Méthodes d’enseignement de la lecture : huit années de perdues


Article publié dans le Café Pédagogique, 27 mars 2014.

Dans son article du 21 mars 2014 dans le café pédagogique[1], Rémi Brissiaud fustige la prétention de Stanislas Dehaene à utiliser les connaissances issues des sciences cognitives pour influencer les contenus des programmes et les pratiques pédagogiques, notamment via le site moncerveaualecole.com. Si l'on ne peut qu'être d'accord sur la prudence indispensable au transfert des résultats scientifiques vers la salle de classe, et sur la pertinence limitée de la neuroimagerie par rapport à la psychologie expérimentale, l'article de Brissiaud est tout de même révélateur de l'incapacité du monde éducatif français à utiliser la démarche scientifique pour faire progresser de manière rationnelle la qualité de l'enseignement.

Brissiaud rappelle en effet qu'en 2005-2006 avait eu lieu un débat sur les méthodes d'enseignement de la lecture[2], et que mes collègues et moi-même avions fait état des nombreux travaux scientifiques réalisés dans d'autres pays sur la question, et des préconisations qui s'ensuivaient[3]. A l'époque, les chercheurs français en sciences de l'éducation censés être spécialistes de la lecture semblaient découvrir la Lune ! André Ouzoulias et Rémi Brissiaud avaient à cette occasion défendu les vertus de la méthode "naturelle" de Freinet sur la base d'arguments purement théoriques. Je leur avais répondu qu'en l'absence d'évaluation et de données factuelles sur cette méthode, on ne pouvait strictement rien en dire[4].

Huit ans plus tard…

En 2014, Brissiaud défend à nouveau la méthode Freinet. Avec quels arguments nouveaux? Une anecdote sur 10 enseignants ayant écrit au ministre, et ayant eu le soutien de certains de leurs inspecteurs. Ah, les belles preuves! Il faut donc comprendre en creux qu'en huit ans, aucun résultat digne de ce nom n'est venu corroborer la méthode Freinet. Huit ans, c'est largement le temps nécessaire pour concevoir un projet de recherche, soumettre une demande de financement et l'obtenir (même en s'y reprenant à plusieurs fois), collecter des données à grande échelle, les analyser, et les publier dans une revue internationale en sciences de l'éducation[5]. Mais cela a-t-il été ne serait-ce qu'envisagé ? De même, sur la question du rôle des routines de comptage dans l'apprentissage du nombre, Brissiaud ne cite que sa propre opinion et celle de son collègue Jean-Paul Fischer. D'éventuelles données expérimentales permettant d'évaluer l'impact (positif ou négatif) de la routine de comptage, vous ne saurez rien.[6] Mais quelle légitimité peut-il encore y avoir à défendre des méthodes que l'on s'abstient obstinément, année après année, d'évaluer et de comparer rigoureusement avec d'autres méthodes? Les sciences de l'éducation à la française se font fort de produire un discours savant sur l'éducation, mais ce serait visiblement trop leur demander que de mettre leur discours à l'épreuve des faits. Combien d’années de plus faudra-t-il attendre pour que la méthode Freinet (et les principales autres utilisées en France) soient évaluées ? Huit ? Seize ? Plus encore ? Le défi est à nouveau lancé.
Au-delà de l'inaction des chercheurs en sciences de l'éducation sur le terrain de l'évaluation expérimentale des pratiques, le plus inquiétant est peut-être que cette attitude semble être encouragée au plus haut niveau de l'éducation nationale. Ainsi, le rapport de l'inspection générale paru l'été dernier[7], après avoir fait le bilan de certaines expérimentations, concluait en jetant l'opprobre sur le principe même de telles recherches, en brandissant un argument prétendument éthique, à savoir que les élèves ne seraient pas des "cobayes". Mais comment ces grands sages de l'éducation ne voient-ils pas qu'en l'absence de telles recherches, ce sont tous les enfants qui sont les "cobayes" de tous les enseignants? A ne pas vouloir mener les recherches expérimentales permettant de tester rigoureusement l'efficacité des pratiques, on laisse les enseignants démunis, à la merci des modes, des idéologies et des arguments d'autorité, avec pour seul recours de tâtonner et de se baser sur leurs propres observations pour faire évoluer leurs pratiques. Autrement dit, on laisse chaque enseignant jouer au chercheur, sans pour autant lui donner une formation à la recherche ni les moyens de mener ses expérimentations rigoureusement, et donc d'en tirer des conclusions valides. 

Les sciences de l’éducation françaises doivent mettre leurs discours à l’épreuve des faits

Ainsi, à tolérer que les sciences de l'éducation ne produisent que du discours plutôt que des recherches expérimentales rigoureuses, on maintient les enseignants dans l'ignorance au lieu de se donner les moyens de guider rationnellement leur liberté pédagogique, et on les laisse tâtonner à l’aveugle et reproduire des pratiques sous-optimales sur génération après génération de "cobayes". Il est là, le véritable manquement à l'éthique.
Franck Ramus
Directeur de recherches au CNRS
Institut d’Etude de la Cognition, Ecole Normale Supérieure, Paris.

[2] Que l’on peut encore retrouver notamment sur le site Education & Devenir ainsi que sur le mien http://www.lscp.net/persons/ramus/lecture/index.html.
[4] Ma réponse intégrale peut être en lue en bas de page du même texte : http://www.lscp.net/persons/ramus/lecture/lecture.html
[5] J’insiste sur la publication dans une revue internationale, car il n’y a pas de recherche scientifique sans publication internationale, une évidence qui devrait faire méditer bien des chercheurs en sciences de l’éducation. Cf. Ramus, F. (2014). Comprendre le système de publication scientifique. Science et pseudo-sciences, 308. http://franck-ramus.blogspot.fr/2013/12/comprendre-la-publication-scientifique.html
[6] Bien que je n’aie pas d’avis personnel sur les routines de comptage, qui ne relèvent pas de mon domaine d’expertise, je note que Dehaene, lui, a au moins le mérite de s’appuyer sur des études expérimentales rigoureuses publiées dans des revues internationales, et je serais très étonné d’apprendre que Brian Butterworth soit en désaccord avec ces résultats.
Ramani, G. B., Siegler, R. S., & Hitti, A. (2012). Taking it to the classroom: Number board games as a small group learning activity. Journal of Educational Psychology, 104(3), 661.
Laski, E., & Siegler, R. (2013). Learning From Number Board Games: You Learn What You Encode. Developmental Psychology.
[7] Inspection Générale de l'Education Nationale. (2012). Évaluation de la mise en oeuvre, du fonctionnement et des résultats des dispositifs « P.A.R.L.E.R. » et « R.O.L.L. » (Vol. 2012-129). Paris: Ministère de l'Education Nationale. http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/31/1/2012-129_254311.pdf


24 commentaires pour “Méthodes d’enseignement de la lecture : huit années de perdues”

  1. Chris Répondre | Permalink

    M. Ramus, le problème n'est pas d'utiliser ou pas la science pour enseigner, le problème est de l'utiliser correctement.
    Et le moins qu'on puisse dire c'est que ce n'est pas votre cas, car pour quelqu'un qui prétend promouvoir une démarche scientifique, vous manquez singulièrement de connaissances et de rigueur dans ce domaine :

    - Tout d'abord, qu'est-ce qui vous autorise à vous auto-proclamer spécialiste de l'enseignement, et à dire aux vrais professionnels comment ils doivent exercer leur métier ?
    Rien il me semble, puisque vous êtes psycholinguiste : vous n'avez jamais vous-même enseigné en école primaire, vous n'avez jamais exercé le métier de professeur d'école, vous n'avez jamais enseigné à aucun élève à lire et à écrire... Bref, vous ne connaissez rien de cette profession.
    Ce qui constitue donc un magnifique argument d'autorité, un biais scientifique parfaitement connu et documenté, que vous ne pouvez pourtant pas ignorer puisque vous faites apparemment partie de l'AFIS.

