Le futur du passé des magazines de science ?

31.08.2013 | par Richard Taillet | Ressources

Je suis amené, au cours de certaines activités éditoriales, à consulter de façon fouillée les anciens numéros de revues de sciences destinées (notamment) au grand public, et c'est une véritable mine d'or que j'ai découverte. Pourtant, quand je cherche de la documentation sur une notion de physique, que ce soit pour moi ou pour répondre à une demande d'amateurs passionnés, je me tourne naturellement vers les moteurs de recherche sur internet, sur wikipedia et sur les livres des bibliothèques dont je dispose, mais je me tourne (me tournais, plus précisément) rarement vers des articles parus dans des magazines, en particulier si le numéro correspondant a plus de quelques années. C'est un tort ! Nous avons d'excellentes revues de vulgarisation en langue française, j'imagine qu'un blog hébergé par « Pour la Science » est l'endroit pour l'écrire qui demande le moins d'effort de justification, mais ces ressources me semblent sous-utilisées (j'allais intituler ce post « la mine dort », mais j'ai signé à l'ouverture de ce blog un engagement à ne pas faire d'humour de niveau inférieur à 2, sur l'échelle internationale du rire qui va de 1 à 12. Tant pis).

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D'une part, l'information même du contenu des anciens numéros n'est pas très accessible sur internet (pour vous en convaincre, essayez de trouver dans quels numéros de quelle revue on parle de cavitation, d'arc-en-ciel, ou toute autre notion qui vous passe par la tête). Les outils développés par les bibliothèques universitaires sont précieux, mais leur accès est généralement protégé. La revue Bulletin de l'Union des Physiciens ou la rubrique « sciences » du quotidien Le Monde, par exemple, proposent aussi de bons moteurs de recherche portant sur leurs numéros. Un outil complémentaire, permettant une recherche croisée, est en chantier pour améliorer ce point, il est accessible ici dans une présentation préliminaire.

D'autre part, même une fois connue la référence cherchée, il peut être malaisé d'y accéder : les archives en ligne des revues ne remontent pas forcément très loin dans le temps, les numéros papier peuvent être épuisés. La ressource en question est alors tout simplement perdue, et c'est dommage.  L'excellente revue Images de la physique avait parié sur l'ouverture, elle est intégralement disponible de façon libre et gratuite mais c'était un cas particulier, étant éditée par le CNRS. Outre-atlantique, les revues états-uniennes « Physics Today » et « American Journal of Physics » proposent l'intégralité de leurs archives aux abonnés, depuis le numéro 1.

Du coup, ne pourrait-on pas imaginer un effort collectif, de la part des sociétés d'édition et des pouvoirs en place pour rendre ces ressources plus visibles et plus accessibles ? Par exemple sous forme d'abonnement collectif à un "vieilles-revues-de-science.com" (prière d'insérer un nom plus attirant) qui proposerait un accès aux numéros vieux de plus de 10 ans, avec un bon moteur de recherche, pour l'ensemble des revues qui accepteraient de jouer le jeu ?

 


6 commentaires pour “Le futur du passé des magazines de science ?”

  1. David statucki Répondre | Permalink

    Bonjour,

    Constat partagé. Pour le titre je propose Retour vers le Passé.com
    Peut mieux faire, je n'en doutes pas.
    Amicalement

  2. Philippe Ribeau-Gésippe Répondre | Permalink

    Bonjour, intéressante question ! Mais il faut savoir que le cout de numérisation + celui des moteurs de recherche efficace est très lourd, et le besoin exprimé par les lecteurs pour les archives est très faible, sans même parler de savoir quel prix ils sont prêt à payer...
    Sinon, dans l'idéal, chaque revue adorerait pourvoir explorer et exploiter toutes ses archives au format numérique !

  3. prib Répondre | Permalink

    Bonjour, intéressante question ! Mais il faut savoir que le cout de numérisation + celui des moteurs de recherche efficace est très lourd, et le besoin exprimé par les lecteurs pour les archives est très faible, sans même parler de savoir quel prix ils sont prêt à payer...
    Sinon, dans l'idéal, chaque revue adorerait pourvoir explorer et exploiter toutes ses archives au format numérique !

    • Richard Taillet Répondre | Permalink

      J'imagine en effet que les coûts doivent être élevés, j'ai reconsulté ce week-end des numéros anciens de "pour la science" qui se vendaient sur un CD, et on voit effectivement qu'il y a eu un boulot monstrueux ! C'est pourquoi je mentionnais les pouvoirs publics dans le post, ça pourrait être une tâche d'intérêt public !

  4. Philippe Répondre | Permalink

    N'existe-t-il pas une version numérique du magazine ? Je veux dire, pour le créer il faut bien utiliser un ordinateur. Pourquoi ne pas exporter le document original en PDF ? ça économiserait du temps. Je ne sais pas si c'est possible.

    Mais effectivement, la numérisation et longue et laborieuse. Mais quel plaisir par la suite de pouvoir faire des recherches (exemple : http://scriptorium.bcu-lausanne.ch)

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