Pour aborder du bon pied la rentrée universitaire

24.08.2018 par Didier Nordon, dans Uncategorized

Quelques raisons, parmi d'autres, justifiant le rôle d’un universitaire qui ne publie pas. (On ne s'étonnera pas de leurs contradictions : c'est la vie !)
L'extrême spécialisation des articles publiés tend à faire éclater les disciplines ; celui qui se consacre à prendre connaissance de ces articles et à s'en faire l'écho peut redonner de la cohérence à sa discipline.
Il ne croit pas que ses publications sont capitales, puisqu'il n'en fait pas, et introduit ainsi un peu de réalisme modeste dans un milieu qui n'y est pas enclin.
Si tout le monde écrit, qui va prendre le temps de lire ?
De même qu'il faut une source chaude et une froide pour qu’une machine thermique fonctionne, l'hétérogénéité au sein des chercheurs stimule la créativité.
Il n'est pas rare que l'érudition d'un individu inhibe sa créativité. Or un érudit, capable d'aider ses collègues à s'orienter lorsqu'ils abordent un problème, est utile.
Celui qui ne se sent pas digne de publier manifeste un respect pour la science que n'ont pas ceux qui publient des articles médiocres.
Sa carrière lamentable sert de repoussoir, et incite les autres à publier encore plus.
Il suscite chez ses collègues « publiants » un agréable sentiment de supériorité.
Dans un milieu où la norme est de publier, et une société où la norme est d’avoir l’air surmené, il montre de l’originalité, qualité très prisée chez un chercheur.
En ne publiant pas, il économise les matières premières, donc participe au développement durable.
Une société dans laquelle chacun agirait exactement comme on l'attend de lui serait bien triste.
Il fait bisquer les autorités, chose toujours réjouissante.

Publier un commentaire