    - Vous défendez Dehaene, qui pourtant cumule les biais scientifiques. A commencer par un autre argument d'autorité, puisqu'il n'est que psychologue, mais tout comme vous s'auto-proclame spécialiste de la pédagogie.
    Dehaene ne respecte pas non plus une démarche scientifique rigoureuse, puisque ses conclusions concernant l'apprentissage de la lecture n'ont été publiées que par lui-même dans ses livres à destination du grand public, et jamais dans aucune revue scientifique sérieuse.
    Pourtant ça ne l'empêche pas continuer à propager ses (fou)thèses comme des vérités dans tous les médias, alors qu'il ne s'agit que de délires jamais démontrés.

    - Vous parlez de "méthode Freinet", alors qu'il s'agit de tout sauf d'une "méthode". Ce qui en dit long sur la pauvreté de vos connaissances en matière de pédagogie.
    Et pour votre information il ne s'agit pas d'une dizaine d'enseignant qui peut témoigner de l'efficacité de la pédagogie Freinet, mais des milliers qui enseignent de cette manière depuis un siècle. Et on peut se référer aux travaux de Reuter, avec en particulier l'équipe de Mons en Baroeul que Blanquer a décidé de démanteler malgré ses résultats spectaculaires.

    - Vous qui défendez une démarche scientifique rigoureuse, vous n'avez pourtant pas hésité à lancer des pseudo-évaluations en école primaire, sans respecter aucune règle scientifique !
    En effet, ces "évaluations" ont été élaborées par des technocrates, en dépit du bon sens, sans aucune réflexion préalable, sans consulter les vrais professionnels du terrain, dans la précipitation et dans la plus totale incohérence.
    Le principe même de ces "évaluations" est d'une totale absurdité : on sait parfaitement et depuis des dizaines d'années que les contrôles écrits constituent la pire forme d'évaluation, et vous ne trouvez rien de mieux que d'imposer... des contrôles écrits !
    Le résultat est qu'une bonne partie des enseignants a refusé de perdre son temps avec ces délires technocratiques, et que ceux qui avaient quand même accepté de suivre les consignes ont obtenu des résultats aléatoires totalement inexploitables, et aucune information utile.

    C'était pourtant parfaitement prévisible, n'importe quel enseignant aurait pu vous dire depuis le départ que ce projet était totalement imbécile et inutile. Et d'ailleurs c'est ce qu'ils ont tous fait massivement lorsqu'il a été publié.
    Mais vous l'avez fait quand même, vous ne nous avez pas écoutés, vous avez continué à vous entêter dans votre erreur, alors que tous les professionnels vous imploraient d'arrêter, dans l'intérêt des élèves.
    La réalité est que vos pseudo-évaluations n'ont qu'un seul but en réalité, et il est bien loin de la pédagogie : il s'agit uniquement de servir des intérêts politiques, et en particulier de "confirmer" les mesures du ministre.
    Et peut-être également de mieux pister et contrôler les enseignants, puisque malgré les dénégations officielles (auxquelles personne ne croit, je vous rassure !), il s'agit quand même de l'outil idéal pour ça...

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      - Tout d'abord, qu'est-ce qui vous autorise à vous auto-proclamer spécialiste de l'enseignement, et à dire aux vrais professionnels comment ils doivent exercer leur métier ?

      Ah, le bon vieil argument "il n'est pas de la profession, donc il n'a pas le droit d'en parler". Cela faisait longtemps qu'on ne me l'avait pas sorti. J'y ai déjà répondu, sur un autre sujet: http://www.scilogs.fr/ramus-meninges/de-quoi-je-me-mele/
      Je pourrais réécrire aujourd'hui le même article à propos de ce qui autorise ou pas à s'exprimer sur l'efficacité des pratiques pédagogiques. Mais ce n'est pas nécessaire, vous devriez être capable de transposer.

      • Chris Répondre | Permalink

        - Ah, le bon vieil argument "il n'est pas de la profession, donc il n'a pas le droit d'en parler".

        => Si si, bien sûr que vous avez le droit d'en parler ! Comme n'importe quel citoyen. Simplement votre parole en matière de pédagogie n'a pas plus de valeur que la mienne lorsque je discute de chirurgie cardiaque après quelques bières au bar du coin.
        Et donc vous n’êtes pas plus qualifié pour immiscer dans les pratiques enseignantes, que je ne le suis pour expliquer à un chirurgien cardiaque comment il devrait réaliser ses transplantations.

        - Cela faisait longtemps qu'on ne me l'avait pas sorti. J'y ai déjà répondu, sur un autre sujet:

        => Donc ce n’est pas la première fois qu’on vous reproche de sortir de votre domaine de compétence, et de vous mêler de dire aux autres comment ils doivent exercer leur profession.
        Et pourtant visiblement vous ne tenez aucun compte de ces remarques, tout le monde a tort, et vous avez raison contre le monde entier. Ça en dit long sur votre égo…

        L’article que vous citez :
        1 - Ne concerne que la psychanalyse et non pas l'enseignement. Et non on ne peut pas transposer, car vos arguments concernent pour la plupart spécifiquement la psychanalyse.

        2 - Vous vous défendez en expliquant que vous ne donnez aucun conseil pratique aux psychanalystes. Pourtant vous ne vous privez pas d'en donner aux enseignants ! Pourquoi ? Encore une fois qu’est-ce qui vous en donne le droit ?
        Pire : vous leur dictez de quelle manière ils devraient exercer leur métier (avec vos « évaluations » en particulier) !!! Et de manière d'autant plus autoritaire que vos opinions personnelles sont relayées par le ministre.

        3 - Si vous pensez avoir découvert au cours de vos recherches des éléments qui peuvent intéresser les enseignants (pourquoi pas), alors votre rôle est de les publier, si possible dans des revues reconnues.
        Là les enseignants en prendront connaissance, et en tiendront éventuellement compte dans leurs pratiques s'ils estiment que ces éléments sont pertinents.
        Mais en AUCUN cas vous n'avez à leur dire ce qu’ils doivent faire, ni à leur imposer leurs pratiques, ni à nier leur liberté pédagogique comme vous le faites avec vos pseudo-évaluations.

