Vrai mensonge = fausse vérité

14.12.2018 | par Didier Nordon | Uncategorized

Deux négations valent une affirmation : si, dans une phrase, on remplace deux termes par leurs contraires, le sens de la phrase ne change pas. Par exemple, « Je pense ne pas lire ce livre » et « Je ne pense pas lire ce livre » sont à peu près synonymes. Révéler que « X n’a pas que des amis » laisse entendre que « X n’a que des ennemis ». En disant à un importun : « Je m’occupe de ce qui m’intéresse », on lui signifie : « Je ne m’occupe pas de ce qui ne m’intéresse pas ». Synonymes, également, les expressions « Entrée libre » et « Sortie payante » : les réunions dont l’entrée est libre sont celles où, en sortant, on est aimablement prié de participer aux frais. Enfin, au Moyen-Age, un « sans domicile fixe » était appelé un « demeurant partout ».
Dire à quelqu’un : « Ce que vous proposez est mieux que rien » est agressif, puisque cela revient à : « Ce que vous proposez est pire que tout ». De même, le constat « C’est mieux que ce qu’on pouvait espérer » n’est pas un brevet de satisfaction, mais un cri de colère : « C’est pire que ce qu’on pouvait craindre ». Souhaiter « Bonne Journée » à quelqu'un, c'est lui souhaiter une mauvaise nuit, et dire « Cela m'a fait le plus grand bien » signifie que cela m'a fait le plus petit mal.
La double négation peut aussi être une messagère heureuse. « Vivre est difficile », soupirons-nous. Sans y songer, nous annonçons là une nouvelle rassurante : « Mourir est facile ». Et, lorsque nous déclarons : « Je n’ai pas confiance en la justice humaine », cela signifie : « J’ai confiance en la justice divine ».

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