La sélection universitaire par tirage au sort

05.05.2016 par Richard Taillet, dans Regards

Le rectorat de Paris vient de limiter la capacité d'accueil en première année d'études médicales etla sélection des étudiants se fera par un tirage au sort (voir ici). Certains s'en étonnent ou s'en offusquent. Comme c'est un problème qui touche toutes les universités, sous une forme ou une autre, et donc aussi la mienne, je vais tenter d'exposer clairement le problème et les options dont on dispose pour y faire face.

Le problème est simple : dans certaines formations et dans certains établissements, la demande en nombre d'étudiants dépasse la capacité d'accueil de ces formations. C'est notoirement le cas dans les formations médicales, c'est aussi le cas en STAPS (métiers du sport). À ce jour, trois solutions sont envisagées et mises en place.

1. On peut augmenter la capacité d'accueil des formations. C'est la solution qui semble satisfaire au mieux les étudiants. Cependant elle a deux inconvénients majeurs. D'une part elle coûte cher aux universités car en pratique, cette solution implique d'embaucher du personnel (enseignant, administratif et technique) et de construire ou d'aménager des bâtiments (amphithéatres, salles de travaux pratiques, etc.). D'autre part, elle conditionne l'offre universitaire à la demande. Ça semble un point positif, mais ça présente des dangers : une dérive possible est qu'une université qui serait implantée dans une région roudoudoudicole finisse par se spécialiser elle-même dans la roudoudoudologie (n'oublions pas que les conseils d'administration des universités contiennent une part significative d'acteurs de l'économie locale et de la gestion du territoire) et perdre sa vocation d'ouverture et d'universalité.

2. On peut sélectionner les étudiants, par une étude de leur dossier ou par un examen. C'est ce qui est appliqué dans tout un pan de l'enseignement supérieur en France, que ce soit pour entrer dans les classes préparatoires, dans les écoles d'ingénieurs ou dans les IUT. Partout, en fait, sauf pour l'entrée en licence où c'est un sujet tabou. On peut être attaché à l'idée de laisser sa chance à tout le monde, mais pourquoi dans ce cas réserver l'application de cette belle idée aux licences universitaires ? Ceci dit, à mon avis on ne rend pas service aux étudiants en permettant à tout étudiant d'accéder à n'importe quelle licence, pourvu qu'il ait obtenu son baccalauréat (c'est actuellement le cas). De toute façon, une sélection finit bien par s'opérer, à un niveau ou un autre (par imposition d'un numerus clausus en médecine, par exemple). La question ne devrait pas être « faut-il appliquer ou non une sélection ? », mais « quand et comment la mettre en œuvre ? ». À la fin de l'article du monde cité ci-dessus, Rémi Patrice (vice-président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) chargé des études médicales) s'oppose à la sélection sur dossier, mais rappelle qu'un mois après la rentrée, du fait notamment des abandons, il y a finalement assez de place pour tout le monde. Sans compter le fait qu'une université ne peut pas se permettre d'accueillir un nombre d'étudiants plus grand que ça capacité d'accueil en comptant sur les abandons de début d'année, n'est-ce pas là aussi une forme, certes un peu plus subtile, de sélection ?

3. On peut désigner les étudiants par tirage au sort, solution qui dans le principe ne satisfait pas grand-monde mais qui a l'avantage d'éviter d'avoir eu à prendre position en adoptant une des deux autres. Au passage, elle évite aussi au passage de répondre à une autre question, beaucoup plus profonde et ardue : quel est le rôle et le but de telle ou telle formation universitaire ?

Vous aurez sans doute perçu ma préférence pour la solution 2, mais je suis conscient aussi des dérives qu'elle pourrait engendrer et je ne pense pas avoir les idées claires sur la façon de l'implémenter en pratique. C'est un problème épineux auquel il est urgent de s'atteler, si on ne veut pas voir perdurer la quatrième solution que j'ai pris soin de mettre sous le tapis : ne rien faire et laisser la pression monter, chez les étudiants et les personnels universitaires.


7 commentaires pour “La sélection universitaire par tirage au sort”