        • Franck Ramus Répondre | Permalink

          1) Connaître les résultats des recherches scientifiques internationales sur un sujet permet d'avoir un avis plus qualifié que celui de n'importe quel citoyen. En éducation, comme en psychanalyse et sur tous les autres sujets. C'est une bonne part de ce que je fais: je ne parle pas de mes travaux, je m'efforcer de communiquer sur les résultats des meilleurs travaux réalisés partout dans le monde. Voyez par exemple ici: http://www.scilogs.fr/ramus-meninges/tout-ce-que-vous-avez-toujours-su-sur-leducation-et-qui-est-faux-bibliographie/ et là: http://www.scilogs.fr/ramus-meninges/vers-education-fondee-preuves/.

          2) Où avez-vous vu qu'on dictait des pratiques aux enseignants? Faire passer des évaluations, ce n'est pas une pratique pédagogique. C'est un recueil d'information qui permet de guider les pratiques pédagogiques. Nous invitons les enseignants à agir en fonction de ces informations. Nous ne prescrivons aucune pratique particulière. La DGESCO a mis à disposition des enseignants tout un éventail de ressources dont les enseignants peuvent se saisir. Ou pas. Les enseignants sont entièrement libres de la manière dont ils prennent en compte les résultats des évaluations pour aider leurs élèves.

          • Chris | Permalink

            - "Connaître les résultats des recherches scientifiques internationales sur un sujet permet d'avoir un avis plus qualifié que celui de n'importe quel citoyen"

            => Non : ça vous donne éventuellement le droit de communiquer ces résultats, mais certainement pas celui de donner des leçons aux vrais professionnels, ni de leur imposer leur méthode de travail.
            C'est tout le problème : vous ne vous contentez pas de communiquer des informations, vous vous faites passer pour un spécialiste de la pédagogie alors que c'est hors de votre domaine de compétence, et vous avez l'insupportable prétention de leur dire comment exercer leur métier.

            - "Où avez-vous vu qu'on dictait des pratiques aux enseignants?"

            => Hem, laissez-moi réfléchir... Dans les pseudo-évaluations imposées aux enseignants, dans la loi Blanquer, dans le petit livre orange de Mao Blanquer, dans les injonctions pressantes à utiliser les méthodes de lecture industrielles les plus rétrogrades (avec grosses pressions des IEN)...
            Encore ?

            Rien qu'en ce qui concerne vos pseudo-évaluations, la réalité du terrain c'est que les inspecteurs font pression sur les enseignants, ils les intimident (par téléphone, mail et lettres postales) pour les obliger à les faire passer.
            Et lorsqu'il y a des fortes têtes, on leur envoie d'autorité un conseiller pédagogique pour prendre leurs élèves et les faire passer à leur place (j'en connais personnellement à qui c'est arrivé) !
            Quel culot de prétendre que vous ne dictez pas leurs pratiques aux enseignants !!!

            - "Faire passer des évaluations, ce n'est pas une pratique pédagogique."

            => Ah j'adore, c'est à ce genre de déclaration hautement fantaisiste qu'on peut vraiment apprécier votre abyssale ignorance en matière de pédagogie, vous vous discréditez tout seul !!!
            Pour votre information, l'évaluation peut se faire en continu, on n'a pas besoin de tests écrits pour ça. Et dans ce cas, elle est étroitement mêlée à l'enseignement.
            Donc bien sûr que l'évaluation fait partie intégrante de la pédagogie ! Et j'ajouterais : qui êtes-vous pour prétendre le contraire, qu'est-ce qui vous donne autorité et compétence pour cela ?!!!

            - "Nous invitons les enseignants à agir en fonction de ces informations." [...] "Les enseignants sont entièrement libres de la manière dont ils prennent en compte les résultats des évaluations pour aider leurs élèves."

            => Mais que voulez-vous qu'on fasse de résultats totalement aléatoires, qui ne reflètent pas les compétences réels des élèves ?!!
            Autant les jouer aux dés, on a autant de chances de tomber juste qu'avec vos pseudo-évaluations...

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      - Vous défendez Dehaene, qui pourtant cumule les biais scientifiques. A commencer par un autre argument d'autorité, puisqu'il n'est que psychologue, mais tout comme vous s'auto-proclame spécialiste de la pédagogie.
      Dehaene ne respecte pas non plus une démarche scientifique rigoureuse, puisque ses conclusions concernant l'apprentissage de la lecture n'ont été publiées que par lui-même dans ses livres à destination du grand public, et jamais dans aucune revue scientifique sérieuse.

      Ni Dehaene ni moi ne nous proclamons spécialistes de la pédagogie. Ce qui fonde notre compétence à nous exprimer sur l'efficacité de différentes pratiques pédagogiques (concernant la lecture ou autre), c'est notre connaissance des études scientifiques internationales sur le sujet. Et le constat du fait que la plupart de ceux qui, en France, s'auto-proclament "pédagogues", ne les connaissent pas, ce qui est pour le moins paradoxal. Sur quoi s'appuient-ils pour affirmer ce qu'ils affirment? Par conséquent, si nous, qui les connaissons, ne transmettons pas au public et aux professionnels français les résultats de ces études (y compris dans des livres grand public en français), qui le fera?

      • Chris Répondre | Permalink

        - "Ni Dehaene ni moi ne nous proclamons spécialistes de la pédagogie."

        => Ça alors c'est la meilleure ! Pourtant lorsqu'on se permet de dicter aux enseignants leur manière d'exercer leur métier, c'est bien qu'on prétend mieux connaître le sujet qu’eux, qui sont les vrais experts.

        - "Ce qui fonde notre compétence à nous exprimer sur l'efficacité de différentes pratiques pédagogiques (concernant la lecture ou autre), c'est notre connaissance des études scientifiques internationales sur le sujet."

        => Quelles études précisément ?!! Vous savez tout comme moi qu’en matière de pédagogie, les études scientifiques internationales réellement irréprochables et dépourvues de biais sont quasiment inexistantes.
        Et s’il s’agit de physiologie, de psychologie, de neurologie, etc…, alors encore une fois votre rôle n’est pas d’expliquer comment les enseignants devraient travailler, mais uniquement de leurs communiquer vos informations.
        Ensuite libre à eux de déterminer si vos arguments et vos informations sont intéressants, et s’ils justifient de modifier leurs pratiques.

        - "la plupart de ceux qui, en France, s'auto-proclament "pédagogues", ne les connaissent pas"

        => Pas plus que tous les médecins ne connaissent toutes les études scientifiques internationales. Mais s’ils le souhaitent, ils peuvent s’informer, en particulier par des revues sérieuses, et ensuite c’est à eux de prendre ces informations en compte s’ils le souhaitent.
        Mais en aucun cas les chercheurs ne vont dicter aux médecins de quelle manière ils doivent exercer leur métier.

        - "Sur quoi s'appuient-ils pour affirmer ce qu'ils affirment?"

        => Ben… Sur leur expérience concrète du terrain et de l’enseignement peut-être ?!! 😊
        Expérience que vous n’avez pas…

        - "si nous, qui les connaissons, ne transmettons pas au public et aux professionnels français les résultats de ces études (y compris dans des livres grand public en français), qui le fera?"

