Des échecs flatteurs

04.05.2017 par Didier Nordon, dans Uncategorized

Je reçois un mail d'un ami : « Ces dates nous irons. Mais ne tardaient pas à choisir ». Je maugrée : « Quoi ? Quelle orthographe ! » En fait, mon ami peut n'être pas responsable de ces fautes. Il peut avoir écrit correctement, mais être devenu l'innocente victime d'un correcteur automatique. Le correcteur a appliqué des règles qui ne semblent adéquates que si on ne comprend rien au texte. La seule erreur de mon ami relève peut-être de la distraction. Il a appuyé sur la touche « Envoi » sans avoir relu son mail et réparé les dégâts dus au correcteur. Les correcteurs orthographiques sont comme les enfants : il ne faut jamais les laisser sans surveillance. Désormais, quand on écrit, on doit surveiller non seulement son orthographe, mais aussi celle du correcteur.
Cette mésaventure a néanmoins quelque chose de flatteur. Malgré les progrès éblouissants faits par les machines, l'intelligence humaine, en particulier sa compréhension des textes, reste encore largement au-dessus de celle d'une machine.
De même, il y a de quoi s'irriter quand on découvre que le mail envoyé par un ami a été dirigé automatiquement vers la boîte « Spam », mais il y a aussi de quoi se sentir flatté. Si le tri effectué par la machine équivalait rigoureusement au tri que j'aurais fait moi-même, j'aurais l'impression désolante de ne plus avoir de personnalité.
Il y a, paraît-il, des gens qui aspirent à voir leur esprit cloné sur une machine. Eh bien, ils manquent singulièrement d'estime pour leur propre esprit !


Un commentaire pour “Des échecs flatteurs”

  1. Jean-Louis Hartenberger Répondre | Permalink

    Qui pourra nous communiquer une recette qui permet de museler le correcteur d'orthographe ?
    Signé : une victime déjà abusée de trop nombreuses fois

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