  1. Renaud Répondre | Permalink

    La sélection sur dossier ou sur exam pour entrer en licence? Ça s'appelle le bac, et on nous met assez la pression avec ce truc pour ne pas nous rajouter un autre examen pour continuer nos études. J'admire votre parcours classique d'élève modèle (sans ironie aucune, ça m’impressionne vraiment), mais soyons honnête, les élèves comme vous sont rare. Prenons l'ensemble des étudiants de 15-20ans de France. Combien d'entre eux savent ce qu'ils veulent faire? Combien d'entre eux grandissent dans un environnement propice à leurs épanouissements scolaire suffisant pour faire des choix d'orientations assez fort pour se taper des exams d'entrée à la fac? Sans faire de la sociologie, même si on entre dans son domaine ici, l'idée de sélection est juste seulement si la sélection s'opère entre des personnes possédant les même chances lors de la sélection. Ce qui aujourd'hui, n'est absolument pas le cas vu que dans la plupart des écoles post-bac la sélection principale reste l'argent et pour les autres écoles supérieures le dossier retenue sera celui de l'excellence scolaire. L'excellence scolaire qui indique plus une bonne situation matériel et familiale de l’élève plus qu'une excellence intellectuel à ce niveau d'étude là.
    L'entrée en licence juste avec le bac en poche est donc une solution pour la majorité des élèves (pour qui l'obtention du bac est déjà une grosse étape), qui ensuite continueront leurs parcours scolaire en ayant la chance d'avoir accès à une éducation supérieur sans pour autant avoir particulièrement brillé en secondaire ni en étant sur et certain de ce qu'ils veulent faire plus tard. Études secondaires dont on peut parler aussi, tant celles-ci baissent en terme de qualité... Les bons élèves du secondaire ont souvent des profs particuliers, qu'ils faut pouvoir se payer.
    Si le problème est l'augmentation du nombre d'élèves, (dans le secondaire comme dans le supérieur), les élèves n'en sont pas responsable.
    Aux institutions de s'adapter ou de se mettre à dos une bonne partie des étudiants.
    Quand vous dites "à mon avis on ne rend pas service aux étudiants en permettant à tout étudiant d'accéder à n'importe quelle licence, pourvu qu'il ait obtenu son baccalauréat (c'est actuellement le cas). De toute façon, une sélection finit bien par s'opérer".
    Qui est "on", et pourquoi sait-il mieux que les étudiants eux même?
    Et la "sélection qui finit bien par s'opérer", c'est justement ce qui montre qu'il y a des gens qui trouvent leurs parcours, d'autres qui se plantent et changent de direction, et que la plupart arrivent à trouver leurs voies. La sélection par dossier et exam n'impliquent aucune expérience vécu de l’élève, et donc aucune évolution.
    Et combien coûterait la mise en place d'examens d'entrées? Ça serait un beau bordel à mon avis.

    Au final je suis d'accord avec vous, c'est un sujet épineux et urgent, et la structure classique de l'enseignement actuelle n'a pas l'air de pouvoir résoudre le problème, seulement de pouvoir diviser les élèves. Je pense qu'internet avec les cours en ligne sera une des clés du problème.

  2. Julien Répondre | Permalink

    De mon point de vue, la question d'une éventuelle sélection après le bac (hors prépa) n'est qu'un problème secondaire (sans mauvais jeu de mots).

    Il est surement préférable de chercher de véritables solutions pour que les lycéens soient davantage informés des diverses formations qui s'offrent à eux (les sensibiliser aux qualités requises) et se débrouiller pour qu'ils puissent avoir un retour (concret !) sur les caractéristiques/avantages/inconvénients des différents métiers. Aussi, un effort doit être effectuer pour sensibiliser les élèves à la réalité du "monde du travail" car les idées reçues sont franchement dévastatrices...
    Il n'y a qu'à voir le nombre d'élèves qui s'inscrivent en S (soit disant scientifique, alors que les filières technologiques sont bien plus formatrices aux études supérieures scientifiques. Passons...), sous prétexte qu'ils s'ouvrent des portes, et se dirigent ensuite vers des filières non scientifiques.

    Il faut reconnaitre que recevoir quelques connaissances dans des domaines variés ne peut être que bénéfique pour l'équilibre d'un élève mais force est de constater que cela ne rend leur prise de décisions (concernant leur projet professionnel) que plus délicate.

    En bref, je pense que le problème du déséquilibre des effectifs en supérieur ne sera réellement résolu qu'une fois qu'on aura des jeunes conscients de ce qu'ils veulent vraiment faire de leur vie. Sur ce point, malgré les efforts des "agents d'orientations", nous sommes à coté de la plaque...

  3. Artemus Répondre | Permalink

    Bonjour M. Richard Taillet.

    Vous commencez votre exposé par : "Le problème est simple". Désolé de le dire, mais le problème n'est pas si simple que cela, sinon il n'y aura pas ce sujet.
    Faire un sélection à l'université est une aberration, car on se demande à quoi peut servir le Baccalauréat. Normalement, ce diplôme permet justement de faire la sélection pour accéder à l'université. Donc s'il n'est pas suffisant, c'est qu'à la base, il y a un problème avec ce diplôme. Et qu'en sera-t-il d'une réussite à 100% au baccalauréat ?
    Admettons qu'être bachelier ne soit pas suffisant, alors pourquoi ne pas recruter d'une part ceux qui ont le baccalauréat scientifique et d'autre part faire une sélection en fonction de la mention reçu.
    Faire une sélection par le dossier scolaire, je n'ai jamais été partisan car en vérité, la sélection se fait d'abord par l'argent, par les établissements scolaires et enfin par le classement de l'élève dans son école.
    Si pour réussir, il faut choisir une école à fric, ce n'est pas ainsi que je conçois le pacte républicain de l'excellence. Autrement dit ceux qui réussissent le mieux, sont ceux qui ont des parents riches.
    Mais dans ce cas là, pourquoi faire des études en France ?