        => Le problème est que vous ne vous contentez pas de transmettre : vous donnez des consignes pédagogiques, vous imposez des pratiques, vous niez la compétence et la liberté pédagogique des enseignants, et vous vous faites passer pour un expert que vous n’êtes pas pour mieux influencer les plus naïfs.

    • Franck Ramus Répondre | Permalink

      Et pour votre information il ne s'agit pas d'une dizaine d'enseignant qui peut témoigner de l'efficacité de la pédagogie Freinet, mais des milliers qui enseignent de cette manière depuis un siècle. Et on peut se référer aux travaux de Reuter, avec en particulier l'équipe de Mons en Baroeul que Blanquer a décidé de démanteler malgré ses résultats spectaculaires.

      Des milliers d'enseignants qui en témoignent depuis un siècle. Formidable! Savez-vous qu'on peut en dire autant de l'homéopathie? Qu'est-ce que cela prouve?

      Concernant les travaux de Reuter, il est amusant qu'au paragraphe précédent vous reprochiez à Dehaene de n'avoir publié sur la lecture que dans des livres en français, car c'est exactement le reproche qu'on peut faire à Reuter. Ces travaux n'ont jamais été soumis à l'expertise scientifique internationale pour publication dans une revue sérieuse. Et de ce que je connais de cette "évaluation" de la pédagogie Freinet, la méthodologie ne permettait pas de tirer la moindre conclusion fiable sur son efficacité relative par rapport à d'autres approches. Un siècle plus tard, malgré des milliers de témoignages et beaucoup d'arguments d'autorité, on ne sait donc toujours rien de l'efficacité de cette approche. Mais ça n'empêche pas des gens d'y croire encore dur comme fer, comme pour l'homéopathie.

      • Chris Répondre | Permalink

        - "Des milliers d'enseignants qui en témoignent depuis un siècle. Formidable! Savez-vous qu'on peut en dire autant de l'homéopathie? Qu'est-ce que cela prouve?"

        => Ce n’est pas du tout ce que j’ai voulu dire, je n’ai jamais prétendu que ça démontrait l’intérêt de Freinet ! C’était en réponse au paragraphe où vous prétendez qu’on a présenté le témoignage de 10 enseignants comme une preuve.
        Je voulais juste vous signaler qu’il n’y a pas que 10 enseignants qui pratiquent la pédagogie Freinet, mais des milliers depuis un siècle.
        Et on est bien d’accord, ça ne constitue pas une preuve scientifique de son efficacité (et je ne pense pas que Brissiaud ait jamais dit cela), simplement il est malhonnête de la présenter comme une pratique réduite à 10 enseignants.

        - "il est amusant qu'au paragraphe précédent vous reprochiez à Dehaene de n'avoir publié sur la lecture que dans des livres en français, car c'est exactement le reproche qu'on peut faire à Reuter."

        => Je suis parfaitement conscient de la valeur des travaux de Reuter, je n’ai jamais prétendu qu’ils étaient irréprochables ni dépourvus de biais scientifiques.
        En revanche ils sont quand même très intéressants et donnent des pistes de recherches très prometteuses, pour peu que les universités acceptent de soutenir des travaux de recherche sur la pédagogie Freinet (ce qui n’est pas du tout le cas à ma connaissance, pas possible de présenter une thèse de recherche sur l’efficacité de la pédagogie Freinet par exemple, ça ne fait pas partie des sujets dans lesquels l’université souhaite investir).

        - "Un siècle plus tard, malgré des milliers de témoignages et beaucoup d'arguments d'autorité, on ne sait donc toujours rien de l'efficacité de cette approche."

        => Faux : VOUS ne le savez pas, mais les enseignants qui la pratiquent au quotidien connaissent parfaitement son efficacité et son intérêt. Simplement il n’y a actuellement pas encore d’étude scientifiquement assez solide pour pouvoir le démontrer formellement.
        Et je ne vous rappelle qu’absence de preuve ne signifie pas preuve de l’absence.

        - "Mais ça n'empêche pas des gens d'y croire encore dur comme fer, comme pour l'homéopathie."

        => Il ne s’agit pas de croyance mais la conséquence de la pratique du terrain, qu’encore une fois nous avons, contrairement à vous.
        Pendant des millénaires les humains ont utilisé de l’écorce de saule pour se soigner, ayant observé que cela calmait leurs douleurs. Jusqu’à ce que finalement la science démontre et comprenne pourquoi ça fonctionne.
        Certes il y a aussi des cas où une observation populaire se révèle fausse (l’homéopathie par exemple, on est d’accord). Mais en l’état actuel de nos connaissances, rien, absolument rien, aucune étude, ne vous permet de prétendre que la pédagogie Freinet serait une simple croyance aux résultats inefficaces.

        • Franck Ramus Répondre | Permalink

          => Faux : VOUS ne le savez pas, mais les enseignants qui la pratiquent au quotidien connaissent parfaitement son efficacité et son intérêt. Simplement il n’y a actuellement pas encore d’étude scientifiquement assez solide pour pouvoir le démontrer formellement.
          Et je ne vous rappelle qu’absence de preuve ne signifie pas preuve de l’absence.

          C'est exactement ce que disent les médecins qui pratiquent l'homéopathie (et aussi les adeptes de la médecine quantique et de toutes les pratiques charlatanesques): "Ils connaissent parfaitement son efficacité et son intérêt. Simplement il n’y a actuellement pas encore d’étude scientifiquement assez solide pour pouvoir le démontrer formellement."
          Je ne connais pas l'efficacité de la pédagogie Freinet. Peut-être est-elle formidable. Mais dans l'état actuel des connaissances, tout ce qu'on peut on dire, c'est qu'elle n'a pas plus de preuve d'efficacité que l'homéopathie ou la médecine quantique. Pourquoi donc devrait-on y croire?
          Attention à ne pas inverser la charge de la preuve: c'est à ceux qui affirment que quelque chose marche de le prouver, pas aux sceptiques. Sinon on en est réduit à croire tout et son contraire.

          • Chris | Permalink

            - "Je ne connais pas l'efficacité de la pédagogie Freinet." [...] "Pourquoi donc devrait-on y croire?"

            => Vous ne connaissez pas grand chose en matière de pédagogie, en effet, heureux de vous l'entendre dire. Mais rassurez-vous, personne ne vous demande de croire à quoi que ce soit !
            En fait, tout ce qu'on vous demande c'est juste de vous occuper de votre domaine de compétence (quel qu'il soit, mais tout sauf la pédagogie), et de nous laisser travailler en paix !
            L'enseignement on s'en charge, c'est notre job, on sait faire, on n'a pas attendu les psychologues pour nous donner des leçons.

            Et si les universités acceptaient que les étudiants en Master ou les doctorants présentent des sujets de recherche sur la pédagogie Freinet, là peut-être qu'on aurait des résultats qui confirmeraient ceux de Reuter par exemple.
            Malheureusement ça n'arrivera pas, Freinet n'est pas dans la liste des sujets à la mode, ça n'intéresse pas les technocrates ni les politiciens...

            - "Attention à ne pas inverser la charge de la preuve: c'est à ceux qui affirment que quelque chose marche de le prouver, pas aux sceptiques."

