Spécialisés pour s’apaiser

16.08.2017 par Didier Nordon, dans Uncategorized

Quand les mathématiciens démontrent un théorème, celui-ci passe pour vrai à tout jamais. Libre au non-mathématicien d'imaginer que cette victoire sur le temps allège leur angoisse face à leur finitude d'êtres humains.
Les médecins fréquentent des gens aux prises avec la maladie et la mort. Libre au non-médecin d'imaginer que, ainsi habitués, ils sont moins inquiets à l’idée que l’état de mourants les attend eux aussi.
Les archéologues vivent dans l'intimité de squelettes âgés de vingt, trente, quarante mille ans. Libre au non-archéologue d'imaginer que la perspective de devenir squelettes, à leur tour, leur est si familière qu'elle les laisse sereins.
Les astrophysiciens manient des échelles de temps quasi-infinies. Libre au non-astrophysicien d'imaginer que mourir un peu plus tôt, un peu plus tard, leur est indifférent puisque, de toutes façons, leur vie n’aura duré qu'un éclair, comparée aux laps de temps auxquels ils sont accoutumés.
Ce qui incite un individu à aller vers telle spécialité plutôt que telle autre, serait-ce l’espoir d’en trouver une qui l’aide à affronter sa mortalité ?

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