Question de genre

04.06.2020 | par Didier Nordon | Uncategorized

Covid. Le genre masculin semblait établi. Le Monde s’y tient mais, sur France Culture, plusieurs journalistes, obéissant à l’Académie française, se sont mis à dire la covid. Va-t-il y avoir débat là-dessus ? Si oui, je serais heureux qu’on m’en dise l’enjeu. Il faut être français (dans le pire sens du terme !) pour faire naître une question si futile.
Un site internet consacré au Scrabble ne dénombre que 22 mots français se terminant en id. Nid, laid, froid, muid sont « bien français » et le d final ne s’entend pas. Apartheid, raid, ozalid, plaid, barmaid, moudjahid font sonner le d final comme, je suppose, dans les langues d'où ces mots proviennent. Le site ne répertorie pas covid, qui sonne français bien que le d s’entende et provienne de l’anglais « disease ». C'est parce que « disease » se traduit par le féminin « maladie » que l'Académie préconise de dire la covid. Franciser complètement le terme en « la covide » aurait été plus judicieux : la finale en ide est fréquente. Mais tant mieux pour les joueurs de Scrabble : masculin ou féminin, ils disposent d’un 23e mot en id.
Ce mot, qui n’était dans aucun dictionnaire, sera dans tous dès les prochaines éditions. Aucun mot, sans doute, n’a su se faire aussi vite une place au soleil dans la langue. Ou faire son trou, si on préfère une image porteuse d’une allusion macabre bien de circonstance…


3 commentaires pour “Question de genre”

  1. Erik Harvey-Girard Répondre | Permalink

    Pourquoi "covid" d'ailleurs?
    Pourquoi pas la maladie du corona-19? Ou le corona-19?
    Pourquoi franciser une abréviation anglaise? La langue française à déjà tellement de possibilités pour qu'elle crée ses propres mots? Pourquoi importer directement une tournure anglaise?

    J'imagine que c'est une interrogation de québécois?

    • Didier Nordon Répondre | Permalink

      La domination d’un pays peut s’exprimer par bien des moyens. Par exemple, imposer des mots désignant des réalités affreuses ! Nombreuses sont les langues qui ont importé tel quel de l’anglais le mot covid. Mais, contrairement aux anglophones, les francophones ont la joie de pouvoir se disputer sur le genre du mot.

  2. courbis Répondre | Permalink

    Comme le disait H. Poincaré, il est plus facile de résoudre des problèmes que l'on se pose que des problèmes qui se posent, surtout quand le problème que l'on se pose est aussi futile et sans intérêt que celui que vous citez, et le problème qui se pose aussi compliqué que de comprendre ces phénomènes biologiques...

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