            => Merci pour la leçon, j'ai étudié la zététique, je suis un peu au courant...
            D'ailleurs en tant que membre de l'AFIS, vous devriez l'être également : auriez-vous donc l'amabilité de me donner les références des études qui démontreraient la pertinence et la précision des évaluations nationales que vous avez imposées à tous les enseignants ?
            Pouvez-vous m'indiquer quelle est la marge d'erreur de ces tests écrits ?

            Car en l'absence de validation du dispositif d'évaluation, vous conviendrez avec moi que leurs résultats sont nécessairement sans aucune valeur.
            Je vous ai déjà posé cette question, mais bizarrement vous l'avez ignorée, j'espère que vous pourrez y répondre cette fois... si vous avez la réponse.

            Je remarque que vous n'avez pas non plus répondu au sujet des affirmations fantaisistes de Dehaene au sujet de l'apprentissage de la lecture et de son imaginaire "méthode globale" (qui n'a jamais existé), on attend toujours de voir les preuves qui les confirmeraient !
            Pourtant ce sont bien ces mêmes élucubrations qui constituent la justification principale du ministre pour ses recommandations rétrogrades en matière d'apprentissage de la lecture.

      • Chris Répondre | Permalink

        - "vous affirmez des tas de choses comme si vous saviez mieux que nous ce que nous avons fait et pourquoi"

        => Je me contente de constater :
        - Avez-vous tenu compte du fait que les tests écrits constituent la pire manière d’évaluer ? Non.
        - Ces tests vont-ils permettre d’obtenir des résultats cohérents correspondant réellement au niveau des élèves ? En aucun cas, et j’en veux pour preuve les résultats totalement aléatoires fournis aux enseignants aux 1ères évaluations de septembre 2018.
        - Si vous avez persisté à utiliser un outil inefficace tout en sachant pertinemment qu’il ne vous permettrait jamais d’atteindre les objectifs que vous prétendez avoir, c’est qu’en réalité vous aviez d’autres objectifs. En particulier celui d’utiliser ces résultats pour tenter de cautionner la politique du ministre, en utilisant l’apparence de la science.

        - "Les lecteurs intéressés pourront lire les explications données dans cet autre article"

        => Vous faites bien de le citer, car cet article est un magnifique modèle d’escroquerie ! Pour commencer, dans n’importe quelle étude scientifique, avant de commencer à utiliser un protocole d’évaluation, il faut d’abord en démontrer la pertinence et la justesse.
        Par exemple si on veut montrer qu’un geste sportif a bien l’efficacité qu’on pense à l’aide de caméras à haute vitesse, alors il est impératif de tester auparavant le système de mesure (les caméras) de manière à être certain que leurs images permettent bien d’obtenir des données cohérentes et fiables.
        Et ensuite seulement, une fois que le protocole est validé, alors on peut passer aux tests proprement dits.

        Dans votre cas, il aurait donc fallu commencer par déterminer si des tests écrits permettent réellement de connaître le niveau réel des élèves.
        L’avez-vous fait ?

        La réponse est non, et si vous étiez aussi honnête, rigoureux et compétent que vous le prétendez, vous sauriez qu’il existe déjà une littérature abondante concernant l’étude de l’évaluation (la docimologie), et que les tests écrits constituent la pire manière d’évaluer les compétences d’un élève !
        On pourrait citer des dizaines d’études à l’appui de ce constat (qui est également celui des enseignants), Antibi évidemment, mais également Maulini, Laugier, Bacher, l’IREM, les CEMEA…

        Certes, aucune de ces études prise individuellement ne peut sans doute avoir valeur de preuve irréfutable, mais leur ensemble constitue tout de même un faisceau d’indices allant dans le même sens, qui est également celui qu’on constate sur le terrain en pratique.
        Et donc on peut donc conclure au minimum qu’il y a un sérieux doute sur l’intérêt de chercher à évaluer les compétences d’un élève par des tests écrits, dont les nombreux biais ont largement été décrits, analysés et vérifiés.
        Pourtant, quelle modalité d’évaluation avez-vous choisie ? Les tests écrits !!!

        Ce seul argument suffit à discréditer totalement vos pseudo-évaluations, je n’ai même pas besoin d’aller plus loin dans mon argumentation !
        Si votre opération amène à des résultats aléatoires et inexploitables, alors ce n’est au mieux qu’un vaste gaspillage de temps et d’argent, au pire nuisible pour les élèves, les enseignants et les familles (et d’après les témoignages des experts du terrain, il semble qu’on soit bien plus proche du pire !).

        Évidemment il y a une multitude d’autres arguments démontrant l’absurdité de vos « évaluations », Roland Goigoux pour ne citer que lui parle par exemple du contenu des tests de lecture : https://www.snuipp.fr/system/resources/W1siZiIsIjIwMTkvMDEvMTcvNm5tMmx3M2c1ZF9Ucm9pc19xdWVzdGlvbnNfUm9sYW5kX0dvaWdvdXgucGRmIl1d/Trois%20questions%20%C3%A0%20Roland%20Goigoux.pdf

        Et en pratique, ce qui était prévu par les experts de l’enseignement s’est bien produit : vos évaluations n’ont donné que des résultats aléatoires inexploitables, mis les élèves en échec, et n’ont pas permis d’évaluer quoi que ce soit.
        Pourtant vous vous entêtez et vous avez relancé une deuxième salve, dont on peut sans trop de risques prédire qu’elle aura exactement les mêmes conséquences ! Incompréhensible…

        La bonne nouvelle c’est que les enseignants commencent à se réveiller et à se révolter devant tant de bêtise, et refusent de se prêter plus longtemps à ce jeu absurde.
        Soyez certains qu’ils vont boycotter en masse vos pseudo-évaluations ! Mais bien sûr vous n’en publierez jamais le pourcentage, déjà qu’on n’a même pas les résultats détaillés du dédoublement des CP, je vous fais confiance pour ça…

          • Chris | Permalink

            Bonjour Nadine, ce qui serait à mon avis redoutablement efficace, et à court terme, ce serait :

            - Former correctement les enseignants, c'est à dire non pas par des universitaires et des technocrates, mais par leurs pairs, par des spécialistes du terrain.

            - Laisser les stagiaires choisir eux-mêmes où et avec qui ils souhaitent se former, apprendre le métier, non pas à l'université, mais sur le terrain, dans les écoles et dans les classes.
            Car le problème actuellement est d'une que part les stagiaires manquent cruellement d'expérience pratique, et d'autre part que les "formateurs" qui sont censés leur apprendre le métier ne sont recrutés QUE sur des critères administratifs, et non pas en fonction de leurs compétences de pédagogues.
            En attendant dans un futur plus lointain de pouvoir à nouveau peut-être avoir des maîtres formateurs identifiés et sélectionnés, mais selon d'autres critères, et donc réellement compétents.

            - Laisser les stagiaires au maximum sur le terrain, au début en doublette avec un collègue plus ancien et expérimenté, et ensuite seuls en responsabilité.
            Et il est absolument fondamental qu'un stagiaire ait la classe à 100%, sans la partager avec personne. Sinon il lui est impossible de développer correctement sa pédagogie, et c'est préjudiciable à tout le monde, à lui-même et à ses élèves.
            Les retours à l'université, disons peut-être 1 ou 2 jours par mois, pas plus, serviraient à discuter avec les collègues des problèmes rencontrés, et trouver ensemble des solutions.

