Noms propres épicènes

08.05.2019 | par Didier Nordon | Uncategorized

Les exigences nouvelles de l’orthographe inclusive auront au moins eu l’avantage de nous faire connaître à tous un mot que, naguère, seuls les spécialistes savaient manier : épicène. Cet adjectif s’applique à un mot qui peut être employé au masculin et au féminin sans variation de forme. Le recours à des termes épicènes permet d’éviter la lourdeur de formulations comme « celles et ceux » ou « toutes et tous ».
Fort bien. Mais comment s’y prendre quand on a à citer des noms propres outrageusement genrés ? Je ne vois qu’une solution, lourde, certes, mais équitable : revenir à une pratique ancienne, moins rigoureuse que la nôtre en matière de respect de l’orthographe des noms propres, et modifier ces noms. On apprendra, par exemple, les fables de La Fontaine-Le Fontain ; on lira les mémoires de Saint-Simon-Sainte-Simone et les méditations poétiques de Lemartin-Lamartine. Les scientifiques manieront les polynômes de Legendre-Labru ou se réfèreront à la mécanique de Lelieu-Laplace. De même, la loi d’Ohm, celle de Dulong et Petit subiront les modifications nécessaires pour que personne ne puisse, du fait de son genre, se sentir exclu lors de l’énoncé de ces lois.

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