    Ensuite, il y a le numerus clausus qui fait que nous avons de moins en moins de médecins en France. Nous sommes obligés de recruter des étrangers, avec tous les problèmes sur la reconnaissance de leur diplôme. Il y a même des français qui font leurs études en Roumanie, en Belgique ou en Suisse car la faculté de médecine française les rejette. Et que penser de la formation reçue ?
    Nous sommes déjà en pénurie de médecins en France et vous croyez que réduire les effectifs est la solution ? Absurde !!!
    Et je ne parle même pas de la formation des généralistes qui est calamiteuse.

    Et enfin, il y a le problème du financement des universités en France, où ceux-ci sont dans un délabrement total, et ce, à cause d'une manque de moyen de l'état. Le véritable problème se trouve là, et pas ailleurs.
    Voici quelques chiffres :
    --> 13,4% des étudiants de première année de médecine ont pu passer en deuxième année en 2012, soit 7.492 places réparties entre les différentes facultés de médecine pour 55.696 étudiants inscrits.
    --> plus d'un quart des nouveaux inscrits à l'ordre des médecins ont été formés à l'étranger.
    --> plus de 50.000 étudiants échouent la première année de médecine chaque année en France, beaucoup sont tentés de partir à l'étranger.
    Et voici un tableau du numerus clausus, assez parlant :

    [img]http://www.atoute.org/n/local/cache-vignettes/L590xH497/numerusclausus-14-34df7.jpg[/img]

    Selon mon sentiment, la médecine en France est un désastre. Et cela ne va pas s'arrêter là.
    Tout cela, à cause de nos dirigeants qui ne savent pas prévoir. Et pourtant gouverner, c'est prévoir disant Émile de Girardin.

  4. Renaud S Répondre | Permalink

    Un peu d'histoire... En 1984, Fabius de retour du Japon de s'extasier sur les ouvriers japonais des usines Toyota qui seraient pour une large proportion, bacheliers. On lance alors l'objectif de 80% d'une génération NIVEAU baccalauréat. Niveau ça veut dire avoir achevé sa terminale, et pas nécessairement titulaire du premier grade universitaire qu'est le baccalauréat, ce que beaucoup de gens ignorent. Je suis cadre de l'administration de l'éducation nationale, et au cours de mes pérégrinations administratives, j'ai usé (pas très longtemps) mes fond de culotte dans cet antichambre de la fabrique nationale de technocrates qu'est le cycle préparatoire à l'ENA. J'ai pas passé le concours, mais c'est une autre histoire. Donc au cours de ma scolarité au CPENA, un de nos intervenants, énarque faut il le préciser, - en 1991 - nous explique sans cynisme, que l'objectif de 80% niveau baccalauréat n'est autre qu'un objectif de gestion du marché du travail. Eh oui, un étudiant n'est pas un chômeur.

    Sur la sélection après le baccalauréat :
    Les syndicats étudiants ont toujours défendu le principe de non sélection à l'entrée de l'université. Elle existe pourtant : elle est géographique (un étudiant qui est à 100m de l'université n'est pas dans la même situation qu'un étudiant qui habite à 100km de l'université), sociale, et surtout, elle dépend du type de baccalauréat obtenu. Eh oui les bacheliers professionnels ne sont pas ceux qui peuplent les amphis, à plus forte raison les CPGE. Il y a de multiples autres variables explicatives de la sélection, je ne suis pas exhaustif.

    Sur le numerus clausus en médecine :
    La doctrine en économie de la santé est qu'il y a une corrélation positive entre le nombre de médecins en exercice et la dépense de santé, et qu'il existe un optimum entre le nombre de médecins, la dépense de santé et l'état sanitaire de la population. Y ajouter les pressions corporatistes des syndicats de médecins, clientèle politique préférée par les libéraux, l'incapacité de notre (cher) ministère à établir des objectifs en matière de démographie du stock de médecins en exercice et de nos politiques préférés à avoir une vision de l'avenir qui ne se limite pas à la prochaine échéance électorale, et vous avez la mise en place de mesures comme le numérus clausus... et voilà.