            - Bannir impérativement les devoirs des élève et toute forme de travail supplémentaire à la maison, qu'il soit écrit ou pas, car toutes les études ont largement démontré qu'ils étaient inutiles et nuisibles.

            - Bannir les manuels et les méthodes industrielles, dont les méfaits sont également dénoncés depuis des dizaines d'années.

            - Bannir les préparations, les cours, les leçons, les séquences/séances, qui constituent la pire forme d'enseignement au primaire. Pour cela, il convient de former correctement les enseignants à la méthode naturelle et aux plans de travail (type pédagogie Freinet, n'en déplaise à M. Ramus).
            Je n'ai pas dit former les enseignants à Freinet (qui est bien autre chose qu'un simple ensemble de pratiques), mais simplement les former à la méthode naturelle et aux plans de travail de la pédagogie Freinet.

            - Bannir les contrôles périodiques, les contrôles écrits, qui ne permettent pas d'obtenir d'évaluation pertinente (n'en déplaise également à M. Ramus et au ministre), au profit de l'évaluation continue, bien plus fiable et moins chronophage.

            - Arrêter de vouloir baser l'enseignement de la lecture exclusivement sur le déchiffrage syllabique, ce déchiffrage n'étant que l'une des compétences nécessaires à la lecture et à l'écriture, la plus "spectaculaire" sans doute, mais pas la plus importante.
            Il y a bien d'autres compétences essentielles, comme l'enrichissement du répertoire lexical (pour reconnaître les mots instantanément => cf. voie directe), le sens critique littéraire, les productions d'écrits, le plaisir de lire et d'écrire...

            - Faire confiance aux enseignants !!!! Ce sont eux les vrais spécialistes de la pédagogie, et non pas les universitaires, les inspecteurs ou les politiciens.
            Il est plus que temps de reconnaître leurs compétences et leur expertise, de respecter leur liberté pédagogique (qui est inscrite dans la loi), et d'arrêter de les traiter comme de simples exécutants.

          • Franck Ramus | Permalink

            Et pour soigner les malades, Chris recommande:
            - de former correctement les médecins, c'est-à-dire par d'autres médecins de terrain, pas à l'université.
            - laisser les étudiants en médecine choisir leurs formateurs. Ils savent mieux que quiconque qui est compétent.
            - laisser les étudiants en médecine au maximum en cabinet, ils n'ont rien à apprendre en cours.
            - et il est absolument fondamental qu'un stagiaire ait les patients à 100%, sans les partager avec personne. Sinon il lui est impossible de développer correctement sa médecine, et c'est préjudiciable à tout le monde, à lui-même et à ses patients.
            - Les retours à l'université, disons peut-être 1 ou 2 jours par mois, pas plus, serviraient à discuter avec les collègues des problèmes rencontrés, et trouver ensemble des solutions.

          • Franck Ramus | Permalink

            Et pour le reste, Chris sait tout sur les meilleures méthodes pédagogiques, sur ce qui marche et ce qui marche pas. Arrêtons de gaspiller de l'argent dans la recherche, ça ne sert à rien! Ecoutons Chris et tout ira bien.
            Et pour la médecine pareil: écoutons les médecins, les homéopathes, les psychanalystes de terrain! Ce sont eux les vrais spécialistes, pas les profs de médecine! Respectons leur liberté médicale!

          • Catherine | Permalink

            Bonjour

            Voilà moi, ce que je préconise pour qu'il n'y ai plus 20% des élèves qui ne sachent pas bien lire en 6 ème.
            Je suis sûre que ces nombreuses variables auraient tout autant d'efficacité que les méthodes grapho-phonémique dont aucun enseignant n'ignore l'existence.

            - un taux d'encadrement correct des élèves et ce depuis la petite section (1 adulte pour 32 élèves en maternelle je le rappelle. Concernant des élèves de 3 à 6 ans, on est assez proche de la maltraitance.)
            -des gardiens dans les écoles ce qui éviterait aux enseignants de sortir de leur classe à tout bout de champ pour faire sortir ou entrer des élèves (qui ont par exemple des prises en charge extérieures)
            -des secrétaires pour prendre les appels ce qui éviterait encore de nombreux dérangements et serait propice à la concentration de tout le monde sur les tâches d'apprentissage.
            -des équipement sportifs qui permettraient aux élèves d'exercer leurs talents dans d'autres domaines que la lecture et l'écriture
            -des services d'aide sociale à l'enfance dignes de ce nom
            -des CMP (centres médicaux psychologiques) accessibles et avec des praticiens en nombre suffisant
            -des MDPH (maisons départementales des personnes handicapés) n'ayant pas 6 mois de retard d'ouverture du courrier, retardant les transferts de dossier d'enfants handicapés de toute une année scolaire
            -de "vrais enseignants"pour remplacer les enseignants malades

            Le test "scientifique" de ces variables, c'est pour quand ?

          • Chris | Permalink

            - "Chris recommande de former correctement les médecins, c'est-à-dire par d'autres médecins de terrain"

            => C'est déjà le cas, les médecins sont formés par d'autres médecins, et non pas par des philosophes, des artistes peintres ou par le charcutier du quartier.
            Les professeurs de médecine sont généralement tous médecins eux-mêmes, et ils ont tous exercé sur le terrain (plus ou moins en tout cas).
            Après s'il faut des moments de travail théorique (je ne le nie pas), que ça se passe à l'université ou ailleurs peu importe, du moment que les formateurs soient des praticiens compétents, qui aient l'expérience théorique ET pratique nécessaire.

            - "laisser les étudiants en médecine choisir leurs formateurs. Ils savent mieux que quiconque qui est compétent."

            => C'était juste une proposition temporaire, étant donné qu'actuellement les formateurs sont recrutés uniquement selon des critères administratifs, et pas d'après leurs compétences réelles de pédagogues.
            Maintenant si le ministère arrive à sélectionner des formateurs réellement compétents, évidemment on peut oublier cette idée ! Mais en attendant oui, je pense que les stagiaires reconnaîtront eux-mêmes bien mieux ceux qui leur apportent réellement quelque chose.
            Ça a d'ailleurs été mon cas, la formation initiale étant pitoyable, j'ai trouvé un maître extraordinaire qui a accepté de m'accueillir dans sa classe pour apprendre (je séchais les cours officiels pour aller dans sa classe !). Et c'est vraiment lui qui m'a tout appris.

            - "laisser les étudiants en médecine au maximum en cabinet, ils n'ont rien à apprendre en cours"

            => Ce n'est pas comparable, un médecin a une énorme quantité de données à apprendre (anatomie, physiologie, histologie, neurologie, toutes les pathologies...), ce qui n'est pas le cas des profs d'école.
            Mais pourtant, les médecins font très tôt des stages sur le terrain, certainement bien plus respectivement sur l'ensemble de leurs études que les profs d'écoles.

