel chiffre sur le front d'un gamin.

    Je refuse qu'on me contraigne à l'onanisme sur mon score de QI, je refuse que ce soit le cas d'autres gosses dits "surdoués", je refuse que les parents se gargarisent ou se lamentent d'un QI trop bas, trop normal ou trop haut, je refuse qu'un prof connaisse le score de QI de son élève, je refuse que l'Etat le connaisse lui aussi, et même les médecins ne devraient l'utiliser que si requis par leurs protocoles de soin, et sûrement pas pour se permettre des projections psychologiques sauvages. Je pourrais continuer longtemps sur cette ligne, mais je pense que le propos est clair.

    Ce qui n'empêche pas le QI ou le facteur g de ne pas être des concepts bidons en soi.

    Ce sont juste des concepts avec lesquels il serait temps d'arrêter de bassiner les gens. Avant, il y avait Dieu pour expliquer tout les bonheurs et les malheurs du monde. Maintenant, pour certaines bandes de têtes à claques, le QI remplit cette fonction.

    S'ils n'ont pas de tests de QI en Corée du Nord, je déménage.

    Et ce qui me gonfle par dessus tout, c'est que les polémiques des temps modernes me contraignent à manifester mon consentement à la validité d'une construction comme le QI pour avoir le droit de critiquer tous les ânes qui en font n'importe quoi. Je n'aime pas du tout cette façon indirecte de contraindre les gens à s'exprimer sur des sujets dont ils n'ont rien à battre pour avoir le droit - le sésame, même - de s'exprimer sur les sujets qui leur importent. Car les gens qui se rebifferont à l'avenir contre l'utilisation qu'on fait socialement du QI verront leurs critiques caricaturées en tant que propos anti-scientifiques. Et si ce sont des médecins un peu cons qui soupçonnent une déviance de l'orthodoxie scientifico-médicale (qu'ils peinent souvent eux-mêmes à cerner, soit dit en passant...), ce genre de délires, ça peut se terminer à coup de tatanes dans la gueule, avec des lanières aux poignets et aux chevilles dans des chambres capitonnées. Pour bien faire comprendre que le QI, c'est sci-en-ti-fi-que. Marre de ces comportements de faux-culs, de terroristes intellectuels, et de tortionnaires.

    Heureusement que tout le monde n'a pas mon type d'expérience, soit dit en passant. Dans le cas contraire, on assisterait à la prolifération de bandes à Baader anti-science.

  9. Flore Répondre | Permalink

    Bonjour, M. Ramus, merci énormément pour votre blog, pour toutes les réponses détaillés que vous faites. C'est beau ! Je me permets aussi de vous poser une question : qu'en est-il de la consommation de drogues (alcool, cannabis) sur le QI. Ma recherche m'a menée vers cela : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/09/06/le-qi-en-fumee_1756723_1650684.html ou https://www.france24.com/fr/20120828-etude-scientifique-drogue-cannabis-danger-qi-quotient-intellectuel-consommateurs-cerveau-alcool-dommages-irreversibles. Qu'en pensez vous ?

    • F68.10 Répondre | Permalink

      Le problème principal de ce type d'article ou d'études n'est probablement pas l'étude en soi mais ses lecteurs. Qui refuseront de contextualiser ce type d'études dans un panorama plus large...

      http://www.antoniocasella.eu/archila/NUTT_2007.pdf

      Et comme le "débat" viendra, dans la minute où on mentionne David Nutt, sur l'accusation d'apologie de la défonce, il faudra encore et encore se justifier en disant que, non, on ne crois pas que le chanvre indien guérisse le cancer. Le type de contre-accusation typique qu'on essuie dès qu'il nous vient à l'idée d'argumenter sur la base de données sourcées au sujet du contexte général des différentes drogues.

      C'est un débat à sens unique: seuls les arguments qui viennent à l'appui de la thèse diabolisant le chanvre indien sont admissibles et discutables. Ce n'est pas moi qui le dit. C'est la loi de 70, article L-630.

