Le « French Physicists Tournament » : merci pour ce grand bol d’air !!

06.02.2017 par Richard Taillet, dans Science vivante

J'ai eu le plaisir et l'honneur de participer au jury de la quatrième édition du French Physicists Tournament, une compétition destinée à des équipes d'étudiants de niveau L3 ou M1, au cours de laquelle ces équipes s'affrontent de façon amicale et détendue (ce qui ne veut pas dire sans stress !) autour de questions de physique. Plus précisément, les équipes ont eu plusieurs mois pour sonder les aspects expérimentaux et théoriques de dix questions de physique prédéterminées (par exemple, « combien peut-on poser d'aimants sur une table avant que le système ne devienne instable? » ou « peut-on déterminer la hauteur de saut d'un pop-corn à partir du son "pop" émis ? »).

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Vendredi dernier, le jour du concours proprement dit, neuf équipes se sont retrouvées pour confronter leurs approches d'une façon extrêmement fertile : les équipes s'affrontent par groupe de trois, puis

  • la première présente tranquillement sa réponse à la question posée ;
  • puis une autre équipe analyse la réponse proposée en en soulevant les points forts et les points faibles (sans tenter de vendre, ni même de présenter sa solution à elle) ;
  • puis la troisième équipe intervient pour synthétiser le tout puis diriger une discussion constructive entre tous les intervenants.

En tant que physicien professionnel, on peut commencer par sourire en reconnaissant dans cet enchaînement l'archétype d'une discussion scientifique idéale. Puis, en voyant les jeunes scientifiques la mener à la lettre avec tant de brio, le sourire laisse la place à autre chose lorsqu'on se demande depuis quand, au fait, on n'a pas eu soi-même un débat de cette qualité avec un collègue ou un concurrent...

Cette compétition s'inscrit dans un cadre international, l'International Physicists Tournament et l'équipe française sélectionnée ira affronter ses pairs européen en Suède. C'est pourquoi l'ensemble des épreuves a lieu en anglais, ce qui constitue le seul point faible de l'exercice à mon avis : très clairement, certaines discussions ont été déséquilibrées, parfois avortées, par une mauvaise maîtrise de l'anglais. Ceci étant dit, il ne serait pas très raisonnable non plus de ne pas tenir compte de l'anglais au vu de la dimension internationale de l'événement. Du coup les jeunes, on ne vous le répétera jamais assez, mettez le paquet sur l'anglais !

Pour finir, un grand bravo à toutes les équipes qui ont montré tant d'inspiration et de passion, et un bonus de félicitations à l'équipe de l'ENS de Lyon qui a, cette année, remporté la phase nationale du concours. Je m'attendais à voir des scientifiques en herbe, et je suis tombé sur des collègues : je vous fais entièrement confiance pour porter haut les couleurs de la science et je suis impatient de vous voir à l'œuvre en Suède ! 🙂

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