            - "et il est absolument fondamental qu'un stagiaire ait les patients à 100%, sans les partager"

            => C'est ridicule, vos comparaisons sont absurdes, vous ridiculisez mes propos pour pouvoir les critiquer.
            Argument de l'homme de paille, vous devez certainement connaître...

            - "Arrêtons de gaspiller de l'argent dans la recherche"

            => Ce n'est pas la recherche qui pose problème, ce sont les gens qui se prétendent chercheurs et qui sont en réalité des politiciens et des technocrates, et qui sont motivés par des intérêts bien différents de ceux de la science.

            - "Chris sait tout sur les meilleures méthodes pédagogiques, sur ce qui marche et ce qui marche pas"

            => Quel culot encore une fois ! C'est vous qui avez imposé vos pseudo-évaluations moisies, contre l'avis de toute une profession, contre l'avis de tous les vrais experts, qui n'ont pas cessé de vous dire depuis des mois que c'était absurde, que c'était une totale perte de temps.
            Vous avez refusé de les écouter, vous les avez ignorés, vous avez nié leur expertise, et vous vous êtes planté en beauté comme prévu car vos pseudo-évaluations sont une véritable catastrophe.
            A tel point qu'un grand nombre d'enseignants a refusé tout simplement de les faire passer et/ou de renvoyer les résultats, malgré les pressions de l'administration.

            Je n'ai jamais prétendu tout savoir. Par contre je prétend mieux connaître l'enseignement que quelqu'un qui n'est pas du métier, n'a jamais mis un pied dans une classe et n'a jamais enseigné à aucun élève.
            De la même manière qu'un pilote de ligne connaît mieux le pilotage d'un A320 que moi, et je ne prétendrais pas lui apprendre à atterrir. Chacun son métier.
            Ce n'est pas de la prétention, c'est juste la logique la plus élémentaire : enseigner c'est mon métier, pas le votre.

            - "Ecoutons Chris et tout ira bien"

            => En tout cas ça irait certainement beaucoup mieux qu'avec Blanquer. Et ça n'a rien de prétentieux, n'importe quel pingouin doté d'un peu de jugeotte ferait mieux...

        • Franck Ramus Répondre | Permalink

          De toute évidence, vous savez tout mieux que tout le monde. Les conditions d'un débat ne sont donc plus réunies.

  2. Nadine Kirchgessner Répondre | Permalink

    Merci Franck pour vos réponses toujours pertinentes. Il est surprenant que des enseignants ne considèrent pas l’approche scientifique. La science est en mouvement, et on s’aperçoit que certaines méthodes d’apprentissage de la lecture ne fonctionnent pas pour 20 % d'enfants. Ils faut en tenir compte.

    @Chris
    Ce qui est préoccupant, c’est que la méthode syllabique, qui est la plus logique et la méthode qui a fait ses preuves, pour débuter l’apprentissage de la lecture, pour tous les enfants ne soit pas généralisée.
    Ce que j’ai observé très très souvent, et l’on sait que c’est un livre très vendu, c’est que les parents attentifs à cet apprentissage achètent « La méthode Boscher » , dès qu’ils sentent qu’il y a un problème dans l’apprentissage de la lecture de leur enfant :
    « La diffusion atteindrait 80 000 exemplaires par an, »
    http://www.lire-ecrire.org/conseils-pratiques/manuels-scolaires-primaire/manuels-de-lecture-et-decriture/methode-boscher.html

    Question : pourquoi ?
    Les enseignants ne le savent pas, la plupart du temps…
    Ceci est préoccupant pour les enfants défavorisés, ceux qui ont des parents qui pensent que l’école va apprendre à lire à leurs enfants, ceux qui ont des parents qui ne parlent pas la langue française. Les enfants défavorisés n’ont que l’école pour leur apprendre bien à lire, avec les méthodes et les résultats catastrophiques que l’on sait.
    20 % d'enfants qui ne savent pas bien lire en 6 ème, quand même, ce qui est très préoccupant.

    Vous indiquez qu’il faut à la fois
    « Former correctement les enseignants » et
    « Arrêter de vouloir baser l'enseignement de la lecture exclusivement sur le déchiffrage syllabique »
    MAIS
    Pour faire une analogie avec le sport, par exemple le tennis, aucun enfant apprenant le tennis ne fait un match à Rolland Garros les premières années. Il faut d’abord des balles et des balles. Idem pour le piano, il faut faire des gammes, la natation, etc…

    Pour la lecture, cela doit être pareil. Il faut apprendre à déchiffrer, le B A = BA. Ensuite, l’automatisation de la lecture se produit, le lexique s’enrichit progressivement, les sons (BA, AN, in, etc...) et les mots connus vont se placer dans la mémoire à long terme. Cela laisse de la « place » dans la mémoire de travail (je simplifie). Indispensable pour progresser.
    Ensuite, plus l’enfant lit ensuite, plus l’enfant comprend ce qu’il lit. Mais s’il n’a pas appris ce déchiffrage, s’il n’a pas automatisé les bases de la lecture, il est défavorisé dans son apprentissage. Surtout, si dans son milieu on ne lit pas ou très peu.

    Voici ce que l’on apprend dans les études de psychologie cognitive.
    au Chapitre 8 de J. Ecalle, A. Magnan et F. Ramus intitulé "Apprentissage de la lecture et ses troubles" du Manuel de psychologie du développement, Editions PUF.
    « Si la finalité de la lecture est bien la compréhension d'un texte lu, la plupart des difficultés d'apprentissage de la lecture ne proviennent pas d'un déficit général de la compréhension. La maîtrise de la lecture nécessite le développement de capacités spécifiques d'identification des mots écrits lequel constitue l'un des principaux objectifs de l'apprentissage de la lecture. Bien que des connaissances linguistiques implicites entrent en jeu dans l'apprentissage de l'écrit avant et au cours de l'instruction, la recherche a montré que l'apprentissage du code est nécessaire, et ceci dès le début du CP. Les travaux dans le domaine et principalement la méta analyse de EHRI et collaborateurs en 2001 ont mis en évidence, d'une part, que l'enseignement systématique des correspondances grapho-phonémique est la méthode la plus efficace (résultats supérieurs en décodage et en compréhension) comparativement à d'autres y compris celles qui enseignent ces relations mais de façon non systématique et, d'autre part, que l'impact de ce type d'enseignement est d'autant plus important qu'il débute tôt dans la scolarité. »

    « Les travaux dans le domaine et principalement la méta analyse de EHRI et collaborateurs en 2001 ont mis en évidence, d'une part, que l'enseignement systématique des correspondances grapho-phonémique est la méthode la plus efficace »

