Les ateliers de Thélème

31.03.2014 par Richard Taillet, dans Science vivante

La vulgarisation de la science s'appuie généralement sur des présentations plutôt théoriques, sous forme de conférences, ou au contraire très démonstratives, comme dans les musées, certaines émissions de télévision, ou lors de portes ouvertes de laboratoires de recherche par exemple. Dans l'enseignement des sciences, tel qu'il est pratiqué à l'école, dans le secondaire ou dans le premier cycle universitaire, les élèves et les étudiants sont aussi confrontés à ces deux façons d'aborder leur discipline, via les cours magistraux et les travaux pratiques. Il s'agit dans ce cas de leur montrer que la discipline qu'ils apprennent peut être abordée de manière très quantitative, via l'apprentissage de formalismes, pour la partie théorique, et en faisant des expériences et des mesures dont on vérifie qu'elles sont en accord avec une attente théorique (ou pas), pour la partie expérimentale.

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J'ai eu la chance d'être invité à participer à une initiative de l'université de Tours de rapprocher un peu ces deux manières d'aborder la pédagogie de la science : les ateliers de Thélème, des séances de travaux pratiques à destination du grand public, en biologie et en physique. J'ai pu participer à l'animation de la première séance du cycle consacré à la physique, qui portait sur la lumière. Après une introduction générale d'une quinzaine de minutes, destinée à fournir un cadre général, les participants étaient invités à se répartir sur 4 ateliers (formation d'une image, réfraction et mirages, couleurs, interférences et diffraction) et à, entre autres, se livrer eux-mêmes à quelques expériences sous forme de petites missions à réaliser (voici une lanterne, une diapositive et un écran montés sur un banc, jouez avec les lentilles pour voir une image nette sur l'écran, par exemple). Les participants ont aussi eu accès à du matériel d'optique qu'on a rarement l'occasion de manipuler, ou à l'inverse réaliser qu'on peut mettre en évidence des phénomènes étonnants avec du matériel de récupération.

 

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Au bout des 2 heures que duraient ces ateliers, tout le monde (organisateurs et participants) a semblé à la fois content et frustré, c'était trop court et on aurait bien aimé s'attarder une demi-heure de plus sur telle ou telle expérience. Cette frustration, si elle est bien le signe d'une curiosité qui n'a pas été totalement assouvie, montre le succès de l'opération (je peux facilement me souvenir de séances de travaux pratiques, à l'université, desquelles les étudiants avaient plutôt envie de s'enfuir...).

Je ne cherche pas ici à alimenter le débat entre l'approche inductive et l'approche déductive des sciences, ni à en tirer des conséquences sur la manière d'enseigner les sciences expérimentales (heu... en fait ça, si, mais ça me demandera beaucoup plus de temps de réflexion !). Beaucoup plus simplement je suis encore sidéré qu'une douzaine de personnes aient choisi de passer quelques-unes de leurs soirées dans une salle de travaux pratiques de physique. Bravo aux organisateurs de ces manifestations !

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