Et s’il n’en reste qu’un…

01.03.2016 par Didier Nordon, dans Uncategorized

Outre la philosophie des sciences, on pratique la philosophie de telle ou telle science : la chimie, la physique, la biologie, les neurosciences, les mathématiques, la logique, etc. Même si cet éclatement reflète celui des sciences, dont chacune pose des questions propres, il serait dommage que la philosophie se spécialise trop. Une philosophie éclatée imite les sciences, alors qu’elle nous enrichit plus en étant autre. Qui, sinon elle, est apte à déceler le général sous le particulier ?
L’omniprésence du mot « science » est un problème général, justement. Si les sciences humaines, sociales, politiques, économiques, partagent une spécificité avec les « sciences dures », cerner celle-ci, sous les démarches singulières et en perpétuel changement, est affaire de philosophie. Si, au contraire, à force de servir, le mot « science » a repris le sens vague, qu’il avait à l’époque classique, d’« objet de savoir », son effet magique reste à analyser : comment expliquer le surcroît de dignité dont profite un savoir lorsqu’on lui confère le nom de science ? Il se peut enfin que, même au sein des « sciences dures », les démarches aient divergé, et qu’on ne soit plus fondé à les considérer comme proches. A la philosophie de faire ce constat, de repérer quelles lignes de force divisent l’ensemble que, par habitude, on appelle « sciences dures ».
La place du philosophe est dans le dernier carré de ceux qui bravent le règne de la spécialisation : « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! ».

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