    • marcel D Répondre | Permalink

      Bonjour Nadine,
      D’abord, on ne peut pas dire que les 20 % d’élèves en difficulté ne le sont qu’à cause d’un certain type de méthode. C’est un raccourci trop simpliste. Il faudrait pour cela avoir suivi individuellement leur parcours complet. En outre, à l’époque où n’existaient guère que la méthode Boscher ou les méthodes voisines, il y avait aussi des élèves en difficulté et des redoublants dans les CP.
      Il serait intéressant qu’un jour la science explique pourquoi certaines méthodes, qui se pensent « à la hauteur » donnent des résultats en dessous des attentes. Les études internationales mesurent mais n’analysent pas les raisons profondes des différences observées. Cela pourrait éclairer le débat et être source de progrès. Car pour moi, le retour à Boscher est une stagnation.
      Mon avis sur la question (les ayant pratiquées) , qui ne fait pas plus autorité que ça, est que les méthodes « modernes » souffrent de deux maux difficiles à soigner. D’abord on constate que les élèves peu alphabétisés en maternelle (certains spécialistes et auteurs croient toujours que le programme y a été intégralement digéré - compétences virtuelles - et qu’on peut s’appuyer sur des acquis prévus bien que souvent non atteints) ont beaucoup de difficulté à exercer des actions pertinentes au cours des phases d’analyse textuelles initiales dans lesquelles ils rencontrent un magma kabbalistique qui les égare totalement (surcharge cognitive). Cela je l’ai observé fréquemment. Deuxièmement, ces méthodes sont très complexes à mettre en œuvre et requièrent des compétences que beaucoup d’enseignants, très insuffisamment formés, n’ont pas (sauf s’ils sont expérimentés et très impliqués). A titre d’exemple, ma compagne n’a fait que 6 heures de formation à la lecture dans son IUFM ! Edifiant, non ?
      Résultat : en ZEP on retrouve les deux obstacles réunis : des élèves peu aguerris dans l’univers de l’écrit et des enseignants souvent jeunes et inexpérimentés qui ont du mal à exploiter au mieux ces outils capricieux. Le cocktail parfait pour plonger dans les abysses du mal-lettrisme.
      Pour autant, je ne dirais pas que les méthodes analytiques soient intrinsèquement mauvaises, elles sont plus sûrement inadaptées au système scolaire et pédagogique tel qu’il existe aujourd’hui.
      Pourquoi la méthode Boscher séduit-elle les parents ? Parce que c’est la plus simple à mettre en œuvre, mais rien ne démontre (demandez à Franck) qu’elle soit supérieure à une autre. De ce fait, j’aurais tendance, bien que faisant moi-même tout autre chose, à la conseiller aux débutants. Ou quelque chose qui s’y apparente.

      Mais je corrige quelques-uns de vos a-priori. Les enseignants n’ont pas choisi ces méthodes mixtes, analytiques… On les leur a collées dans les pattes. Bien sûr, ils sont libres de choisir. Mais quand un inspecteur vous dit quelques mois avant de venir vous évaluer : «  il serait bien que vous utilisiez une méthode avec des albums... », vous ne prenez pas le risque de saborder votre carrière. Il y a fort à parier que la méthode syllabique pure fasse un retour en force pour les mêmes raisons.
      Il ne faut pas prêter à une méthode des vertus qu’elle n’aurait pas. Les méthodes syllabiques, par leur aspect rébarbatif (si si, je vous assure, et pas que pour le maître) demandent un effort important que tous les élèves ne sont pas prêts à fournir. Cela rend la pédagogie austère, coercitive, parce que ce qu’on peut faire à la maison, avec son enfant et son petit manuel syllabique, n’a rien à voir avec la gestion d’une classe complète où il faut enrôler tous les élèves simultanément.
      Dans les protocoles imaginés par les promoteurs de méthodes syllabiques, il y a beaucoup de phases de soutien, ces « gammes » quotidiennes qui engagent beaucoup de temps pour « faire passer » tous les élèves. De fait - ça aussi je l’ai vécu et le voit encore - les classes concernées font beaucoup, beaucoup de lecture au détriment d’autres matières. A la limite, cela ne me gênerait pas si cela faisait partie des instructions, car ce serait un choix assumé. Mais voir des gens qui « se la pètent » avec leur méthode (n’importe laquelle d’ailleurs) quand ils font trois fois plus de lecture que le voisin, ça me dérange un peu au-delà du fait que ce n’est pas très « fair ».

    • Chris Répondre | Permalink

      - "Il est surprenant que des enseignants ne considèrent pas l’approche scientifique"

      => Ah mais vous vous trompez Nadine, ils considèrent l'approche scientifique avec beaucoup de respect !
      A condition qu'il s'agisse vraiment de science et de scientifiques.
      Ici tout est biaisé, on a des psychologues en dehors de leur domaine de compétence, des pseudo-évaluations conçues en dépit du bon sens et qui ne reposent sur aucune base rationnelle, des méthodes de lecture rétrogrades basées sur les élucubrations sans fondement d'une seule et unique personne (là encore en dehors de son domaine de compétence)...
      Vous appelez ça de la science ?!!! C'est du foutage de g***le oui, de l'esbroufe pour convaincre les gogos.

      - "Ce qui est préoccupant, c’est que la méthode syllabique, qui est la plus logique et la méthode qui a fait ses preuves, pour débuter l’apprentissage de la lecture, pour tous les enfants ne soit pas généralisée."

      => Erreur : l'apprentissage syllabique est généralisé et depuis des dizaines d'années, il est enseigné dans l'immense majorité des classes. Et c'est justement bien le problème, parce que si on se plaint du nombre d'élèves qui ne savent pas bien lire en arrivant au collège, il ne faut pas chercher la cause plus loin.
      Cet apprentissage tout syllabique, réalisé dans quasiment toutes les classes, a largement fait la preuve de son inefficacité, il est le problème et non pas la solution.

      "On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés"
      Albert Einstein
      (authenticité à vérifier mais la phrase me plait bien)

      - "pour le piano, il faut faire des gammes, la natation, etc…"

      => Personne n'a prétendu qu'il ne fallait pas faire d'exercices de lecture ni de lecture syllabique !
      Simplement, l'erreur est de ne faire QUE ça, au détriment de toutes les autres compétences indispensables.

      - "Il faut apprendre à déchiffrer, le B A = BA. Ensuite, l’automatisation de la lecture se produit"

      => Non, ça ne se passe pas comme ça. On lit vite et bien lorsqu'on lit des mots connus, c'est à dire en utilisant la "voie directe", en aucun cas en déchiffrant un mot inconnu.
      Si vous lisez "locomotive", c'est un mot connu, vous le reconnaissez tout de suite, vous le lisez instantanément, et vous en comprenez le sens : c'est la voie directe.
      Si vous essayez de lire "evitomocol", ça vous prendra beaucoup plus de temps, parce que là vous avez dû utiliser le déchiffrage syllabique (voie indirecte), qui est par nature lent et laborieux.

      Lisez Jean Pierre Lepri par exemple, vous comprendrez mieux, lui au moins il sait de quoi il parle, c'est son métier : https://www.youtube.com/watch?v=DZy9guGjmjA

      - "Voici ce que l’on apprend dans les études de psychologie cognitive"

      => Encore une fois, depuis quand les psychologues sont-ils spécialistes de l'enseignement de la lecture ?!!!
      S'ils ont des informations intéressantes à communiquer aux enseignants, qu'ils le fassent, c'est très bien. Mais sans leur faire la leçon, sans leur dicter leur manière de travailler, sans leur imposer leurs pratiques.
      Il y a déjà des spécialistes de l'enseignement, et ce sont les enseignants eux-mêmes, point.

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