Un scénario éculé renouvelé grâce à la pollution

05.01.2017 par Didier Nordon, dans Uncategorized

Dans un vieux roman chinois, un protagoniste frappe un autre puis se barricade, ne laissant à sa victime que la consolation de la menace : "Si on ne se retrouve pas un jour pair, on se retrouvera un jour impair !" (Au bord de l'eau, chap. XXI).
Transposons la scène aujourd'hui. J'ai des mots avec un quidam, lui fiche une torgnole, prends peur de sa réaction, me précipite dans ma voiture et m'enfuis. Coups de chance : nous sommes un jour d'air pollué, n'ont le droit de circuler que les voitures d'immatriculation impaire, ce qui est le cas de la mienne, pas de la sienne. Je décarre en vitesse. Lui, ronge son frein à côté de sa voiture immobilisée. Le lendemain, mes coups de chance continuent. Nous sommes encore un jour de pollution et encore un jour impair (nous étions le 31, nous sommes le 1er : en arithmétique calendaire, on peut avoir deux impairs consécutifs). Le lendemain encore, la chance tourne. C'est moi que la pollution contraint à l'immobilité et lui qui se lance sur mes traces.
Ainsi, de jour pair en jour impair et de jour impair en jour pair, la course poursuite prend une forme inédite. De quoi donner un air neuf à ce passage obligé de tant de films et de romans...

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