      Maintenant, je ne suis pas sûr que courser ou taper les toxs augmente beaucoup leur QI non plus. J'dis ça, j'dis rien...

      Beaucoup de bruit pour rien, donc. Mais effectivement, comme le QI est un proxy pour ce que certains médecins appellent les symptômes négatifs de certaines pathologies psychiatriques, je pense que nous ne sommes pas prêts d'assister à la fin de l'instrumentalisation politique de ce type d'études. Ce qui est un problème bien plus sérieux que les résultats mêmes de cette étude, car je doute que quiconque, même les fumeurs patentés de joints, expriment la certitude que cela rende vachement plus intelligent.

      Que fumer des joints change la cognition sur certains points et certains plans, oui. Que ces changements soient tous "mauvais", non. Que cela rende intelligent, non, bien sûr. Je ne vois donc pas bien l'intérêt de ce type d'études dans le cadre du débat public. Qui, rappelons-le, n'admet de conclusions possibles que telles que fixées par la loi de 1970.

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      La question des effets du cannabis sur le QI est très complexe. La corrélation est incontestable, mais le problème est le grand nombre de facteurs, génétiques et environnementaux, potentiellement confondus avec cette association. De fait, l'étude de Meier et al. (2012) dont il est question dans ces articles de presse a été critiquée (Rogeberg, 2013a, 2013b; Daly, 2013). Les auteurs y ont répondu de manière assez convaincante, mais sans néanmoins apporter de preuve définitive de l'effet causal (Moffitt et al. 2013).

      Je n'ai pas fait la revue de littérature complète, mais à titre indicatif, une étude plus récente (Mokrysz et al. 2016), basée sur une cohorte britannique bien plus nombreuse que la précédente, trouve que l'association entre consommation de cannabis et QI ultérieur disparait une fois que l'on ajuste un plus grand nombre de facteurs confondus, en particulier la consommation de cigarettes. Les auteurs trouvent que la consommation de tabac aurait un léger effet (-1.5 points) sur le QI dans le modèle complètement ajusté, mais que la consommation de cannabis n'a pas d'effet spécifique au-delà de celui du tabac.

      Daly, M. (2013). Personality may explain the association between cannabis use and neuropsychological impairment. Proceedings of the National Academy of Sciences, 110(11), E979‑E979. https://doi.org/10.1073/pnas.1218571110
      Meier, M. H., Caspi, A., Ambler, A., Harrington, H., Houts, R., Keefe, R. S. E., McDonald, K., Ward, A., Poulton, R., & Moffitt, T. E. (2012). Persistent cannabis users show neuropsychological decline from childhood to midlife. Proceedings of the National Academy of Sciences, 109(40), E2657‑E2664. https://doi.org/10.1073/pnas.1206820109
      Moffitt, T. E., Meier, M. H., Caspi, A., & Poulton, R. (2013). Reply to Rogeberg and Daly : No evidence that socioeconomic status or personality differences confound the association between cannabis use and IQ decline. Proceedings of the National Academy of Sciences, 110(11), E980‑E982. https://doi.org/10.1073/pnas.1300618110
      Mokrysz, C., Landy, R., Gage, S., Munafò, M., Roiser, J., & Curran, H. (2016). Are IQ and educational outcomes in teenagers related to their cannabis use? A prospective cohort study. Journal of Psychopharmacology, 30(2), 159‑168. https://doi.org/10.1177/0269881115622241
      Rogeberg, O. (2013a). Correlations between cannabis use and IQ change in the Dunedin cohort are consistent with confounding from socioeconomic status. Proceedings of the National Academy of Sciences, 110(11), 4251‑4254. https://doi.org/10.1073/pnas.1215678110
      Rogeberg, O. (2013b). Reply to Moffitt et al. : Causal inference from observational data remains difficult. Proceedings of the National Academy of Sciences, 110(11), E983‑E983. https://doi.org/10.1073/pnas.1301881110

  10. Flore Répondre | Permalink

    Merci de votre réponse et pour les articles. Un débat scientifique donc, c'est intéressant, j'aime voir comment la science se fait.

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