    Sur la raison d'être du système d'enseignement supérieur :
    L'enseignement supérieur n'est pas déconnecté du monde réel, et a une finalité : former les cadres dont la Nation - ou l'économie - a besoin. Malheureusement c'est un fait. Et l'enseignement supérieur a aussi un coût. Donc on ne peut pas - nous ne sommes pas l'Arabie Saoudite - admettre sans limite tous les étudiants dans les filières de leur choix ; de plus parmi les populations étudiantes, il y a des effets de mode : telle année ce sera la psychologie, les filières sportives (STAPS), j'en passe et des meilleures. Et fabriquer un universitaire, ça prend 26 ans, dont 16 ans de fréquentation dans le système scolaire et universitaire dans le meilleur des cas. Donc il faut supporter qu'il y ait une sélection. Quand bien même il n'y en aurait pas, le monde du travail la ferait pour vous : a - t - on besoin d'un master 1 en histoire de l'art pour être caissière à Franprix ? Tout le monde souhaite pour sa progéniture le meilleur des destins qui soient, et la particularité de la France est que les diplômes assurent ce destin (plus ou moins bien). Le problème de la sélection est qu'elle soit socialement acceptée ; quand on est à gauche, on préfère la sélection sur les talents scolaires, quand on est à droite on a un petit tropisme pour la sélection par les revenus (l'idée d'un système d'enseignement supérieur financé par les étudiants). Sans prendre parti, je rappelle que ceux qui tirent le plus grand profit du système d'enseignement supérieur, sont ses diplômés, qui leur vie durant tireront revenus élevés et places sociales corrélatives, alors que ceux qui ne sont pas diplômés participent aussi (impôts, TVA....) à son financement.

    Dernière anecdote professionnelle : juste avant d'intégrer le CPENA j'étais responsable des diplômes à Paris VIII. Une étudiante se présente à moi, elle voulait faire de l'anglais Je lui dis il n'y a plus de place en anglais. (il n'y avait pas APB et l'inscription était souvent l'occasion de files d'attente en pleine rue qui commençaient dès 3 h du matin). Je lui explique qu'il reste des places en Histoire. Elle me répond qu'elle prend une inscription en histoire. Alors ce qu'il reste de réflexe néo reptilien chez moi survient, et abandonnant toute neutralité du fonctionnaire que je dois être, je lui réponds : mais qu'est ce que vous voulez faire ? Et de me répondre : je veux avoir une carte d'étudiant. Véridique...

  5. Bertrand Répondre | Permalink

    Et pourquoi ne pas combiner les trois solutions. Elles ne me paraissent pas exclusives. On pourrait adapter l'offre dans une certaine mesure à la demande (pas seulement celle des étudiants d'ailleurs), tirer au sort 50% des places et sélectionner les 50% restants. La meritocratie c'est juste bien sûr, mais il faut laisser la porte entrouverte je pense.

  6. dindoun Répondre | Permalink

    De mémoire en 92 il y a une lutte contre le numerus clausus en médecine. 20 ans plus tard, les médecins sont surpayés, pas assez nombreux et leur compétence est finalement assez faible ( exemples extrêmes : combien d'entre eux ont fournit du médiator ou prescrit une non-pilule comme pilule ).
    La réponse actuelle est donc de faire payer les études des néo-médecins ( machin-thérapeutes ), donc faire payer les études; les pauvres dehors.

    La solution est de séparer les revenus et le travail pour rendre l'attractivité synonyme de passion, conviction.

  7. Claire Répondre | Permalink

    Bonjour M. Taillet,

    Je souhaite réagir à votre article – avec certes un peu de retard (je lis « assidûment » les « Pour La Science » avec 1 à 3 semestres de retard… mieux vaut [s’instruire] tard que jamais, n’est-ce pas ?) J’ai très longtemps partagé votre opinion sur la nécessité de sélectionner les étudiants sur dossier ou sur examen, admirative du système allemand où l’on « épargne » aux élèves peu motivés à étudier les lettres ou les sciences des échecs cuisants en les orientant très jeunes vers une filière adaptée. Je comprends également votre désarroi face à des amphis bondés d’élèves qui abandonneront ou échoueront. Et puis soyons francs, l’argent que cela coûte pourrait être mieux investi.
    Cependant, aujourd’hui, je suis mère, ce qui me fait revoir mon opinion. En effet, une sélection sur dossier priverait mes enfants de la chance que j’ai eu d’avoir accès à l’université sans sélection : d’après mon père, étant trop médiocre, je ne pouvais pas avoir le bac, même en redoublant. La pression paternelle ayant achevé de me démotiver : j’ai passé des heures derrière mon bureau en terminale, comme on l’attendait de moi… à rêvasser. « Malheureusement », j’avais les capacités d’avoir le bac même sans étudier... Où serais-je allée si les inscriptions avait été exclusivement sur dossier ? Sans issue, je me suis inscrite en pharma, et j’en suis sortie docteur en pharmacie et ingénieur… Est-ce que mes enfants auront la chance de pouvoir être désintéressés par le programme du secondaire et pour autant passionnés par leurs études universitaires qui ont feront, pourquoi pas, de brillants doctorants ?

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